




On avait envie de manger mexicain - le copain avait ouvert des sacs de tortilla chips à la maison - mais des deux restaurants mexicains où l'on est passé, bien - le premier, dans la 14e rue, avait disparu dans un grand trou (pour de vrai) et l'autre avait fermé, l'immeuble ayant été acheté par une école à côté. On est donc allé au restaurant italien La Bottega qui se trouve dans l'hôtel Maritime. Il y avait peu de monde, on nous a vite trouvé une table, et puis on nous a présenté notre serveur - un jeune Brésilien délicieux et tout à fait charmant au nom de Bruno, avec un sourire d'ange et une certaine façon de marcher comme s'il était plutôt vacher que garçon de restaurant, qu'on venait d'engager. L'ami ex-Marine nous demandait « Est-il gai ? » « Difficile à savoir, au juste » on lui a répondu « puisque la plupart des Brésiliens sont tellement affables et sympathiques qu'on ne peut souvent pas savoir s'ils sont en train de flirter ou tout simplement de se comporter normalement. » Il s'appelait Bruno. Et je pense qu'il était gai - ou bien, disons ouvert aux expériences.

Il est drôle d'apprendre que l'ex-président Chirac pourrait passer devant un tribunal pour détournement de fonds. Le monde politique français me semble s'être pas mal embrouillé ces derniers jours avec « l'élection » du petit Sarkozy à La Défense, les révélations sur les dépenses pendant la présidence française de l'UE, l'Angolagate dans lequel M. Mitterand et M. Pasqua ont été condamnés, et maintenant ce procès pour détournement contre Chirac. Que se passe-t-il ? Est-ce bien normal ?
Et pour terminer, on quitte l'heure d'été à deux heures du matin dimanche - on « gagnera » donc une heure de sommeil (je crois). Chouette alors ! (Provisoirement.)
Voici la totalité du discours en trois clips présentés par le Real News Network, trouvés grâce à ce lien fourni par un lecteur ayant laissé un commentaire chez Glenn Greenwald.
C'est bien le côté profondément « capitale impériale » de la ville de Washington qui m'a fait réfléchir à tout ceci, ainsi que les discussions sur la politique militaire et civile des États-Unis en Afghanistan suite aux morts récents de militaires américains dans ce pays-là.

