On se rassemble vers midi

On attend le début de la marche
Il y a sans aucun doute une division assez profonde dans les milieux gais sur la position à prendre vis-à-vis de l'administration Obama. J'ai lu quelque part un commentaire qui m'a fait sourire mais qui souligne une vérité qu'on a quelquefois tendance à oublier : « Obama, c'est notre président, ce n'est pas notre petit ami. » Il n'est pas nécessaire de l'excuser pour ne pas avoir fait ce qu'il nous a promis pendant sa campagne électorale. On a suivi le discours d'Obama devant les grands de la HRC (critiqués comme trop riches, trop blancs et trop hommes) et, comme d'autres ont noté, on n'y a entendu rien de nouveau - des poncifs « progressistes », des promesses jamais tenues. Il est évident que les calculs politiques devancent les positions purement morales chez des gens tel Rahm Emmanuel, pour qui gagner des élections serait le comble de la gouvernance. Il ne faut pas oublier non plus les résultats rapides et positifs qu'Act-Up a eus malgré la critique de tous les bien-pensants gais qui n'osaient pas choquer les « modérés ».

Des supporteurs de Code Pink le long de l'avenue de Pennsylvanie

L'homme-poulet en chaussures à haut talon roses marchait à côté de nous

Deux vieux marchaient devant nous - leurs placards nous ont touchés
La marche elle-même était assez amusante - cela a commencé pour nous à midi, sous un beau ciel bleu et ensoleillé, à l'angle de la rue K (le couloir privilégié des lobbyistes) et la 17e rue (je crois), où l'on a attendu le départ pour au moins trois quarts d'heure. On a finalement commencé et le chemin désigné nous a fait marcher devant la Maison blanche et puis le long de l'avenue de Pennsylvanie vers le Capitole.


On écoute les discours

Le copain devant le Capitole - notez bien le t-shirt en français qu'il porte, « l'ABC du Marin »

La foule bougeait constamment pendant les discours
On n'est pas resté devant le Capitole pour écouter tous les discours - vers seize heures, j'ai fondé le groupuscule hyperradical auquel on a donné le nom de « Militants for margaritas » et tout de suite après l'on a scandé notre slogan du moment « (Appel) What do we want ? (Réponse) Margaritas ! (Appel) When do we want them ? (Réponse) Now ! » Eh bien, on a marché deux miles et demi pour se retrouver dans un restaurant mexicain tout à fait débraillé où l'on n'avait plus de guacamole (par exemple) - on est ensuite rentré à l'appartement de l'ami médecin et de son copain, le décorateur d'intérieurs bengali, dans le nouveau quartier gai de Washington, le quartier du Rond-Point Logan. C'est le Marais ou le Chelsea de Washington, c'est-à-dire le ghetto gai, surtout depuis que l'ancien ghetto, le quartier du Rond-Point Dupont, s'est depuis quelques années presque tout à fait hétéroisé. Ils y ont acheté un bien joli appartement, et le copain et moi, nous sommes très envieux d'eux.



On est rentré à New-York lundi matin par l'autobus de huit heures trente - j'ai dormi la moitié du trajet, l'autre moitié j'ai écouté du Strauss (Richard), du Mozart, du Rachmaninov (oui, c'est trash, je sais) et du Beethoven (7e symphonie). On est allé directement au bureau où il y avait, à notre surprise, des choses à faire, beaucoup de gens ne prenant de jour férié pour la fête de Christophe Colomb.
j'adore ce nouveau groupe ultra-radical !