Douceur relative

| Aucun Commentaire
ruedelabanqueenneigee.jpg
La rue de la Banque enneigée (et le président Obama vient ici assez souvent pour dîner avec Harvey Weinstein, chef de Miramax et grand donateur à sa campagne électorale)


Un temps de week-end devenu habituel pour cet hiver – il fait tout de même un peu moins froid quand il y a de la neige.  Le mari court un marathon dans le Parc central demain matin – on attend alors une température quasi tropicale de 8° !


placewaverlyenneigee.jpgEt le point de départ de la rue dite « la place Waverly » (d'après les romans de Walter Scott), qui va vers le sud-est à partir de la rue de la Banque – tout ce quartier, à deux pas de chez nous, est bloqué quand il y a une visite du président et de Mme Obama – on enlève les poubelles, les boîtes à lettres, et tout et les voitures de police barricadent toutes les sorties ! C'est drôle mais c'est aussi embêtant pour les habitants.

De l'espoir malgré tout

| 1 Commentaire


Bon, ici on a tous la tête plus ou moins gelée ces derniers jours – il a fait -13 °C ce matin. Moi, je reste enfermé dans l’appartement, où il fait à peine 15°, sauf pour les brèves sorties à la salle de sport, où le jeune Ukrainien me casse la figure pendant une heure, ou à l’épicerie pour acheter un gallon de lait et des yaourts. Je discute au téléphone avec l’ami chanteur, de retour de Los-Angeles avec un tas de questions plutôt difficiles sur des sujets complexes, comme le copyright et les royalties pour ses chansons et les mixages qu’on en a faits, avec le jeune ami peintre qui en a ras le bol de sa boss, une vieille agente de relations publiques qui, par exemple, ne fait pas confiance aux e-mails (« Email is never the answer for anything; sending it is just an action, like calling and leaving a message. But it’s not a result until it’s been received AND acted on. PR 101. ») et qui le blâme quand les gens ne la rappellent pas, donc il cherche un nouveau job, et avec l’ami photographe, dont les dates pour l’expo de ses photos à Los-Angeles viennent d’être fixées, et qui je pousse, contre sa modestie personnelle qui l’empêche de se promouvoir, à saisir l’occasion par les cheveux afin d’essayer de l’encourager à réaliser d’autres expos, ici à New-York ou en Europe.

En même temps j’écoute par Internet la radio Hot Hits UK de Londres, ce qui change un peu des quelques tubes joués et rejoués ici jusqu’à l’écœurement par les radios locales. C’est là où j’ai écouté cette chanson du groupe Neon Jungle, parue en novembre 2014, qui m’a frappé par son rythme et par ses paroles – non, ce n’est pas d’une originalité particulière, mais quand j’entends scandé « No bullet, no gun, can’t stop the love, can’t stop the love ! », je souris tout bêtement – et la vidéo montre une jeunesse tellement moins complexée par la race et le sexe que ma génération à moi, et bien que je sache très bien que tout dans le monde n’est pas arrangé, ni pour eux ni pour moi, je me laisse réjouir quand même de l’espoir humain dont ils font preuve. Et c’est bien de cet espoir décent chez les jeunes que, partout dans le monde, les enragés aux préceptes arbitraires ont peur. Avec raison.

Week-end gelé

| 1 Commentaire
L’un des moments les plus impressionnants pour moi dans Soumission serait l’analyse offerte à notre héros par l’ancien agent des services de renseignements français qui vient d’être mis à la porte pour des raisons purement politiques sur le rapprochement entre le candidat Ben Abbes de la Fraternité musulmane et de François Bayrou, du Mouvement démocrate, dans laquelle il remarque « ce qui est remarquable chez Bayrou, ce qui le rend irremplaçable […], c’est qu’il est parfaitement stupide, son projet politique s’est toujours limité à son propre désir d’accéder par n’importe quel moyen à la « magistrature suprême, » comme on dit ». Bayrou, pour moi, ce n’est qu’un nom que j’ai vu dans les journaux – je n’ai pas d’idée vraiment de ce qu’il pourrait représenter pour la France – mais la méchante critique du personnage dans le livre m’a beaucoup amusé, tellement elle pourrait s’appliquer aussi bien à une quantité considérable de politicien(ne)s chez nous.

J’ai aussi ressenti ce frisson curieux qu’on éprouve quand l’histoire d’un livre de fiction se cale en quelque sorte sur les événements qui se passent dans le monde réel – les attentats de Copenhague feraient partie d’une sorte de toile de fond de l’actualité européenne devant laquelle est joué ce drame existentiel entre deux idées implacablement antagonistes – non, ce n’est pas l’occident et l’Islam qui se battent dans les rues européennes mais la laïcité non croyante (la raison, si l’on veut) et toutes les religions à révélations soi-disant « divines » (la foi, c’est-à-dire la conviction sans preuve).

