Archives juin 2010

Et l'on n'est même pas allé à la marche dimanche après-midi ! Eh oui, pour la première fois depuis des lustres, on a raté la marche des Fiertés, choisissant de rester aux Pins dans un brouillard plutôt chaud avec deux des trois amis qui sont restés avec nous, dont un Argentin avec qui j'ai regardé le match Mexique-Argentine dimanche.

Samedi je me sentais plutôt mal, la cause étant la consommation d'une boisson de rhum trop sucrée (et bien forte) suivie de beaucoup de vin rouge italien - un mélange à ne pas répéter, c'est certain - mais le copain m'avait fixé rendez-vous avec un jeune masseur au nom de Jason et par politesse surtout je n'ai pas voulu le manquer. Donc je me suis trouvé dans la position un peu étrange d'être allongé tout nu, une serviette drapée sur mes fesses, sur une table de massage pliante au milieu de la véranda pendant que les invités arrivaient et se déplaçaient, le masseur, torse nu (et très bien bâti, je dois l'avouer) me pulvérisant le dos et les épaules (au début). C'était vraiment une scène de comédie des années 40 ! Le beau masseur me parlait yoga, système lymphatique (si, si !), irrigation colonique ( !), l'importance de la prière dans le cortex moteur primaire - il paraîtrait que mettre ensemble les mains dans la position traditionnelle de prière agite les neurones d'une manière particulière - enfin, des tas de choses insolites, tout en manipulant ma chair et mes articulations.

Samedi soir on est allé aux thés moyen et haut, ainsi qu'à la Gorgée et la Pirouette, où un jeune ami de l'ami galeriste s'est approché de l'amie qui était avec nous en lui disant « Ah, finalement une femme ! J'adore les seins ! » Elle, qui a la poitrine plutôt ample, lui a répondu en souriant « Allez-y, faites comme chez vous ! » et il l'a embrassée avec ferveur - comme il s'agissait d'un coiffeur tout à fait cuit, on ne s'est pas trop inquiété pour l'honneur de notre amie mariée (et avec deux enfants ados).

C'est drôle, les femmes se plaisent aux Pins souvent mieux et plus facilement que les homos âgés. Pour les femmes, elles se sentent presque libérées de l'obligation de « faire femme » - elles deviennent observatrices et quasi-invisibles - pour celles qui ne se sentent pas vedettes, cela peut être assez agréable.

Ça fait quelques jours maintenant que j'ai le nouveau iPhone 4G - bof ! cela ne m'a pas changé la vie, comme je l'aurais espéré. Je n'ai mais aucune envie de parler en vidéoconférence avec un autre détenteur d'iPhone 4G - je ne veux pas qu'on voie mes cheveux gris et mal coupés, ce gros bouton rouge, mes yeux cernés, mes rides ! Et comme je suis gaucher, il y a aussi le problème avec l'antenne - ça coupe les appels si l'on tient l'appareil d'une manière particulière.

Où il faut partager

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C'est le problème des ex - eh bien, l'un des problèmes - où va-t-on les mettre quand il y a plus d'invités que de chambres à coucher ? C'est ce problème-là auquel il va falloir faire face ce week-end, mais remarquez, j'ai écrit « chambres » et non pas « lits ». Car en effet, il y a assez de lits, surtout quand vous vous rendez compte qu'un lit « de roi » mesure 182 x 213 cm, soit deux lits simples qu'on a mis ensemble, et c'est ce qu'on a dans l'une des deux chambres d'invités - dans l'autre, il s'agit d'un lit « de reine », c'est-à-dire un lit matrimonial (si vous voulez) qui mesure 158 cm de largeur par 203 cm de longueur. Donc c'est confortable pour deux, mais il vaut mieux qu'on se connaisse un peu d'abord. Mais dans le cas de nos ex, il s'agit de deux hommes qui ont fait un couple il y a des années et qui, après une rupture aussi pénible que dramatique provoquée par un jeune Cubain sexuellement obsédé et par ailleurs tout à fait dingue, sont redevenus les meilleurs copains du monde (mais cette fois sans, hum, bénéfices, ou je le crois !). Peuvent-ils coucher dans la même chambre, et dans le même lit, quoiqu'il soit énorme ? On verra ! (Pour la femme, il n'y a aucune discussion - elle aura sa chambre à elle - oui, c'est sexiste, mais c'est comme ça !)

