Où la maison vous propose des à-côtés de la comédie humaine version amerloque de la part d’un Mathusalem new-yorkais homo porté de par sa nature perverse sur des causes perdues d’avance que l’âge avancé a depuis longtemps rendu vicieux, cynique mais en même temps sinistrement mièvre, et en fin de compte tout à fait superflu. Soit. Et rappelez-vous que ϒνωθι σεαυτον est la pire des malédictions.
J'ai oublié de noter l'article chez Yahoo qu'un employé du mari m'a envoyé hier soir, dont le titre provocateur (de beaucoup d'hilarité chez moi) est Low IQ & Conservative Beliefs Linked to Prejudice.
Déjà plus de 23.000 de commentaires – les conservateurs ne sont pas contents ! MDR !
Il fait, pour le mois de janvier à New-York, curieusement doux – la température aujourd’hui est prévue s’élever jusqu’à 15°C, avec une pluie légère.
Mon nouvel entraîneur, un jeune homme sympa de tout juste 22 ans qui s’appelle Mike, offre un bel exemple de pourquoi le système santé américain est si mal foutu – il a, lui, une petite amie avec qui il vient d’avoir un enfant. Il n’ose pas se marier avec elle parce qu’il perdrait alors l’assurance santé à laquelle il a droit par son père, jusqu’à l’âge de 26 ans s’il n’est pas marié. Sa copine, elle, a perdu l’assurance santé de ses parents parce qu’elle n’est plus étudiante à plein temps – à cause de l’enfant, bien sûr ! La femme et l’enfant sont couverts par Medicaid, le service santé pour ceux (une famille de deux personnes, dans cet exemple) qui gagnent moins que 14.710 $ par an. D’après lui, Obama a beaucoup amélioré le système santé pour les gens comme eux.
Mlle McHugh sur la petite scène du théâtre du Duplex, dans la rue Christophe
Je suis allé seul hier soir voir le spectacle mensuel offert par la chanteuse Colleen McHugh – le mari n'était pas d'humeur à sortir, et j’ai donc rejoint un ami à un restaurant italien du quartier avant d’aller à la boîte de nuit The Duplex. Mlle McHugh a chanté un programme fait entièrement de chansons écrites et chantées par le chanteur un peu camp Barry Manilow, qui a commencé sa longue carrière très réussie comme accompagnateur pianiste de Bette Midler dans les années 70. En général je n’aime pas trop Barry Manilow, dont les chansons sont pour mon goût souvent trop sirupeuses et mièvres, à la fois par leurs musiques et par leurs paroles. Mais elles restent toujours de grands tubes connus de tout le monde, qu’on a entendus mille fois (ou plus) à la radio et ailleurs. Il y avait pourtant cette chanson, When October Goes (Quand octobre s’en va), dont les paroles belles et mélancoliques sont du chanteur et compositeur célèbre Johnny Mercer et mises en musique par M. Manilow, qui m’a beaucoup plu. Voici M. Manilow lui-même qui la chante. (Il y a aussi cette version, plus belle et plus élégante, par la chanteuse Nancy Wilson.)
Mlle McHugh est en train d’enregistrer un nouveau disque compact de chansons que j’attends avec grande impatience.
Moi, personnellement, je ne suis pas de trop près la campagne républicaine pour la présidence, qui me paraît d’une bassesse morale, intellectuelle et financière tout à fait indigne d’un pays qui se croit civilisé. Mais bon, on y est, y a rien à faire, on le contemple comme on contemple un accident de la route – avec un mélange humain, trop humain, d’horreur et de curiosité indiscrète. Il y a, pour moi, aucune évidence actuelle indiquant que l’un de ces candidats pourrait enlever la présidence de M. Obama, mais il se peut que je me trompe. Mais franchement je ne vivrai pas dans un pays gouverné par M. Gingrich – il est bien pire que M. Bush Jr, bête et méchant qu’il était – car il malveillant, hypocrite, menaçant et trop intelligent.
