
Un vélo enneigé mardi soir dans la 9e avenue à Chelsea
Ici, c'est un Noël assez hésitant cette année - il n'y a presque plus d'industrie lourde à New-York, ici tout le monde travaille dans les services ou dans la finance, et c'est peut-être pour cela qu'on regarde les tribulations de l'industrie automobile américaine concentrée autour de la ville plus ou moins abandonnée de Détroit avec une certaine froideur - les cadres virés de l'ex-Lehman Bros occupent déjà le trottoir devant les dernières banques d'investissements dans l'espoir de trouver du travail d'analyste ou d'informaticien - mais l'annonce hier soir sur le gel de toutes les usines Chrysler a sonné comme un glas pour toute l'industrie automobile américaine. Les grands magasins et les boutiques qui proposent des soldes allant jusqu'à 70 % restent vides, et le choc de l'affaire Madoff, qui a bouleversé la haute société juive, ne calme pas les nerfs déjà fragilisés par tout ce qui va mal dans l'économie. L'histoire des chaussures lancées au visage de Bush à Bagdad a remonté les esprits quelque peu - on a traité le journaliste irakien en héros un peu partout dans le monde, même dans les pages virtuelles du Times et du Washington Post. C'est vous dire combien tout le monde est fatigué de la présence de ce débile criminel qui a dévasté ce pays sur le plan éthique, social, financier, militaire, etc.

L'une des deux chambres de motel qu'on avait louées pour samedi soir - c'est beau, non ?

Il s'agissait d'ancienne cabines touristiques construites dans les années 40 qu'on avait ensuite ramassées pour en faire un seul motel - mais il y avait toujours le chauffage à gaz !

Nos deux chambres

Une vue du motel
Mais on se traîne comme on peut. Le week-end dernier, le copain et moi, nous avons décidé d'organiser un cocktail « dépression » à « Pierreville » - on a donc loué deux chambres dans un motel du coin pour le samedi, qu'on a décorées de lumières de Noël multicolores et clignotantes, de boas en fil métallique argenté, bleu et rouge, de découpages de scènes de Crèche et de Père Noël dans son traîneau - le tout, vous vous en douterez, dans le meilleur goût possible.

Dans le café La Maison jaune à Pierreville, où il devait avoir du wi-fi mais ça ne marchait pas ce matin-là

C'est joli, non ?

Notre Crèche de Noël, pouvue d'un dreidel puisqu'il s'agit aussi d'Hanoukah et c'était après tout une famille juive

Le bar à vins - en l'occurrence, du Château Biré 2003 - les autres alcools se trouvaient dans l'autre chambre

On espère remonter ces belles lumières chez nous à New-York !
Tout était prêt pour l'arrivée de nos invités quand la propriétaire du motel, une lesbienne d'un certain âge, nous a fait savoir qu'elle ne se sentait pas à l'aise avec notre plan, qu'on allait mettre du désordre dans les chambres. On lui a donné cent dollars comptant pour assouvir ses craintes, et les voitures ont commencé à venir. Sa copine, convertie tout récemment au tribadisme selon sa propre version des faits et habillée seulement en pyjama lapin avec des pompons en queue de lapin au bout de chaque pied, est venue pendant la réception se plaindre des voitures stationnées au bord de la rue, sur un morceau de gazon tout brun et gelé. Il s'agissait surtout d'un choc des civilisations - ces deux femmes, assez sympas en l'occurrence et par ailleurs sauveteuses d'animaux de compagnie abandonnés - n'avaient pourtant jamais assisté à un cocktail de leurs vies.
Si vous avez des secondes à perdre dans l'inutilité la plus complète, voici deux clips très mauvais, mal illuminés, difficiles à voir, tournés par le copain avec son téléphone de notre cocktail qu'il a ensuite, et depuis la voiture, postés chez YouTube (c'est ici et ici.) On vous a avertis !
Nos invités sont partis à l'heure précisée et nous sommes allés dîner dans le village avec l'amie écrivain (qui va avoir 91 ans janvier prochain), l'ami sénateur d'état, et un couple de New-Yorkais qui ont aussi une maison là-bas.