Il fait fantastiquement beau ce matin - frais, ensoleillé et peu humide. Les oiseaux m'ont réveillé vers quatre heures et demie, mais j'ai réussi à me rendormir, avec l'aide d'un masque Air France, puisque notre chambre a beaucoup de fenêtres qui n'ont pourtant aucun rideau. Le premier invité, l'un des ex, arrive vers midi - le copain et l'amie philadelphienne ne seront ici que dans l'après-midi. L'autre ex viendra samedi matin.

Insomnies

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La jeune narratrice de No et moi remarque que « l'insomnie est la face sombre de l'imagination » - pourtant, hier soir, je n'ai éprouvé rien de tracassant, sinon de perdre à Civilization IV contre l'empire persan de Cyrus, qui avait réussi une victoire par score. Je me suis couché vers minuit et j'ai lu, comme d'habitude, quelques pages dans No et moi, mon livre de chevet actuel, avant d'éteindre la lumière - le copain, recouvert dans le duvet contre le froid de la climatisation, ronflait doucement, ce qui m'énerve surtout quand j'ai du mal à dormir. J'avais le sinus droit bouché - le médecin m'a dit qu'il s'agit surtout d'une réaction allergique qu'on développe avec l'âge - encore une raison de pas vieillir ! Mais à part ça, rien de particulier. J'écoutais le ronronnement du climatiseur, bruit qui m'est comme une berceuse, mais je ne m'endormais pas. Le drap était trop léger - il m'aurait fallu une couverture plus lourde, en coton, peut-être. Je suis resté là, allongé sur le lit, à me souvenir des cartons que j'ai toujours à ouvrir dans le salon, des cartons pleins de livres pour lesquels on n'a plus de place dans les bibliothèques. Qu'est-ce que je vais faire avec ces anciennes cartes routières de France et d'Italie - elles me rappellent les voyages qu'on y a faits mais ne servent sans doute plus à rien ? Vers trois heures et demie je me suis levé pour chercher un Tylenol PM - un peu tard, je sais, mais mieux vaut tard que jamais (vrai ou faux, c'est ce que je me suis dit).

Vers cinq heures et demie j'ai remarqué le gris du matin à travers le store baissé - j'ai maudit le réveil et puis je me suis réveillé vers sept heures dix. Une heure et demie de sommeil, ce n'est pas beaucoup, mais je me lève parce que j'ai une séance d'entraînement avec mon moniteur James que je ne veux pas manquer. Un grand bol de café au lait devant l'ordinateur, il fait déjà huit heures.

Mes exercices terminés, pour le meilleur ou pour le pire, j'ai pris le train à destination de Sayville (il paraît qu'il n'y a jamais eu de famille Say parmi les premiers habitants, et que le nom ne serait pas une anglicisation de la ville espagnole de Séville, donc on pourrait le franciser en Ditesbourg ou quelque chose comme ça, non ?) Jeudi il y a nettement moins de monde et ceux qui descendent à Ditesbourg sont définitivement plus vieux vieux pour la plupart (moi, par contre, je suis normal vieux, vous voyez ce que je veux dire). Il y a aussi, j'ai remarqué, un certain laisser aller dans les horaires, par ces jours disons creux - on était censé quitter le quai à 15 h 30 précises, mais on est parti avec sept minutes de retard ! Il y avait, assis derrière moi, un jeune hispanique très beau, le corps d'Adonis musclé couvert de tatouages compliqués et en écritures diverses, dont l'hébreu et le chinois, qui parlait au portable avec son « agent » - il devait être mannequin - à propos d'un article dans un magazine. Parfaitement clair et logique.

