Où l'on se comporte mal

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Monsieur des Pins

C'était un de ces week-ends dont on a un peu de mal à se remettre, dans mon cas spécifique à cause du manque de sommeil subi à la campagne - samedi matin, c'était les oiseaux qui m'ont réveillé un peu tôt, et samedi soir, c'était bien ma faute que je me suis couché à deux heures et demie du matin.
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L'arrivée du ferry dans lequel le copain est venu

Après des moments d'incertitude, la faute de clients qui ne savent pas ce qu'ils veulent, le copain est arrivé sur l'île le vendredi soir par le ferry de 19 heures 30. On s'est gardé d'aller faire la foire aux thés divers pour aller acheter que quoi faire notre petit repas du soir - une salade niçoise sans trop de glucides (donc, pas de pommes de terre, et cela manque dans ce plat). L'ami galeriste, lui, est arrivé plus tard en traînant avec lui les caisses de rosé qu'il avait achetées en solde chez un marchand de vin à New-York. On s'est couché de relativement bonne heure.


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Nos assiettes de salade niçoise diététique - c'est-à-dire, sans pommes de terre, mais avec plein d'anchois, que j'adore

Samedi, par un temps nuageux, les deux super-fanas d'exercice, le copain et l'ami galeriste, se sont dirigés vers le gymnase sous la tente dans le port tandis que moi je me luttais avec des vitesses de connexion Internet très lentes à la maison - ah, qu'est-ce que je suis accroché à Internet, c'est pas sain ! Plus tard on a eu quelques moments de soleil - bien brefs en somme, mais passons... - et puis l'après-midi je me suis traîné cette vielle carcasse bien épuisée vers la salle de sport où, heureusement, il n'y avait que très peu monde - trois ou quatre personnes - mais, par contre, et bien malheureusement, chacune de ces trois ou quatre personnes était d'une beauté et d'une perfection de corps à me faire pleurer des larmes de désespoir qu'on croirait de la transpiration et de pousser des cris douloureux, (mais à peine audibles, c'est vrai, car il ne faut jamais laisser tomber le masque de l'indifférence la plus totale à tout ce qui n'est pas « moi »), de « Ce n'est pas juste ! » Cet enfer-là a duré environ deux heures (exercices d'abdos y compris) et c'était avec soulagement que j'ai dit au revoir au bel Hispanique qui est responsable de la salle de sport pour aller vers l'épicerie acheter quelques amuse-gueules pour les gens qu'on avait invités chez nous plus tard.

Mais comme j'agis quelquefois en blonde, j'avais oublié qu'on avait accepté une invitation à prendre un verre chez un ami du copain - en principe, pas de prob, on y va pour une demi-heure et l'on rentre pour recevoir ceux qui viennent chez nous et c'est ce qu'on a fait, plus ou moins, avec, inévitablement, un peu de retard - et l'on s'est trouvé dans la situation curieuse de regarder nos invités approcher à notre maison derrière nous. Non, c'est vrai, cela ne devrait pas se faire mais les invités, dont un bloggeur célèbre et son copain charmant, ont eu la bonté et le grand tact de nous excuser notre impolitesse.

Chez nous on a expliqué à nos invités, dont certains venaient pour la première aux Pins, qu'il fallait surtout se saouler ici, où c'est gratuit, au lieu d'être forcé à payer 10 $ la margarita aux thés - très vite l'ami galeriste a mis le mixeur en marche et on s'est assis à côté de la piscine (toujours trop froide pour nager confortablement, parce qu'on est trop avare pour la chauffer) à boire et à bavarder. Vers 19 heures j'ai signalé à tout le monde - on était tous un peu enivrés, je crois - qu'il fallait commencer le trek vers les thés, ce qu'on a fait avec l'hilarité habituelle - arrivé à la porte du soi-disant Thé bas, j'ai dit au blogueur célèbre (qui parle anglais comme sa langue maternelle, c'est très irritant) et à son copain adorable que j'allais les laisser ici, en quelque sorte au bord du gouffre (je parle métaphores, moi !), et qu'on les verrait peut-être demain. Et hop ! Allez, bonne chance ! On s'est englouti dans la masse de chair fraîche et, euh, notons-le franchement, un peu moins fraîche. (Mais assez de Drakkar Noir cachera pas mal d'odeurs désagréables, j'ai entendu dire.)


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Le bain de foule au Thé bas

Mon copain à moi, qui portait un t-shirt ancien et quasi-transparent, buvait du gin - ce qui le rend toujours fou. Souriant, sympa, mais fou. Il a renversé un verre sur le short d'un ami professionnel à lui, qui s'en moquait, heureusement, et puis il a osé dire à un jeune homme à l'air puceau des comportements puérils qu'on rencontre aux Pins qu'il le trouvait très sexy - en fait, c'est charmant, cela a dû faire du bien au jeune homme nerveux et perplexe. Plus tard, dans le balcon du thé haut - on n'est pas descendu au thé moyen ce jour-là, je ne sais pas pourquoi, et on m'a dit ensuite qu'il avait l'air d'une orgie effrénée avec musique, mais moi je n'ai rien vu ! - le copain a bien voulu bavarder avec tout soûlard qui passait devant lui - et il y en avait de bien saoul et de pas jolis du tout, vous vous en douterez, qui étaient ravis de parler avec ce jeune homme vif et souriant au t-shirt révélateur. Finalement, il y en a eu un qui était même trop pour moi - non, ce n'était pas possible ! - je me suis donc éloigné du copain pour qu'il fasse partir le monstre. Cinq minutes plus tard, je le retrouve assis sur balcon en conversation (on ne discutait pas Hegel ni même Schopenhauer, je vous le promets) avec un type debout qui avait ce qui avait l'air d'être une jambe artificielle en métal - il l'a soulevée cette jambe jusqu'à mon entrecuisse, ce qui m'a fort surpris. J'ai inspecté aussi discrètement que possible la jambe de plus près - on n'avait en fait pas amputé sa jambe, mais il devait la garder pliée, donc il y avait ce faux pied qu'on avait attaché au-dessous de son genou. Enfin on est rentré chez nous.


