Archives août 2010

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M. Ken Mehlman faisant son boulot pour les républicains

L'ancien président du Comité national républicain Ken Mehlman a finalement avoué en public ce que tout Washington savait depuis des années (et que le comédien Bill Maher avait prononcé sur l'émission de Larry King chez CNN en 2006 - remarque censurée ensuite par la chaîne et par les journaux, comme le New York Times, qui en avaient parlé.) Le carnetier Joe de Joe.My.God a dressé une liste assez impressionnante des « crimes » de M. Mehlman contre les gais et les lesbiennes en forme de billets de blogue. Parmi les commentaires laissés chez Joe sont ceux-ci : Mehlman can start showing his accountablity by taking a dose of shotgun mouthwash for all I care, et Go back to your loving homophobes from whom you made millions, you piece of fucking shit.



On l'appelle le nouveau Roy Cohn, joué par Al Pacino dans le film Les anges en Amérique, et le nouveau Quisling. M. Cohn est mort de Sida le 2 août 1986 à Bethesda, dans le Maryland. M. Quisling a été fusillé le 24 octobre 1945 à Oslo.

En France, le maréchal Pétain a été condamné à la peine de mort, que le général de Gaulle a commuée en prison à perpétuité. Pierre Laval a été fusillé le 15 octobre 1945, à Fresnes.

M. Mehlman habite un grand appartement, pour lequel il a payé 3.7 millions de dollars, dans le quartier supergay de Chelsea, à New-York, où il travaille comme partenaire pour une célèbre firme d'investissement privée, Kohlberg Kravis Roberts. Il profite donc de ses anciennes relations politiques pour avoir un boulot qui lui fait gagner beaucoup d'argent ainsi que de l'ouverture d'esprit de la plupart des New-Yorkais, pour qui être gai n'est ni un péché ni un crime - en dépit des efforts, appuyés ouvertement par M. Mehlman, pour les criminaliser afin d'encourager les gens à voter pour des candidats républicains. On pourrait assumer que certaines personnes gaies ont souffert à cause de ses efforts politiques. Si l'on peut prononcer la peine de mort contre le citoyen américain Anwar al-Awaki sans passer par les tribunaux, pourrait-on moralement condamner M. Mehlman, tout comme MM Quisling et Laval, à une peine pareille, exécutée, comme l'ont fait les Israéliens en 1961 dans le cas d'Eichmann, d'une manière un peu irrégulière (c'est-à-dire, sans extradition légale de l'Argentine, tec) ? Si l'on les laisse faire sans punition, ne serait-ce pas une tentation ouverte à d'autres d'agir d'une façon similaire dans l'avenir ? Donc la question reste : comment traiter les traîtres ?

Grognement indistinct

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Il fait toujours gris et mouillé ici - le voisin allemand a dû faire venir ses parents de l'Allemagne - le père, qui marche à l'aide d'une canne, m'a dit hier, quand on s'est croisé en chemin, « C'est comme ceci, l'été sur l'île ? », avec un sourire ironique. « Il faut attendre jusqu'à jeudi » je lui ai répondu, ayant regardé la météo chez wunderground.com. Ce matin je le vois là, en train de faire ses exercices de gymnastique à côté de la piscine, ce qui fait très Leni Riefenstahl, vous vous en douterez.

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Les Allemands ont l'habitude de faire du sport, n'est-ce pas ?

Ça fait plus de deux semaines que je ne suis pas rentré à New-York. Je me sens en quelque sort isolé du monde réel. Lundi un type m'a interpellé quand je rentrais du marché en me disant « As-tu entendu parler de la pagaille qu'on a eue aujourd'hui chez le LIRR ? » « Non, » je lui ai répondu. ll y a eu lundi après-midi une énorme panne chez le chemin de fer de l'île Longue à cause d'un incendie dans une tour de contrôle qui a brûlé du matériel qui date de 1913 ! On veut bien se payer de grosses guerres inutiles (inutiles pour nous, citoyens ordinaires, mais pas pour Halliburton et les autres grandes sociétés dévouées à la guerre, bien sûr) au Moyen-Orient mais on oublie de moderniser notre propre équipement ferroviaire ou industriel.