Ici c'est le royaume des animaux - j'ai failli caresser une biche qui flânait sur les planches devant l'entrée de la maison - ça ne lui a pas fait peur du tout ! Et puis, cet après-midi, c'est un écureuil qui s'amuse à lancer des pommes de pin sur la terrasse - ça fait un bruit comme l'éclatement d'une petite bombe.

C'est à peine 19 h 20 et j'ai déjà dîné - une énorme salade plus ou moins niçoise, sans les pommes de terre et les haricots verts (pas envie de les cuire), avec de l'avocat, des cœurs de palmiers et d'artichauts, de belles tomates mûres, un oignon, du thon, des anchois, et des œufs durs. Avec, en dessert, de douces pêches blanches.

Ah, la la, les arroseurs ont commencé ! En principe, ça arrose le matin (les propriétaires ont installé ce système d'arroseurs quand je leur avais dit que je n'était point du tout jardinier). Je pense que je vais me coucher.

Demain le copain m'apporte mon nouveau téléphone portable, un iPhone 4G qu'on a livré à son bureau ce matin - il va le personnaliser ce soir avec l'ordinateur chez nous et je l'aurai demain après-midi. Un nouveau jouet, youpi ! (Lui, il va s'acheter un Droid, je crois, afin de pouvoir le tester.)

En attendant le week-end

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C'est le week-end de la Fierté gaie qui s'annonce bientôt - cette fois je crois qu'on restera aux Pins au lieu d'assister à la Marche, abrégée cette année par ordre du maire, qui ne veut plus payer les heures supplémentaires pour les flics (ce n'est pas une mesure antigaie, on a aussi raccourci la Marche portoricaine du 13 juin pour les mêmes raisons.) L'activité préférée du copain pendant cette semaine de fêtes homos serait la course à pied de samedi matin qui a lieu dans le Parc central, mais il courra sur la plage cette année.

On a deux amis qui vont, on l'espère, nous rejoindre pour le week-end - un ami promoteur immobilier et un coiffeur vedette qui rentre aujourd'hui d'un séjour à Milan avec son amie Donatella - oui, la même ! Il souffrirait d'une bronchite, donc il n'est pas certain de pouvoir venir, donc on verra. On aura aussi la visite d'une amie de Philadelphie qui aimerait, selon elle, échapper à la vie de famille au moins pour quelques jours (elle a deux fils et un mari charmant) - je la connais depuis des lustres et l'on ne se voit pas assez. (C'est vraiment ça, le plaisir d'avoir une maison agréable au bord de la mer, c'est de pouvoir accueillir les amis !)

L'avocat anglais passera à son tour pendant la fête du 4 juillet, quand on l'obligera à nous accompagner à la BayDance l'après-midi du 3 juillet. On dansera jusqu'au grand feu d'artifice qu'on montera à partir d'une barge dans la Baie.

On vient de nous aviser d'un tremblement de terre aux environs de Toronto qu'on a ressenti ici et aux Hamptons. (Ici on fait des travaux de voirie assez bruyants et secouants devant chez nous donc je n'ai rien remarqué du tout.)

Le coucher de soleil

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On regarde le coucher de soleil du quai à l'entrée du port des Pins

Fatigue et dépression - ces deux états d'âme m'ont un peu ôté le désir de rédiger un billet plein d'esprit, de sagesse politique, de sentiments élevés, et tout - je dors plutôt mal, et puis les dernières infos continuent à me donner encore plus de sommeil - le sommeil des impuissants, si vous voulez - la Cour suprême vient de prendre une décision contre la liberté d'expression à propos d'organisations dites « terroristes » - mais qu'est-ce qui décide sur le caractère « terroriste » de telle ou telle association ? Le gouvernement, bien sûr, qui aurait quelquefois des raisons bien particulières à déclarer « terroriste » un groupe qui lui déplaît en quelque sorte (à quand la déclaration de « terrorisme » contre Wikileaks, par exemple ?) La Cour n'est qu'un outil de plus aux mains de la conspiration de la droite inaugurée par Bush et soutenue par tout un tas de gens qui ont toujours du pouvoir. Obama ne dit rien. Il continue à envoyer des gens aux prisons secrètes, c'est évidemment plus commode que de les entendre dans nos tribunaux, où ils pourraient dire quelque chose de désagréable.

