Compte rendu de week-end

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On s'était convenu de nous rejoindre à 18 h 30 dans l'entrée de l'immeuble de notre « chauffeur » qui allait nous emmener avec lui et la chienne et une autre amie à Pierreville dans le break Volvo pour les funérailles de l'amie écrivain, notre propre voiture se trouvant toujours dans le garage chez les parents du copain dans le fin fond du Connecticut et donc plus ou moins inaccessible. Arrivés chez lui juste à l'heure en dépit d'une circulation de pointe infernale autour de l'Autorité portuaire dans la 8e avenue, on était tous les deux bien surpris de l'arrivée prompte du véhicule devant l'immeuble - notre chauffeur, qui est en général quelque peu traînard, se hâtant de faire monter les bagages et nous dans la voiture. Une fois la voiture chargée et finalement en route vers le Connecticut par le Parc Central, il nous explique son empressement : sa mère était prévue chez lui à 18 h 45 (sa sœur et son beau-frère, qui habitent Chicago, passaient le week-end chez lui) et il voulait absolument l'éviter, parce que c'est une personne disons « difficile » à l'extrême et il redoutait une scène.

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Le clair de lune sur la mer à Pierreville, la veille des funérailles de l'amie écrivain

Bon avocat mais chauffeur bien médiocre, il nous a amenés avec succès à notre destination, ignorant tous les phares qui clignotaient incessamment pour lui demander de changer de voie - il aime par trop la voie de gauche, dont on se sert en principe pour doubler mais dans laquelle les vieillards et les peureux préfèrent souvent rouler parce qu'ils se sentent plus en sécurité avec le terre-plein à leur gauche.
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Le bureau dans la chambre à coucher du fils aîné où l'on nous a mis

On nous a installés dans une belle chambre au 1er étage, la chambre du fils aîné qui est actuellement à Oxford où il poursuit ses études dans les langues et littératures classiques. Le matin des funérailles, prévues à 11 heures dans le cimetière, il y avait une brume épaisse qui s'est ensuite transformée en pluie intermittente.

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Le jour n'a pas débuté en toute beauté - mais l'amie écrivain préférait toujours ce temps couvert de brume et de pluies

Le copain et moi, nous sommes allés d'abord au café dit de la Maison jaune pour prendre un café au lait et pour lire le journal, et ensuite au restaurant Noé pour prendre le petit déjeuner « sain » et « diététique » - des jus d'orange pour nous deux, et ensuite pour moi, un bol de bouillie d'avoine pour commencer, suivi d'une omelette aux fines herbes et (abus de régime) deux tranches de toast.

On est rentré à la maison vers 9 h 15 pour nous apprêter pour la cérémonie. La pluie avait heureusement cessé - on était quatre dans le break pour nous rendre au cimetière, où l'on avait monté une sorte de tente vert forêt parmi les pierres tombales. Sachant qu'elle n'ayant aucune croyance proprement dite religieuse, le fils de l'amie écrivain a exprimé quelques mots de bienvenue et ensuite il y avait un ami poète qui a dit quelques mots bien choisis sur sa vie. D'autres ont parlé ensuite, chacun très brièvement. La belle-fille a, pour terminer, circulé parmi l'assistance en nous offrant des brins de myosotis bleu pris du jardin de l'amie écrivain pour déposer sur le petit coffre dans lequel reposaient ses cendres.

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On a tous déposé des brins de mysotis ou d'autres fleurs autour de l'urne cinéraire

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L'amie écrivain était très fière de ses tulipes « noires »

On est allé ensuite chez l'amie écrivain, où l'on avait préparé, suivant la tradition américaine, un repas pour les invités, avec du saumon poché, des salades, du jambon, des gâteaux et des fruits.

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Des gens dans le jardin


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Le jardin, vers le potager, avec le banc en bois, peint en bois, qu'on lui a donné de notre jardin quand on a vendu notre maison


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Les deux parterres où autrefois il y en avait quatre


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Le potager, car l'amie écrivain mangeait bio avant la mode

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L'allée d'orangers de Perse, aux fruits amers, apportés aux Amériques par les Portugais


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La belle fraisière ronde entourée de quatre buis ornementaux

On pensait, une fois le repas terminé et nos adieux adressés à ceux qu'il fallait, retourner assez vite à New-York mais la fille de notre chauffeur, qui étudie à Boston, avait donné entre-temps un coup de fil à son papa lui demandant de le voir pour des raisons urgentes, mais non spécifiées (hélas, mais je vais toutefois essayer de m'informer) tout de suite à Pierreville, où elle comptait se rendre par le train - et puisque sa mère se trouvait en Angleterre, le père a dû, très naturellement, se décommander de son intention de nous reconduire à New-York et il nous a conduits à la gare de la Nouvelle-Londres où nous avons pris le train de 15 h 19 pour New-York. Notre arrivée à la gare de Pennsylvanie était trop tard pour pouvoir faire la correspondance pour l'île de Feu - on est donc rentré à l'appartement où nous nous sommes couchés de bonne heure afin de nous lever de bonheur le lendemain pour prendre le train de 7 h 40 pour Sayville, où l'on est arrivé, par un temps splendide enfin, vers 9 heures.

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Bien peu de monde dans la gare du Chemin de fer de l'île Longue le dimanche matin à 7 h 30

On est monté dans le ferry de 9 h 20, arrivée aux Pins à 9 h 40, l'ami galeriste était là pour nous accueillir, la charrette dans les mains. Le soleil brillant et chaud a bien chassé la mélancolie grise et mouillée d'hier. J'étais content de m'allonger le long de la piscine et de me baigner bêtement au soleil. Des amis sont passés nous voir avec leur chienne Labrador chocolat qui s'appelle Billie en hommage à Billie Holiday et qui est adorable.

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On quitte le port des Pins dimanche après-midi pour rentrer à Manhattan - les cerisiers en fleur sont formidables, non ?

On est rentré par le train de 16 h 40, crevés - on a commandé des sashimis à emporter chez nous pour le dîner, qu'on a mangé devant le poste de télévision comme des ploucs écervelés dans la maison mobile. Le bonheur !

Ce soir, pourtant, on va voir le nouveau film de la série Star Trek au cinéma Ziegfeld.

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J'aime bien la photo dans la brume. Elle n'a rien d'exceptionnel, mais je l'aime bien.

Magnifiques tulipes noires...

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