Les soucis de fin de saison

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L'une des deux bouteilles de Cahors (17$ la bouteille) qu'on avait achetées aux Pins (où tout est plus cher) - on a bu l'un et l'on s'est servi de l'autre pour pocher les poires (pour wam)

Quel week-end éreintant - j'ai vraiment l'impression d'avoir été roué de coups (métaphoriquement, je précise).

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La plage - belle et déserte

D'abord, il y a eu le dîner de samedi soir - les plats n'étaient pas difficiles, mais je n'avais pas vraiment compté (c'est typique de moi) sur les variations en temps de cuisson et en ingrédients pour le nombre d'invités (neuf, et toutes les recettes étaient écrites pour quatre ou six personnes) - il a fallu, par exemple, ajouter de l'huile dans la sauteuse où je faisais sauter un monticule de carottes - ça ne se fait pas, je sais, mais mes carottes ne cuisaient pas correctement, faute d'assez de beurre et d'huile.


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L'orage d'il y a une semaine avait créé des falaises sur la plage

La salade de lentilles était bonne - j'en avais préparé beaucoup trop de toute façon - les blancs de volaille n'étaient pas trop secs, les « saucissons » végétariens faits avec des pommes de terre avaient l'air de crottes de chien (si, si, c'était presque gênant) mais on les a mangés.

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Les poires Bartlett en train d'être pochées

On a adoré les fromages apportés de New-York, et les poires pochées avec de la crème fraîche ont marché aussi. Mais moi j'étais crevé.


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La table dressée - j'avais oublié d'allumer les bougies pour la photo !

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Un couple de cerfs (gays, sans doute) qui avaient voulu assister à notre déjeuner dimanche, en dépit de la Labrador qui voulait les chasser

Dimanche on nous avait invités à déjeuner chez des amis. En y allant à pied, on a passé devant une petite maison - un vrai petit cottage de plage - que l'ami galeriste avait toujours aimée. Il y avait une femme qui rangeait le mobilier sur la petite terrasse et l'ami galeriste est allé lui demander si elle connaissait par hasard le propriétaire de la maison. « C'est moi, la propriétaire » elle a répondu. « C'est mon grand-père qui a construit cette maison en 1956. » « Est-ce que c'est loué pour l'année prochaine ? » « Non, pas encore. » « Ce serait combien pour la louer ? » Elle lui donne un chiffre, assez bas en l'occurrence. « On peut la voir ? » l'ami galeriste lui demande. « Mais bien sûr. » Il y a en effet trois toutes petites chambres à coucher, un salon minuscule, un coin salle à manger, une cuisine avec, surprise, une cuisinière à gaz, et une seule salle de bain. Il y a aussi une petite terrasse d'où on a des vues sur la mer. On lui remercie, elle nous donne le nom de son agent de location qu'on connaît, et l'on va chez les amis.

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La maison favorite du copain sur la plage - on l'appelle ironiquement, j'ai découvert, Ponderosa, en l'honneur du nom du grand ranch dans l'ancienne série télé Bonanza

« Mais c'est parfait ! » crie l'ami galeriste chez nos amis. « C'est pas cher du tout, il y a trois chambres, c'est à deux pas de la plage. » Il est tout enthousiaste. Malheureusement, cela pose à ce moment-là un problème pour nous, le copain et moi, qui trouvons que la maison est beaucoup trop petite pour nous trois, surtout étant donné la personnalité débordante de l'ami galeriste, qui aime être le maître chez lui (et chez les autres, aussi.)

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Cet été, la plage est beaucoup plus large au milieu de la communauté - mais cela change de saison en saison

On lui dit qu'il faut qu'il la prenne, la maison, puisque c'est une bonne affaire, mais on se tait soigneusement sur la possibilité d'une cohabitation éventuelle. On se trouve alors chez des amis et là j'ai commencé à boire, du rouge, en plein soleil. On a mangé une petite salade de poulet, et il y a eu après une sorte de gâteau aux bananes concocté par l'un des invités qui n'était pas mauvais du tout. On est ensuite allé au Thé bas, où il n'y avait plus que deux barmen, dont un qui nous offrait des boissons super fortes - ce qui n'arrangeait pas les choses. On y est resté à boire et à causer avec les gens avant de monter au restaurant où le copain avait réservé une table.

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Les « coopératifs » - appartements bâtis dans les années 60