Pour ne pas parler de l'affaire McChrystal qui se déroule en ce moment.

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C'est plus agréable de regarder le soleil que de suivre l'actualité

Mise à jour : 
Ce billet chez Naked Capitalism pose cette question à propos de certaines décisions de la Cour suprême : Is the U.S. a Fascist Police State ? La réponse n'est pas rassurante du tout.

La Coupe du Monde

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La Coupe du Monde a ses fans même ici - voici quelques preuves vues hier dans le Village.

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On se saoule suivant les buts

Plus ça change...

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(J'ai de grands ennuis aujourd'hui avec mon hébergeur GoDaddy et le logiciel MovableType, ou peut-être s'agit-il d'une combinaison maléfique des deux ? Qui sait ? Mais je m'excuse pour la piètre qualité physique de ce blog, pour ne dire mot de sa qualité intellectuelle misérable.)
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Miss McHugh et son bassiste - elle est amie de l'ami producteur de télé

Jeudi soir on a fêté l'anniversaire d'une grande icône gaie, Judy Garland, née le 10 juin 1922, en allant assister à un show de cabaret dédié à la mémoire de la célèbre chanteuse. Il s'agissait d'une heure de chansons et de comédie par la chanteuse Colleen McHugh sur la petite scène (70 places seulement) du bar Duplex qui fait l'angle de la 7e avenue et de la rue Christophe, donc à deux pas de chez nous. La soirée a commencé à 21 h 30 et a continué jusqu'à 23 heures - on a beaucoup ri et applaudi.

Ce week-end aux Pins, pour une fois, c'était le silence absolu qui serait le trait le plus frappant. Quelques oiseaux, un écureuil, des pas contre les planches de bois des chemins. Pas de musique, pas de cris d'hilarité alcoolique. C'était peut-être à cause du temps, qui a été plutôt grisâtre et pas du tout chaud.

Mauvaise humeur

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Mon rhume s'aggrave, ainsi que mon humeur. Il fait gris dans mon cœur comme il fait gris dehors. « Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ? » Non, arrête, c'est trop bête de pasticher Verlaine ! J'ai le nez qui coule en même temps qu'il est tout à fait congestionné, ça me semble quand même assez injuste.

Pour le reste, M. Obama m'énerve de plus en plus avec sa grande passivité (complaisance ?) envers les criminels d'hier et d'aujourd'hui. M. George W. Bush admet qu'il a ordonné la torture de Khalid Sheik Mohammed par la planche à eau - c'est un crime de guerre reconnu, mais on n'a toujours pas arrêté M. Bush. Dans un article paru dans le magazine Mother Jones, on accuse les médecins dans l'emploi de la CIA d'avoir participé à des expériences médicales pratiquées sur des détenus - on cherchait à savoir l'efficacité de certaines techniques d'« interrogation renforcée ». Oui, oui, c'est du Mengele, tout à fait. Même le New York Times en parle, dans son éditorial d'hier. Mais selon Obama, il faut regarder en avant, et non pas en arrière. Donc, on ne poursuivra pas les criminels, même ceux qui ont déclaré leur culpabilité. Quelle honte !