(Je suis toujours incapable de « développer » mes photos ; je m'excuse donc pour le look banal, même ennuyeux, de ces derniers billets.)
Vers six heures du matin j'ai été réveillé par le bruit d'une forte pluie contre le toit - on était rentré de La Cerisaie vers deux heures et demie du matin, après avoir assisté, accompagnés de l'ami bengali et de son copain l'oncologue, au spectacle de Shequida, qui a déclaré le copain, à cause d'une demande bruyante (et un peu saoule) de sa part pour une chanson de Brittany Spears, « un petit Hitler » en lui cognant la tête avec son micro. Il y avait moins de monde que d'habitude à cause du mauvais temps. Le copain passe la journée à rattraper la série True Blood sur HBO - on a fait quand même une pause-gymnase de deux heures avant qu'il ne retourne au canapé pour continuer son écoute de télévision - il s'est enroulé dans une couverture de chenille puisqu'il aurait froid. On ne va pas sortir ce soir. On espère voir le soleil demain ou après-demain.

L'été s'en va

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Une pluie chaude, lente, composée de grandes gouttes qui frappent le toit comme des cônes de pin, est arrivée depuis peu - les arbres bougent, c'est un vrai bruit d'automne. On vient de rentrer de la plage, où nous avons fait courir le chien sur le sable à la poursuite d'une balle de tennis. (J'ai des photos du chien, mais je n'ai plus droit à Lightroom - j'avais téléchargé une version d'essai pour la durée d'un mois, ce qui vient de terminer - et je n'ai pas le droit de mettre à jour gratuitement mon logiciel PhotoShop, il paraît que c'est trop vieux, il faudrait que j'en achète un nouveau, donc de toute façon, c'est Adobe qui gagne. Je vais peut-être essayer iPhoto, mais il me semble que c'est plutôt maladroit pour « développer » les photos.) Le copain, qui a, on ne sait pas trop comment, versé de l'eau sur le clavier de son MacBook, qui ne marche plus, est allé en ville cet après-midi pour chercher un autre portable, puisqu'il ne peut pas vivre sans ordinateur et même si nous avons encore trois qui fonctionnent chez nous en ce moment, il lui en faut un pour lui tout seul. Il a pris le ferry de midi cinquante et il compte rentrer vers sept heures.

Hier soir on a fêté son anniversaire - l'ami bengali, qui est aussi un grand chef, a préparé un énorme plat de biryani au poulet et une salade de tomates du New-Jersey, qui sont délicieuses en ce moment (c'est la saison) - on était huit à table et le copain a reçu toutes sortes de vêtements - une chemise Lacoste bleue royale, un maillot de bain Sundek, un t-shirt tie-dyed bleu, un débardeur fashion un rien trop serré, et des bracelets en plastique de formes différentes (donnés par l'ami galeriste, qui part demain pour Athènes et une croisière en mer Noire.)

Vocabulaire

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Petite leçon de vocabulaire pinéen:


Ptérodactyle (nom masculin) : animal carnassier, âgé mais toujours rapace, qui, torse nu, attend sa proie dans le petit matin aux alentours d'une piste de danse quand certains jeunes membres du troupeau sont ou trop fatigués ou trop drogués pour repousser ses avances.


Pinéen (adjectif, aussi nom): relatif aux Pins-de-l'île-de-Feu. Excès pinéen. Superficialité pinéenne. Les Pinéens aiment se bronzer.