Il y avait du monde, et l'on était déjà bourré. On a commandé et puis, à un certain moment, j'entends l'ami galeriste qui est en train d'engueuler le copain, en lui criant à pleine voix « Mais j'étais un parfait colocataire ! Qu'est-ce que je vous ai fait ? Pourquoi vous ne voulez pas partager une maison avec moi ? » et ainsi de suite. Le copain lui répond « Mais dans cette maison tu peux être la Reine, tu pourras sortir les ordures aussi fréquemment que tu voudras, tu pourras ranger tout le mobilier comme tu le voudras. » (L'ami galeriste se trouve depuis quelques années déjà dans une situation un peu compliquée - il cherche à avoir un petit ami, mais il n'est vraiment pas disposé à partager sa vie - il a un côté je-sais-tout, et effectivement, il sait beaucoup de choses, mais il doit toujours avoir raison. Ce qui laisse peu de place à un autre qui aurait des idées à lui, des découvertes personnelles à faire sur son goût à lui. L'ami galeriste, chef d'entreprise et homo branché, est habitué à qu'on le suive toujours. Mais tout le monde n'a pas envie de perdre son indépendance à ce point-là. Le copain et moi, nous avons vu comment les jeunes s'enfuient de l'ami galeriste, parce qu'ils ont peur de vite disparaître dans son monde particulier et ils n'en ont pas envie.) Un type nous arrive d'une autre table pour lui demander de baisser sa voix. Je me souviens plus de ce qui s'est passé ensuite - on est rentré chez nous, je ne sais pas trop comment, vu que j'ai eu du mal à rester sur les planches (un ami san-franciscain m'a pris par les épaules pour me reconduire chez nous - non, cela n'a pas dû être très joli, j'en conviens.)


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Vue du Bâtiment de l'État-Empire à partir de la 6e avenue

Je me suis levé vers neuf heures avec un lancinant mal de tête - le copain était déjà parti, ayant pris le fameux « seau de sang » de six heures vingt pour rentrer par train à New-York. (Je ne sais pas comment il a pu le faire, mais il est fort.) L'ami galeriste rentre de la plage quand je suis en train de boire ma première tasse de café et il s'excuse de sa conduite d'hier soir, l'ami san-franciscain lui ayant dit qu'il avait dit des choses pas très gentilles au copain. Je lui dis qu'en réalité je ne me souviens que très peu de ce qui s'est passé hier soir, et tant mieux. Mais je sais que le mal est fait - on ne pourra jamais plus prendre une maison avec l'ami galeriste, qui est pourtant charmant, généreux, esthète, avide d'expérience, énergique et engagé dans le monde.


Je suis retourné à New-York par le ferry de seize heures - je suis arrivé à la maison vers dix-neuf heures. Je me suis couché, crevé comme tout, vers vingt-deux heures. Mardi je me suis levé tôt pour aller faire du cardio avant d'aller au bureau (j'avais bien sûr fait l'école buissonnière le lundi). Il y avait des flics partout dans le métro, à cause d'éventuels attentats terroristes « déjoués » par la police, et aussi à cause des réunions de chefs d'état à l'ONU - j'ai dû laisser des billets d'orchestre chez une amie dans la 53e rue est et tout était bloqué là-bas.


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Le nouveau passage piéton dans Broadway, juste devant l'entrée du grand magasin Macy's


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Il y a même plus de monde dans cet espace piéton dans la place du Temps


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Il faisait très doux hier soir - tout le monde se pormenait dans les rues

Hier soir on est allé voir l'acteur anglais Jude Law dans une mise en scène de Hamlet qu'on a reprise de Londres. On avait des billets au milieu du premier rang de l'orchestre - on voyait les rides, on sentait la salive ! (Les acteurs anglais apprennent à déclamer !)


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Devant le théâtre Broadhurst dans la 44e rue ouest

Le spectacle a commencé à dix-neuf heures trente (les mardis on commence souvent tôt à Broadway - il faut faire attention) et n'a terminé qu'à vingt-trois heures moins le quart. C'était formidable - on ne quitte jamais des yeux le jeune M. Law, qui possède un visage aussi beau que mobile, et un jeu d'acteur remarquable. Il faut noter que la pièce elle-même est tellement baroque - il y a des fantômes que certains voient et que d'autres ne voient pas (est-il vraiment fou de chagrin, le prince Hamlet ?) et il y aussi des scènes qui traînent un peu (la folie d'Ophelia, par exemple). Mais M. Law fascine toujours quand il est sur scène. C'est une vraie vedette. Je suis très content de l'avoir vu.


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Pendant que le copain mange une pointe de pizza (dégueulasse, à mon avis), je regardais les gens qui faisaient la queue devant les guichets TKTS dans la 47e rue ouest


5 Commentaires

Elle est pas mal la maison favorite du copain, il devrait y avoir assez de place pour tout le monde là-dedans !

hem, je pense que c'était un peu à prévoir avec l'ami galeriste (mais je suis aussi un Monsieur je-sais-tout dans mon genre ;-) ... c'est surtout dommage pour lui car je suppose qu'il n'a pas beaucoup de vrais amis comme vous.

La Bordelaise, oui, mais à quel prix exorbitant ! (Les loyers saisonniers des maisons sur la plage sont entre 80.000 et 120.000 $, selon le luxe et le numéro de chambres à coucher.) On est des pauvres, nous !

Le problème principal de l'ami galeriste n'est surtout pas un manque d'amis, c'est plutôt que ces amis vivent pour la plupart en couple et habitent dans leurs propres maisons à Southampton ou aux Pins. Et quel est votre genre de Monsieur je-sais-tout ? ;-)

@ Edouard : le genre insupportable! ;-) mais je n'ai rien d'un dirigiste, au contraire...
Avez-vous eu le droit de prendre des photos pendant Hamlet? Je vous envie, moi qui suis un grand fan de Monsieur Law(de son talent bien sûr mais heu beaucoup de sa "présence"...

Belles cuisses et beaux mollets le copain, on en croquerait !

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