Archives octobre 2009

Courses en ville

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Détail de la façade d'une maison dans la rue Perry, à deux pas de chez nous, où il y a beaucoup trop d'araignées à mon goût

Il fait étrangement doux à New-York cette veille de la Toussaint - malgré un ciel couvert les couleurs des bâtiments et de la végétation semblent plus fortes, plus lumineuses que d'habitude - je ne sais pas pourquoi. La douceur du temps m'a permis de me promener avec le copain en t-shirt. On recherchait une nouvelle lumière pour notre chambre à coucher, l'ancien lustre ayant été désarticulé en faisant le lit par un coup de couette trop énergique il y a des années (si, si). Vraiment, on vit comme des rustres.

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Une chauve-souris un peu trop grande et trop poilue à mon goût, aux yeux de feu


Ah, les jeunes !

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Où les jeunes se comportent mal ;-)

C'est à cause de l'ami ex-Marine qu'on est sorti hier soir - il y avait déjà du monde en costumes d'Hallowe'en, dont un adorable Adam Ant (beau chanteur anglais des années 80) épié dans la rue Bleecker. Lui, l'ami ex-Marine, déteste son boulot à la banque, où l'on l'a relégué pendant la dernière « réorganisation » au troisième sous-sol de l'ancien siège social dans le quartier financier. Il nous a dit que cette semaine on avait installé des sentinelles dans le couloir qui mène à l'entrepôt des tableaux, car dans le passé la banque avait collectionné beaucoup d'œuvres d'art, qu'elle serait, on le croit, en train de « désacquérir » ou vendre, dans l'argot du marché de l'art et des musées.


On avait envie de manger mexicain - le copain avait ouvert des sacs de tortilla chips à la maison - mais des deux restaurants mexicains où l'on est passé, bien - le premier, dans la 14e rue, avait disparu dans un grand trou (pour de vrai) et l'autre avait fermé, l'immeuble ayant été acheté par une école à côté. On est donc allé au restaurant italien La Bottega qui se trouve dans l'hôtel Maritime. Il y avait peu de monde, on nous a vite trouvé une table, et puis on nous a présenté notre serveur - un jeune Brésilien délicieux et tout à fait charmant au nom de Bruno, avec un sourire d'ange et une certaine façon de marcher comme s'il était plutôt vacher que garçon de restaurant, qu'on venait d'engager. L'ami ex-Marine nous demandait « Est-il gai ? » « Difficile à savoir, au juste » on lui a répondu « puisque la plupart des Brésiliens sont tellement affables et sympathiques qu'on ne peut souvent pas savoir s'ils sont en train de flirter ou tout simplement de se comporter normalement. » Il s'appelait Bruno. Et je pense qu'il était gai - ou bien, disons ouvert aux expériences.

Il ne faut pas oublier

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On se prépare à Londres pour une manifestation ce soir à 21 heures dans le square Trafalgar, au centre de la capitale anglaise, pour commémorer le meurtre d'un homme gai, M. Ian Baynham, âgé de 62 ans, mort à la suite d'une attaque homophobe survenue la nuit du 25 septembre par des voyous (dont deux jeunes femmes, on est désolé de noter). Voici un webcam qui montre une partie de la place Trafalgar en live.

PS - On constate, selon les chiffres fournis par Scotland Yard, que les violences homophobes ont augmenté de 18 pour cent à Londres cette année.

Garde impérial, vos papiers !

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Photo prise par le copain il y a quelques minutes quand il est sorti du bureau chercher son déjeuner

Il n'est que la veille de la veille de la Toussaint mais les troupes d'assaut de l'Empire sont déjà déployés dans les rues de New-York, comme vous le voyez ici, mais ça rend bien curieux les flics municipaux. Sont-ils jaloux ? Méfiants ? Amusés ?