Ce matin il fait plus froid à New-York qu’en Alaska – non, ça n’a rien de naturel ! – et dans la salle à manger devenue mon bureau depuis le retour du mari au foyer il y a deux ans il fait à peine 16°C, et ça avec le chauffage DeLonghi « à huile diathermique » (non, aucune idée, moi non plus) allumé à plein et les encadrements des fenêtres tout à fait poreux recouverts de toiles en plastique qui bougent comme des voiles de bateau transparentes.

Samedi soir les jeunes mariés franco-américains sont venus prendre un verre chez nous avant d’aller dîner dans un restaurant espagnol de quartier où, nonobstant la fête de la Saint-Valentin, on nous proposait une table à 21 h 15. La cuisine y est bien médiocre mais je trouve que des pichets de sangria arrivent presque toujours à combler avec satisfaction ce petit défaut.

C’est une disposition morale vieille comme l’humanité mais habillée depuis peu dans des habits tout modernes – il s’agit de l’action de blâmer la victime pour un malheur qu’elle aurait subi. En anglais, ça s’appelle le « victim-blaming » et son équivalent argotique serait le « slut-shaming » (c’est-à-dire « couvrir de honte les salopes »). Au fond, il est question surtout d’une prise de responsabilité – dans le cas du viol d’une femme par un homme, par exemple, les « slut-shamers » culpabilisent la femme pour avoir porté une tenue sexy ou excitante qui aurait « indiqué » par son « impudeur » sa réceptivité à un acte sexuel. C’est un peu le fond des raisonnements qui prôneraient le port du voile et du niqab – ce serait la responsabilité des femmes de ne pas tenter les hommes à les sauter.

Mais le concept de « slut-shaming » a glissé un peu de sa signification largement sexuelle pour vouloir décrire l’acte de blâmer quelqu’un (et non pas seulement une femme) pour une faute, qu’elle soit de goût, de vérité, de mécompréhension ou tout simplement de bêtise. On traite un cas de ce dernière manifestation du désir de « corriger » quelqu’un qui aurait fait une gaffe plutôt insignifiante dans l’opinion de beaucoup de commentateurs.

Voici l’article, qui paraît dans le magazine papier du New York Times de dimanche. L’auteur de l’article (il sort un livre bientôt sur le même sujet) examine les conséquences aussi inattendues qu’inespérées d’un tweet posté par une jeune cadre dans le département relations publiques de la société Internet et médiatique IAC. En route vers l’Afrique du Sud Mlle Sacco a posté un tweet qui avait l’air à la fois raciste et homophobe. Tout dépend bien sûr de l’interprétation qu’on voudrait lui donner – voilà un peu le problème, mais laissons cela pour plus tard. Mlle Sacco avait 170 suiveurs, dont la plupart semblaient des membres de sa famille et des amis. En tout cas, quelqu’un a découvert le tweet dérangeant et l’a envoyé à quelqu’un d’autre qui, lui, avait beaucoup plus de suiveurs, dont certains membres de la presse Internet, qui l’ont publié sur leurs sites, certainement pour montrer à leurs lecteurs la frivolité méchante et l’irresponsabilité d’une jeune New-Yorkaise branchée.


Une Saint-Valentin enneigée

| Aucun Commentaire



arriveedetempete.jpg
La tempête de neige de vendredi arrive du nord – photo prise du 2e étage du gymnase Equinox dans le Village


neigeauparc.jpgLe parc de la place Washington cet après-midi – on était en train d'acheter quelques bouteilles de Château Fantin 2012 pour nos invités ce soir au magasin Astor Place Liquors dans l'avenue Lafayette


