enattendantletrain.jpgDans la gare de Pennsylvanie, section Chemins de fer de l'Île Longue, à l'heure de pointe de vendredi soir


On est allé passer le week-end dernier chez l’ami producteur sur l’Île Longue – je l’ai rejoint dans la gare de Pennsylvanie où nous avons pris le train pour Ronquonquoma, où l’ami stationne sa voiture et d’où on a poursuivi notre trajet vers le hameau du Havre du Ruisseau et sa maison dans la rue au nom pittoresque du Col de la Cheminée. On a retrouvé les autres, le mari et deux amis, à la gare de Port-Bell, avant d’aller dîner au restaurant charmant Le Bellport. Comme il faisait toujours froid et le paysage restait couvert de neige, on a décidé d’aller remédier aux manques de nos garde-robes printanières aux centres de magasins d’usines Tanger, où le mari et les autres se sont offert pas mal de choses – chemises, chaussures, pantalons – mais où je ne suis pas senti cette année trop tenté.

avisconsternant.jpgAvertissement un rien curieux aux centres de magasins d'usines Tanger


Dimanche on était de nouveau dans la voiture pour aller cette fois au village de Southampton, où l’on a déjeuné à Silvers, l’un des seuls restaurants restés ouverts dans cette période hors-saison, où l’accueil, la cuisine et le service ont tous été exceptionnels (et l’on n’était évidemment pas des clients réguliers). Après le déjeuner, on a fait un tour par le nouvel immeuble du musée d’art Parrish, qui a délaissé son ancien bâtiment au milieu du village pour un nouveau en plein ancien champ de pommes de terre construit par les architectes suisses très à la mode Herzog & de Meuron – vu de l’extérieur, ce nouveau bâtiment a vraiment, à mes yeux, l’air d’être un gigantesque poulailler industriel tel qu’on voit en Géorgie mais à l’intérieur, c’est beau, c’est simple et chic, et ça marche bien pour montrer des tableaux et d’autres œuvres d’art.

corridorcentralmuseeparrish.jpg

Dans le corridor central du nouveau musée Parrish à Southampton

On est rentré, tout crevé, à New-York par un train à partir de Port-Bell.

Cette semaine les températures frigides ont modéré – on a même atteint un maximum hier de 15° et la plupart de la neige dans les rues et sur les trottoirs a fondu. Est-ce le printemps enfin ? Je n’ose l’espérer.



Ah, je t'en prie !

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encoredelaneige.jpgEn route vers la salle de sport

C’est beau, au moins au début, mais assez vite cela devient lassant.

Chantons sous la pluie

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guichetstktsenneiges.jpgLes guichets TKTS dans la place du Temps sous une neige mouillée


Ça a recommencé vers 15 heures, la neige, mais malgré le temps le mari a voulu maintenir son projet de théâtre. Je me suis rendu donc aux guichets TKTS à l’heure convenue, c’est-à-dire à 18 h 30 pour les levers de rideau prévus chez la plupart des spectacles de Broadway les mardis pour 19 heures (pour encourager les gens de la banlieue de venir voir une pièce). Le mari, lui, a eu du mal dans le métro – des retards habituels – et il m’a texté d’acheter n’importe quoi. J’ai essayé d’avoir des billets pour la pièce The Audience, tout juste arrivée de Londres avec l’excellente Helen Mirren en vedette, mais il n’y avait que des places « à vue obstruée ». Le mari arrivé, on a essayé ensuite d’avoir des places pour Constellations, une nouvelle pièce avec Jake Gyllenhaal en vedette, mais il n’en restait qu’une seule. On a finalement acheté des places pour It’s Only A Play, comédie « modernisée » de Terrence McNally, avec notre voisin Matthew Broderick (en l'occurrence le mari de l'actrice Sara Jessica Parker) qui habite à deux pas de chez nous et avec Stockard Channing. Bon, ce n’est pas du Shakespeare, ni du Molière. C’est plein de bons mots mesquins et spirituels (si sans grande méchanceté) sur les people du jour – les sœurs Kardashian, Ellen DeGeneres, Harvey Fierstein et ainsi de suite. Mme Channing était supérieure dans un rôle bouffon. Deux des grandes vedettes qui avaient joué dans la pièce en automne sont déjà parties – le comique Nathan Lane et la comique Megan Mullally – et la pièce a grand besoin de leurs énergies maniaques pour combler les plaisanteries somme toute pas toujours follement drôles.