Pour le week-end

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On a fixé le rendez-vous avec mon moniteur James qui court le Marathon de New-York ce dimanche - on se verra (inchallah) à l'angle de la 106e rue et de la 1re avenue, c'est-à-dire dans ce qu'on appelle le Harlem espagnol. Là il s'agit d'une longue pente ascendante assez ennuyeuse vers le Bronx, où l'on fait demi-tour (presque) pour rentrer à Manhattan et descendre la 5e avenue vers la fin dans le Parc central. Il est convenu qu'on lui donnera une bouteille de Gatorade citron-citron vert.

Demain c'est la veille de la Toussaint, fête qu'on redoute surtout au Village à cause des foules qui nous envahissent de la banlieue « blanche et propre » pour faire des bêtises et tout et tout chez nous. Que cela tombe un samedi soir n'est que plus pénible encore. On restera barricadé dans l'appartement afin d'éviter les soûlards hétéros plus ou moins déguisés qui se déchaîneront jusqu'au petit matin - les enfants du quartier, accompagnés d'un parent ou des deux, auront déjà revendiqué un sévère « bonbon ou bâton » aux voisins.

Il est drôle d'apprendre que l'ex-président Chirac pourrait passer devant un tribunal pour détournement de fonds. Le monde politique français me semble s'être pas mal embrouillé ces derniers jours avec « l'élection » du petit Sarkozy à La Défense, les révélations sur les dépenses pendant la présidence française de l'UE, l'Angolagate dans lequel M. Mitterand et M. Pasqua ont été condamnés, et maintenant ce procès pour détournement contre Chirac. Que se passe-t-il ? Est-ce bien normal ?

Et pour terminer, on quitte l'heure d'été à deux heures du matin dimanche - on « gagnera » donc une heure de sommeil (je crois). Chouette alors ! (Provisoirement.)

Une bonne nouvelle ?

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Chez nous on clame un peu partout que c'est fini, la récession, mais ceux qui ont appris à douter un peu de la ligne officielle font remarquer qu'au moins la moitié du pourcentage total de 3,5 ‰ d'accroissement économique enregistré serait venu d'investissements ou de politiques économiques du gouvernement, tel le programme de rachat de véhicules polluants qu'on a appelé le « Cash for Clunkers » qui a stimulé le marché automobile, ou le crédit contre les impôts de 8.000 dollars pour l'achat d'une première maison. La jeune journaliste économique du Times à la radio NPR ce matin a elle aussi exprimé aussi quelques doutes sur la « profondeur » de cette reprise.
On s'est rendu à pied au vernissage de tableaux de l'artiste David Hockney à la Galerie Pace-Wildenstein dans la 25e rue ouest - une demi-heure de marche seulement, par un temps assez doux, de l'intersection de la 5e avenue et de la 34e rue jusqu'aux fins fonds de Chelsea, entre la 10e et la 11e avenue. M. Hockney, assez grand, en costume, aux cheveux gris et courts, se trouvait juste à l'entrée, souriant gentiment aux gens qui arrivaient. Misha Baryshnikov sortait en même temps qu'on entrait, le copain et moi - lui était tout petit, au visage d'elfe un peu âgé. Il y avait aussi l'acteur Keanu Reeves, mince et très grand, déguisé en quelque sorte par une barbe noire et un chapeau de feutre noir d'homme des frontières, avec une veste en velours noir et des jeans. L'artiste Chuck Close circulait au-dessus d'une nouvelle sorte de fauteuil roulant élevé (qu'on peut voir ici). L'écrivain satirique Fran Lebowitz, connue surtout pour son livre Metropolitan Life, circulait parmi les grands et petits tableaux, très agréables, sans prétention aucune en dépit de leurs « valeurs » - le plus grand a été vendu, selon ce qu'on nous a chuchoté, pour plus de sept millions de dollars. Le moins cher se vendrait à 800.000 $. Si j'étais milliardaire, je voudrais bien en acheter un. Le propriétaire de la galerie, M. Arne Glimcher, grand et très mince, avec de bien gros pieds chèrement chaussés, il n'arrêtait pas de bouger, disant bonjour à ses clients tout en regardant qui arrivaient et qui partaient, et les mines qu'ils avaient - c'est un commerçant expert. Moi, je me sentais un peu de trop tout de même et j'avais envie de partir après avoir jeté un bref coup d'œil autour des murs des deux grandes salles.