On était un peu tôt ;-)
Et puis les foules sont venues.
Un ancien combattant mainais de la IIe guerre mondiale qui a participé au débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, aujourd'hui âgé de 86 ans et d'après lui, « républicain à vie », témoigne le 22 avril 2009 devant un comité politique assemblé pour écouter les opinions citoyennes sur le mariage gai au Maine. Il raconte, vers 1,30, une conversation qu'il a eue lors d'un scrutin en juin dernier. Au bureau de vote une femme lui pose cette question « Do you believe in equality for gay and lesbian people ? » Il répond, dans son fort accent mainais : « I was pretty surprised to be asked a question like that. It made no sense to me. Finally I asked her : What do you think I voted for at Omaha Beach ? » La salle éclate en applaudissements et j'ai tout de suite des larmes aux yeux. (Merci à towleroad.)
Ce soir, on passe chez les parents prendre un apéritif - j'ai l'impression que le copain pense qu'ils vont bientôt mourir - une vraie possibilité, je reconnais - et il se sent obligé de les voir au moins une fois par semaine pour prendre de leurs nouvelles. En plus, nos visites semblent les divertir. Ils nous ont conseillés pourtant de venir un peu plus tard que d'habitude, puisqu'ils recevaient des gens qu'ils croyaient qu'on n'aimerait pas. Ce qui me rend, tout naturellement, complètement curieux. Qui est-ce? Pourquoi sont-ils désagréables ? Homophobes ? Républicains ? Amateurs du mobilier moderne dit « du mi-siècle » dernier ?
Demain on est censé assister à une sorte de témoignage d'estime pour un homme qui a beaucoup travaillé en faveur du Centre lesbien et gai. Et puis, jeudi soir, c'est un gala en faveur du groupe de pression politique gai Empire State Pride Agenda qui aura lieu au Sheraton New York avec la participation de la comédienne Margaret Cho, l'acteur Alan Cumming et notre sénateur Charles Schumer.
Mon bel Emmanuel qui chante « Adulte et sexy »
•
Voici une satire politique basée sur les pubs iPhone - au lieu de répéter « There's an app for that » on entend « There's a Rep. (c'est-à-dire, républicain) for that. » Bête mais drôle, et aussi révélateur.
Ce matin, gris et pluvieux, je suis resté au lit jusqu'à huit heures et demie - quelle volupté ! J'ai commencé à faire le ménage chez nous et après une séance de muscu, on passera prendre un verre chez un ami conservateur de musée qui a besoin d'un ordinateur portable - le copain s'occupera de ça.
Tout ceci m'a rappelé le beau roman de Jean Genet Notre-Dame-des-Fleurs, où les personnages s'appellent Notre-Dame-des-Fleurs, Divine, Mignon.
C'était pareil aux Pins, où l'on a nommé (ou appris les noms de) nos connaissances nouvelles - Cocktail, par exemple, et Hot Stuff, pour un type qui se croyait particulièrement supérieur. Il y avait dans le temps un bodybuilder tout petit qu'on appelait Gidget Schwarzenegger - mélange de noms assez satirique, dont Gidget qui vient de la série de films profondément benêts tels « Gidget Goes Hawaiian » (1961) et « Gidget Goes to Rome » (1963) et dont Schwarzenegger de l'on sait où.
Tout ceci vous permet, bien sûr, de parler de ces gens sans qu'ils le sachent (au début au moins). C'est une sorte de code d'initiés, tout comme ce curieux argot anglais qui s'appelle le polari - ayant ses origines dans l'argot du Milieu londonien du XVIIIe siècle auquel on a ajouté du cockney, de l'italien, du yiddish, et des expressions venues du cirque et du théâtre, c'est presque disparu de nos jours, mais certains mots d'origine polari se sont entrés dans l'argot camp ou homo et même hétéro d'aujourd'hui, tels naff (ringard), slap (maquillage), chicken (jeune), et bevvy (boisson).
La discrétion et la dissimulation seraient, au moins quelquefois, les mères de l'art de la dénomination.
Il est des édifices avec lesquels on noue une sorte d'amitié silencieuse mais profonde. Pour moi, j'éprouve ce sentiment de fraternité affectueuse avec le Bâtiment de l'État-Empire. Je suis heureux quand je le vois, de loin ou de près - quand on rentre des Pins, par exemple, en prenant l'autoroute Brooklyn-Queens, on le voit au milieu de l'île, un peu à part, simple et fier, ou comme ce matin, quand je descendais la Cinquième avenue pour rentrer au bureau, je le vois là, tout grand, tout droit, qui semble surveiller le quartier d'une façon puissante mais bienveillante. Le Bâtiment du fer à repasser, par contre, est pour moi une curiosité assez étrangère, comme les Tours jumelles du Centre mondial commercial étaient plutôt des connaissances que de vrais amis - on avait bel et bien dîné au sommet d'une des tours, on s'était promené avec une certaine appréhension sur le toit de l'autre, et je les voyais chaque fois que je traversais la Septième avenue, tout à fait au bout, où l'avenue vire à gauche et devient la rue Varick - deux énormes rectangles d'argent, solides mais aussi un peu bêtes, comme une paire de cerfs étonnés par des phares de voiture. Mais le Bâtiment de l'État-Empire possède une majesté simple et bien ancrée. On n'y trouve pas, j'en conviens, la coquetterie étincelante du bâtiment Chrysler. Ce n'est pas une grande dame de la haute société, mince et liftée, comme la Tour GE du Centre Rockefeller. On n'y voit pas, non plus, le m'as-tu-vu architectural un peu criard du nouveau siège new-yorkais de la Banque d'Amérique (qui a failli faire faillite pendant la récente crise financière avant d'être sauvée par le gouvernement).
On se rassemble vers midi
On est arrivé à
Washington hier soir mais on n'a pas encore vu M. Obama. Demain peut-être. Faut qu'on le félicite pour son Prix Nobel.

Ça fait huit ans qu'on se bat en Afghanistan, sans succès évident (on se souviendra avec chagrin les morts de huit soldats américains et de deux soldats afghans dans le Nouristan le 3 octobre). Pour la plupart de nous aux É-U, c'est presque comme si tout cela se passait sur Mars, tellement ça a l'air pratiquement extraterrestre. Mais je plains les familles et les amis des soldats qui se trouvent là-bas - pour eux, ça doit être très dur.
•
Comment comptons-nous payer nos dettes ? En dévaluant le dollar de moitié dans les quatorze années à venir. (On n'est évidemment pas près de contempler une location de maison de vacances en Europe dans les prochains étés, donc ce sera encore une fois les Pins.) En revanche, mes actions or s'envolent !
•
Le président Obama prononcera un discours samedi prochain à Washington devant les plus grosses légumes (dont je connais une bonne poignée, c'est vrai) de la Campagne des Droits humains, un groupe de « militants » gays et lesbiens qui sont plutôt modérés et très (trop ?) bien élevés dans leur militance. On se demande s'il va mentionner le programme échoué de « Ne demandez pas, n'en parlez pas ». Les organisateurs de la marche qui va avoir lieu dimanche à Washington sont contents qu'on leur ait permis de passer devant la Maison blanche avant de continuer vers le Capitole.

Quelques liens
Me contacter:
Commentaires récents