On dit qu'un éventuel procès intenté contre Bush, Cheney et toute la bande pour crimes de guerre signalerait le début d'une nouvelle guerre civile. C'est possible. On dit que Lincoln et ses alliés nordistes ont décidé de ne pas poursuivre les dirigeants de la Confédération sécessionniste surtout pour des raisons politiques : si l'on avait conclu qu'ils étaient coupables (de trahison, par exemple), on en aurait fait peut-être des martyres. Et si on les avait déclarés non coupables, cela aurait causé des ennuis au gouvernement nordiste. Donc, pour ces mêmes raisons, on peut présumer que le président Obama n'a aucune envie d'ouvrir les hostilités en poursuivant Bush et coll. pour crimes de guerre ou pour crimes contre l'humanité. Mais c'est dommage, parce que, à la longue, ça va nuire à l'état, et surtout à sa fondation, où la liberté et l'égalité sont les piliers. Si certains peuvent agir ouvertement d'une manière criminelle sans craindre aucune réponse légale, comment expliquer aux autres qu'on envoie en prison pourquoi ils sont traités différemment ?
À vrai dire, la catastrophe pétrolière dans le golfe du Mexique ne me trouble que quand je vois des animaux qui meurent couverts de pétrole. Est-on vraiment surpris par l'inattention de la société BP envers les règles qu'il fallait suivre ? Est-on vraiment étonné par la « connivence » qu'on a découverte entre les sociétés pétrolières et les gens chargés de les contrôler ? Big business ne dit jamais la vérité, surtout si cette vérité nuirait au profit, et je trouve qu'il est bête de faire semblant d'être choqué d'apprendre que ces hommes d'affaires aient ignoré la réglementation officielle du secteur. Et les pêcheurs aussi, et toutes ces braves gens de la Louisiane et de l'Alabama - ils ont pour la plupart voté républicain et les républicains ont toujours soutenu l'industrie pétrolière dans tous ses excès, y compris le forage en mer, et ils ont dû savoir qu'un jour ou un autre, il y aurait un accident grave qui pourrait nuire à leurs côtes et à leurs modes de vie. Mais ils ont décidé eux-mêmes de profiter des largesses des sociétés pétrolières. Et ils se disent « déçus » ou « troublés » ou « surpris » par ce qui s'est passé ? Tu parles !

Passé et présent

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La réception de signature de livre qui a eu lieu chez l'antiquaire John Rosselli dans la 61e rue est

Le copain et moi, nous sommes allés hier soir à une signature d'un livre écrit par la femme d'un de mes anciens patrons. (C'est pour cela que je suis rentré de l'île de Feu, en fait.) Un certain beau monde new-yorkais y était. J'ai vu ses deux filles - devenues des femmes très élégantes, et sa veuve. J'ai acheté le livre et elle me l'a signé, très gentiment.

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L'auteure qui signe

Ce matin j'ai la tête toute congestionnée - un petit rhume d'été, sans doute. Le copain insiste que je devrais aller voir le médecin, mais je lui réponds que c'est à cause de cette attitude frivole que l'état des soins de santé est si grave ces jours-ci. On n'embête pas le médecin pour un rhume, voyons ! Surtout quand on sait d'avance qu'il n'y a rien à faire, sauf attendre (et boire beaucoup d'eau).

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Est-ce peut-être une espèce d'écureuil locale ?


Il est toujours ainsi, n'est-ce pas ? - on quitte l'île de Feu par un temps splendide et la pluie, le froid et les cieux couverts retourneront dès notre retour le vendredi après-midi. Oh, qu'est-ce que j'ai mal dormi hier soir - le copain en est heureux, il dit que c'est parce qu'il me manque et c'est vrai que je ne me suis pas encore tout à fait habitué aux bruits que fait la maison - il m'est arrivé, je l'avoue, d'ouvrir les yeux en entendant un son qu'on ne reconnaît pas tout de suite et de me demander « Est-ce encore un petit écureuil gris qui court sur le toit (l'explication la plus probable) ou est-ce un démon mi-humain mi-bête qui va bientôt casser la fenêtre pour rentrer dans la chambre et m'égorger lentement et péniblement (au fond je me rends bien compte que ce scénario-là serait peu probable, mais il y a toujours une petite voix qui crie : On ne sait jamais ! Et c'est pour cela que j'ai du mal à regarder les films d'horreur, auxquels je suis trop susceptible !) » Et puis il fait plutôt clair dans la chambre - il n'y a pas de rideaux - et j'ai tendance à me réveiller dès que je sens la lumière du matin. (C'est pourquoi la chambre à coucher à Manhattan ressemble à un sarcophage fermé - avec climatisation !)