Irritation

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Le sujet de la soi-disant Mosquée Point Zéro, qui n'est en fait point une mosquée ni à côté du terrain de l'ex Centre commercial mondial, ce qu'on aime appeler bêtement « terre sacrée », continue à agiter les hommes et les femmes politiques de la nation, qui se divisent, ce qu'on aurait pu prévoir à cette époque aux États-Unis, en deux camps opposés - ceux qui sont en faveur de permettre aux musulmans de construire ce « centre communautaire », qui ressemblera à un immeuble quelconque du quartier financier et non pas à une mosquée pourvue de minaret et tout et tout, expliquent que, selon notre constitution le gouvernement n'a aucun droit d'interférer dans la conduite des religions. Les autres, qui seraient contre la construction de l'édifice religieux musulman à deux pâtés de cette « terre sacrée », expliquent leur opposition en disant qu'il n'est pas l'heure de construire un bâtiment « musulman » si près de cette « terre sacrée » pour raisons de « sensibilité » envers les familles de ceux qui sont morts dans les attaques du 11 septembre. Les plus excités disent qu'ils s'opposent à la construction d'un immeuble « triomphaliste », qui signalerait aux musulmans dans toute la terre la victoire des islamistes contre les forces de l'ennemi (c'est-à-dire, contre nous, Américains). Vous devinerez sans doute dans quel camp je me mets. Ma ville est remplie de « centres communautaires » de toute sorte, et pour toutes les origines nationales et ethniques, cela m'est profondément égal qu'on y ajoute un nouveau pour les musulmans, et n'importe où, puisque cette « terre sacrée », on l'a déjà démontré, serait remplie de sex-shops, de magasins de fringues pas chères (Century 21), de magasins d'alcool, de pizzerias, et de bars.

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Visualisation du projet de centre communautaire musulman proposé pour le quartier financier à Manhattan

En ce qui concerne les habitants du district dans lequel on cherche à construire cette « mosquée » qui n'en est pas une, quarante-six pour cent des électeurs manhattannais sont en faveur, tandis que trente-six pour cent des électeurs seraient contre. Cela dit, la majorité des gens qui habitent hors de Manhattan seraient aussi contre - on est bête comme ça ! Et dans un sondage plus récent, 53 % des électeurs de Manhattan seraient en faveur de la construction - c'est bien eux qui ont subi les attaques du 11 septembre, et non pas les banlieusards de l'île des États, qui sont pourtant opposés à soixante %.

Quand le ciel se rougeoie

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Ah, une biche qui broute près d'une prise d'eau au moment où je vais moi-même au marché pour acheter les laitues

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Ah, elle n'est pas seule, il y a un faon qui l'accompagne - que je n'ai pas tué comme Parsifal tue le cygne

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Quelques pas plus loin, j'en trouve un autre, plus intrépide, qui broute tout seul et semble se désintéresser de la famille - c'est peut-être un faon qui se reconnaît déjà homo ?

L'ouverture de Parsifal jouait quand l'agent immobilier est venu avec trois locataires prospectifs de la maison - je doute que cela leur ait embelli la maison, et puis Parsifal, on le soupçonne, c'est pas pour les fanas de disco. De toute façon, la maison ne leur allait pas - en la quittant, l'un des trois a déclaré « Mais on ne peut pas faire l'amour en haut » - ça va effectivement poser un problème pour ceux qui chercheraient à partager la maison, ainsi que pour les propriétaires. (Le copain et moi, nous avons pourtant réussi à nous divertir, même quand il y avait des gens en bas, dans la cuisine, juste au-dessous de nous, mais il nous a fallu garder un silence de mort, ce qui n'était pas, je l'admets, tout à fait facile. Mais il faut adapter, n'est-ce pas ?)

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C'est vrai, il faut faire attention, car tout peut s'entendre ;-)

J'ai la sœur et le beau-frère et le cleb qui arrivent demain matin (en principe - ils viennent en voiture de Philadelphie et ils sont presque toujours en retard). Le copain et l'ami bengali arriveront dans l'après-midi - c'est l'anniversaire du copain, qu'on fêtera officiellement samedi soir. On boira peut-être demain le champagne que les amis anglais nous ont apporté il y a quelques semaines de la boutique hors-taxe à Heathrow.

