
Une explosion de tulipes dans la place Abingdon dans le Village
La fureur des applications iPhone me saisit par moments - comme hier soir, par exemple, après avoir perdu au jeu Civilization VI où je me battais contre le copain et trois adversaires IA (dont l'impératrice Catherine de Toutes les Russies et la reine Victoria du Royaume-Uni, qui ont été toutes les deux très désagréables envers moi) et pendant que le copain se faisait écraser par la même Catherine, quand j'ai téléchargé deux applications - l'iBreviary et la Bible. Non, non, ne vous inquiétez pas, ce païen confirmé n'a pas été frappé, comme Saul sur la route de Damas, par un coup de lumière lui posant des questions aussi graves que condamnatrices. Non, c'est parce que il m'arrive de temps en temps, et surtout pendant les périodes de turbulence en avion, d'avoir envie de pouvoir réciter tout le Pater noster en latin (Quoi ? vous n'avez jamais connu un pareil désir ?) Et en plus, n'est-il pas plaisant de pouvoir réciter le Salve, Regina quand on en aura envie sans faire le moindre faute ? Et en ce qui concerne la Bible, j'ai choisi bien sûr la version la plus littéraire, c'est-à-dire, pour les anglophones, la traduction autorisée du Roi James Ier, qui est parue pour la première fois en 1611 et dont la langue particulière résonne dans toute la littérature de langue anglaise qui l'a suivie. J'ai déjà sur mon portable l'œuvre entier de Shakespeare (considérons le cas du beau sonnet nº 50, qui commence ainsi : How heavy do I journey on the way, When what I seek (my weary travel's end), Doth teach that ease and that repose to say, "Thus far the miles are measur'd from thy friend." - c'est bien chic de l'avoir accessible à tout moment, non ?) J'ai aussi le dictionnaire des synonymes de la langue anglaise publié par Oxford pour iPhone - un peu cher, d'accord, mais c'est utile quand on ne se trouve pas chez soi, dans son cabinet, l'excellent dictionnaire Chambers à portée de main dans la bibliothèque.
Alors, à quand, mesdames et messieurs, (ou où trouver) des applications iPhone des œuvres de Racine ? Ou de Corneille ? Il m'arrive, je l'avoue, et plus souvent même qu'on ne devrait l'attendre, de vouloir me comporter en amante dignement enragée - « Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire. » (Phèdre, Acte 1, scène 3, vers 161) Vas-y, la meuf, dis-le tout haut ! Où sont les sonnets de Ronsard, de Du Bellay ? Allez, les mangeurs de grenouilles à la langue de Voltaire et de Molière (et de Genet), ne tardez plus ! Rectifiez ces manques ! Développez vos applications iPhone !

On fait très attention aux fées qui se promènent dans la Cerisaie, et c'est très bien
On rassemble cette semaine les petites choses qu'il nous faut à la plage, où l'on compte se rendre samedi après-midi. Il s'agit de couteaux à steak aux beaux manches de corne, qui ont appartenu à ma mère ou à sa mère, je ne me rappelle plus ; un fusil d'affûtage (l'ami galeriste et le copain, les pauvres, se sont plants tous les deux le week-end dernier de couteaux émoussés) ; des dessous de plat en bois et un dessous de bouteille argenté ; une collection DVD de films de Pedro Almodóvar, dont La ley del deseo qui me semble un des chefs-d'œuvre de l'art cinématographique du XXe siècle, avec un scénario où l'on mêle la farce et la tragédie à perfection ; des sets de tables en bambou ; des serviettes en coton, faciles à nettoyer ; des petites serviettes de cocktail en papier et aux couleurs vives (rose Schiaparelli ou « shocking pink » en anglais, par exemple, et turquoise) ; une nappe Pierre Frey achetée aux Galeries Lafayette il y a des années (aucune idée comment on va la nettoyer) ; des drapeaux américain, français et portugais ; des baguettes en bois ornées ; un poste de radio Grundig ; des feux d'artifice d'origine chinoise achetés quelque part ; un couteau à fromage acheté chez des amis parisiens (Zero One One, rue de Marengo, Paris 1er - une boutique formidable pour les arts de la table) ; deux bougies aux parfums maquis et thé de chez Diptyque, dont il paraît que, hélas, la firme originelle du boulevard Saint-Germain ait été rachetée par des investisseurs privés et l'on sait trop bien à quoi ça mène en général.


L'entrée discrète et délicieuse au gîte du Belvédère à la Cerisaie, qui a été construit par un, vous l'aurez déjà deviné sans doute, décorateur de théâtre non-hétéro
Mais quel type de "fairies" peuvent croiser en ces bois??