Célébrités diverses

| 6 Commentaires
latourGE.jpg
La belle tour GE, au milieu du centre Rockefeller

Hier soir on a eu une de ces soirées vraiment profondément new-yorkaises qui nous arrivent de temps en temps. Celle-ci a commencé par une promenade le long de la Cinquième Avenue par un temps frais, mais agréable à partir du bureau du copain.

dansla5eavenue.jpg
Dans la 5e avenue

Notre premier rendez-vous était prévu pour 18 h 30 - un cocktail de militants pour le mariage de personnes du même sexe (faut le faire, non ?) dans un appartement dans l'hôtel St-Regis qui appartient à un couple d'homos plutôt sympas (et de toute évidence très riches) qui habitent principalement à Tuxedo Park avec leurs quatre enfants adoptés. L'appartement new-yorkais n'est qu'un pied-à-terre pour eux, les chançards !
(Avant d'aller au cocktail - on était tôt - on est allé faire une courte visite de la cathédrale St-Patrick, où l'arrière-grand-père du copain avait fait bâtir une jolie chapelle à la mémoire de sa femme décédée, que je n'avais jamais vue.)

cathedralestpatrick.jpg
On va vers l'autel dans la cathérale


chapelleC.jpg
La chapelle payée par l'arrière-grand-père (arrière-arrière-grand-père ?) du copain, qui était riche constructeur de métro à New-York

alleecentralestpatrick.jpg
La nef de la cathédrale

couloirhotelstregis.jpg
Couloir au 11e étage de l'hôtel St-Regis

vuedusalon.jpg
Une vue assez spectaculaire du salon - le Parc Central est au fond, dans le soleil doré de l'après-midi

Le cocktail avait été organisé par ce couple et quelques-uns de leurs amis en faveur du groupe d'action politique FightBackNY, dont le but serait de fournir des fonds à ceux qui feraient campagne contre les sénateurs new-yorkais qui ont voté contre le mariage gay l'année dernière.

lesvedettes.jpg
Notre hôte (de gauche à droite), Mlle Nixon, le chef du comité d'action, David Hyde Pierce, la copine de Mlle Nixon, un inconnu, Alan Cumming

L'actrice Cynthia Nixon, qui joue Miranda dans la série et les films Sex and the City, était là avec son amie, qu'elle avait voulu en vain marier à New-York. Il y avait aussi l'acteur David Hyde Pierce (très connu ici pour avoir joué longtemps le rôle du frère pointilleux de Frasier dans la série télé du même nom) et l'Écossais Alan Cumming, qui fait un tour de cabaret à la boîte de nuit Feinstein's dans l'hôtel Regency. Tout le monde était très enthousiaste, Mlle Nixon a dit tout ce qu'il fallait (on avait apprécié son intelligence lors de la grande marche à Washington en novembre dernier) et en dépit du côté quelque peu saugrenu d'un groupe militant qui se réunit dans un salon dont des boiseries françaises style XVIIIe siècle décorent les murs, je trouve que c'est très bien quand les bourgeois font ce qu'il faut faire pour tout le monde.

cynthianixonparle.jpg
Mlle Nixon explique pourquoi il faut militer pour FightBackNY

theatrepublic.jpg
Le Théatre Public

On a dû quitter cette réunion pour prendre le métro pour aller au Théâtre Public dans la place Astor où l'on allait voir une nouvelle comédie musicale au nom un peu cocasse de Bloody Bloody Andrew Jackson, sur le 7e président des États-Unis.

placeastor.jpg
La belle façade néo-classique de la Colonnade, en face du Théâtre Public

Là, dans le hall d'entrée, on a rencontré un ami de l'ami galeriste, qui nous accompagnait au théâtre, qui lui accompagnait l'ancien militant gay et écrivain Larry Kramer - l'un des fondateurs de Gay Men's Health Crisis au début de la crise de sida dans les années 80 et d'Act Up, le mouvement militant qui a entièrement transformé comment les autorités médicales, ainsi que les sociétés pharmaceutiques, ont réagi en face d'une crise médico-sociale multidimensionnelle. (M. Kramer m'avait dragué dans le passé, sans succès, ainsi que le copain, mais on n'en a pas dit mot hier soir, se serrant les mains avec de gros sourires et des expressions, authentiques, de plaisir de se revoir.)

entreetheatrenewman.jpg
Entrée au Théâtre Newman du complexe du Théâtre Public

La pièce, elle, était moins intéressante - très énergique, elle a offert une version « modernisée » de l'histoire d'Andrew Jackson, transformée en idole rock aux allures de Bush et de McCain - les hommes politiques de Washington étaient joués comme de vieilles folles courtisanes, jeu que le copain a trouvé, et avec raison, gratuitement homophobe. Il y avait des côtés curieux, intéressants - et une belle chanson d'une signification bellement ambiguë à la tombée de rideau (il n'y en avait pas une, en fait, seulement un black-out à la fin).

restaurantindochine.jpg
L'entrée du restaurant Indochine dans la place Astor, dans la Colonnade

