Nos plaisirs et nos jours

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Cette « actrice » joue une scène célèbre en doublant les paroles de la grande comédienne Lucille Ball sur la scène du Palais de Glace, à la Cerisaie

La pluie est arrivée - l'avant-coureur de l'ouragan Danny qui monte la côte est du continent. On a bien voulu profiter du dernier beau jour en nous rendant, l'ami galeriste, le copain et moi, à La Cerisaie en taxi aquatique après le thé bas aux Pins. On est allé dîner au restaurant Top of the Bay, dont le beau propriétaire est un promoteur immobilier pour qui le travail immobilier a disparu dans la crise - c'est pour cela qu'il est devenu, par la force des choses, restaurateur. Il y avait du monde, ce qui nous a un peu surpris pour un jeudi soir - plusieurs tablées de lesbiennes, des hétéros venus d'autres communautés îliennes qui commandaient des cocktails mystérieux. On s'est installé au bar pour attendre une table - le barman et les serveurs étaient pour la plupart de jeunes Égyptiens - homos ou non, ce n'était pas évident - du Caire - on ne savait vraiment pas qu'il y avait une filière égyptienne à la Cerisaie.
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La maîtresse de cérémonies

On a bien mangé, à l'exception du dessert de cheese-cake noyé dans une sauce framboise - trop sec. Une bouteille de malbec de l'Argentine et ensuite un rouge de la vallée de Colombie dans l'état de Washington.

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Le public au Palais de Glace est lui-même assez particulier - notez bien les chaussures que porte le jeune homme

On s'est ensuite rendu au Palais de Glace où l'on présentait une sorte de spectacles de variétés de divers chanteurs et travestis - toujours bête et marrant - avant d'aller au bar Cherry's, où on proposait une soirée porno avec jeunes danseurs nus, dont un Israélien (pour surveiller peut-être les serveurs égyptiens à côté ?). Vers une heure on a repris le taxi aquatique pour rentrer aux Pins par la Grande Baie du Sud, et l'on est monté au bar Sip 'n Twirl où il y avait toute une foule de noctambules sociables, dont un vieillard du Connecticut qui depuis vingt ans partage ses jours entre les Pins et le village huppé de Farmington dans la banlieue de Hartford.

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Un beau chanteur de Broadway

On n'a toujours pas fait de décision sur l'été prochain - va-t-on retourner aux Pins, ou va-t-on faire autre chose ? On n'a pas renoué de toute façon la location de cette maison - avec seulement deux chambres, c'est trop petit. Va-t-on voyager ? Tout dépend un peu de comment le travail du copain s'arrange cette année. Il continue à faire marcher l'entreprise avec toutes les difficultés qu'on connaît ou il la ferme pour aller travailler dans une grande société.

En ce qui concerne les Pins comme lieu de villégiature, il faut reconnaître que c'est bien facile pour un New-Yorkais de s'y rendre par le transport en commun - le métro, le train, le taxi et le ferry. En été il peut faire beau, il y a en général du soleil, la mer est pourtant presque toujours trop froide pour mon goût, mais passons... Il y a aussi une sorte de société, un peu mixte, souvent assez superficielle, et quelquefois sympathique. Parmi les décorateurs, les photographes de mode, les agents de publicité, les propriétaires de bars gays tels Splash ou G, les promoteurs immobiliers, les architectes, les financiers de l'hôtellerie ou des fonds spéculatifs, les agents de bord, on y trouvera aussi quelques écrivains, quelques peintres, quelques scénaristes, même quelques poètes (on se souviendra du poète Frank O'Hara mort à l'âge de 40 ans d'un accident bizarre de buggy taxi sur la plage de l'île de Feu en 1966).

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Jeune danseur presque nu au bar Cherry's à la Cerisaie

Pierreville, par exemple et par contre, c'est d'abord péniblement loin. En sa faveur, c'est moins cher là qu'aux Pins. En défaveur, c'est loin et l'autoroute 95 n'est pas parmi les plus agréables à prendre, il n'y a pas vraiment de plage, il n'y a que quelques homos plutôt pathétiques qui se couchent entre eux non pas par aucun plaisir particulier, mais par faute d'autres choix. Et puis, à Pierreville, on nous regardait un peu comme des bêtes curieuses, souvent drôles, assez bien élevées, bons vivants, mais pas tout à fait admissibles parmi les gens normaux. En plus, il faut aussi noter que les artistes et les poètes disparaissent à Pierreville, remplacés par des retraités aisés des comtés de Westchester et de Fairfield qui votent républicain et qui ne lisent rien, même pas le Times, qui serait trop « libéral ».

Et si l'on se déplaçait ailleurs ? Un petit séjour en France, par exemple, ou ailleurs en Europe ? Le copain a envie d'aller en Chine. Une croisière en Méditerranée ? Rester à Manhattan (solution le meilleur marché, c'est sûr) ? Tout est encore possible. Suggestions ?

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Tes compte rendus de vos séjours à Fire Island en français ont toujours quelque chose d'exotique qui transcende cette culture gay plus ou moins "culcul" mais attachante que l'on retrouve un peu partout. Puis-je vous suggérer pour l'été prochain de séjourner dans mon pays natal, soit à ou autour de Montpellier, site urbain mais avec la plage toute proche et tous les amusements d'un communauté homo bien ancrée, ou, plus authentique, au nord de Béziers dans la vallé de l'Orb où les paysages sont magnifiques, la baignade dans les rivières et ruisseaux vivifiante, et les vins parmi les meilleurs que je connaisse.
En attendant, bonne rentrée!
Amicalement, Marc

Il serait sans doute possible de mixer les deux (du tranquille pas trop cher et un zeste de "gay fabulous living"...) selon l'état de vos finances.
Ne vous pressez pas (et ne stressez pas de décider au dernier moment) et bon courage au copain: en ce moment mener sa propre barque n'est pas évident.
Sinon, je ne peux qu'appuyer Marc ci-dessus: j'y vis! Et si les cours d'eau sont vivifiants, la mer est à votre température en ce moment... donc à voir (selon le futur cours du dollar).
Amusez-vous bien avec Danny

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