Fins d'empires

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Le complexe militaro-industrialo-congressionnel (je m'excuse de ce néologisme étiré) aux États-Unis, défini par le président Dwight Eisenhower dans son discours d'adieu le 17 janvier 1961, est le sujet d'une conférence donnée par Lawrence Wilkerson, ancien militaire américain et ancien chef de cabinet du Secrétaire d'état Colin Powell, dans une réunion tenue à l'Université américaine à Washington le 21 octobre 2009. On pourrait aussi bien l'appeler la Fin de l'empire américain, autre sujet qu'il traite longuement.



Voici la totalité du discours en trois clips présentés par le Real News Network, trouvés grâce à ce lien fourni par un lecteur ayant laissé un commentaire chez Glenn Greenwald.

C'est bien le côté profondément « capitale impériale » de la ville de Washington qui m'a fait réfléchir à tout ceci, ainsi que les discussions sur la politique militaire et civile des États-Unis en Afghanistan suite aux morts récents de militaires américains dans ce pays-là.

Majestés

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Une colonne carrée devant le pont d'Arlington - républicains en principe, nous ne réussissons pourtant pas résister à quelques extravagances architecturales plutôt impériales, à l'instar de nos alliés français et britanniques ;-)

Il me paraît bien curieux qu'on ne voie rien sur les unes des journaux français (Le Monde, Le Figaro, Libération) sur la douche « qui n'a pas servi » installée pour le président Sarkozy dans le Grand Palais pour un coût de 245.572 € - le malin Phersu en parle, par contre, dans son style anglo-calembouresque acide à la Jon Stewart, et l'on retrouve un petit rapport dans un carnet du Monde, où l'on trouvera de commentaires délicieux sur ce dernier roi de France. Le Nouvel Observateur, lui, offre un article bien plus bourré de détails saisissants, tel un dîner des chefs d'État au prix de 1.010.256 € - « soit 5.050 euros par personne » selon les calculs du député de l'Aisne René Dosière, un chiffre, qu'il note aussi, serait cinq fois plus haut que le Smic par personne. Cela rappelle la célèbre coupe de cheveux de Clinton sur le tarmac de l'aéroport de Los-Angeles pour la somme alors incroyable en 1993 de 200 $ et la coupe, pour 400 $, qu'a payée le candidat présidentiel John Edwards dans les Collines de Beverly en 2007 (c'est amusant qu'il s'agisse dans les deux cas de la Californie du sud, terre sainte de la beauté superficielle). Mais la différence, c'est que dans ces deux cas, les médias américains se sont emparés de ces nouvelles pour les répandre 24 heures sur 24, tandis que les médias français (même France 24) n'en parlent mot, de peur, peut-être, d'être accusés de lèse-majesté ?

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On est au kilomètre 22 de la course - le copain est en chemise vert chartreuse néon !

Cinq heures d'autocar pour aller de Washington à New-York, c'est long ! Une heure d'attente simplement pour entrer dans ce sacré tunnel Lincoln, donc je n'ai assez d'énergie que pour une simple photo de la course.

Veille de marathon

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On n'échappe jamais à ce mobilier moderne du mi-siècle - une partie du salon d'amis chez qui on passe le week-end

Il nous a fallu plus de cinq heures de route pour arriver à Washington hier après-midi, à cause de gros embouteillages sur les autoroutes 95 et 695 dans les environs de Baltimore et de Washington causés par des accidents - notre chauffeur a quitté les grandes routes pour arriver au centre-ville en passant par la ville de banlieue Source d'argent (76.540 habitants en 2000) pour prendre finalement l'avenue de Géorgie. Sortis de l'autocar, on a pris un taxi pour aller chez nous amis, qui habitent près du croisement de la rue P et de la 14e rue.