theatrejacobsexterieur.jpgDevant le théâtre Bernard Jacobs dans la 45e rue ouest

Aujourd’hui il pleut, mais il fait 8° – le sale temps recommence ce soir, avec l’arrivée d’une bande de neige, de glace et de vent qui est censée nous empester la vie jusqu’à jeudi soir. Ouf !


rueperryenneigee.jpgDans la rue Perry vers 14 h 30


Ça recommence ! Les premiers flocons ont commencé à tomber juste après midi, quand j’allais à la salle de sport pour faire mes exercices pour les muscles abdominaux (ce qu’on appelle ici le « core work » ou tout simplement faire du « core », mot dérivé du français « cœur ») et ensuite les 40 minutes de « cardio » que mon précepteur m’a données en tant que devoirs à faire tout seul. Quand j’en suis sorti, l’employé latino du restaurant d’à côté jetait du sel sur le trottoir. « Encore » je lui ai remarqué et il m’a souri en répondant avec résignation, « Ouais, encore. »

laplaceduherautenneigee.jpg Dans la place du Héraut


De retour à la maison, j’y ai retrouvé le mari, qui a été obligé de passer très tôt au bureau pour régler une situation un peu bébête entre sa boîte et un client important, qui sont à présent en pleine discussion contractuelle, qui serait à l’origine de cette histoire. On avait pensé d’abord passer voir l’expo Gay au parc d’exposition Jacob Javits mais finalement, le temps nous a convaincus d’aller tout simplement au magasin Uniqlo dans la 34e rue ouest, où le mari voulait s’acheter quelques chemises ajustées nouvelles pas chères. On a pris le métro, qui avait des retards inexpliqués.

Après Uniqlo, on s’est rendu à H & M, tout proche, où j’ai été séduit par une combinaison chemise à carreaux et t-shirt montée sur un cintre. On a continué notre progression à travers le rez-de-chaussée de Macys, rempli de Français et de Françaises parmi les foules de clients (le shopping du dimanche étant très populaire ici), jusqu’au magasin canadien Joe Fresh, où il n’y avait rien de trop intéressant.


Douceur relative

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ruedelabanqueenneigee.jpg
La rue de la Banque enneigée (et le président Obama vient ici assez souvent pour dîner avec Harvey Weinstein, chef de Miramax et grand donateur à sa campagne électorale)


Un temps de week-end devenu habituel pour cet hiver – il fait tout de même un peu moins froid quand il y a de la neige.  Le mari court un marathon dans le Parc central demain matin – on attend alors une température quasi tropicale de 8° !


placewaverlyenneigee.jpgEt le point de départ de la rue dite « la place Waverly » (d'après les romans de Walter Scott), qui va vers le sud-est à partir de la rue de la Banque – tout ce quartier, à deux pas de chez nous, est bloqué quand il y a une visite du président et de Mme Obama – on enlève les poubelles, les boîtes à lettres, et tout et les voitures de police barricadent toutes les sorties ! C'est drôle mais c'est aussi embêtant pour les habitants.

De l'espoir malgré tout

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Bon, ici on a tous la tête plus ou moins gelée ces derniers jours – il a fait -13 °C ce matin. Moi, je reste enfermé dans l’appartement, où il fait à peine 15°, sauf pour les brèves sorties à la salle de sport, où le jeune Ukrainien me casse la figure pendant une heure, ou à l’épicerie pour acheter un gallon de lait et des yaourts. Je discute au téléphone avec l’ami chanteur, de retour de Los-Angeles avec un tas de questions plutôt difficiles sur des sujets complexes, comme le copyright et les royalties pour ses chansons et les mixages qu’on en a faits, avec le jeune ami peintre qui en a ras le bol de sa boss, une vieille agente de relations publiques qui, par exemple, ne fait pas confiance aux e-mails (« Email is never the answer for anything; sending it is just an action, like calling and leaving a message. But it’s not a result until it’s been received AND acted on. PR 101. ») et qui le blâme quand les gens ne la rappellent pas, donc il cherche un nouveau job, et avec l’ami photographe, dont les dates pour l’expo de ses photos à Los-Angeles viennent d’être fixées, et qui je pousse, contre sa modestie personnelle qui l’empêche de se promouvoir, à saisir l’occasion par les cheveux afin d’essayer de l’encourager à réaliser d’autres expos, ici à New-York ou en Europe.

