En attendant les bar... euh, les invités

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Le brouillard épais qui couvrait l'île s'évanouit peu à peu sous un soleil inattendu - le copain fait sa course à pied matinale le long de la plage en écoutant ses podcasts favoris (Democracy Now et On the Media), après laquelle il se rendra au gymnase qui se trouve à présent coincé derrière l'Hôtel Ciel (en français dans l'original) pour parfaire ses muscles. Moi, nettement moins énergique les matins que le copain, qui a, il faut l'admettre, un côté maso-pénitentiel que j'attribue à son éducation catholique, je préfère boire mon café au lait calmement, en surfant le web, où je découvre que les Israéliens ont saisi le Rachel-Corrie, comme prévu, au large de la bande de Gaza, et que le pétrole continue à se déverser dans le golfe du Mexique de la plate-forme BP. On est surtout révolté par les photos des animaux qui en meurent - c'est à rendre malade.

Moi, je me suis donné un petit boulot - je bavardais avec un ami au thé bas hier soir et il m'a dit qu'à l'époque où il se croyait encore hétéro, il aimait s'imaginer en baron de Varville (c'est fou ce que font les gens, même au Tennessee, vous vous rendez compte !) Je lui ai dit que j'avais été impressionné par la force et par la logique du point de vue de Marguerite dans la pièce de Dumas fils et que son langage m'avait paru très moderne, ce qui m'avait donné un peu l'envie d'essayer de traduire la pièce en anglais contemporain (pas question d'en faire une nouvelle Camille). « Oh, il faut le faire ! » il me dit, « et on la montera plus tard dans la saison. » C'est une idée marrante - mais qui va lire le rôle de Marguerite ? Je vais commencer ce matin.

Nos amis arrivent en principe sur le ferry de 12 h 50 - je leur demanderai ce qu'ils voudraient manger ce soir et puis j'irai l'acheter - c'est plutôt fatigant, je trouve, qu'ils s'arrangent pour arriver en plein milieu des meilleures heures de bronzage, mais je sais d'expérience que les architectes ne s'intéressent que rarement, et sous pression, aux considérations pratiques. Moi, j'irai au gymnase dans l'après-midi, quand il n'y aura personne - je ne vais pas pouvoir tarder puisqu'on a invité des gens à venir prendre un apéro chez nous avant d'aller aux divers thés. Comme dit Marguerite « Ce qui me soutient, c'est la vie fiévreuse que je mène. »

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Mais c'est cette vie fiévreuse qui vous permet de rester jeune Edouard! Vous avez malheureusement raison pour les archis... Ce serait sympa d'avoir en podcast des extraits de la lecture de votre travail. Au fait, je trouve très bien le message de bienvenu pour vos hôtes.

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