Dans l'île brumeuse

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L'arrivée du ferry dans le port des Pins

Un week-end plutôt trempé - selon l'Almanach des Fermiers, dans le Nord-est du pays on doit s'attendre à un été chaud mais pluvieux - j'y suis arrivé sur l'île le samedi matin, par un temps couvert et gris. 

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La porte d'entrée de notre maison - ça va être joli avec le chèvrefeuille grimpant

L'ami galeriste, arrivé le vendredi soir, et moi, nous sommes allés inspecter le nouveau gymnase qui venait d'ouvrir ses portes pour la saison. Le jeune gérant, un très beau Latino avec un sourire d'ange digne de Michel-Ange, nous a accueillis avec un vrai entrain d'expert, et il nous a expliqué que, pour un abonnement saisonnier, on aurait droit à une séance d'entraînement privée avec un moniteur venu d'un des gymnases les plus branchés de New-York, ou de David Barton ou d'Equinox. Son message publicitaire terminé, il a encore souri son sourire adorable, et naturellement on lui a vite remis des chèques. Qu'il est facile de délester de vieux schnocks comme nous !


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Par un temps pareil, il n'y a rien d'autre à faire que de planter des fleurs

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Voilà le genre d'affiches publicitaires qu'on trouve agrafées sur tous les poteaux téléphoniques du village

Moi j'ai travaillé un peu tout seul à la maison pendant que l'ami galeriste est allé faire de l'exercice au gym. Vers cinq heures on a pris la décision de marcher à la Cerisaie en prenant le petit sentier qui passe au milieu du célèbre Présentoir des viandes, qu'on appelle le Meat Rack en anglais, aussi connu par son nom cocasse de Forêt commémorative Judy Garland - cela nous a fait une agréable promenade d'environ une heure, et vers six heures on a même vu le déroulement de la course du Preakness dans un bar à la Cerisaie, en buvant des Cocas lites.


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Facilis descensus Averni


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Ici il faut surtout maintenir la modestie des yeux ;-)

On est rentré ensuite aux Pins, encore prenant le chemin qui passe par le Présentoir, et là nous sommes allés d'abord au thé qu'on appelle « bas » parce qu'il se passe au rez-de-chaussée, sur la terrasse du restaurant-café La Baleine bleue, tandis que le thé dit « haut » se passe au 1er étage de la discothèque Le Pavillon, donc à un niveau « plus haut » que son homologue. Il y a aussi dans ces noms un jeu de mots assez évident avec la cérémonie anglaise de « high tea » en réalité très peu connue ici et le mélange des sens des mots « high » ce qui signifie et « élevé » et « supérieur » et « low », qui veut dire et « vulgaire » et « inférieur », tous les deux employés avec plein d'ironie. On est passé bien sûr aux deux thés, mais comme l'ami galeriste ne buvait pas ce week-end, à cause d'un médicament qu'il prenait, il était, avouons-le, un rien moins convivial que d'habitude, mais bon, je n'avais aucune solution utile à lui proposer.


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Une porte d'entrée d'une maison orientalisante à La Cerisaie couverte de glycine prête à fleurir

On est rentré à la maison pour préparer notre dîner vaguement diététique (blancs de volaille, épinards à la vapeur, asperges grillées) et je suis allé me coucher assez tôt.

Hier matin il pleuvait - l'ami galeriste répondait aux infortunes météorologiques par un excès de ménage - il rangeait les tiroirs, il remplissait le lave-vaisselle, il faisait la lessive (les draps dans lesquels il n'a couchés que deux nuits, par exemple), il vidait le lave-vaisselle, il voulait ranger le grand placard à côté du salon mais j'ai protesté - « Non, il faut catégoriquement attendre le copain qui va organiser correctement tous ces fils. »

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Un des grands « carrefours » piétons dans le Centre commercial du Pré de Roosevelt, à Ville-Jardin, dans l'île Longue

On s'est décidé enfin de rentrer tôt à New-York - le copain, lui, revenait du Delaware, en voiture - et comme l'ami galeriste voulait absolument trouver un sweatshirt à capuchon d'un vert bien spécifique, semblable à un vêtement qu'il avait vu dans la boutique Rugby de Ralph Lauren dans la place de l'Université, on s'est arrêté en route au Centre Commercial du Pré de Roosevelt, le centre commercial le plus grand de l'état de New-York et le 8e des États-Unis ! En effet, c'est grand, il y avait des succursales de plusieurs grands magasins new-yorkais, dont Bloomingdales et Macys, et on y trouvera aussi Nordstroms (de Seattle), H&M (de Stockholm), Abercrombie & Fitch, Ruehl, American Eagle, The Gap, Hollister - tous les magasins enfin où l'on pourrait trouver un sweatshirt vert pâle/aigue-marine. Mais hélas, rien - on a traîné çà et là, mais on n'a trouvé rien d'acceptable.

On est rentré à Manhattan par l'autoroute Grande Centrale et la Brooklyn-Queens jusqu'au pont de Williamsbourg, qui n'est pas payant (l'ami galeriste déteste payer les péages) pour arriver au Village, où il m'a déposé près de l'appartement. 

Le copain et moi, nous sommes allés chercher de quoi manger chez Gristedes, dans la place Sheridan - il y avait une ambulance qui bloquait la rue Christophe et les voitures sortaient en marche arrière dans la 7e avenue - et puis, dans un rayon du supermarché, on entend la conversation d'une femme qui parle avec un employé d'une agression qui a eu lieu dans la nuit de samedi devant la banque Chase. « On y voit toujours les taches de sang » elle dit. « Est-ce le retour au mauvais vieux temps ? » elle demande à nous tous. Et c'était vrai - des traces de sang étaient en effet éparpillées partout sur le trottoir devant la banque Chase. Cela nous a fait un drôle d'effet. Et puis, le jeudi soir, il y a eu une autre agression dans la 7e avenue.

L'éditorialiste Frank Rich dans le Times d'hier met en garde le président Obama contre la tentation d'essayer d'ignorer tous les méfaits, les graves et les anodins, du régime précédent, en notant que « Until there is true transparency and true accountability, revelations of that unresolved eight-year nightmare will keep raining down drip by drip, disrupting the new administration's high ambitions. »

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Très certainement, vos yeux et votre posture ont été modestes... mais combien de mètres avez-vous parcouru en une heure dans ces sous-bois? Oui, c'est une question un peu "bitchy"...

Oh la, Jérôme, je suis toujours très, très modeste, d'yeux et de posture, n'importe où ! Le Présentoir n'est long que d'un demi-kilomètre au maximum donc il n'est pas nécessaire d'y traîner trop longtemps si l'on s'en sert seulement pour passer de la Cerisaie aux Pins ou vice versa. Ça prendra donc vingt minutes ? Un peu moins peut-être. Et j'adore des questions et des remarques « bitchy » !

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