
Un panneau publicitaire dans l'air du temps !
C'est peut-être à cause de la crise économique, mais j'ai du mal à me jeter sans réserve dans l'esprit de fête qu'on nous propose à la fin de chaque année - notons que cette année cela a bien un côté désespéré, vu le manque de consommateurs dans les magasins. Et en plus, il fait gris et pluvieux, un temps à vrai dire plus parisien que new-yorkais, ce qui à faire plaindre la belle-mère du copain, qui blâme le réchauffement climatique des journées grises d'aujourd'hui qu'elle n'a pas connues dans le passé, où le ciel d'hiver à New-York brillait d'un bleu profond et sans nuages.

Un écureuil en mosaïque sur le mur de la station de métro de la rue Christophe
Un peu de mon passé est aussi venu me voir ce week-end dernier sous la forme d'un ancien amant qui habite actuellement à Les Prairies (Las Vegas pour les autochtones). C'est drôle combien peu il a évolué depuis les années où l'on était ensemble (« ensemble » c'est beaucoup dire en fait - je le poursuivais plutôt, de Boston à Denver, et à Tucson, et à Provincetown et jusqu'à Montréal, où je me suis trouvé dans un appartement de cauchemar dans la rue Drummond à l'attendre et où je me suis enfin décidé à le quitter une fois pour toutes pour refaire ma vie à Manhattan). Il a toujours ce même côté vagabond, mais c'est moins attrayant à l'âge qu'il a maintenant, quand ça lui donne plutôt l'air d'avoir été laissé de côté. Bon, on fait ses propres choix et pendant des années, lui il a préféré draguer que d'entrer en ménage. Maintenant il a tous les traits bizarres d'un vieux célibataire - il fait des bruits d'animaux quand il fait sa valise (si, si - c'était comme si Betty était de nouveau chez nous, tellement il faisait des bruits de chien - des jappements, des gémissements tout doux, mais toujours audibles !) ou en lisant le journal. La solitude, ça peut rendre asocial !

Les grues s'affairent sur le terrain du Centre Commercial Mondial à Manhattan

Une grue solitaire au chantier, devant la tour numéro 7 du Centre
Il est resté chez nous deux jours - samedi on a fait un tour de « downtown » afin d'acheter des sous-vêtements bon marché chez Century21 et de passer chez J&R. Vendredi soir on était allé d'abord assister à une attraction assez curieuse - il s'agissait d'un court spectacle musical offert par des jeunes homos au théâtre du Chemin des Cerises (alias le Cherry Lane Theatre) où un chœur a chanté des tubes pop. Samedi soir, on est passé prendre un verre au bar Le Gym avant de dîner à côté dans le restaurant Ate, où, à ma surprise, on a bien mangé.
Dimanche après-midi, mon ex nous a quittés pour se rendre chez d'autres amis et nous sommes passés d'abord chez un ami décorateur qui a offert un grand cocktail de Noël - rien à boire que des boissons « blanches », c'est-à-dire le champagne, le gin, le vodka, et le vin blanc. Ensuite on s'est rendu aux Quais de Chelsea pour la fête des Jouets pour les gosses (ou Toys for Tots) organisée depuis des années par des promoteurs immobiliers gais.

Des homos new-yorkais font la fête aux Quais de Chelsea

L'un des points d'eau où l'on peut repérer sa proie avant de se lancer
C'est là où l'ami galeriste a voulu faire de la pêche aux choupinous - et il y en avait beaucoup, dans toutes les tailles et pour tous les goûts, mais qui se flairaient les croupes comme des chiens en chaleur - c'était la dragorama pure et dure ! Moi je me suis assis un peu à l'écart de l'action pour pouvoir mieux l'apprécier, en tant qu'ethnologue intéressé, bien sûr. Après une heure, l'ami galeriste nous a donné l'ordre de partir, et on est tous allés chez une amie dans la 11e rue ouest pour sa fête de « garniture du sapin de Noël », où en principe on apporte un machin pour accrocher au sapin, mais en général le sapin est déjà tout décoré. Il y avait plein de jeunes banquiers hétéros - c'est tout un genre, beau mais arrogant, dont je me méfie en général - et leurs femmes/copines.