On est allé, après la pièce qui n'avait pas d'entracte, dîner au restaurant Indochine qui se trouve en face du théâtre - c'est un restaurant qui est là depuis très longtemps, mais qui vient de se retrouver encore à la mode après une longue période d'oubli mondain. À l'heure où nous y sommes entrés, le copain, l'ami galeriste et l'ami sudiste, il y avait plusieurs grandes tables de jeunes gens beaux, chics et branchés, qui parlaient tous un peu fort, mais il n'y a rien à faire. On a commandé un vin de Provence - un rouge dont je ne me rappelle pas le nom - que l'ami galeriste n'a pas aimé. J'ai rebroussé chemin en choisissant, pour la seconde bouteille, un bordeaux sûr et raisonnable (et pas trop cher), mais quand la serveuse m'en a versé pour le goûter, j'ai découvert que le vin était chaud - non pas « ambiant », mais franchement chaud comme si l'on l'avait chauffé, et je l'ai chuchoté à la serveuse, qui est vite partie avec pour revenir avec une autre bouteille plutôt fraîche - une température correcte, quoi - l'ami galeriste n'y a pas fait attention et il n'a donc pas gueulé, heureusement. Il y avait un couple de Français derrière nous, tous les deux de beaux jeunes hommes, mais on les a chassés, il a paru, pour faire s'asseoir une table de huit personnes, dont l'écrivain Salman Rushdie et trois ou quatre jeunes femmes belles et blondes. J'ai plaisanté qu'il aurait été bien surpris, le Rushdie, si je lui avais balancé une petite bombe en disant « Vous croyiez avoir échappé à notre fatwa, hélas, en dépit de nos airs de vieux garçons bourgeois, américains et homos, on est tous des fanatiques islamistes qui n'attendaient que ce moment pour prendre notre revanche. » Tout d'un coup, d'une table à côté de la nôtre, un jeune Turc barbu se lève pour saluer le copain - il s'agit d'un architecte à la mode pour qui le copain a fait du travail d'ordinateur - il est aussi ami/connaissance (naturellement) de l'ami galeriste et de l'ami sudiste - tout le monde s'embrasse, et voilà, c'est ça, le petit monde de Manhattan.

On rentre chez nous à pied. L'ami galeriste nous dit qu'il vient de revoir un ancien copain qui l'avait laissé pour aller s'installer à Londres où il a eu une sorte de carrière d'acteur. Il est de retour à New-York, et l'ami galeriste a déjà couché avec - moi, je trouve qu'il est toujours acceptable de coucher avec quelqu'un qui t'a quitté, surtout si c'est pour lui montrer combien il ou elle a eu tort de te laisser tomber. Le copain, lui, pense que c'est plutôt idiot de recommencer, même pour des raisons de revanche tout à fait compréhensibles, un amour périmé. L'ami galeriste ne sait toujours pas quand il va ouvrir la maison d'été au bord de la mer. Pour nous, c'est le 14 mai où nous passerons notre première nuit dans la maison.

Demain j'espère vous régaler avec une sélection de photos de la pose de moquette, qui vient de terminer. Que c'est beau !

6 Commentaires

Oh oui, Edouard, regalez nous avec la moquette, plutot que de faire du name-dropping qui va attirer Google et les amateurs de ragots!

Ah, vous savez, Nicolas, je suis vraiment vieux plouc quand il est question de name-dropping (et a fortiori pour attirer les gens vers ce pauvre coin par Google) – moi je suis toujours très star-struck et cela m'amuse quand par hasard je quitte pour quelques heures les confins en somme assez restreints de mon petit monde à moi pour voir comment font les autres dans ce qu'on appelle le grand monde, ou le monde des grands, si vous voulez. Je les regarde, ces « celebs » avec un mélange de merveille et d'incompréhension; comme au zoo, effectivement. Et avec un plaisir semblable, en effet.

En plus, la pose de moquette, c'est structuraliste, comme du Derrida – ça ne plaît souvent qu'aux initiés ;-)

Quelle soirée !

Le vin de Provence n'est pas le meilleur en effet, oui un bordeaux c'est plus sûr et plus raisonnable...!
Que de célébrités en une seule soirée !

Le copain a raison (ou mieux dit: je suis d'accord avec lui), remuer le passé ne sert à rien et je doute que, contrairement aux ragoûts, le réchauffé soit meilleur... on parie que votre ami va s'en sortir avec des aigreurs et des fâcheries supplémentaires?

Comme Jérôme et le copain, je crois que l'on est en général déçu, parfois même très déçu. Et je préfère garder mes souvenirs embellis par le temps.

Laisser un commentaire


Quelques liens

Commentaires récents

  • Valérie de Haute Savoie : Comme Jérôme et le copain, je crois que l'on est lire la suite
  • Jérôme : Le copain a raison (ou mieux dit: je suis d'accord lire la suite
  • La Bordelaise : Le vin de Provence n'est pas le meilleur en effet, lire la suite
  • frédérique : Quelle soirée ! lire la suite
  • Édouard : Ah, vous savez, Nicolas, je suis vraiment vieux plouc quand lire la suite
  • Nicolas : Oh oui, Edouard, regalez nous avec la moquette, plutot que lire la suite

septembre 2011

Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  

Me contacter:

edouardleborgne@gmail.com