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Devant le restaurant Danal dans la 5e avenue

Le copain et moi, nous avons flirté avec la HSP (haute société pédé) deux soirées de suite cette semaine - mercredi soir, on s'est rendu au restaurant Danal, actuellement dans la 5e avenue à l'angle de la 13e rue, où on a assisté à une réception en l'honneur d'un homme que je connais depuis des lustres, tellement on est vieux vieux vieux (il n'y pas que l'ami galeriste qui entretiendrait des obsessions préoccupantes sur le vieillissement). On y a vu quelques amis des Pins.


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On était un peu tôt ;-)


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Et puis les foules sont venues.

On a quand même des amis

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Un ancien combattant mainais de la IIe guerre mondiale qui a participé au débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, aujourd'hui âgé de 86 ans et d'après lui, « républicain à vie », témoigne le 22 avril 2009 devant un comité politique assemblé pour écouter les opinions citoyennes sur le mariage gai au Maine. Il raconte, vers 1,30, une conversation qu'il a eue lors d'un scrutin en juin dernier. Au bureau de vote une femme lui pose cette question « Do you believe in equality for gay and lesbian people ? » Il répond, dans son fort accent mainais : « I was pretty surprised to be asked a question like that. It made no sense to me. Finally I asked her : What do you think I voted for at Omaha Beach ? » La salle éclate en applaudissements et j'ai tout de suite des larmes aux yeux. (Merci à towleroad.)

Le petit quotidien

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M. Obama est à New-York ce soir, où il va présider un gala de collecte de fonds pour le parti démocrate à l' hôtel Mandarin Oriental - chaque invité doit verser le maximum permis par la loi, la somme pas si petite que ça de 30.400 $, mais on a tout de même droit à un(e) compagnon(ne). Heureusement que l'hôtel se trouve sur le côté occidental supérieur, dans le rond-point de Colomb, toutes les rues et les avenues par ici ne seront pas pour une fois bloquées par le Service secret.


Ce soir, on passe chez les parents prendre un apéritif - j'ai l'impression que le copain pense qu'ils vont bientôt mourir - une vraie possibilité, je reconnais - et il se sent obligé de les voir au moins une fois par semaine pour prendre de leurs nouvelles. En plus, nos visites semblent les divertir. Ils nous ont conseillés pourtant de venir un peu plus tard que d'habitude, puisqu'ils recevaient des gens qu'ils croyaient qu'on n'aimerait pas. Ce qui me rend, tout naturellement, complètement curieux. Qui est-ce? Pourquoi sont-ils désagréables ? Homophobes ? Républicains ? Amateurs du mobilier moderne dit « du mi-siècle » dernier ?

Demain on est censé assister à une sorte de témoignage d'estime pour un homme qui a beaucoup travaillé en faveur du Centre lesbien et gai. Et puis, jeudi soir, c'est un gala en faveur du groupe de pression politique gai Empire State Pride Agenda qui aura lieu au Sheraton New York avec la participation de la comédienne Margaret Cho, l'acteur Alan Cumming et notre sénateur Charles Schumer.



Mon bel Emmanuel qui chante « Adulte et sexy »

Flash d'info : Le chanteur français Emmanuel Moire, pour qui j'admets que j'ai eu un peu le béguin il y a quelques années lorsque je l'ai entendu chantant « Mon essentiel » de la comédie musicale Le Roi Soleil, fait son coming-out dans les pages de Têtu, en kiosques en France le 21 octobre (et vers le milieu du mois de novembre pour nous ici à New-York) - mais dis donc, il est chauve maintenant ! Mais peu importe, je le trouve toujours très sexy (et c'est vrai, comme il le chante, « chacun peut changer de peau »). Je reste le chef de son fan-club new-yorkais.

On se lance dans les préparations pour notre prochain séjour à Washington, qui aura lieu ce week-end à venir, quand le copain participera au marathon du corps des Marines dimanche matin. On a réservé nos places dans l'autobus Boltbus (quatre à cinq heures de route de New-York à Washington, mais pour seulement 20 $). On va préparer des pâtes samedi soir pour le dîner prémarathon, auquel on a invité le fils et la belle-fille de l'amie écrivain qui habitent dans la banlieue de Washington. Je pense que je vais faire couper très ras mes cheveux pour ressembler plus à un marine - la coiffure en « haut et serré » si prisée par les militaires et les groupes paramilitaires et par ceux qui les apprécient.


