Archives mars 2010

Passage à l'action

| 2 Commentaires
Retour mélancolique à l'appartement ce soir - quelqu'un s'est suicidé en se jetant du Bâtiment de l'État-Empire sur le trottoir de la 34e rue. On voyait le corps, habillé en imperméable sombre, à côté d'un grand bac à fleurs en béton - la police venait de fermer le trottoir, l'ambulance arrivait, on nous a obligés à traverser la rue, mais la solitude, l'immobilité et l'aspect anormalement plat du corps m'ont beaucoup troublé.

Mise à jour du 31 mars 2010

Il s'agissait d'un étudiant à Yale qui s'est suicidé en se jetant de l'Observatoire du 86e étage, où il n'y avait que peu de monde à cause du mauvais temps qu'il faisait.

Fin de semaine

| Aucun Commentaire


deuxpaellas.jpg
Les deux paëllas sur le four

Vendredi soir on avait été invité à fêter l'anniversaire du médecin ami de l'ami bengali. Ils habitent à Brooklyn quand le médecin n'est pas à Washington, dans le quartier de la Colline de Boerum. L'ami bengali, connu surtout pour ses plats biryani, a voulu essayer quelque chose d'un peu différent et c'est pourquoi il s'est attaqué à une paëlla espagnole, préparée en deux versions, dont une avec de la viande de poulet, des morceaux de saucissons, du poisson et des fruits de mer, et une autre avec du poisson et des fruits de mer seulement, pour ceux qui ne mangent pas de viande « rouge ».

Morceaux

| 1 Commentaire
operalesoir.jpg
Devant l'Opéra métropolitain

Hier soir on est allé voir Le Nez, opéra de Dmitri Chostakovitch, à l'Opéra métropolitain. Composé en 1928 dans un style dit « futuriste » quand l'auteur avait 22 ans, il fut monté pour la première fois à Léningrad en 1930. La mise en scène au Met a été réalisée par l'artiste sud-africain célèbre William Kentridge. Je n'ai pas trop aimé, pour les raisons suivantes. D'abord, le livret et l'histoire ne m'ont pas du tout saisi ; en général, à l'exception de certains exemples qu'on trouve chez Beckett ou chez Ionesco, les situations « absurdes » m'irritent. En ce qui concerne la musique, je l'ai trouvé ennuyeuse, plutôt monotone, quelquefois laide. Je n'aime pas trop le russe chanté (là, c'est peut-être un préjugé tout à fait personnel). (Pour ajouter à ma misère relative, il faisait horriblement chaud dans la salle et je transpirais comme un cochon - c'est le moment à New-York où les températures variables posent le plus de problèmes - est-ce qu'il va faire froid ou chaud ? Hier soir, il a fait plutôt frais dans la journée, tandis que le soir il a fait plus chaud. Ce n'est pas commode.)

L'art de M. Kentridge est très à la mode en ce moment - mais je me méfie toujours d'un art de « bande dessinée animée » qui plaît si facilement à un public habitué depuis longtemps à prendre pour de l'art les petites choses qu'il regarde flotter devant les yeux sur les écrans de télé ou de cinéma. Aucune menace, aucune vraie mise en question de quoi que ce soit. De l'art bobo par excellence sans l'excuse même d'une beauté désuète.

entreepicholine.jpg
La porte d'entrée discrète du restaurant Picholine dans la 64e rue ouest

Le dîner qui l'a précédé m'a par contre impressionné - une amie nous avait invités à dîner au restaurant Picholine dans la 64e rue ouest avant d'aller au spectacle. La salle m'a paru un peu trop « grand-mère » - murs peints en mauve pâle, chaises et banquettes en cuir ivoire, service un rien trop affecté (et souvent lardé d'expressions françaises) offert par des gens qu'on savait en vérité profondément étrangers à ce genre de comportement. Mais la cuisine était excellente et je comprends très bien pourquoi il a reçu deux étoiles du Guide Michelin 2010.

En cours de rénovation

| 2 Commentaires
Bon, ce matin j'attends les mesureurs - celui pour les stores et celui pour la moquette. (On va poser de la moquette parce que nos planchers sont ou tellement abîmés ou composés de mélanges de matériaux (lino, bois, tuiles) tellement laids qu'on ne veut pas, dans aucun des deux cas, les voir - il ne s'agit surtout pas de cacher un noble parquet de Versailles bien ciré - ah, si seulement ! Mais non, on ne cherche qu'à « unifier » l'appartement.)

versailles panel.jpg
Non, c'est pas ça qu'on a sous les pieds, hélas !

