Chez les parents, c'est-à-dire un court séjour à l'asile des aliénés

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D'abord il faut chercher la voiture et la stationner devant l'immeuble

Il n'est jamais facile de voyager avec les parents du copain, mais ce week-end dernier, c'était comme si on se mettait en route avec de vieux tsiganes BCBG - il a fallu d'abord charger le break Saab de toutes sortes de choses inutiles, mais, selon le père du copain, « indispensables » - des livres d'art sur le Moyen-Âge, sur les livres illuminés irlandais, sur la sculpture grecque et romaine.
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Le concierge est habitué à ce genre de corvée imbécile

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Il n'y a rien à faire qu'à attendre avec une certaine patience le chargement du véhicule

C'était le copain qui a heureusement accepté de nous conduire à leur maison au Connecticut. On est parti avec plusieurs heures de retard sur l'horaire prévu, mais c'était typique. Vers quatre heures de l'après-midi, madame la belle-mère annonce qu'elle aurait un peu faim et cela nous oblige de nous arrêter dans le village de Millbrook où l'on a pris le déjeuner dans un diner assez classique.

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L'entré du diner à Millbrook

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L'usage du mot « charcuterie » indique le ton assez chic de ce petit village connu pour ses activités équestres (polo, chasse à courre)

Une fois encore en route, on m'a prié de téléphoner à leur club pour réserver une table dans le restaurant pour 19 heures 30, ce que j'ai fait tout en sachant qu'on n'y serait pas à l'heure demandée.

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La maison, de style dit « colonial », ne date pourtant que des années vingt

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J'ai commencé à m'habiller pour aller dîner vers 19 heures, mais ailleurs dans la maison, rien ne bougeait. À 19 heures 30, le père du copain est entré dans sa salle de bain pour prendre une douche. On y est arrivé vers 20 heures 15 - et il faut se rappeler qu'on mange tôt à la campagne et les serveurs veulent rentrer chez eux aussi tôt que possible, donc il n'est pas bien vu de traîner dans la salle à manger jusqu'à des heures impossibles. On est donc rentré assez vite, la belle-mère nous ayant conseillé qu'il ne fallait surtout pas être les derniers à partir, et de retour chez nous le père du copain a proposé « un dernier verre » en ouvrant une bouteille de champagne dans la cuisine. On n'a pas refusé.

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Le père du copain a voulu dire bonsoir à ses nouveaux enfants dans le poulailler à notre retour du dîner

On a causé de tout et de rien (par exemple, le beau-frère du copain, qui travaillait dans la finance à Los-Angeles, n'a toujours pas pu trouver un emploi après plusieurs mois de chômage, ma sœur doit payer 40 000 $ de frais de scolarité pour son fils qui vient de décider de reprendre ses études à une université privée en dépit du fait que son père est prof dans une autre université où on lui aurait offert les frais gratuitement, etc.). Vers minuit, on monte se coucher, nous dans nos lits jumeaux. Le copain s'endort immédiatement. Vers 2 heures du matin, je suis réveillé par la voix de la belle-mère qui crie le nom du copain, toujours dans un sommeil profond. Je le réveille en lui disant qu'il faut qu'il aille voir ce qui se passe en dehors de notre chambre. Il y va et dix minutes après, il rentre dans notre chambre. « Qu'y avait-il ? » je lui demande. « Rien » il me répond. « Mon père était par terre. Il disait qu'il ne pouvait pas se mettre debout. [La belle-mère] n'avait pas assez de force pour l'élever. » « Pourquoi était-il descendu ? » « Il cherchait un peu de fromage. » « À deux heures du matin ? » « C'est ce qu'il m'a dit. » Le drame terminé, on s'est recouché.

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L'arrière de notre vieille voiture, tout tatouée - on la vend, je crois, à la femme de ménage des parents du copain

Le lendemain, le père a commencé à nous préparer un petit déjeuner classique qu'il n'a pourtant pas pu achever - ou il souffre des troubles déficitaires de l'attention ou il est simplement paresseux ou les deux - la belle-mère a brouillé les œufs frais et le copain a cuit des toasts et des muffins dits anglais, tandis que moi, je préparais des tartines de pain beurré avec de la confiture d'abricots et du thé, puisque la cafetière ne marchait pas.

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Un rare moment de détente

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Les poulets du père sont, comme vous le voyez ici, vraiment « free range »

Vers une heure on est allé chez des amis à eux pour prendre des sacs de pêches mûres qu'on avait cueillies dans le verger - pêches toutes petites, mais douces. Ces amis-là habitaient une grande maison avec écuries et greniers - lui, il est financier à New-York qui a évidemment eu du succès. Le chef leur préparait le déjeuner dans la belle cuisine donc j'ai insisté pour qu'on s'en aille vite pour les laisser tranquilles.

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Le petit restaurant de barbecue à Sharon, dans le Connecticut

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Le four à barbecue fabriqué par les Amish en Pennsylvanie

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Le feu dans le four - on y utilise du bois de pommier et de cerisier

Nous, nous avons acheté un petit repas de « porc tiré au barbecue » pour manger chez nous sur la terrasse.

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La petite terrasse chez les parents

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Les anciennes voitures de train, qu'on quitte à Brewster, où il faut monter dans de nouvelles, et plus propres

Puis, vers quatre heures, il a fallu se rendre à la petite gare de Wassaic pour prendre le train à destination de la Gare Grande Centrale. Arrivés à New-York, nous avons hélé un taxi pour la belle-mère et un autre pour nous pour rentrer au Village. Week-end pas reposant du tout.

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Retour à l'équilibre mental (bien, spécifions: plus ou moins)

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des lits jumeaux ?

Absolument – dans toutes les chambres d'invités chez eux, il n'y a que des lits jumeaux (c'est très vieux jeu, c'est indéniable).

Billet très drôle, j'ai adoré, je vous souhaite une bonne fin de journée, quant à moi il est déjà minuit passé.
La photo de la gare centrale avec le Chrysler est trop belle...
Au plaisir de vous lire.

Merci, La Bordelaise – vous me faites trop plaisir, vraiment.

Bon, on a les photos du copain, du père du copain, de la mère du copain, du chien de la mère du copain. Ne manquent que les photos du copain du copain....
Ceci dit j'espère que les parents du copain n'ont pas l'habitude de surfer sur les blogs en français, car il vous faudra chercher un autre nom!!!
En tout cas articles toujours réjouissants car, malgré tout, emplis d'humanité.
Bravo

Comme toujours j'ai adoré lire votre billet Edouard. La Bordelaise a raison la photo de Grand Central est très jolie et le diner du Connecticut est si typique !

Raplouf, je suis trop vilain, ma gueule casse les appareils ! Et non, je ne crains pas trop les parents par ici – ils ont déjà du mal à faire marcher la télécommande du poste de télévision ;-)

Merci, Fredo.

Certaines photos font penser à Norman Rockwell...

"famille, je te hais" qui disait ça, déjà ?

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