Des réseaux sociaux

| 4 Commentaires
À part le fait d’entretenir, pour le meilleur et pour le pire, ce pauvre blog, en me servant toutefois d’un nom de plume (de clavier ?), je n’ai qu’une présence très limitée sur Internet. C’est à dessein. Il y a plusieurs années je me suis inscrit sur Facebook – cela a duré à peine six mois, parce que je l’ai quitté quand pour la toute première fois j’ai croisé, dans les commentaires, le nom d’une personne qui je détestais de tout mon cœur – n’ayant aucune envie de rester en contact avec cette personne, même virtuellement, et ne sachant pas alors comment bloquer son nom (et je pense aussi que c’était plus difficile de le faire à cette époque-là), j’ai décidé sur-le-champ de quitter Facebook. De toute façon ce réseau social ne m’avait jamais trop épaté, étant donné ses débuts pour le moins douteux – l’histoire du vol de cette idée d’index en ligne de photos d’étudiants m’a toujours déplu et je n’aime pas le fait, appris plus tard, que les propriétaires de Facebook vendraient les données personnelles qu’ils moissonnent à qui que ce soit. Mais il est impossible aussi à nier l’importance dans la vie quotidienne de cette interface numérique adoptée par un nombre impressionnant de gens, y compris la plupart de mes amis. Hier l’entraîneur Stanislav me demandait pourquoi je ne me trouvais pas sur Facebook. « Veux pas » lui ai-je murmuré. Je viens de découvrir qu’il a 25 ans. Tout comme la Pythie chez Valéry, il est « pâle, profondément mordu » de Facebook et d’Instagram.

« Mais il te faut une présence sur Internet » me dit-il. « Tu voyages à Hollywood, tu t’entraînes avec moi, il faut faire savoir tout ça aux gens. »

Il a bâillé et je me suis dit qu’il doit bien me trouver un client plutôt assommant – encore un ! – mais je lui ai remarqué tout de même « Tu ne dors pas assez ? » « Non, c’est vrai, j’ai des insomnies. » « Pourquoi ? Tu bois du café trop tard ? » « Non, c’est pas ça. C’est parce que j’ai trop envie de voir combien de « likes » mes dernières photos sur Instagram obtiennent – je me lève plusieurs fois la nuit pour scruter mon compte. » J’ai souri – le désir si humain, et au fond si innocent, pour l’approbation d’autrui se manifeste peut-être dans de nouvelles tournures, mais il est toujours aussi fort qu’avant.

Des babioles

| Aucun Commentaire
On peut maintenant lécher les barres, les rampes et les poignées du métro new-yorkais sans craindre d’attraper une maladie fatale – du moins automatiquement ! (Et sauf si l’on ne voyage pas par métro en compagnie de ces « demoiselles d’Astoria », Busted au milieu et Tina Burner à droite, un mari tout gêné à gauche après un brunch un rien déjanté.)

lemarietlesfolles.jpgAprès le brunch il y a quelques semaines à Chelsea, le mari, Busted et Tina Burner devant le restaurant


detournementdemineur.jpgLe détournement de mineur (ou presque) – la Turner a fait boire 7 shots de suite à ce  jeune homme en casquette tournée à l'envers, très « bro »


Toujours à la recherche de réponses sur des questions d’hygiène quotidienne, à savoir s’il serait absolument nécessaire, d’un point de vue sanitaire, pour un homme de se laver les mains après avoir pissé (les réponses varient : l’urine n’est pas en principe antihygiénique, mais il semble que la « région » du bas-ventre peut abriter pas mal de bactéries désagréables, dont des coliformes fécaux, qui peuvent facilement contaminer toute la peau là-bas – mais en même temps, étant donné l’absence marquée de maladies directement liées à l’omission du lavage des mains, on assume que le risque n’est pas très élevé), je suis tombé sur cet article tout ce qu’il y a du plus politiquement incorrect, mais qui m’a fait, je l’avoue, sourire à plusieurs endroits. C’est très catégorique (ou « judgy» dans l’argot contemporain), sexiste, négligemment homophobe, âgiste, et tout le reste – mais les diatribes de l’écrivain contre, parmi ces multiples cibles, le gel pour les cheveux, les parapluies et les iPad, ont toutefois un côté satirique assez marrant.

La mysophobie est, elle aussi, une peur maladive, qui se manifeste souvent par une compulsion de se laver les mains, ce qui peut indiquer le trouble obsessionnel compulsif.


Séjour californien

| 4 Commentaires
palmiersnocturnes.jpgDes palmiers un rien macabres en plein Los-Angeles


Bon, je le dirai le premier – je voyage mal. Quoique j’aime bien me retrouver de temps en temps dans des endroits autres que mon petit monde familier de Manhattan, ceux que je connais déjà comme ceux que je vais découvrir, je n’aime tout de même pas m’y rendre, surtout s’il faut y aller par avion. L’idée de passer des heures assis dans un tube d’acier qui vole dans l’air à plusieurs milliers de mètres au-dessus du sol à une vitesse presque inconcevable ne m’a jamais plus, et le fait de le faire encore moins. Il faut pourtant le faire de temps à autre et je me résigne à souffrir de longues heures anxieuses afin d’éprouver des moments plus amusants par terre.