Voici une vidéo réalisée par un jeune homme au Wisconsin qui s'appelle Colton Boettcher dans le cadre des clips « It Gets Better » contre le harcèlement antigay dans les lycées. C’est mignon, c’est amateur, c’est fait par des jeunes pour des jeunes, ce qui me donne un rayon d’espoir devant des gens malsains comme MM. Gingrich et Santorum (et tant d’autres encore).
Il faut aimer la Dame GaGa, bien sûr, mais ces ados sont énergiques et adorables, et je les félicite d'avoir participé au tournage de cette vidéo
Sous la rubrique « Maisons pour pays chauds » une lectrice du blogue qui s’appelle Sally m’a envoyé deux photos de vieilles maisons d’Australie pleines de balcons (ou galeries), mais on y remarque toujours le côté anglo-saxon de leur architecture.
Le Grand Pacific Hotel à Lorne, au sud-ouest de Melbourne, en Australie – l'immeuble fut bâti en 1875
De belles vieilles maisons à Melbourne, en Australie du sud (merci, Sally !)
C’est vrai, ce que Laurent a remarqué ici sur l’architecture du Vieux Carré à La Nouvelle-Orléans. Mais je trouve surtout que cette architecture louisianaise ressemble beaucoup à l’architecture française coloniale trouvée dans d’autres régions tropicales, comme le montrent ces photos de Cayenne, en Guyane française, de la Martinique, de Pondichéry, de Phnom-Penh et de Dakar. Ce style est évidemment très adapté à un climat plutôt chaud et humide et l’on y remarque aussi le côté renfermé, privé, de ces maisons, qui suivent un modèle beaucoup plus latin ou méditerranéen qu’anglo-saxon ou nord-européen.
Bâtiment à Cayenne, en Guyane
Une autre maison à Cayenne, avec balcon et volets traditionnels
Un immeuble aux Trois-Îlets à Martinique
Une maison colorée du quartier français à Pondichéry, en Inde, toujours avec balcon et volets
Un immeuble à Phnom-Penh, au Cambodge
Un immeuble colonial à Dakar, au Sénégal
Et une belle maison franco-sénégalaise à La Gorée, au Sénégal
L'entrée de son immeuble, qui s'appelle le Breukelen
On est allé hier soir voir une amie de feu la belle-mère du mari à Brooklyn – elle aurait 80 ans et habite dans les Hauts de Brooklyn, à quelques pas de la Promenade, qui donne sur le port et le bout de l’île de Manhattan. On a pris un apéritif chez elle avant d’aller dîner au Casino des Hauts.
Le bout sud de l'île de Manhattan, vu de la Promenade des hauts de Brooklyn
Le pont de Brooklyn illuminé, avec la tour du Bâtiment de l'État-Empire
Sur le quai de la station de métro de la rue Clark, à Brooklyn
Samedi matin on est repassé chez le Gril du Trèfle pour le petit déjeuner, après lequel on s'est de nouveau promenés dans le Vieux Carré avant de nous rendre à notre point de rendez-vous avec une amie d'une amie à New-York, qui est venue nous chercher dans sa petite Honda grise à l'angle de rue de Chartres et de l'Esplanade.
La forge de Lafitte – ex-bar gay devenu bar hétéro
Une façade un peu sévère qui m'a pourtant plu
L'ex-couvent des Ursulines – impossible à nier l'influence française de l'endroit, même si on ôte le tricolore
Extérieur du restaurant Elizabeth's dans le quartier de Bywater
Vue des gratte-ciel du centre-ville à partir de la digue contre le Mississippi à Bywater
Elle nous a conduits ensuite au quartier de Bywater, où nous avons déjeuné au restaurant assez branché Elizabeth's, plein de jeunes à l'allure, disons, artistique. Après ce repas elle nous a fait voir le l'arrondissement célèbre du Bas-Neuvième, inondé par une brèche dans la digue au nord de la ville après l'ouragan Katrina en 2005. On a vu les nouvelles maisons anti-inondation, sur pilotis, qu'on y construit maintenant, mais le quartier reste vide et un peu triste. Elle nous a montré aussi le Bayou Bienvenue, site dans les années 1970 d'une forêt de cyprès submergés, mais ces arbres ont été tués à la suite du creusement d'un nouveau canal qui a apporté de l'eau de mer salée dans le bayou. On essaie maintenant de réduire la salinité de l'eau afin de permettre aux cyprès de repousser, mais cela ne sera pas pour demain.