La vie devant soi

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Du spectacle lundi soir au Palais de Glace à La Cerisaie - Shequida a ajouté quatre beaux danseurs à son numéro d'ouverture

Comment ne pas être impressionné qu'en dépit de tous les échecs qu'il a subis dans ses tentatives de trouver un esclave obéissant (oups, je veux dire un copain jeune, beau et sans ego), l'ami galeriste n'a toujours pas succombé à la tentation de devenir « sage » (c'est-à-dire, de rendre les armes dans la lutte contre l'âge) - hier soir, par exemple, en rentrant aux Pins après avoir dîné chez Jacques qui saute, adorable bistroquet situé au bord de la plage à La Cerisaie, l'ami galeriste s'est allongé sur le nouveau couvre-poubelles en bois sur le quai d'embarquement pour attendre l'arrivée du taxi aquatique. Vient donc un jeune homme, saoul comme un âne, habillé tout en Polo Ralph Lauren (donc assez BCBG, ce que l'ami galeriste apprécie), avec deux amis qui sont en train de se rouler une pelle - le jeune en RL se sent un peu à part, bien sûr, et il se met aussi sur le couvre-poubelles, son punch planteur orangeâtre toujours à la main et peu de moments après, le voilà, la tête sur les genoux de l'ami galeriste (qui portait un short jeans foncé découpé de la bonne longueur, bien sûr), l'ami galeriste lui caressant ses cheveux noirs en lui parlant tout bas - comme une araignée avec une mouche, il avait complètement enroulé sa proie dans ses paroles soyeuses. Suivaient des petits bisous sur le cou, ce qui nous a bien fait rire, moi et les deux Français. Le taxi aquatique est finalement arrivé - vingt minutes de retard qui ont bien servi à l'ami galeriste, il faut le dire - et nous sommes tous entrés dans le petit bateau, dont la capitaine et l'assistante étaient toutes les deux des jeunes femmes - il y a vingt ans, on n'aura même pas vu une employée chez ces sociétés de taxis aquatiques, et maintenant il y a des équipages de femmes. Bravo ! L'ami galeriste les assied, lui et son nouvel ami, sur le banc à la poupe où leur conversation profonde se poursuit. En quittant le bateau, je dis bonsoir aux Français, qui je reverrai aujourd'hui avant qu'ils prennent le ferry pour aller à l'aéroport JFK pour rentrer à Paris, mais l'ami galeriste est tellement absorbé dans la poursuite du jeune homme (qui est, je le remarque, nettement plus grand que l'ami galeriste, qui mesure pourtant 1,87 m) que je laisse partir sans rien dire.
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Avec le changement de vent, les vagues ont creusés de vraies falaises de sable sur la plage

C'est le retour au calme, toutefois relatif, après un dernier week-end frénétique aux Pins - c'était le week-end de l'Ascension. Non, non, il n'y a aucun rapport, à part le nom, avec la fête de l'Ascension chrétienne, qui a lieu quarante jours après Pâques et qui marque « la fin de la présence terrestre » de Jésus et, dans beaucoup de pays, le début de la saison d'été, un peu comme la Journée de la commémoration des morts chez nous, fêtée le dernier lundi du mois de mai. L'Ascension aux Pins serait une orgie plutôt païenne de musique, de danse, de drogue et de licence - organisée pour la première fois il y a cinq ans, cette fête est devenue l'une des escales sur le circuit mondial des grandes fêtes gaies, où l'on retrouvera aussi Amsterdam, Montréal, Palm Springs, Miami, Ibiza et La Nouvelle-Orléans.