L'ami galeriste a voulu griller les blancs de volaille, mais comme il était, comme nous tous, un peu parti, il a oublié de les retirer du grill à temps, ce qui les a convertis en « briquettes de poulet ». Le copain n'a pas osé y toucher. Moi, qui suis moins sensible, je mange tout et j'ai mangé et le mien et une partie de celui du copain, qui s'était allé de mettre au lit, tellement il était « fatigué ». Bientôt l'ami galeriste aussi, mais moi, je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas tellement sommeil et j'avais envie aussi de danser un peu. J'ai donc pris mon sweatshirt à capuchon et une casquette contre la pluie et je suis reparti dans le noir à destination du Pavilion. Là, les portes sont ouvertes dès minuit, mais il n'y a personne, bien sûr. Je suis donc monté voir ce qui se passait au bar qui s'appelle À la Petite Gorgée et la Pirouette - c'est beau, non ? - Sip 'n Twirl en anglais - où l'on boit et on danse, mais samedi il y a aussi des « danseurs » professionnels plus ou moins - okay, bon, essentiellement des stripteaseurs - sur le bar. Ils étaient comme deux chatons - ça se léchait, ça se palpait tout doucement, c'était vraiment très mignon, très innocent, tout à fait bon enfant.


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Les danseurs sur le bar à la Petite Gorgée et la Pirouette

Je suis redescendu au Pavillon pour voir s'il y avait un peu plus de monde. Il n'y avait presque personne avant une heure - vers une heure et demie, de petits groupes sont venus danser un peu.

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Au Pavillon, on projetait des formes sur le plancher


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Vers une heure et quart, quelques braves ont osé se mettre sur la piste de danse


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Le vieux danseur aux épouvantails (qui sont en réalité des sortes de drapeaux) - il le fait depuis des décennies, sans blague

Le vieux danseur aux éventails blancs (qui ressemblent plutôt à des carrés de tissu ou à des drapeaux mais dans mon expérience on les a toujours appelés, en anglais, avec un soupçon de mépris, des « fans ») est apparu et il a commencé à tournoyer avec ses accessoires flottants - mais vingt minutes plus, il avait disparu et un autre, jeune, torse nu comme lui, mais portant des « carrés » plus petits, l'avait remplacé.

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Quelqu'un est venu avec un jeu de laser qui projetait des lignes vertes sur la boule de disco, qui les reflétait étrangement

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Le jeune danseur aux éventails

Celui-là dansait très bien et c'était un plaisir de le regarder. J'ai moi aussi dansé un peu, mais la musique n'a pas coopéré et le DJ ayant chassé la plupart du monde de la piste avec ses mixes ennuyeux, j'ai renoncé en reprenant le chemin de retour.

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Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage... ou qui rentre d'une discothèque, le salon et la piscine m'ont acceuilli avec leurs lueurs aimables

Dimanche il n'a pas fait plus beau et on s'est décidé tous à rentrer tôt, en dépit de l'invitation sympa de la part du blogueur célèbre de passer voir la maison qu'ils avaient louée pour le week-end - on n'avait pas la force d'aller à pied jusqu'à l'autre bout de la communauté. On est rentré à Manhattan dans la voiture de l'ami galeriste, qui nous a déposés à deux pas de chez nous.

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La ligne des toits de Manhattan vue de l'autoroute Brooklyn-Queens


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On traverse le pont de Williamsbourg en direction de Manhattan


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Cet immeuble résidentiel au Côté oriental inférieur semble sorti du décor du film Le cabinet du Dr Caligari - on avait le temps de l'apprécier arrêté au feu rouge dans la rue Delancey en sortant du pont de Williamsboug

Aussi crevé que je fusse, j'ai quand même, et tout bêtement, joué à Civilization jusqu'à 1 heure 45 du matin - non, le sommeil me manque. Ce soir, je me couche à 22 heures, promis !

4 Commentaires

Vous utilisez l'expression "agir en blonde", cela m'amuse beaucoup, et aussi se dire que demain on se couchera plus tôt...je fais pareil.
Alors bonne nuit !

Ah Edouard, heureusement qu'il y a les assiettes diététiques (vous avez encore des asperges?) pour contrebalancer ce week-end de "débauche"! Il va falloir se cocher avec les poules pour tenter de faire disparaître les cernes... J'espère que vous vous êtes bien amusé(s).

cette histoire de thés bas, moyen et haut me fascine totalement.

Dommage que nous n'ayons pas pu nous voir dimanche. J'ai mis quelques photos de la maison en ligne. J'ai passé un très bon moment en votre compagnie en tout cas et je ne savais pas que le copain était si sensible au gin :) À très bientôt.

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