Le Bayou Bienvenue, actuel cimetière des cyprès
Elle nous a déposés dans le Vieux Carré en disant au mari qu'elle lui trouverait facilement un poste à La Nouvelle-Orléans si cela lui tentait – immigrée de New-York, elle travaille pour une agence de l'état pour le développement économique de la Basse-Louisiane et elle nous a dit, en riant, comment elle avait promis à une entreprise parmi les 100 plus grandes des États-Unis voulant s'installer dans la région qu'on y trouverait d'excellentes ressources humaines du niveau requis – et qu'elle savait avoir menti.
Au Café du Monde
On a pris rendez-vous avec la sœur, le beau-frère et la nièce à notre hôtel, avant d'aller prendre un café au lait et des beignets au Café du Monde, à côté de la place Jackson. Ensuite on s'est dirigé lentement vers la rue Canal, où l'on a pris notre premier cocktail du soir sur la terrasse du café Palace, d'où on pouvait regarder le va-et-vient de tout un monde curieux.
On est allé dîner au restaurant Lüke – on y avait une serveuse trop mielleuse, qui nous appelait « honey » et « sunshine », au grand déplaisir de la sœur, qui a déclaré fermement qu'elle n'était le « sunshine » de personne. J'ai eu des moules frites – pas mal. Et trois bouteilles d'un bordeaux Château Larose-Trintaudon 2005, buvable, mais pas extra.
Hier on est passé la matinée à traîner dans les salles du Cabildo, ancien siège du gouvernement louisianais à côté de la cathédrale maintenant transformé en musée de l?état. (C'est aussi dans ce bâtiment que les Français ont transféré le territoire de la Louisiane aux États-Unis en 1803.) On était surpris, mais content, d'y trouver le masque mortuaire de Napoléon 1er.
Le masque mortuaire de Napoléon 1er de devant...
Et puis en profil
De l'autre côté de la cathédrale, toujours en face de ce qu'on appelait avant la Place d?Armes, maintenant la place Jackson, pour le général et président américain Andrew Jackson qui aurait gagné la victoire de la bataille de La Nouvelle-Orléans en 1815 contre une armée britannique, se trouve le Presbytère, une réplique du Cabildo et comme celui-là, aujourd'hui transformé en musée où l?on a vu deux excellentes expos sur l'ouragan Katrina et l'histoire de la fête du Mardi gras à La Nouvelle-Orléans.
Costume porté par un participant dans l'un des défilés gais de Mardi Gras
L'enseigne du Gumbo Shop et les décorations pour le Mardi Gras au fond
Dans l'après-midi on a fait une courte séance de muscu au Club athlétique de la Nouvelle-Orléans, fondé en 1872. Dans un immeuble construit en 1929, il y a une grande piscine, des salles de muscu, des salles de cardio, un bar ( ! ), un sauna, etc. La clientèle avait l'air d'être assez jeune, et des hommes ayant entre 25 et 40 ans pour la plupart, dont quelques gays assez discrets.
