Le casier à peines (peut-être ?)

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Puisque il pleuvait cet après-midi - une pluie froide et bête, on est allé au ciné - le copain se déclarant d'accord si l'on ne quittait pas le Village. J'ai donc choisi « The Hurt Locker » - nom difficile à traduire, puisqu'il s'agit selon les experts (moi, je ne connaissais pas l'expression) d'un endroit métaphorique (« locker » veut dire un casier de vestiaire ou de lycée) où l'on se cache pour se soigner de blessures physiques ou morales (ou des deux) - qu'on passait au Cinéma Quad dans la 13e rue ouest.

C'est un film de guerre (l'opération militaire américaine en Irak en 2004, en l'occurrence) où il s'agit d'un groupe de démineurs militaires américains qui font leur boulot à Bagdad, dans des circonstances évidemment affreuses. Tout Irakien est naturellement suspect - le niveau de paranoïa, raisonnable ou pas, est super élevé chez tout le monde - et l'on trouve des « engins explosifs improvisés » un peu partout, que nos héros s'efforcent à enlever. Le héros est un type un peu renfermé, fonceur, peut-être même imprudent. Il prend des risques que d'autres trouvent insensés. Et puis il y a ces moments atroces où l'on doit nettoyer des balles ensanglantées en crachant de la salive de sa propre bouche afin qu'on puisse se défendre.

On n'y trouvera pas d'histoire de guerre typique - la guerre qu'on y mène est moins nationaliste et patriotique que personnelle. Ça a l'air d'un documentaire, avec les mêmes problèmes dramatiques intrinsèques au genre - on n'y trouvera donc pas de résolution à la Rambo, ou à la Seigneur des Anneaux. D'abord, il n'y a pas de « grand ennemi » - il n'y a que des insurgés difficiles à cerner, des « haji » en argot militaire, et tout Irakien est automatiquement « haji ». C'est exactement cela l'horreur de cette guerre trouble, impossible, informe, et indécise. Donc, un film qui pose des questions.

(L'actrice Mo'Nique vient de gagner un Globe d'or à Hollywood pour son interprétation du rôle de la mère impossible dans Precious. Elle le mérite.)

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