cinemachinoisgraumann.jpgL'entrée du célèbre cinéma chinois Graumann au Bois de Houx


En ce qui concerne le récent séjour en Californie, il y avait, à part les ennuis de voyage, d’autres difficultés à surmonter – il a fallu coordonner les obligations familiales avec celles de l’ami chanteur et avec ce qu’on voulait faire nous-mêmes (séances de muscu, par exemple). Ce qui n’était pas toujours très facile, surtout vu la difficulté constante du trafic à Los-Angeles, où il faut au minimum vingt minutes de voyage en voiture pour aller faire n’importe quoi, et en général ça prend beaucoup plus de temps. L’ami chanteur est descendu chez son ami producteur et sa femme, qui habitent, eux, dans un appartement situé vers le bout nord de la vallée St-Fernand, donc assez loin du « centre » traditionnel du Bois de Houx (où se trouve le studio où l’ami chanteur espère enregistrer les parties vocales de ses chansons) ou même du Centre Ville – on est allé chercher son copain, arrivé après nous le jeudi soir, à l’aéroport, d’où on l’a conduit chez les autres, ce qui a pris une bonne heure de route, en grande partie sur l’autoroute 405, même à 10 heures du soir. Pour ne rien dire du retour, par la 101 Californie, qui passe par Burbank. Ouf ! C’est tuant !


Journées angélènes

| 1 Commentaire
Après une journée douce avec quelques moments de pluie, un ami angélène nous a conduits partout dans la ville dont la circulation serait d’une monstruosité célèbre et tout à fait méritée, du Bois de Houx vers l’ouest, jusqu’à Sainte-Monique et le quartier de Venise, pour nous ramener vers l’est au parc Hancock à travers la ville Culver. Heureusement qu’il a une voiture confortable !

Quelques photos d’hier et d’avant-hier.

coucherdesoleil.jpgL'incroyable coucher de soleil de l'avant-hier, vu à partir du jardin de la sœur du mari, à travers un terrain de golf avoisinant


empreintedejudygarland.jpg
L'empreinte des mains et des chaussures de l'actrice Judy Garland devant le cinéma Chinois Grauman à Hollywood


empreintedejoancrawford.jpgAinsi que celles de Joan Crawford au même endroit


musso&frankla.jpgEt l'on a ensuite déjeuné au gril Musso & Frank, le restaurant le plus ancien de Hollywood et aussi l'un des plus célèbres  – l'ami Georges (dont c'est la première fois à Los-Angeles), le mari, et un ami à moi d'enfance



Drang nach Westen

| Aucun Commentaire
À l'ouest, je ne trouve rien de super nouveau, mais comme il fait nettement moins froid qu'à New-York, c'est déjà quelque chose.

notreavionverslax.jpgNotre avion à l'aéroport JFK hier matin – tout à fait complet à cause des annulations de l'avant-hier


LAcentreville.jpgCinq heures quarante minutes après notre départ de New-York, on se trouve au-dessus du centre ville de Los-Angeles en route vers l'aéroport à gauche


WEHOWholeFoods.jpgOn a trouvé la voiture de location (une Nissan rougeâtre pas chic du tout !) et après avoir déposé nos bagages chez la sœur du mari au quartier du parc Hancock, on est allé voir le père de celui-ci à sa résidence avant de reprendre le souffle à traîner dans les allées du supermarché le plus gay (malgré ce panneau un peu délabré, à vrai dire) dans le quartier le plus gay de toute la Californie du sud, c'est-à-dire dans le Ouest-Hollywood
 


Quelques liens

Commentaires récents

  • best online dating site : Greetings from Los angeles! I'm bored to death at work lire la suite
  • Phénicia : J'adore votre article, très inspirant, merci pour ce grain de lire la suite
  • Valérie de haute Savoie : Ahhhh voilà qui va ensoleiller cette journée pluvieuse :) J'ai lire la suite
  • Grégory : François Bayrou, c'est un peu le parangon du donneur de lire la suite
  • Édouard : Bon, elle n'imaginais pas, je suppose, qu'on allait la mettre lire la suite
  • Nanarf : "Mlle Sacco savait très bien ce qu’elle faisait en postant lire la suite
  • Édouard : Valérie, Édouard (Edward) est bien l'un de mes noms « lire la suite
  • Grégory : Les réseaux sociaux mettent en "contact" des gens qui, pour lire la suite
  • Valérie de haute Savoie : Ah mais tout s'écroule, vous ne vous appelez pas Edouard lire la suite
  • Édouard : Quelquesfois je ne fais pas attention ;-) lire la suite

février 2015

Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28

Me contacter:

edouardleborgne@gmail.com