On trouve beaucoup de ruines élégamment posées aux Pins
Un sous-texte important de mon séjour aux Pins cet été a été celui du vieillissement. Non pas, bien sûr, comment ne pas vieillir - en dépit de tous les meilleurs efforts de pub d'Estée Lauder, de L'Oréal, de tous les chirurgiens plasticiens de l'avenue du Parc ou des Collines de Beverly - mais comment vieillir avec un rien de dignité, un peu de grâce, dans un monde qui voue un culte à la jeunesse, culte auquel on est enfin dévoué comme tout le monde. Dans un milieu gay, c'est peut-être encore plus féroce, cette lutte continue entre le désir d'être beau, jeune, attrayant, sexy et la réalité des rides, de cheveux gris (ou en train de disparaître ou disparus), de muscles qui perdent leur tonus en dépit de tout exercice, de ventres qui grossissent à la moindre calorie. Aux Pins, c'est un peu comme vivre dans une sorte de terrarium-éprouvette où l'on peut observer, dans des conditions un peu séparées du monde, comment vivent ces spécimens curieux, et en tirer quelquefois si non pas de conclusions définitives, au moins de bonnes questions sur lesquelles on profite bien de réfléchir.
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