Manifestation à Washington

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Pourquoi on y est allé

Il est difficile à savoir si la manifestation à laquelle on a participé dimanche dernier à Washington aurait valu la peine de cinq heures de route en autobus et de trois nuits passées sur un matelas pneumatique curieusement bruyant ou si, comme l'a dit le représentant gai du Massachusetts Barney Frank, la seule chose sur laquelle la marche aurait exercé de pression serait la pelouse du Mall. Il y avait, il paraît, environ 150.000 milles manifestants - c'est beaucoup mais ce n'est pas extraordinaire. La marche avait, il faut se souvenir, été critiquée par pas mal d'associations gaies qui ne voulaient pas, de toute apparence, gêner l'administration Obama - la Campagne pour les droits humains (HRC en anglais), le groupe de pression gai le plus grand des États unis, avait même opposé la marche avant de l'accepter un peu malaisément.


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On se rassemble vers midi

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Un placard qui daterait des années 50


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On attend le début de la marche

Il y a sans aucun doute une division assez profonde dans les milieux gais sur la position à prendre vis-à-vis de l'administration Obama. J'ai lu quelque part un commentaire qui m'a fait sourire mais qui souligne une vérité qu'on a quelquefois tendance à oublier : « Obama, c'est notre président, ce n'est pas notre petit ami. » Il n'est pas nécessaire de l'excuser pour ne pas avoir fait ce qu'il nous a promis pendant sa campagne électorale. On a suivi le discours d'Obama devant les grands de la HRC (critiqués comme trop riches, trop blancs et trop hommes) et, comme d'autres ont noté, on n'y a entendu rien de nouveau - des poncifs « progressistes », des promesses jamais tenues. Il est évident que les calculs politiques devancent les positions purement morales chez des gens tel Rahm Emmanuel, pour qui gagner des élections serait le comble de la gouvernance. Il ne faut pas oublier non plus les résultats rapides et positifs qu'Act-Up a eus malgré la critique de tous les bien-pensants gais qui n'osaient pas choquer les « modérés ».

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On est passé devant la Maison Blanche

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Des supporteurs de Code Pink le long de l'avenue de Pennsylvanie

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L'homme-poulet en chaussures à haut talon roses marchait à côté de nous

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Deux vieux marchaient devant nous - leurs placards nous ont touchés

La marche elle-même était assez amusante - cela a commencé pour nous à midi, sous un beau ciel bleu et ensoleillé, à l'angle de la rue K (le couloir privilégié des lobbyistes) et la 17e rue (je crois), où l'on a attendu le départ pour au moins trois quarts d'heure. On a finalement commencé et le chemin désigné nous a fait marcher devant la Maison blanche et puis le long de l'avenue de Pennsylvanie vers le Capitole.

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On descend l'avenue de Pennsylvanie vers le Capitole

Au Capitole on s'est arrangé devant l'immeuble et le long des balustrades du bassin d'eau pour écouter les discours, qui étaient, comme il est d'habitude dans ce genre de rassemblements politiques, longs et plutôt ennuyeux. L'actrice Cynthia Nixon, de la série Sex and the City, a pourtant très bien parlé - elle était excellente. Et elle est venue de New-York, bien sûr !

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Devant le Capitole

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On écoute les discours

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Le copain devant le Capitole - notez bien le t-shirt en français qu'il porte, « l'ABC du Marin »

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La foule bougeait constamment pendant les discours

On n'est pas resté devant le Capitole pour écouter tous les discours - vers seize heures, j'ai fondé le groupuscule hyperradical auquel on a donné le nom de « Militants for margaritas » et tout de suite après l'on a scandé notre slogan du moment « (Appel) What do we want ? (Réponse) Margaritas ! (Appel) When do we want them ? (Réponse) Now ! » Eh bien, on a marché deux miles et demi pour se retrouver dans un restaurant mexicain tout à fait débraillé où l'on n'avait plus de guacamole (par exemple) - on est ensuite rentré à l'appartement de l'ami médecin et de son copain, le décorateur d'intérieurs bengali, dans le nouveau quartier gai de Washington, le quartier du Rond-Point Logan. C'est le Marais ou le Chelsea de Washington, c'est-à-dire le ghetto gai, surtout depuis que l'ancien ghetto, le quartier du Rond-Point Dupont, s'est depuis quelques années presque tout à fait hétéroisé. Ils y ont acheté un bien joli appartement, et le copain et moi, nous sommes très envieux d'eux.

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L'élégant et très moderne Vida Gym du quartier du Rond-Point Logan, où va l'ami médecin, qui habite à deux pas

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Trois amis co-manifestants essaient, avec mille complications assez drôles, de charger la petite Mini dans laquelle ils rentraient à New-York dimanche après-midi

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La cuisine, belle et propre, chez l'ami médecin et l'ami décorateur

Dimanche soir on est allé manger la cuisine thaïlandaise avant d'aller faire un tour dans les boîtes gaies de la rue U et la 9e rue - il y a surtout le grand pub ou « sports bar » qui s'appelle, bien ironiquement, Nellie's (une « nellie » ou « nelly » est une folle très efféminée dans l'argot un peu désuet), un club punkesque et quelquefois gai qui s'appelle DC-9, et la grande disco gaie du moment, Town. Il y avait énormément de monde à Nellie's et à DC-9, on s'est réfugié à Town, où l'on nous a proposé un thé dansant - c'est-à-dire qu'on dansait à 22 h 30, chose inouïe à New-York, mais cela se fait en province ;-). J'y ai même eu un certain succès - un grand type en jeans et string de cuir m'a chuchoté qu'il me trouvait sexy - sur-le-champ, le copain a enlevé sa chemise et je n'ai plus pu le quitter même un petit instant pour aller flirter avec mon admirateur. On est rentré à l'appartement pas trop tard, on était bien sage, puisqu'il y avait le retour en autobus pour huit heures trente le lendemain.
 

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Le pub gai Nellie's tout illuminé dimanche soir

On est rentré à New-York lundi matin par l'autobus de huit heures trente - j'ai dormi la moitié du trajet, l'autre moitié j'ai écouté du Strauss (Richard), du Mozart, du Rachmaninov (oui, c'est trash, je sais) et du Beethoven (7e symphonie). On est allé directement au bureau où il y avait, à notre surprise, des choses à faire, beaucoup de gens ne prenant de jour férié pour la fête de Christophe Colomb.

1 Commentaire

j'adore ce nouveau groupe ultra-radical !

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