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La plage, avec une partie de la piste de danse pour Ascension sur la gauche

Changement de saison

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Le premier versement du salaire du péché contracté la semaine dernière se trouve presque payé - mon moniteur James m'a dit hier, dans la salle de sport où j'ai fait « jambes » d'une manière peu zélée, que « les rhumes d'été sont les plus difficiles à s'en débarrasser » - je ne le savais pas, mais il est bien sage, le James, donc je le crois. De toute façon, je ne bois plus depuis plusieurs jours, j'essaie de dormir le plus possible, mais j'ai des accès de toux dans la vie qui réveillent et moi et le copain, qui lui pourtant dort dur. C'est pour cela surtout que je suis rentré aux Pins hier après-midi pour lui permettre d'avoir une nuit sereine loin de moi et de mes bruits.

Il faisait gris, il pleuvotait çà et là. On gelait dans les voitures du train à cause de la clime - tout le monde habillé en short et en t-shirt. La saison venait de changer, c'était le premier soupçon d'automne dans l'air.

Dans le taxi qui me conduisait de la gare au port à Sayville, j'ai reçu ce texto de la part de l'ami galeriste : « Thought you should know my sister killed herself last nite. Going to Mom's tonight. Out Friday. » Elle avait eu depuis longtemps des dépressions sévères - je ne la connaissais pas, mais l'ami galeriste en avait parlé de temps en temps. Plus tard, il a ajouté « It's sad but she's not suffering ».

Hier soir j'ai dû trouver la couverture pour la mettre sur le lit, tellement il faisait frais. Le copain arrive cet après-midi.
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Le Faune Barberini

Ce qui choque chez le Faune Barberini, qui se trouve à la Glyptothèque à Munich, c'est la fière insolence de la pose, indifférente à la pudeur, à la fausse modestie judéo-islamo-chrétienne qu'on a fait apprendre à trop d'entre nous depuis les tristes surgissements de ces trois grandes pathologies dites religieuses de l'Occident. Il s'en fout, ce beau satyre, saoul comme une bourrique, des soi-disant préceptes moraux que lui crient dans les oreilles les rabbins, les prêtres, les mullahs dans l'espoir de le faire plier, il n'est responsable qu'à lui-même, il assume tout.

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Un Paradis chrétien™

Il fait ce qu'il veut, selon ses goûts - osera-t-on le dire ? - animaux. Ce qui ne veut pas dire, malgré nos moralistes masos qui croient au péché originel, cette souillure non lavable de l'être humain lui-même, qu'il fera automatiquement le mal si l'on ne l'empêche pas de vivre en liberté - il est jeune, il est, sans le savoir explicitement, amoureux de son corps, qui lui fournit une gamme extraordinaire de plaisirs sensibles (et donc vrais) - à quoi lui serviraient toutes ces promesses complètement invérifiées (car invérifiables, quelle arnaque utile) de vierges, de vie éternelle, de « demeures dans la maison de mon Père », de résurrection du corps, de n'importe quoi - ces promesses qui sont là pour l'empêcher de vivre sa vie comme il voudrait - coucher avec qui il voudrait, par exemple. L'opinion des autres lui importe peu, le « qu'en-dira-t-on » pas du tout. S'il s'amuse à des relations homos, qu'il soit passif ou actif, il s'en fout, pourvu qu'il jouisse et s'amuse en jouissant. Les rôles qu'on est censé prendre - celui qui pénètre, celui qui est pénétré, l'actif et le passif, le « top » et le « bottom », ce ne sont pour lui que des moyens pour accéder, d'une manière ou d'une autre, aux plaisirs que son corps lui donne gratuitement - nos cellules ne ressentent que la nécessité d'agir comme elles peuvent. Ou serait-il mieux de dire « comme elles doivent. » C'est nous, créatures d'une culture plus ou moins terrorisée depuis des siècles, nous seulement qui en faisons tout un tas d'histoires - histoires qui nous abattent, qui nous déstabilisent, et qui, en fin de compte, nous ont fait, et continuent à nous faire, tant de mal.