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« Look, Mommy, what I found in the garden. Isn't she cute? »


Il a fallu faire un peu de ménage avant de partir - plier le linge, par exemple, et essuyer les comptoirs de cuisine, et puis sortir la poubelle et les déchets recyclables. J'ai ramassé les feuilles éparpillées du Times de dimanche pour les ranger dans la petite caisse à côté de la cheminée.

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Le sommeil du juste


Bon, tout le monde est parti, y compris le copain, qui a rejoint nos amis sur le ferry de départ de 16 h 50 pour rentrer à New-York et le silence est redevenu roi de la maison, où l'on n'entend que le bruit distant des vagues et celui plus proche venant de ma bouche où je mâche des tranches de pain aux olives enduites d'une confiture presque noire de conserves de fruits sauvages - non, je ne suis pas enceint, mais j'ai eu une envie folle de manger du sucré avec du salé. Plus tard je dînerai, je crois, avec l'ami galeriste.


Il n'a pas fait trop beau aujourd'hui, mais on s'est installé quand même sur la plage, en dépit d'un vent de cyclone qui la balayait, mais pour une demi-heure seulement, avant de rentrer à la maison et de nous mettre dans le hot-tub, où il faisait nettement mieux.


On a fêté un peu dur hier soir - le copain ne s'est même pas déshabillé, s'allongeant sur le lit dans une pose de gisant médiéval (sans sceptre, il faut noter), ce qui a rendu le lit facile à refaire le lendemain, c'est vrai. J'ai dû seulement enlever ses lunettes.


J'ai commencé ma traduction de La Dame aux camélias.

Le brouillard épais qui couvrait l'île s'évanouit peu à peu sous un soleil inattendu - le copain fait sa course à pied matinale le long de la plage en écoutant ses podcasts favoris (Democracy Now et On the Media), après laquelle il se rendra au gymnase qui se trouve à présent coincé derrière l'Hôtel Ciel (en français dans l'original) pour parfaire ses muscles. Moi, nettement moins énergique les matins que le copain, qui a, il faut l'admettre, un côté maso-pénitentiel que j'attribue à son éducation catholique, je préfère boire mon café au lait calmement, en surfant le web, où je découvre que les Israéliens ont saisi le Rachel-Corrie, comme prévu, au large de la bande de Gaza, et que le pétrole continue à se déverser dans le golfe du Mexique de la plate-forme BP. On est surtout révolté par les photos des animaux qui en meurent - c'est à rendre malade.

Moi, je me suis donné un petit boulot - je bavardais avec un ami au thé bas hier soir et il m'a dit qu'à l'époque où il se croyait encore hétéro, il aimait s'imaginer en baron de Varville (c'est fou ce que font les gens, même au Tennessee, vous vous rendez compte !) Je lui ai dit que j'avais été impressionné par la force et par la logique du point de vue de Marguerite dans la pièce de Dumas fils et que son langage m'avait paru très moderne, ce qui m'avait donné un peu l'envie d'essayer de traduire la pièce en anglais contemporain (pas question d'en faire une nouvelle Camille). « Oh, il faut le faire ! » il me dit, « et on la montera plus tard dans la saison. » C'est une idée marrante - mais qui va lire le rôle de Marguerite ? Je vais commencer ce matin.

Nos amis arrivent en principe sur le ferry de 12 h 50 - je leur demanderai ce qu'ils voudraient manger ce soir et puis j'irai l'acheter - c'est plutôt fatigant, je trouve, qu'ils s'arrangent pour arriver en plein milieu des meilleures heures de bronzage, mais je sais d'expérience que les architectes ne s'intéressent que rarement, et sous pression, aux considérations pratiques. Moi, j'irai au gymnase dans l'après-midi, quand il n'y aura personne - je ne vais pas pouvoir tarder puisqu'on a invité des gens à venir prendre un apéro chez nous avant d'aller aux divers thés. Comme dit Marguerite « Ce qui me soutient, c'est la vie fiévreuse que je mène. »
Bon, je viens d'arriver aux Pins et j'ai envie d'essayer de publier un billet à partir de chez nous - je ne sais pas si cela va marcher, en effet, mais on verra bientôt, évidemment.