Ce monsieur a le look d'un membre typique du Club athlétique
Le soir on est allé dîner dans un restaurant qui s'appelle le Country Club, dans le quartier de Bywater, à côté du Faubourg Marigny. Il n'y avait pas beaucoup de monde, la cuisine était bonne et on a eu un serveur tout à fait marrant qui nous a raconté un tas d'histoires assez grivoises sur la vie à La Nouvelle-Orléans et sa vie personnelle ? il nous a expliqué, par exemple, qu'il n'avait aucune mémoire pour les visages, mais se souvenait, par contre, de chaque bite qu'il avait jamais, eum, vue et du nom de la personne à laquelle elle appartenait. Un talent utile, n'est-ce pas ?
On a quitté l'aéroport de La Guardia et on vole au-dessus de New-York – on voit le Parc Central au fond
On est arrivé sain et sauf à La Nouvelle-Orléans – on a eu quelques bonds au-dessus de la ville de Knoxville, ce qui m’a suggéré la phrase plutôt débile « knocks over Knoxville », mais le reste du vol, qui a duré 2 heures 51 minutes, a été assez tranquille. On a pris un taxi de l’aéroport jusqu’à l’hôtel dans le Vieux Carré de la ville – on se trouve à l’hôtel Place d’Armes dans la rue Ste-Anne, à quelques pas de la place Jackson et de la cathédrale St-Louis.
Devant l'hôtel dans la rue Ste-Anne
Traces de francophonie dans le Vieux Carré
Rue de quartier typique
Une jolie maison dans le Vieux Carré
On s’est promené un peu dans le quartier, qui est à la fois charmant, touristique et délabré. Il fait assez chaud – 21°C cet après-midi, avec du soleil.
Où l'on a déjeuné cet après-midi – ça s'appelle The Candy Shop, je crois
Ma sœur et mon beau-frère viennent nous voir dans l’hôtel, d’où on ira se promener encore un peu avant d’aller dîner quelque part.
La protestation contre le SOPA et PIP semble avoir marché ! Les grands de Hollywood, de l’industrie du disque et de l’édition vont toujours, sans doute, essayer de nouveau de faire passer ces projets de loi en cachette – mais le succès de cette protestation a été vivement remarqué au Congrès.
L'immeuble Nasdaq et le bureau de la police dans la place du Temps
Le panneau pour le Hard Rock Café
Hier soir, on est allé voir la pièce Other Desert Cities au théâtre Booth. Il faisait curieusement doux. Il y avait du monde à se promener dans la place du Temps. La pièce, elle, est divertissante – ça a un peu l’air d’avoir été écrit pour la télévision, le dialogue n’était pas tout à fait crédible pour une famille.
Le théâtre Booth dans la 45e rue ouest
L'allée Shubert, entre les 45e et 44e rues
Le fils, par exemple, producteur de télévision à succès, n’a jamais parlé au téléphone, ni envoyé de textos – invraisemblable. La fille était passive/agressive, mais d’une manière exagérée et peu croyable. Les personnages des parents sont mieux réalisés, et il y a une sorte de coup de théâtre à la fin qui explique, mais qui ne satisfait pas tout à fait. Voilà. Mais cela reste toutefois l’une des meilleures pièces sur Broadway.
Intérieur du restaurant Tello dans la 8e avenue – décor aussi artificiel qu'un décor de théâtre
On est retourné à Chelsea pour dîner, puisqu’il était tôt – les théâtres en général ouvrent à 19 heures les mardis depuis quelque temps. On est allé à un restaurant italien dans la 8e avenue. Une salade de betteraves, du poisson et deux bouteilles de côtes-du-Rhône pour la table.
J’ai fait des courses aujourd’hui parce qu’on va à La Nouvelle-Orléans assez tôt demain matin. Ce sera la première fois que je la visite. On sera dans le Quartier français, avec ma sœur, mon beau-frère, et ma nièce, qui fait ses études de commerce à l’université de Tulane. On quitte l’aéroport de La Guardia à 7 h 55 et on arrive à La Nouvelle-Orléans vers 10 h 30, heure centrale (une heure en arrière de l’heure de New-York).
Demain j’espère pouvoir poster de la capitale de la Louisiane.
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