Pour les stores, il s'agit surtout de nous offrir un peu plus de lumière tout en nous donnant un peu de protection contre les regards indiscrets des gens sur le trottoir - on est au rez-de-chaussée et il y a toujours du monde devant chez nous. C'est pourquoi j'ai trouvé un tissu synthétique qui s'appelle en anglais « solar veil » ou « voile solaire » qui est translucide sans trop révéler - on va pouvoir donc prendre nos cafés dans la salle à manger quand il fait chaud sans devoir nous habiller tout à fait. Mais le grand truc nouveau, c'est que ces stores vont monter de l'appui de fenêtre, et non pas descendre du linteau, ce qui nous donnera, on l'espère, encore de la lumière d'en haut et nous protéger contre le public flâneur.

Je ne sais pas quand le peintre turc, un type très sympa aux cheveux longs qui s'appelle Suli, va commencer - la semaine prochaine, peut-être - il va falloir d'abord réparer beaucoup de nos murs dans où le plâtre est en train de se défaire avant de procéder à la première couche de peinture. Ensuite on aura un autre peintre, plus artistique, remettre une seconde couche, de couleurs cette fois, sur les murs et les boiseries (bibliothèques, encadrements de portes, de fenêtres, etc.) On va aussi refaire l'installation câble et téléphonique, où à présent on a des fils à traîner un peu partout.

La sœur du copain arrive de Los-Angeles ce soir - elle descend chez les parents et l'on va lui demander bientôt son opinion sur la santé mentale de son père. Moi, je trouve qu'il est paresseux, le père du copain, et peut-être dépressif aussi, mais il n'est presque certainement pas atteint d'Alzheimer, ce que redoute, bien sûr, la belle-mère - mais elle exagère aussi, en nous disant qu'elle a vu un changement énorme dans son comportement, tandis qu'à nos yeux, il se comporte en con suprême tout à fait comme au début de leur mariage (elle a peut-être honte de l'avoir épousé !)

Faute de temps

| 2 Commentaires
lapindepaques.jpg
Lapin de pâques un peu démoniaque, dans la place Waverly

Semaine trop chargée pour pouvoir facilement remettre à jour ce pauvre carnet - des soirées trop longues, des matins trop courts, des exigences trop insistantes. Voilà pour les excuses obligatoires.

Soirée pluvieuse

| Aucun Commentaire
trainsdebanlieue.jpg
Les départs ce soir

Ce soir on est allé voir l'ami anglais, arrivé ce soir de Londres - on a dîné à « Midtown » - à la Brasserie, dans la 53e rue. On y a bu trois bouteilles de Gevery Chambertin 2006 - affreusement cher, je crains, mais je n'en savais rien, et en plus, ce qui pire est, je ne l'ai pas tellement aimé - trop fruité. Ayant déposé l'ami anglais à l'hôtel, on a essayé de trouver un taxi dans l'avenue Lexington - pas possible, donc le copain a voulu voir le nouveau bar gai « Uncle Charlie's » dans la rue 45e est, qui se trouve au 1er étage et qui est tout près de la gare Grande Centrale (c'est commode pour les banlieusards). Un coup de rouge, et le copain avait envie de partir. C'est vrai, c'était un rien macabre.

grandecentrale.jpg
Dans le hall central de la gare

ligneharlem.jpg
Les guichets de la branche de la ligne de chemins de fer de Harlem

lanavette.jpg
La navette entre la gare Grande Centrale et la station de métro de la place du Temps

Achetons chilien

| 3 Commentaires
Le copain et moi avons suivi les conseils de Sophie au Chili pour aider l'économie chilienne à se redresser après tous ces séismes. Ce soir au supermarché on a acheté les raisins et les myrtilles chiliens. La preuve:


raisinsverts.jpg
(Photo prise par l'iPhoto, donc le flou)

bleuetsduchili.jpg

(Photo prise par le copain, sans flash, avec l'appareil photo)
DORITOS_COOL_RANCH_.gif
Si vous aimez ça, il est possible qu'on vous retire votre carte d'homo

Puisque l'argot m'amuse et m'intéresse en tant que linguiste amateur, voici un nouveau terme à noter, trouvé chez Towleroad, en ce qui concerne les mots pour désigner ou décrire les « homos » : ce sont des « bromos », abréviation du mot « bromosexual », qui lui-même vient de l'élision de « bro » (abréviation de « brother » et qui signifie, dans la langue des « mecs », « copain » ou « ami » - nb : « brother » utilisé par un noir veut dire un autre noir), « homo », qui veut dire, euh, homo ou homosexuel, et « sexual », devenu une terminaison pour tout ce qui a rapport avec la sexualité. Pour nos oreilles anglophones - celles d'un certain âge, c'est vrai - le mot « bromo » nous évoque le nom d'une sorte d'aspirine (Bromo-Seltzer) que prenaient nos grands-parents et dont on entend parler toujours dans les vieux films anciens (« Somebody get me a bromo ! ») - mais bon, ce nouveau « bromo » veut dire un homosexuel qui n'a pas l'air d'en être.