La maline

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Bon, elle l'a eu hier, la Kagan, son siège à la Cour suprême. Notre amie à la Fac de droit de Harvard ne l'a pas aimée, l'a trouvée carriériste et opportuniste, mais elle était un bon choix, un choix adroit pour le président, parce qu'elle n'avait jamais fait ou dit ou écrit rien de trop choquant dans sa longue carrière. On la croit gaie - comment voterait-elle sur la décision d'annuler la Propostion 8 en Californie contre le mariage gai ? pour elle, le mariage gai n'est pas un droit constitutionnel - mais les Républicains, je ne sais pas trop pourquoi, n'ont pas voulu ouvrir la discussion sur cette possibilité - on dit que le sénateur Lindsay Graham, Républicain de Caroline du Sud, garderait, lui aussi, quelques mystères toujours au fond du placard. La grande majorité des Républicains ont pourtant voté contre sa nomination, refus attendu par tout le monde.

Je me demande sérieusement comment elle voterait si un cas arrive à la Cour suprême sur la légalité d'offrir des niveaux de vitesse différents sur Internet aux sociétés qui voudraient se les payer. Cette question se trouve au milieu de la grande question de la neutralité de la Toile, appelée avec allitération « net neutrality » en anglais. Je ne suis pas sûr que la juge Kagan fasse la décision qui me plairait.

Ma vie de pétasse

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Ma vie de pétasse (merci, Jérôme, j'adore !) décrépite (je précise) de ces derniers jours m'a foutu, on dirait, un sacré rhume que je m'efforce de combattre à l'aide de cachets Alka-Seltzer Plus au zeste d'orange et de rouleaux de papier essuie-tout pour me moucher (oui, c'est un peu rugueux). C'est le premier versement du salaire du péché (Romains 6 : 23), la maladie précédant la mort (le versement dernier, si vous voulez), surtout vu que je n'ai absolument aucune, mais aucune envie de me payer la vie éternelle (en principe, c'est gratuit, je sais, mais j'ai toujours des doutes, surtout sur une promesse faite par le soi-disant saint Paul), merci infiniment quand même. 

Dernières infos

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Le juge californien Vaughn Walker vient d'invalider la Proposition 8 qui avait interdit le mariage gai en Californie par un vote de 52 %. Il y aura sûrement des manifestations heureuses au Village, où le copain sort avec une amie prendre un apéro. Il paraîtrait aussi qu'on a réussi à obtenir un sursis d'exécution pour cette invalidation, donc rien ne changera immédiatement. Mais c'est un pas dans le bon sens. J'ai bien honte à présent devant mes amis argentins, néerlandais, espagnols et canadiens.
On a vraiment tout fait ce week-end dernier - de la réception pour le gratin pinien jusqu'à la fête « roturière » de l'application Grindr autour de la piscine, sans parler du bal sur la plage auquel on est resté jusqu'à six heures du matin, et tout et tout.

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À table chez nous avec les Chicagoains et d'autres personnes

Samedi soir on avait neuf à table, dont l'ami galeriste et ses deux invités, nos Anglais, un couple d'amis et nous, le copain et moi. On a refait le même menu qui nous avait si bien servi le week-end précédent, voire une sorte de salade de tomates aux crevettes, suivie de blancs de volailles à la vapeur au thym. Et, comme toujours, beaucoup de rosé. Les amis de l'ami galeriste, deux jeunes hommes très bien bâtis, ont hésité d'abord à en prendre, tellement ils sont sains et purs à Chicago, mais l'un des Anglais leur a expliqué en détail que le vin venait de quelques kilomètres de leur maison à St-Tropez, un autre invité leur a suggéré que les Anglais avaient presque pressé les raisins avec leurs propres pieds et qu'il serait donc impoli de ne pas en prendre au moins un verre, et moi, finalement, j'ai ajouté « Cela a à peine 6 degrés d'alcool, pareil à la bière », ce qui était un petit mensonge, je savais, mais c'était trop fort pour moi, puisque celui aux cheveux bruns, le plus prude des deux, avait aussi des biceps aussi grands que des melons. Oh, qu'ils étaient bêtes et adorables?! Ils ont bu du rosé, et plus d'un verre chacun.

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