Je suis la morve de Dieu

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Pour ceux qui se plaisent à circuler dans un Manhattan un rien névrotique, je recommande le dernier livre de Paul Rudnick, I Shudder - Je tressaille - qui est délicat, spirituel, tout léger. Mi-fiction, mi-mémoire, les sections qu'on y trouve manient finement la langue américaine telle qu'on la parle quand on est, comme l'est M. Rudnick, attentif, connaisseur et, par la force des choses, pessimiste. Voici un court extrait sur les moyens de transport à Manhattan décrits par un dandy fier et pauvre au nom d'Elyot Vionnet.
 

« And so I continue in borderline poverty, save for my one indulgence, no, my single absolute necessity : I take cabs. Yes, on occasion, when I wish to see what people with unpleasant skin conditions are wearing, I do take the subway. I have never, I am proud to say, taken the bus, because people who take the bus have given up. They have said, I am nothing, I will never know a second's joy or even the most minuscule accomplishment, I am a rotting fleshbag rolling toward my squalid garden apartment in one of those fictional neighborhoods, such as Inwood or Yorkville. I am not living, I am simply waiting to be recycled ; instead of a soul, I own a Naugahyde briefcase or a clear plastic rain bonnet, I am God's mucus, and therefore - I take the bus. »

Moi non plus, je n'aime pas prendre le bus.

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Oh moi j'adore prendre le bus et c'est vrai qu'aux Etats-Unis, je me suis tjs senti loser dans le bus. Les Yuppies de ma génération prenaient le taxi ou le métro car ils n'avaient pas une minute à perdre et moi, pauvre de moi, je regardais tout ce monde courir!

Bonne année Edouard!

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