Un wagon de métro new-yorkais tout propre - regardez comment ça brille, le plancher, qu'on venait de nettoyer - ici il s'agit du train L en direction de Brooklyn
On est rentré à New-York le dimanche après-midi, après avoir pris le petit déjeuner avec une amie qui se plaignait un peu de l'étroitesse de la vie au village, où l'on a toujours l'habitude, ainsi que l'envie, de faire une montagne d'un rien. Je n'ai rien dit mais j'étais heureux d'habiter en ville. Le retour était ennuyeux, il y avait beaucoup de monde sur l'autoroute, et une fois arrivés chez nous, nous avons dû nous mettre sous la douche pour nous préparer pour sortir encore chez des clients du copain, un couple allemand riche qui a un très beau loft, énorme et élégant, dans le Tribeca, où ils offraient du Glühwein à leurs invités pour célébrer les fêtes.
Lundi, à cause du beau temps qu'il faisait, le photographe embauché pour mardi pour prendre des portraits du copain qu'on allait utiliser dans une promotion publicitaire nous a prié de venir chez lui ce jour même pour profiter du soleil. On a donc pris le train L jusqu'à la station de la rue Lorimer, dans le Williamsbourg Est, pour la séance de photographie.

Vue d'une rue typique dans le quartier de Williamsbourg Est

C'est un quartier très italien, avec des madones aux coins des rues !
Le photographe s'appelle Alden Ford, il est jeune et charmant, et comme il est aussi acteur, il est très sensible à ceux qui souffriraient d'insécurité devant un appareil photographique. On avait aussi, Dieu merci, commandé une maquilleuse pour le visage et les cheveux - tout à fait sympa, Anni a fait son travail avec soin et les résultats ont montré ses talents. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié le brillant à lèvres qu'elle a mis au copain.

Le copain, assis sur un tabouret, attend la maquilleuse

Il y avait avec nous un terrier tibétain adorable

Le copain et la maquilleuse

Dans la rue, pour la lumière naturelle

La star se fait photographier tout nonchalamment sur l'escalier d'entrée

Une petite retouche

Dans le studio du 1er étage
La séance terminée, le copain est rentré au bureau avant de rejoindre l'amie partenaire en course avec qui il allait au cinéma voir un film superdébile, à savoir Twilight, ou La fascination en français, tandis que moi, je me suis rendu chez l'ami galeriste, qui avait grande envie de voir les photographies, dont on a finalement fait une sorte de triage des plus réussies d'après nous sur l'écran de son Mac.

On compare les photos chez l'ami galeriste
Ensuite on est allé dîner au restaurant de quartier Viceroy, où il y avait très peu de monde, même pour un lundi soir.

Dans le restaurant Viceroy, lundi soir - pas beaucoup de monde
Mardi, j'ai travaillé avec le graphiste pour terminer l'annonce qu'on va placer aujourd'hui (oui, oui, c'est vraiment au dernier moment !) dans un magazine gai gratuit qui s'appelle Metrosource et qui paraîtra à partir du numéro de février 2009. Mardi soir on est sorti dîner avec deux amis qui vivent en couple depuis trente ans. Architectes et gourmets, ils avaient voulu essayer un restaurant indien que le copain et moi, nous connaissons depuis pas mal de temps - on les a donc rejoints à Bombay Talkie, à Chelsea, où le service a été, comme d'habitude, tout à fait maladroit, mais la cuisine très bonne.

Au 1er étage du restaurant Bombay Talkie
Ce soir, jeudi, c'est un peu le marathon des petites mondanités - un vernissage dans une galerie branchée qui se trouve dans le Côté oriental inférieur, ensuite un cocktail chez un photographe qui habite dans la Cuisine du diable, et puis une grande fête homo dans un loft dans le Quartier des Vêtements. Il va falloir manger à un certain moment, mais quand ?
Quel post.... cela valait le coup d'attendre. Merci pour toutes ces infos et ces photos. Avant de quitter Strasbourg pour des vacances aux antipodes, je souhaite vous adresser, ainsi qu'au Copain, mes meilleurs souhaits pour cette nouvelle année.
Merci beaucoup, Hub. Et meilleurs vœux à vous aussi pour d'excellentes fêtes – et de vacances pleines de soleil !
Oui, c'est une bonne idée, au cas ou on ne se recroise pas d'ici là: bonnes fêtes de fin d'année et meilleurs vœux à tous les deux!
Un party dans un motel ? Comment peut-on avoir des idées aussi déprimantes ?
Les vidéos sont de véritables chefs-d'œuvre :D
Laurent, c'est justement parce qu'on est dans une dépression qu'on fait des boums dans des motels ; ) !
Valérie, vous êtes bien trop gentille – les vidéos sont des désastres, mais il le sait aussi !
Meilleurs vœux à vous tous (y compris Lawrence).