Des missiles et de la parentalité

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On ne peut qu'être content qu'Obama ait arrêté le plan si débile proposé par Bush et les marchands de missiles qui ne marchent pas pour protéger l'Europe et les États-Unis contre une éventuelle attaque venant de l'Iran. Il était toujours très évident que cela allait surtout fâcher les Russes (et avec raison - imaginez-vous le tollé que déclenchera l'annonce qu'on allait ranger des missiles russes à la frontière mexicaine pour contrer une éventuelle attaque, euh, canadienne ?) et que cela n'avait rien à faire avec l'Iran vis-à-vis des États-Unis, mais plutôt le différend entre l'Iran et Israël. Mais Israël peut se protéger déjà de toute façon avec les armes nucléaires qu'il possède et je doute que l'Iran soit vraiment aussi suicidaire de chercher à attaquer les États-Unis, ou même l'Europe, avec des missiles armés de têtes nucléaires. Mais la droite va crier sans aucun doute « Munich ! Apaisement ! Victoire à Poutine ! On laisse tomber Israël ! » et tout et tout.

On a eu les billets pour voir l'acteur anglais Jude Law dans Hamlet mardi prochain. Il a à mon avis un côté suffisamment tourmenté de démons personnels pour pouvoir nous offrir un prince du Danemark intéressant. En plus, il a du talent. Cela nous vient de Londres, des mêmes gens qui nous ont donnés l'excellent Mary Stuart de Schiller la saison précédente.
L'un des employés du copain vient d'avoir eu un enfant (avec sa femme, bien sûr). Le bébé a deux mois, la mère est en congé de maternité de son travail, mais comme elle s'occupe de l'enfant pendant la journée, il tombe au mari (c'est le couple qui s'est décidé pour ce partage du temps) de s'en occuper pendant la nuit - hier, vers trois heures du matin, la mère a remarqué que l'enfant avait une fièvre assez élevée et les nouveaux parents, affolés, l'ont amenée aux Urgences, où on lui a pris du sang et puis rien de plus, la fièvre est retombée, on leur a dit enfin de rentrer chez eux.

Je lui a raconté ce matin, au bureau, l'histoire qui est arrivée à ma grand-mère (en Caroline du Sud, état toujours fantasque comme on l'a vu tout récemment) quand j'étais petit - selon ma mère, ma grand-mère, qui, il faut avouer, n'aimait pas tellement les enfants et surtout pas les nourrissons, me tenait dans ses bras chez elle quand j'ai piqué une convulsion violente - je suis devenu tout rouge, tout raide, je bavais de la bouche, mes yeux se sont roulés derrière mes paupières, j'étais pas joli joli ! Ma grand-mère m'a cru mort (ou presque) et elle a failli me jeter par terre, tellement elle avait peur du visage que je lui faisais. Heureusement que mon père était là, tout près d'elle - il m'a pris et, médecin qu'il était, il m'a mis dans un bain froid pour baisser la fièvre qui m'avait pris d'un coup et je me suis vite remis de la crise. Pas ma grand-mère, qui croyait l'avoir causée, ma convulsion, en me tenant mal (la maternité n'était pas son point fort). Mais je suis resté son favori.

À propos d'enfants, je ne sais pas si ce comportement parental existe en France ou ailleurs au point qu'on le trouve ici - c'est ce qu'on vient d'appeler les « parents hélicoptère », c'est-à-dire des parents qui « survolent » leurs enfants afin de les surveiller de près et de les protéger contre tout danger possible. Je sais que mes sœurs avaient des côtés « hélicoptère » dans leurs façons d'élever leurs enfants, mais elles me l'ont « expliqué » en disant que c'était le devoir de tout bon parent de toujours faire attention à ce que leurs enfants ne se mettent, consciemment ou pas, en danger. Avec l'apparition de téléphones mobiles, cette tendance de surveillance parentale a trouvé un outil fabuleux - dans les écoles et les lycées à New-York, on se bat toujours sur le droit des enfants d'avoir un portable en classe (et d'être donc en contact permanent avec les parents) et le droit des enseignants d'avoir des élèves et des lycéens qui les écoutent. « Pourquoi je permets à mon enfant de neuf ans de voyager par métro tout seul » - c'est le titre de cet article, qui date de 2008, a fait scandale à New-York. On en parlait dans les journaux et à la radio. Les parents ont débattu le choix de cette mère avec ferveur. Dans le Times du 12 septembre on a lu cet article où l'on débattait toujours la prudence de permettre à ses enfants de marcher tout seuls à l'école, surtout vu toutes les histoires récentes d'enlèvement d'enfants. Selon l'article, « The fear of abduction by strangers "has become a norm within middle-class parental circles," said Paula S. Fass, a history professor at the University of California, Berkeley, and author of "Kidnapped: Child Abduction in America." "We try to control our fears to the nth degree, so we drop our children off right at school. It's a confirmation that 'I'm a good parent.' »

Je n'en suis pas fier, mais je pense que si j'avais eu des enfants, je serais devenu facilement un parent « hélicoptère » - j'ai l'imagination trop, trop fertile pour toutes sortes d'horreurs qui pourraient se produire pour mon bout de chou (c'est pourquoi je ne supporte pas les films d'horreur, pour moi ils sont trop réels). Comme je l'ai dit à l'employé au bureau du copain, « Oh, les fièvres, c'est rien, ça se guérit, mais quand elle va commencer à sortir avec les mecs ou à se mettre derrière le volant, alors là, tu verras, c'est la vraie trouille aux tripes. » Oui, c'est moi, le parent hyper-étouffant. Mes enfants possibles devraient me savoir gré de ne pas les avoir eus !

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Et pourtant c'est vraiment le dernier service à leur rendre!

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septembre 2011

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