Le nouveau chez nous

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On attend le prochain ferry devant le guichet samedi dernier

Les mauvaises langues diront sans hésiter que les Pins-de-l'Île-de-Feu, ce n'est que Chelsea-sur-Mer, faisant ainsi référence au quartier homo le plus visible de New-York, et il y a, j'en conviens, des aspects qui rappellent le côté superficiel - jeune homme bronzé, musclé d'entre 28 et 40 ans, un rien hautain, sûr de lui, bien et richement habillé (débardeur D&G, lunettes de soleil Persol - que j'adore ! ô combien je suis superficiel ! - et tout le reste), sexy, bien coiffé - de ce ghetto gay.  Il est vrai que, tout comme les bébés, les gays adorent se regarder et le spectacle que représente le Thé dansant au restaurant La Baleine bleue confirme grandement cette analyse.

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On traverse la Grande Baie du Sud au pont supérieur du ferry


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Une partie du salon et de la salle à manger de notre maison (l'ami galeriste a déjà ôté toutes les décorations de table et les bougeoirs - il est très minimaliste MDR)


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Et dans l'autre sens, vers la cheminée (y a plus de fleurs en plastique, ni de vases blancs, bien sûr, et l'on discute toujours sur l'acceptabilité du tableau au-dessus de la cheminée)

Le premier « thé » de la saison a eu lieu ce week-end dernier, mais les dieux de la 8e avenue n'y étaient pas - leurs colocations ne commencent en général que vers le milieu du moi de mai - et donc on avait le plaisir beaucoup plus, euh, modéré (il faut qu'on essaie d'être gentil, non mais, au moins au début !) de se trouver parmi les propriétaires plus riches, plus âgés et plus... (c'est trop fort pour moi, la vérité peut être blessante, mais tant pis elle reste la vérité) moches. Les barmen par contre étaient tout qu'on attendait - jeunes, sympas (les sourires disparaîtront d'ici au début juin), sans une once de graisse sur leurs torses nus sculptés - n'ont-ils jamais eu envie de manger des chips de maïs avec leurs margaritas glacées devant le poste de télévision en regardant d'anciens épisodes de South Park ??? Ce n'est pas juste du tout !!! - et généreux (pour un gin-tonic, ils remplissent le grand verre en plastique avec du gin à trois quarts avec ensuite quelques giclées de tonic sorties du pistolet à boissons). Ça saoule, et cela a saoulé - après deux verres seulement, le copain m'a avisé qu'il fallait rentrer tout de suite à la maison, une promenade à pied d'environ quinze minutes sur les planches, puisqu'on habite tout à fait aux confins orientaux des Pins.

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La piscine la nuit, les lumières allumées - c'est beau mais il fait un froid indicible et on n'a pas envie de payer le gaz pour la réchauffer - on est bien avare, nous !

L'ami galeriste, lui, a flirté avec une bande de jeunes concepteurs de mode, qui pleuraient, en buvant beaucoup de vodka, la mort ce jour-là de l'actrice Bea Arthur, adorée des gays je ne sais pas trop pourquoi sauf pour son appui constant de causes dites « de gauche » - il y a de ces subtilités gays qui m'échappent entièrement, je suis mauvais homo - et il a même osé danser. Une fois de retour chez nous, on a préparé le dîner et en dépit d'une invitation imprimée à une soirée à commencer « vers neuf heures » - ce qui signifierait, dans l'heure gay des Pins, 22 h 30 - on s'est jeté dans nos lits respectifs pour reprendre nos forces épuisées pendant le déménagement.

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Notre premier repas - c'est le copain qui a dressé la table - on n'avait pas de serviettes et l'ami galeriste a déploré le choix d'assiettes d'un vert qu'il n'approuvait pas !  « C'est comme si l'on mangeait sur les tuiles d'une salle de bain d'une station-service ! »

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C'est la fierté gay au bord de la mer !

3 Commentaires

Elle a l'air très bien cette maison... bon choix, Edouard...

Vous me semblez très en verve, un peu "bitchy" toutefois ;-)

J'espère que "l'ami galeriste" (je serais curieux de savoir à quoi il ressemble...) ne sera pas toujours aussi dirigiste pendant vos séjours...

Summer house in Fire Island!!!! The financial crisis does not affect everyone ;) ;)

C'est plus fort que moi, Jérôme – je n'arrive pas toujours à faire taire mon bitchiness naturel – mais que voulez-vous, on cédera finalement à sa vraie nature, je pense ;-)

Comme l'a déclaré l'ami galeriste sans trace aucune d'ironie, « I'm tired of the recession » et je le comprends tout à fait ! Mlle Fagina (excusez-moi si vous n'êtes pas une femme), mettez-vous à ma place. Vieillard désabusé du mythe qui assumerait un sens dans la vie humaine, je ressemble à un dinosaure qui regarderait venir le météore qui va l'éliminer – il vaut mieux dépenser son argent pour la location de quelques mètres carrés de sable que de le voir disparaître dans des comptes IRA et 401K au profit de quelques banquiers de chez Goldman Sachs. Alors, pourquoi ne devrais-je pas faire grand étalage de mon cynisme profond sur le sable chaud et soyeux de l'Île de Feu ?

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