Le copain est un peu bromo ; on lui accuse assez fréquemment de ne pas être vraiment homo, surtout qu'on découvre qu'il adore, mais vraiment adôôôôore les Doritos Cool Ranch, qui dégoûteraient tout bon homo (comme moi) pour des raisons de goût (les vins de Bordeaux et les fromages de Savoie me donnant bien plus de plaisir que ces chips-là) ainsi que celles de calories inutiles. C'est pareil quand il fait de la voile - il ne cache rien de sa sexualité, mais on ne s'attend pas à voir un pédé aussi peu typiquement pédé (en dépit du fait qu'il était président du Cercle gai-lesbien-bi-trans de Berkeley et il est impossible d'être plus out, loud and proud que lui.) Mais c'est vrai qu'il est « bromo » - une fois, il y a quelques années, des videurs nous ont barrés l'entrée dans un club gai dans le Boulevard Sébastopol (je crois) en disant qu'on n'était pas gai (on était en costume-cravate après un grand dîner), ce qui a rendu fou le copain et finalement les deux videurs, des blacks énormes, ont cédé et nous ont permis d'entrer. Vaut mieux ne pas contrarier un bromo excédé !
gratteciel.jpg
Un gratte-ciel bâti dans le style classique « briquet Dupont » des années 60 - il s'agit du numéro 261, dans l'avenue Madison, où j'ai dû aller hier voir un ami avocat dont le bureau se trouve au 26e étage

Une coïncidence heureuse - je suis en train de lire une biographie du grand pianiste et compositeur Franz Liszt écrite en 1975 par l'amie écrivain. Dans ce livre, dans lequel je ne suis qu'au début, elle parle beaucoup d'Hector Berlioz, entre autres. J'avais, si je me souviens bien, à une certaine époque un goût assez prononcé pour Berlioz - de quelles œuvres exactement, pourtant, je n'en sais plus rien, mais la Symphonie fantastique a dû y figurer. N'importe. Hier soir on a terminé notre saison « officielle » à la Salle Carnegie en écoutant les deux premiers actes de l'opéra Les Troyens (1856-58) de Berlioz interprété par l'Orchestre du théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, de son chœur et de divers chanteurs russes.

Dans le programme j'ai lu que l'Opéra de Paris avait décliné l'œuvre, mais à écouter les deux premiers actes, je pense avoir compris pourquoi. Les débuts sont lents et peu dramatiques, quoique ce que chante Cassandre soit très beau et poétique, sinon un rien lugubre (genre « Ah, Cassandre, arrête, s'il te plaît, tu nous casses les oreilles avec toutes tes prémonitions »). Cette première partie de l'opéra ne dure qu'une heure et trente minutes, à peu près, donc la soirée était assez courte. Le chef d'orchestre Valéry Gergiev a l'air très bien - il a dirigé sans partition et sans plateforme, juste derrière les chanteurs. On le reverra à la direction de l'orchestre de l'Opéra métropolitain dans Le Nez de Dimitri Chostakovich, qui vient d'ouvrir avec succès le 5 mars.

Ah, le grand canapé Regency est parti aujourd'hui, à midi précis. Les déménageurs étaient à l'heure. L'un des deux était d'une beauté tout à fait alléchante (jeune, muscles tatoués, joli sourire, sympa, ça suffit, non ?) et ils étaient tous les deux charmants - le sofa a quitté l'appartement en une minute, sans casser un pied (pas facile, vu l'étroitesse de notre porte d'entrée et du couloir extérieur).

En préparant pour l'arrivée des déménageurs, j'ai découvert une boîte pleine de photos de famille, du copain et de moi, à Saint-Tropez, à Provincetown, à l'hôtel Waldorf, de ma mère, de Betty la chienne, et ainsi de suite. Qu'est-ce qu'on va faire avec, je me demande. Les remettre, je suppose, dans une nouvelle boîte jusqu'à ... jusqu'à on ne sait pas trop quand.