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C'est surtout la coiffure que j'ai envie de copier - rien d'autre, je promets !


L'histoire du « garçon au ballon » au Colorado prend de plus en plus d'ampleur ici - le père, il semble, ne serait qu'une « pute à publicité » avide de célébrité et prête à tout faire pour se faire remarquer. On a même tourné une vidéo avec les trois garçons dans laquelle ils ont « chanté » des paroles disons assez désagréables, voire haineuses - ce qui intéressera, je pense, les services de l'état de Colorado responsables pour le bien-être des enfants.

Voici une satire politique basée sur les pubs iPhone - au lieu de répéter « There's an app for that » on entend « There's a Rep. (c'est-à-dire, républicain) for that. » Bête mais drôle, et aussi révélateur.


Où je ne bouge pas !

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Qu'est-ce qu'il me fait du bien de n'être allé nulle part ce week-end ! Quittant le bureau hier soir, on est passé chez les parents du copain qui nous avaient invités à prendre un verre pour des raisons encore un peu obscures (histoire, en principe, de déterminer les frais mensuels de leur maison de campagne (Internet, téléphone, gasoil, ramassage des ordures, etc.) qu'une famille suisse vient de louer pour l'hiver à venir.


Ce matin, gris et pluvieux, je suis resté au lit jusqu'à huit heures et demie - quelle volupté ! J'ai commencé à faire le ménage chez nous et après une séance de muscu, on passera prendre un verre chez un ami conservateur de musée qui a besoin d'un ordinateur portable - le copain s'occupera de ça.

Dîner en ville

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Il y avait deux longues tables d'invités

Hier soir on a assisté, le copain et moi, à un dîner en ville offert par une connaissance rencontrée aux Pins cet été. Riche banquier d'investissement qui fait la navette entre New-York et Londres, il avait invité une bonne quarantaine d'amis et de relations diverses - nous, on n'en connaissait que cinq ou six, de vue ou seulement un peu, dont un journaliste follement égoïste et intéressé pour qui j'ai dû feindre une profonde amitié (hélas, je suis presque toujours hypocrite dans de telles circonstances mondaines).

Des noms

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Un corridor bien glauque dans ma mine de sel de la Cinquième avenue

Je ne sais pas s'il s'agit d'un trait particulièrement homo ou pas mais j'ai bien remarqué qu'on aime bien, nous les homos, à donner des surnoms, affectueux ou méchants selon besoin, à des gens qui nous entourent. Je m'entraînais ce matin (bien trop tôt ce matin, en vérité, mais il n'y a rien à faire depuis que je dois travailler dans les mines de sel pour le roi de Prusse) avec mon moniteur et l'on a remarqué un bel homme, dans sa petite quarantaine, bien musclé, aux cheveux bruns longs et ondulants, qui s'exerce à la même heure que moi. « Ah, » me chuchote mon moniteur J. pendant qu'il me faisait faire des élévations latérales, « C'est Veronica. » J'éclate de rire (tout discrètement), car il s'agit du nom de personnage célèbre de la bande dessinée très connue ici Archie. La « vraie » Veronica, celle de la BD, serait assez snob, assez « princesse gâtée », tout comme il nous apparaît cet homme de la salle de muscu. J. me signale l'arrivée d'une autre célébrité - celle-ci, on l'appelle « A. P. », pour « American Psycho » - référence au beau meurtrier psychotique du roman de Bret Easton Ellis et du film du même nom. Il y un autre type, ancien petit ami (il est pourtant d'une taille assez impressionnante) d'une femme mannequin de mode (ils ont rompu il y a deux semaines, vous vous rendez compte !), qu'on a nommé « Hatchet » ou Hache, puisque, comme vous le savez, dans les meilleurs films d'horreur, le tueur fou vous tue à coups de hache. Ce type gaillard montre souvent une mine renfrognée à vous couper en petits morceaux, ce que nous expliquons, selon nos raisonnements irréprochables même si non vérifiés, par le fait qu'il doit craindre de céder un jour, et pendant sa séance de muscu matinale, on l'espère bien, au désir homo qu'il doit sûrement ressentir au fond de lui-même.