En même temps j’écoute par Internet la radio Hot Hits UK de Londres, ce qui change un peu des quelques tubes joués et rejoués ici jusqu’à l’écœurement par les radios locales. C’est là où j’ai écouté cette chanson du groupe Neon Jungle, parue en novembre 2014, qui m’a frappé par son rythme et par ses paroles – non, ce n’est pas d’une originalité particulière, mais quand j’entends scandé « No bullet, no gun, can’t stop the love, can’t stop the love ! », je souris tout bêtement – et la vidéo montre une jeunesse tellement moins complexée par la race et le sexe que ma génération à moi, et bien que je sache très bien que tout dans le monde n’est pas arrangé, ni pour eux ni pour moi, je me laisse réjouir quand même de l’espoir humain dont ils font preuve. Et c’est bien de cet espoir décent chez les jeunes que, partout dans le monde, les enragés aux préceptes arbitraires ont peur. Avec raison.

Week-end gelé

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L’un des moments les plus impressionnants pour moi dans Soumission serait l’analyse offerte à notre héros par l’ancien agent des services de renseignements français qui vient d’être mis à la porte pour des raisons purement politiques sur le rapprochement entre le candidat Ben Abbes de la Fraternité musulmane et de François Bayrou, du Mouvement démocrate, dans laquelle il remarque « ce qui est remarquable chez Bayrou, ce qui le rend irremplaçable […], c’est qu’il est parfaitement stupide, son projet politique s’est toujours limité à son propre désir d’accéder par n’importe quel moyen à la « magistrature suprême, » comme on dit ». Bayrou, pour moi, ce n’est qu’un nom que j’ai vu dans les journaux – je n’ai pas d’idée vraiment de ce qu’il pourrait représenter pour la France – mais la méchante critique du personnage dans le livre m’a beaucoup amusé, tellement elle pourrait s’appliquer aussi bien à une quantité considérable de politicien(ne)s chez nous.

J’ai aussi ressenti ce frisson curieux qu’on éprouve quand l’histoire d’un livre de fiction se cale en quelque sorte sur les événements qui se passent dans le monde réel – les attentats de Copenhague feraient partie d’une sorte de toile de fond de l’actualité européenne devant laquelle est joué ce drame existentiel entre deux idées implacablement antagonistes – non, ce n’est pas l’occident et l’Islam qui se battent dans les rues européennes mais la laïcité non croyante (la raison, si l’on veut) et toutes les religions à révélations soi-disant « divines » (la foi, c’est-à-dire la conviction sans preuve).

Ce matin il fait plus froid à New-York qu’en Alaska – non, ça n’a rien de naturel ! – et dans la salle à manger devenue mon bureau depuis le retour du mari au foyer il y a deux ans il fait à peine 16°C, et ça avec le chauffage DeLonghi « à huile diathermique » (non, aucune idée, moi non plus) allumé à plein et les encadrements des fenêtres tout à fait poreux recouverts de toiles en plastique qui bougent comme des voiles de bateau transparentes.

Samedi soir les jeunes mariés franco-américains sont venus prendre un verre chez nous avant d’aller dîner dans un restaurant espagnol de quartier où, nonobstant la fête de la Saint-Valentin, on nous proposait une table à 21 h 15. La cuisine y est bien médiocre mais je trouve que des pichets de sangria arrivent presque toujours à combler avec satisfaction ce petit défaut.

C’est une disposition morale vieille comme l’humanité mais habillée depuis peu dans des habits tout modernes – il s’agit de l’action de blâmer la victime pour un malheur qu’elle aurait subi. En anglais, ça s’appelle le « victim-blaming » et son équivalent argotique serait le « slut-shaming » (c’est-à-dire « couvrir de honte les salopes »). Au fond, il est question surtout d’une prise de responsabilité – dans le cas du viol d’une femme par un homme, par exemple, les « slut-shamers » culpabilisent la femme pour avoir porté une tenue sexy ou excitante qui aurait « indiqué » par son « impudeur » sa réceptivité à un acte sexuel. C’est un peu le fond des raisonnements qui prôneraient le port du voile et du niqab – ce serait la responsabilité des femmes de ne pas tenter les hommes à les sauter.

