
L'un des panneaux indicateurs pour les spectacles à mi-prix du nouveau kiosque TKTS dans la place du Temps
Le copain a insisté : il voulait absolument voir la comédie musicale Avenue Q. Oui, c'est celle où il y a des marionnettes. Des marionnettes à la langue salée. Je connaissais déjà la chanson « The Internet is for porn ».

Vers la place du Temps
On a bravé un vent à décorner les bœufs pour nous rendre donc au kiosque TKTS pour acheter deux billets à moitié prix pour le spectacle. Il y avait peu de monde, les billets restant toujours assez chers à 66,00 $ chacun, mais on nous a donné de bonnes places au 8e rang à l'orchestre, à côté de deux couples de jeunes Français, dont deux n'y comprenaient rien - le jeu des marionnettes est assez gros et donc facile à suivre, mais il faut parler anglais pour vraiment comprendre l'humour. La pièce a du charme, un rien désuet - les marionnettistes sont jeunes, les paroles drôles. C'est du cabaret « élargi » pour satisfaire aux besoins de Broadway, mais il nous a donné une soirée agréable.

Le toit du kiosque a été aménagé en gradins
Eh oui, la Bordelaise, on y était le jour J, c'est-à-dire à Washington pour l'inauguration d'Obama. On y avait été invité par des amis qui ont un appartement à deux chambres à coucher dans le quartier d'Adams-Morgan, juste au nord-est du quartier traditionnellement homo du Cercle Dupont. On y est resté cinq jours au total - on s'y est rendu en autobus tout confort équipé de Wifi (on mettait à jour ses pages Facebook) et tout le reste pour un aller-retour de seulement 11 $ (si, si, mais d'accord, c'était un prix promotionnel - par contre, le tarif aller-retour en train Amtrak s'élève à 224 $, alors...).
Samedi on a exploré le nouveau musée de l'Information et de l'Actualité, le Newseum, ainsi que le musée de l'Espace et de l'Aéronautique (qui serait, selon une amie, le musée le plus barbant de tout Washington, mais bon, c'était pour le copain, qui l'adore). On est allé manger dans un restaurant français de quartier tenu par un Française adorable, Françoise de nom, et son restaurant est La Fourchette, dans la 18e rue Nord-ouest. Il y avait du monde en ville à Washington ce week-end-là, tout le monde fêtait l'avènement d'Obama à la tête du gouvernement.


Devant le théâtre Golden dans la 45e rue ouest
Dimanche il y avait le concert, où l'on a pu voir et écouter, dans le froid, Beyoncé, Bruce Springsteen, Bono, et al. Mardi on s'est rendu au Mail où on a suivi la cérémonie avec les autres, au moins 1,8 million de spectateurs qui ont bravé un froid vraiment glacial. Tout le monde était de bonne humeur ; on a hué l'hélicoptère de Bush qui quittait la Maison blanche pour se rendre à la base aérienne d'Edwards pour la première étape du retour au Texas pour ce président honni. On n'a pas pu assister au défilé, faute de billets spéciaux et aussi à cause d'un niveau de sécurité vraiment pénible et mal organisé. On a donc suivi le défilé sur la TV en déjeunant dans un restaurant éthiopien. Le soir de l'inauguration, il y avait des bals partout - en dépit de la température, on voyait des femmes en robes de soir assez décolletées qui sortaient de taxis et de longues limousines noires - c'était vraiment le Carnaval des politiciens ! On avait du mal à trouver une table dans un restaurant pour dîner, tellement il y avait du monde en ville pour cet événement. Et puis, vers onze heures du soir, on est allé dans une boîte gay (Town) pour une soirée parrainée en quelque sorte par la Campagne pour les Droits humains, un groupe de pression homo centriste que je n'aime pas tellement mais bon...
Le lendemain de l'inauguration, on a visité des musées, dont la Galerie nationale d'art (ou le père du copain a fait sa demande en mariage à sa mère, devant la statue de Mercure dans la rotonde de l'entrée) et la Collection Phillips. Jeudi matin, on est rentré à New-York.
Washington, c'était à ce moment-là une ville en pleine fête ! Tout le monde souriait, il y avait des affiches de bienvenue dans toutes les vitrines du genre « Joe's Tavern Welcomes Barack and Michelle to Washington DC ». On se souriait dans le métro et dans la rue. Les noirs - de toute la gamme, des grosses bonnes femmes couvertes de pied en cap de boutons Obama aux djeunz aux pantalons baggy et mal ceinturés aux cadres en costume cravate - étaient au septième ciel, tellement c'était à peine concevable ce qui se passait. C'était vraiment comme si l'on avait délivré le peuple américain en entier d'un gros poids écrasant, pénible et méchant et tout le monde se sentait soulagé et heureux. Un bien beau moment, c'est vrai, que je n'oublierai jamais.
Oui, même de chez nous, ce fut un beau moment à regarder et admirer... mais je n'ai pas vu votre photo à la soirée HCR sur Metrowekly !
J'aurais aimé y être...un rêve éveillé !