Tout ceci m'a rappelé le beau roman de Jean Genet Notre-Dame-des-Fleurs, où les personnages s'appellent Notre-Dame-des-Fleurs, Divine, Mignon.

C'était pareil aux Pins, où l'on a nommé (ou appris les noms de) nos connaissances nouvelles - Cocktail, par exemple, et Hot Stuff, pour un type qui se croyait particulièrement supérieur. Il y avait dans le temps un bodybuilder tout petit qu'on appelait Gidget Schwarzenegger - mélange de noms assez satirique, dont Gidget qui vient de la série de films profondément benêts tels « Gidget Goes Hawaiian » (1961) et « Gidget Goes to Rome » (1963) et dont Schwarzenegger de l'on sait où.

Tout ceci vous permet, bien sûr, de parler de ces gens sans qu'ils le sachent (au début au moins). C'est une sorte de code d'initiés, tout comme ce curieux argot anglais qui s'appelle le polari - ayant ses origines dans l'argot du Milieu londonien du XVIIIe siècle auquel on a ajouté du cockney, de l'italien, du yiddish, et des expressions venues du cirque et du théâtre, c'est presque disparu de nos jours, mais certains mots d'origine polari se sont entrés dans l'argot camp ou homo et même hétéro d'aujourd'hui, tels naff (ringard), slap (maquillage), chicken (jeune), et bevvy (boisson).

La discrétion et la dissimulation seraient, au moins quelquefois, les mères de l'art de la dénomination.

Billet doux

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Il est des édifices avec lesquels on noue une sorte d'amitié silencieuse mais profonde. Pour moi, j'éprouve ce sentiment de fraternité affectueuse avec le Bâtiment de l'État-Empire. Je suis heureux quand je le vois, de loin ou de près - quand on rentre des Pins, par exemple, en prenant l'autoroute Brooklyn-Queens, on le voit au milieu de l'île, un peu à part, simple et fier, ou comme ce matin, quand je descendais la Cinquième avenue pour rentrer au bureau, je le vois là, tout grand, tout droit, qui semble surveiller le quartier d'une façon puissante mais bienveillante. Le Bâtiment du fer à repasser, par contre, est pour moi une curiosité assez étrangère, comme les Tours jumelles du Centre mondial commercial étaient plutôt des connaissances que de vrais amis - on avait bel et bien dîné au sommet d'une des tours, on s'était promené avec une certaine appréhension sur le toit de l'autre, et je les voyais chaque fois que je traversais la Septième avenue, tout à fait au bout, où l'avenue vire à gauche et devient la rue Varick - deux énormes rectangles d'argent, solides mais aussi un peu bêtes, comme une paire de cerfs étonnés par des phares de voiture. Mais le Bâtiment de l'État-Empire possède une majesté simple et bien ancrée. On n'y trouve pas, j'en conviens, la coquetterie étincelante du bâtiment Chrysler. Ce n'est pas une grande dame de la haute société, mince et liftée, comme la Tour GE du Centre Rockefeller. On n'y voit pas, non plus, le m'as-tu-vu architectural un peu criard du nouveau siège new-yorkais de la Banque d'Amérique (qui a failli faire faillite pendant la récente crise financière avant d'être sauvée par le gouvernement).

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La nouvelle tour de la Banque d'Amérique au milieu, derrière la Bibliothèque publique - pas subtile du tout

Le Bâtiment de l'État-Empire n'a pas besoin de faire du bruit pour se faire remarquer - il reste là, plus grand que tous, au centre de l'île, un phare, un repère, un ami taciturne mais fidèle.