Mais le concept de « slut-shaming » a glissé un peu de sa signification largement sexuelle pour vouloir décrire l’acte de blâmer quelqu’un (et non pas seulement une femme) pour une faute, qu’elle soit de goût, de vérité, de mécompréhension ou tout simplement de bêtise. On traite un cas de ce dernière manifestation du désir de « corriger » quelqu’un qui aurait fait une gaffe plutôt insignifiante dans l’opinion de beaucoup de commentateurs.

Voici l’article, qui paraît dans le magazine papier du New York Times de dimanche. L’auteur de l’article (il sort un livre bientôt sur le même sujet) examine les conséquences aussi inattendues qu’inespérées d’un tweet posté par une jeune cadre dans le département relations publiques de la société Internet et médiatique IAC. En route vers l’Afrique du Sud Mlle Sacco a posté un tweet qui avait l’air à la fois raciste et homophobe. Tout dépend bien sûr de l’interprétation qu’on voudrait lui donner – voilà un peu le problème, mais laissons cela pour plus tard. Mlle Sacco avait 170 suiveurs, dont la plupart semblaient des membres de sa famille et des amis. En tout cas, quelqu’un a découvert le tweet dérangeant et l’a envoyé à quelqu’un d’autre qui, lui, avait beaucoup plus de suiveurs, dont certains membres de la presse Internet, qui l’ont publié sur leurs sites, certainement pour montrer à leurs lecteurs la frivolité méchante et l’irresponsabilité d’une jeune New-Yorkaise branchée.


Une Saint-Valentin enneigée

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arriveedetempete.jpg
La tempête de neige de vendredi arrive du nord – photo prise du 2e étage du gymnase Equinox dans le Village


neigeauparc.jpgLe parc de la place Washington cet après-midi – on était en train d'acheter quelques bouteilles de Château Fantin 2012 pour nos invités ce soir au magasin Astor Place Liquors dans l'avenue Lafayette


Des réseaux sociaux

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À part le fait d’entretenir, pour le meilleur et pour le pire, ce pauvre blog, en me servant toutefois d’un nom de plume (de clavier ?), je n’ai qu’une présence très limitée sur Internet. C’est à dessein. Il y a plusieurs années je me suis inscrit sur Facebook – cela a duré à peine six mois, parce que je l’ai quitté quand pour la toute première fois j’ai croisé, dans les commentaires, le nom d’une personne qui je détestais de tout mon cœur – n’ayant aucune envie de rester en contact avec cette personne, même virtuellement, et ne sachant pas alors comment bloquer son nom (et je pense aussi que c’était plus difficile de le faire à cette époque-là), j’ai décidé sur-le-champ de quitter Facebook. De toute façon ce réseau social ne m’avait jamais trop épaté, étant donné ses débuts pour le moins douteux – l’histoire du vol de cette idée d’index en ligne de photos d’étudiants m’a toujours déplu et je n’aime pas le fait, appris plus tard, que les propriétaires de Facebook vendraient les données personnelles qu’ils moissonnent à qui que ce soit. Mais il est impossible aussi à nier l’importance dans la vie quotidienne de cette interface numérique adoptée par un nombre impressionnant de gens, y compris la plupart de mes amis. Hier l’entraîneur Stanislav me demandait pourquoi je ne me trouvais pas sur Facebook. « Veux pas » lui ai-je murmuré. Je viens de découvrir qu’il a 25 ans. Tout comme la Pythie chez Valéry, il est « pâle, profondément mordu » de Facebook et d’Instagram.

« Mais il te faut une présence sur Internet » me dit-il. « Tu voyages à Hollywood, tu t’entraînes avec moi, il faut faire savoir tout ça aux gens. »

Il a bâillé et je me suis dit qu’il doit bien me trouver un client plutôt assommant – encore un ! – mais je lui ai remarqué tout de même « Tu ne dors pas assez ? » « Non, c’est vrai, j’ai des insomnies. » « Pourquoi ? Tu bois du café trop tard ? » « Non, c’est pas ça. C’est parce que j’ai trop envie de voir combien de « likes » mes dernières photos sur Instagram obtiennent – je me lève plusieurs fois la nuit pour scruter mon compte. » J’ai souri – le désir si humain, et au fond si innocent, pour l’approbation d’autrui se manifeste peut-être dans de nouvelles tournures, mais il est toujours aussi fort qu’avant.

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