
Entrée au théâtre de l'église St-Luc dans la 46e rue ouest

Nouvelle tour dans la 8e avenue, mais toujours sans habitants

Dans la place du Temps, la nuit

Le théâtre Ethel Barrymore dans la 47e rue ouest
On est allé au théâtre plusieurs fois la semaine dernière - quelquefois ça me prend comme ça, cette envie de passer la soirée dans l'ambiance douillette, un peu délabrée et souvent irréelle d'un vieux théâtre de Broadway. Heureusement que le copain est plutôt indulgent pour mes petites folies de ce genre. Mardi dernier on est allé voir Race, de David Mamet. Tout ce qu'il fait est intéressant, mais par contre ne me plaît toujours pas - Race est du Mamet typique : situation assez dramatique, texte lancé à fond, personnages énervés au max - pour moi ça sonne souvent un peu faux, un peu trop stylisé, et dans Race, c'est la manière dont on a exprimé le dialogue qui m'a laissé peu convaincu. Il y avait un couple français assis devant nous - je me demande s'ils ont bien compris toutes ces répliques rapides et plutôt familières, même grossières.

Le couple français au théâtre Barrymore
Le soir suivant on est allé à Present Laughter, une comédie écrite en 1939 et mise en scène en 1942 par Noël Coward, qui s'est bien sûr accordé le rôle principal. (M. Coward a repris son rôle dans la version française de la pièce, intitulée Joyeux Chagrins, à Paris en 1948.) Victor Garber joue Gary Essendine dans cette production - je le vois assez souvent au gym avec son copain peintre, quand ils sont à New-York - ils habitent en général à Los-Angeles. C'est très bien joué, la pièce - un peu long pour le goût d'aujourd'hui, peut-être, avec trois actes (et deux intervalles), mais j'étais vivement impressionné par le talent de M. Garber pour la comédie (je l'ai vu assez souvent dans d'autres pièces) et ses collègues sur scène sont excellents, eux aussi.

Vue de la 42e rue ouest

Le théâtre des Lignes aériennes américaines dans la 42e rue
Soirée très agréable et satisfaisante.

Le Paulliac délicieux bu dans le Village-Est
Vendredi soir je suis allé tout seul voir un ami artiste dans le Village-Est - le copain avait envie de rester à la maison puisqu'on était sorti tous les soirs précédents et il en avait marre. Je me suis dirigé donc vers la 6e rue est, d'où nous sommes allés au restaurant français The Flea Market Café dans l'avenue A. On a bavardé un peu au bar avant de nous installer à une petite table, où l'on a commandé nos repas (du coq au vin très correct) - et une bouteille d'un Pauillac Château Montgrand-Milon 2005, qui était délicieux !
Ensuite, le dîner terminé, il m'a entraîné, cet artiste mignon, à un bar à pédés dans la 13e rue est qui s'appelle The Phoenix - pas beaucoup de monde à cette heure, mais j'ai eu un coup de rouge avant de continuer notre « pub crawl » limité vers un autre bar, Eastern Bloc, dans la 6e rue est - c'est le bar dont l'un des trois propriétaires, un Français, serait le petit ami (en fait, il est plutôt grand, très musclé et tatoué) du célèbre présentateur TV Anderson Cooper. On y est assez jeune, mais cela ne m'a pas trop gêné en fait - on ne vous voit tout simplement pas quand on serait au-dessus de la quarantaine, mais effectivement ça peut arranger les choses. On a la liberté d'un fantôme. J'ai commandé un vin rouge (je cherche à ne pas mélanger mes alcools) et j'ai regardé remplir l'endroit, qui est assez petit. Un jeune stripteaseur à l'air est-européen, tout pâle, musclé - ben, il avait déjà ôté tous ses vêtements à part son slip, dans lequel il y avait une bosse impressionnante dont je n'ai pas osé tester la vérité - a commencé à tournoyer sur une banquette à quelques pouces à peine de moi - je lui ai remis dans le haut de ce slip tendu, par la gentillesse la plus pure, je vous le promets, un petit billet, seulement pour encourager les autres. Il l'a apprécié. Il a continué à danser (il s'agissait d'une sorte de danse du ventre d'abdos à tablettes de chocolat, c'est vrai, ce qui est un peu spécial, d'accord, mais j'avoue que j'aime bien.) Je lui ai donc proposé un billet de cinq dollars, qu'il m'a fait mettre encore une fois dans son slip. J'ai ensuite terminé mon verre de vin et l'ami artiste me présente tout d'un coup un nouvel « ami » qu'il venait de rencontrer par l'application iPhone de Grindr - cela m'indique sans doute qu'il faut partir tout de suite pour ne pas déranger la, euh, bite-à-bite qui va sûrement s'ensuivre. Je remets mon verre sur le zinc, je salue mon ami, et quand je me retourne pour sortir du bar, le danseur se penche vers moi et m'embrasse sur la bouche - à mon vif étonnement. « Au revoir » il me dit avec un joli sourire de jeune entrepreneur qui connaît et ses clients et leurs faiblesses. Et tant mieux pour lui.
Je suis rentré à pied chez nous et une fois dans le lit à côté du copain, il se réveille pour me dire « Je suis content que tu sois revenu ». Quoi ? Où serais-je allé ? Et il n'était qu'une heure vingt, donc je n'avais pas du tout fait de nuit blanche. Mais il est agréable d'avoir manqué à au moins une personne au moins une fois.
Et si l'on attaque l'Iran ? On en a tellement parlé qu'il m'est presque égal à présent. Allez-y, une fois pour toutes.
Ah les vieux couples! Par contre, pour votre dernière remarque, j'espère que c'est parce que vous étiez en train de finir une autre bouteille de rouge...
L'East Village peut fort bien briser les couples, hehe. Pour Phoenix, il faut y aller le mercredi soir, les bières n'y sont pas chères et cela attire beaucoup plus de monde que les autres soirs. L'Eastern Bloc est un de mes endroits préférés dans ce quartier. Les propriétaires sont français et en effet l'un d'eux est le beau d'Anderson Cooper. Du coup Madonna, qui est une amie d'AC, y est passée un soir. En tout cas vous avez pu vous rendre compte d'a quel point les gens y sont... affectueux, hehe.
excellent vin ! 2005, en plus !