Manifestation à Washington

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Pourquoi on y est allé

Il est difficile à savoir si la manifestation à laquelle on a participé dimanche dernier à Washington aurait valu la peine de cinq heures de route en autobus et de trois nuits passées sur un matelas pneumatique curieusement bruyant ou si, comme l'a dit le représentant gai du Massachusetts Barney Frank, la seule chose sur laquelle la marche aurait exercé de pression serait la pelouse du Mall. Il y avait, il paraît, environ 150.000 milles manifestants - c'est beaucoup mais ce n'est pas extraordinaire. La marche avait, il faut se souvenir, été critiquée par pas mal d'associations gaies qui ne voulaient pas, de toute apparence, gêner l'administration Obama - la Campagne pour les droits humains (HRC en anglais), le groupe de pression gai le plus grand des États unis, avait même opposé la marche avant de l'accepter un peu malaisément.


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On se rassemble vers midi

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Photo prise par un ami à la manif gay à Washington dimanche dernier

Ville nationale

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On est arrivé à Washington hier soir mais on n'a pas encore vu M. Obama. Demain peut-être. Faut qu'on le félicite pour son Prix Nobel.

Qu'on se souvienne

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Ça fait huit ans qu'on se bat en Afghanistan, sans succès évident (on se souviendra avec chagrin les morts de huit soldats américains et de deux soldats afghans dans le Nouristan le 3 octobre). Pour la plupart de nous aux É-U, c'est presque comme si tout cela se passait sur Mars, tellement ça a l'air pratiquement extraterrestre. Mais je plains les familles et les amis des soldats qui se trouvent là-bas - pour eux, ça doit être très dur.

Comment comptons-nous payer nos dettes ? En dévaluant le dollar de moitié dans les quatorze années à venir. (On n'est évidemment pas près de contempler une location de maison de vacances en Europe dans les prochains étés, donc ce sera encore une fois les Pins.) En revanche, mes actions or s'envolent !

Le président Obama prononcera un discours samedi prochain à Washington devant les plus grosses légumes (dont je connais une bonne poignée, c'est vrai) de la Campagne des Droits humains, un groupe de « militants » gays et lesbiens qui sont plutôt modérés et très (trop ?) bien élevés dans leur militance. On se demande s'il va mentionner le programme échoué de « Ne demandez pas, n'en parlez pas ». Les organisateurs de la marche qui va avoir lieu dimanche à Washington sont contents qu'on leur ait permis de passer devant la Maison blanche avant de continuer vers le Capitole.

Touche pas à mon sofa !

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Photo prise devant le bureau du copain il y a quelques jours qui n'a rien à faire avec ce billet - j'ai seulement aimé la lumière d'automne en fin de journée

Bon, c'est terminé, notre séjour cette saison sur l'île de Feu - il était temps, c'est vrai - on a ramené avec nous les dernières de nos affaires, on a nettoyé les salles de bain et la cuisine. Il a fait très beau et très chaud. L'ami galeriste a porté quelques boîtes de choses qu'il voulait laisser là-bas à sa nouvelle maison, où il a fait peur à la propriétaire, qui trouve (naturellement, mais à tort) que sa petite maison n'aurait besoin de rien pour l'améliorer. Rentré chez nous, l'ami galeriste a grondé « Mais elle n'est pas possible, la vieille Joan (c'est comme ça qu'elle s'appelle, la proprio) - il va falloir que je change tout, c'est tellement laid là-bas, mais j'ai dû lui promettre de prendre des photos et de tout remettre exactement comme il est maintenant à la fin de la location. » On a bien souri, discrètement, le copain et moi, sachant combien il va redécorer la baraque - il s'en plaindra, bien sûr, à qui voudra l'entendre, mais en réalité il sera aux anges, tellement il trouvera du plaisir à réarranger et « rendre chic » ces minuscules pièces. Et il a du goût, l'ami galeriste, mais le style Côté Sud ou Elle Décoration sera incompréhensible à la proprio.

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