Image saisissante

| Aucun Commentaire
tumblr_kyf01dRmvg1qzn0kbo1_500.jpg
Photo trouvée chez ce site à la fois curieux
et intéressant

Un dimanche réussi

| Aucun Commentaire
Belle et agréable journée hier, parfumée de printemps. On a commencé dans la salle de sport, où j'ai assisté le copain à faire ses exercices avant de passer une heure à faire du cardio. De retour chez nous, on a eu un coup de téléphone du type qui nous avait contactés pour prendre le secrétaire dont on voulait se débarrasser - il est arrivé dans un grand pick-up gris avec son ami - il nous a expliqué qu'ils venaient d'acheter une maison de campagne qu'ils cherchaient à meubler - bonne chance, on leur a souhaité en mettant les trois parties du secrétaire sur l'arrière du véhicule. 
statuetteoscar.jpg
La statuette d'Oscar en grand devant un restaurant au Village cet après-midi - l'émission commencera vers 20 heures 30 sur la côte Est

Oui, de toute évidence, on est ici à New-York un peu fasciné par ce qui se passera ce soir à Los-Angeles (où il ne fait pas très beau, on me dit).

Notre petite semaine

| 2 Commentaires
facadearmurerie.jpg
La façade de l'Armurerie dans l'avenue du Parc

Mardi dernier, tandis que le copain accompagnait l'ami bengali à la comédie musicale Yank !, je suis devenu l'esclave de l'ami galeriste au gala de l'Association des marchands d'art américains, qui a eu lieu dans l'Armurerie de l'avenue du Parc. On se demandait surtout si les riches allaient dépenser - et, à notre surprise, ils ont acheté des tableaux ! Et même pour des prix assez élevés - 125.000 $ pour un tableau d'un jeune artiste assez peu connu.

couloircentral.jpg
Couloir central de la foire, avant l'ouverture

Le gardiennage de parents

| 1 Commentaire
pastis.jpg
Le restaurant Pastis dans le quartier des bouches en gros

Hier les parents du copain ont voulu quitter leur quartier de l'Upper East Side et le copain, en fils dévoué, leur a invité à dîner avec nous au restaurant Pastis - on avait réservé pour 18 heures - bon, c'était plutôt un « dinunch » - mais comme toujours, les parents étaient en retard, le restaurant se remplissant chaque minute de groupes de dîneurs jeunes, étrangers, beaux. Enfin, les parents arrivent. On nous conduit à une table au coin - assis à peine deux secondes, le père demande à la serveuse française « un verre de vodka, plein de fruits », c'est-à-dire avec un zeste de citron vert et une olive. Nous commandons une bouteille de Lussac-St-Émilion Château Bonnin Pichon 2005 - un peu sec mais bon. Le père du copain commande un verre de blanc - il ment en disant à la serveuse « Vous voyez, je suis allergique aux tannins dans le vin rouge » - mais il continue à avaler le rouge. Pendant le dessert, il commande un porto. Et c'est moi qui ai payé l'addition, le salaud ! En plus, j'ai eu une petite gueule de bois toute la journée d'aujourd'hui !

fermepourrenovation.jpg
Ce restaurant mexicain dans la rue Gansevoort ayant fermé ses portes, on a recouvert les fenêtres, je ne sais pas trop pourquoi mais je suppose que ça fait chic, d'avis de fermeture pour rénovation en français !

Demain soir, c'est le vernissage gala de l'exposition de l'Association de marchands d'art américaine à l'Armurerie de l'avenue du Parc. L'ami galeriste m'a supplié de l'aider dans son stand - le copain et l'ami bengali (à ma place) vont au théâtre pour voir une nouvelle comédie musicale « gaie » qui s'appelle Yank - deux GIs tombent amoureux l'un de l'autre pendant la Deuxième Guerre mondiale. Moi, par contre, je vais essayer de vendre des tableaux sans grand intérêt à des riches.

Quelques liens

Commentaires récents

  • Philoo : La sculpture de Barcelo avait été exposé au jardin des lire la suite
  • Valérie de Haute Savoie : Ah Edouard j'adore lorsque vous vous racontez sous cet angle. lire la suite
  • Valérie de Haute Savoie : Ma hantise suprême, l'héritage. Moi aussi je vous souhaite plein lire la suite
  • HUB : Bon courage à vous deux. lire la suite
  • alice : Oui bon courage à vous deux... lire la suite
  • Édouard : Oh, Jérôme, comme on dit à Sentier et dans le lire la suite
  • Jérôme : Oh, il va finir par signer après des tas d'histoire lire la suite
  • JLM : Concernant l'appli pour savoir si son fils est gay, j'ai lire la suite
  • Édouard : Merci, Jérôme – notons qu'elle est morte exactement comme elle lire la suite
  • Jérôme : sincères condoléances (ça fait un peu bateau...) Bon courage à lire la suite

octobre 2011

Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          

Me contacter:

edouardleborgne@gmail.com