Il fait chaud - presque 30° - et l'on prévoit des orages ce soir. Demain on a quatre invités qui vont nous rejoindre - on n'est pas des hôtes très doués, le copain et moi, il faut l'avouer. On vous donne un lit et un oreiller sur lequel vous pouvez dormir mais pour le reste - manger, vous divertir, etc - on vous laisse vous débrouiller, à l'exception du repas du soir, qu'on organise et qu'on prépare, avec ou sans collaboration de la part des invités. Mais bon, pour certains, le style de la maison, c'est trop flou, trop indécis, certains s'attendent à suivre un ordre du jour prédéterminé, ce qui est bête surtout quand il n'y en a pas ! C'est pour cela que le copain a rédigé cet avis utile aux invités pour les prévenir de la réception qu'ils pourront attendre chez nous - que j'ai un peu « clarifié », c'est vrai - et que je vous donne ici, dans l'original anglais.

Welcome!

So you are visiting [le copain] and Édouard in the Pines. Since they have no special talents at being hosts, what follows are a few recommendations which may help make your stay a pleasant one.

First of all, please make full use of the house, kitchen, hot-tub, whatever. Help yourself to what ever you need - except for Édouard's t-shirts, since a few of them are, he says, "lucky" for him and you will not know which ones (no one does) and he gets quite cranky if he can't wear the lucky t-shirt the moment (apparently) calls for. You might want avoid his shorts and his weird pills and dietary supplements, too, but that's up to you. But apart from this, su casa es tu casa, or however it goes.

[Le copain] and Édouard eat basically anything - from Iranian caviare to stale McDonalds fare, so you cannot assume they will have any awareness at all of your or anyone else's food expectations or requirements. Therefore, you must explicitly advise them of any dietary restrictions or noteworthy dislikes of common food (eg, they eat boudin noir rarely, so you're rather safe at that level) in order that they can accommodate you.

[Le copain] and Édouard enjoy large, rather drunken dinners after "tea", so you can expect that. What's served is usually edible, and even if not, one is generally so pickled one doesn't care so much.

Breakfast is free-form, unless some plan has been formulated earlier, when for instance someone was shopping at the Pantry and said "Let's have omelettes tomorrow!" or something. Usually in the fridge there are eggs, English muffins, bread for toast, jams, cereals, oatmeal, etc. Help yourself, and do let [le copain] or Édouard know if you have any special requests and they will do what they can to satisfy them.

Luncheon is entirely informal and at your whim - you may decide to eat in town, or in the Grove, or fix a sandwich at the house - whatever you like.

Enjoy your visit!

J'entends la musique de Chorus Line qui vient d'une maison voisine et le bruit d'un bateau à moteur dans la baie. Je vais accueillir le copain qui arrive à bord le ferry de 17 h 30 - c'est trop gai, non ?
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Les clubmen et clubwomen du Century, qui connaissaient les paroles !

Encore une semaine chargée - le lundi dernier on avait été invités à assister à un petit concert de musique de cabaret française au club Century - une drôle de soirée vraiment, passée à entendre deux chanteurs plus ou moins amateurs, dont un ténor et une soprano à une énorme poitrine, et un pianiste, qui ont chanté des « tubes » de Charles Trenet et de Joséphine Baker, tout en mangeant des salades et des fromages avec du bordeaux médiocre (selon le vieux serveur, français, qui s'appelait Louis).

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Devant l'opéra Métropolitain, où l'American Ballet Theatre a sa saison de printemps

Le mardi on est allé, avec l'ami galeriste et son amie, l'historienne de l'art, à la première américaine (je crois) du ballet La Dame aux camélias créé par le chorégraphe John Neumeier et présenté par l'American Ballet Theatre à l'opéra Métropolitain (on l'a vu au Palais Garnier cet hiver). Le danseur italien magnifique (dans tous les sens) Roberto Bolle a dansé le rôle d'Armand. On est allé dîner ensuite au restaurant Pastis au Village, où il y avait plein de monde malgré l'heure.

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M. Roberto Bolle, danseur avec l'American Ballet Theatre


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