Une partie de la montagne de jouets apportés à la fête pour être distribués plus tard
N'ayant pas mangé, on est allé au restaurant italien de l'Hôtel Maritime, dans la 9e avenue, qui s'appelle La Bottega, où l'on avait une serveuse merveilleuse au nom de Daisy et où l'on a mangé des pizzas maison aux figues et aux champignons. La grande boîte de nuit Hiro, qui se trouve au sous-sol de l'hôtel, n'est plus ouverte les dimanches, donc on est rentré chez nous à une heure décente.

L'intérieur du restaurant La Bottega dans l'hôtel Maritime

Et puis le hall d'entrée de l'hôtel lui-même
Lundi après-midi j'ai accompagné l'ami galeriste au spectacle pour le Figurant de l'année au bénéfice de fonds contre le sida qui a eu lieu au théâtre Nouvelle-Amsterdam dans la 42e rue ouest.

Le théâtre Nouvelle-Amsterdam dans la 42e rue ouest
Que c'était formidable ! Du pur plaisir ! Un sketch comique des comédiens de la pièce Equus, dont Daniel Radcliffe (alias Harry Potter) torse nu qui fait l'amour « interdit » avec un « cheval ». D'extraordinaires danseurs du Roi Lion. Un échange contrastant avec une émotion inattendue et poignante le texte poétique de Les Anges en Amérique et les paroles de chansons de la comédie musicale Annie. Dans la salle complète, on essuyait des larmes.
On a fêté l'anniversaire d'un ami anglais au restaurant Bombay Talkie mardi soir. En rentrant chez nous, on a retrouvé un ivrogne qui ronflait très fort bloquant la porte de notre immeuble.

C'est ce qui peut arriver si l'on fait trop la foire !
Ce soir, c'est l'ami péruvien qui vient chez nous avant de partir la semaine prochaine pour Lima pour les fêtes.
c'est quoi donc, ce centre commercial mondial ? (et pourquoi pas Planétaire???)
Wow, a Londres aussi ils font ca:
http://blog.jujupiter.com/post/fr/2008/10/27/recession-food
edouard, tu es au courant que la librairie francaise de NYC va bientôt faire faillite?
edouard, tu es au courant que la librairie francaise de NYC va bientôt faire faillite?
gvgvsse, cela ne me surprend point en fait – les livres qu'on y vendait étaient beaucoup trop chers et je suppose que les sites comme Alapage.com ont dû les faire perdre pas mal de clientèle new-yorkaise et américaine – même avec les frais de transport de France, c'était moins cher d'acheter des livres chez Alapage, et en plus, on y avait les livres qu'on cherchait. Je ne sais si je t'ai raconté que j'ai moi-même travaillé pendant un été dans la Librairie de France et j'étais présent quand on marquait les prix pour les Livres de poche ou les J'ai Lu, quelle augmentation incroyable ! Un livre qui leur couûtait 2 francs, on lui mettait un prix de $9 ou même plus ! Mais c'est vrai que le loyer dans le Centre Rockefeller doit être oppressant, et puis je pense que le propriétaire, M. Molho, juif francophone originaire de Smyrne émigré aux États-Unis dans les année 20 (je crois), est mort depuis longtemps et après lui, la marchandise a beaucoup changé – en plus, ils ont fermé le magasin pour les dictionnaires dans la 5e avenue à l'angle de la 18e rue (en tout cas, tout près de la première librairie universitaire Barnes & Noble) il y a des années déjà. Les Français et les Américains qui achètent des livres en français à New-York se les procurent par Internet – c'est donc fini pour les commerces de livres étrangers dans le « réel ».
quelle joie de vous retrouver !
tiens je pensais que ca te ferait plus de peine... mais la nostalgie a peu sa place à NYC...
gvgvssse, la Librairie de France avait tellement changé — ce n'était pas du tout l'endroit tout particulier qu'il avait été avant, pour des raisons diverses...
justement... ca me rend nostalgique. j'y suis allé la première fois en 1983...