

À la fin du repas a commencé l'application des tatouages temporaires. L'un des Anglais avait apporté une enveloppe pleine de tatouages, et moi j'avais les miens aussi. On a donc enlevé les t-shirts et mouillé un torchon afin de transférer l'image. Ça a plutôt marché et l'on en a mis un peu partout - j'en avais sur les pectoraux et sur mes épaules - excessif, sans doute, mais le bon goût n'y comptait pas pour beaucoup, il faut avouer.

J'avais mis mon t-shirt gris trop serré auquel on avait imprimé « NAVY » en majuscules bleu marine et j'étais prêt à le découper avec les ciseaux quand le jeune Chicagoain aux biceps de Superman a crié « Non, non, il faut porter ça dans la salle de sport?! », ce qui m'a tellement (et vainement) flatté que j'ai déposé les ciseaux sur-le-champ. J'ai noué autour du cou une sorte de mouchoir tie-dyed/arc-en-ciel, qui n'avait vraiment rien à faire avec le thème nautique de la soirée, mais que j'avais aimé dans le magasin où je l'avais vu.
On est donc allé au bal vers minuit et demi - on est passé d'abord au Casino, qui se tenait dans le Centre communautaire - des travestis s'occupaient de tables de jeux de hasard (on leur aurait donné un permis pour ce soir-là, c'est comme le bingo chez les Cathos), mais il y avait peu de monde et on voulait surtout danser. On a procédé vers la plage, où les gardes ont contrôlé nos bracelets jaunes de VIP avant de nous laisser entrer dans l'enceinte du bal.L'équipe anglaise de Moto Blanco jouait alors. La nouvelle chanteuse Alexis Jordan est venue sur scène --
-- vers 1 heure et demie - elle a chanté deux chansons, dont son tube actuel « Heaven ».
Les disc-jockeys suivants ont été nettement moins bien que les Anglais et l'on a circulé entre les deux pistes de danse et les « cabanes » privées où l'on recevait les amis et les clients. Vers quatre heures du matin, la musique a changé encore une fois - pas super, mais dansable, en dépit des foules qui ne s'en allaient pas, les salauds. Et ça ne sait pas danser quand c'est drogué ou saoul?! Ça se balance d'un côté à l'autre sans suivre aucun rythme, en groupes de trois ou de quatre ou même de toute une maisonnée.
On a vu le ciel commencer à s'éclaircir vers cinq heures et demie - à six heures, on a joué, pour blaguer, la chanson du film « L'Aventure du Poseidon » « There's Got to Be a Morning After » (gagnant de l'Oscar pour meilleure chanson originale en 1973) - à ce moment-là, je me suis tourné vers le copain pour lui dire tout simplement « C'en est assez pour moi » et il a hoché la tête - on est parti.
Nos bracelets jaunes coupés dans la salle de bain dimanche matinDans notre lit j'ai pu écouter la musique, comme un étrange écho, venant de la plage. On l'a arrêtée vers sept heures.
On a dormi quatre heures et demie - dimanche on s'est décidé à aller faire un tour à La Cerisaie - là, on a rencontré la comédienne Wanda Sykes avec son collègue Porsche habillé en homme. J'ai pris une margarita gelée afin de fêter la fin de mon régime.

On est allé ensuite déjeuner chez Jumping Jacks au bord de la mer, où j'ai eu encore une margarita (les autres buvaient du vin blanc) et un hambourgeois avec plein de frites?! Et j'ai tout mangé?!


Un Englishman Abroad, dans le taxi aquatique qui vient de quitter La Cerisaie - non, c'est pas tout à fait un espion ;-)


La beuverie continue aux Pins, autour de la piscine

Autour de la piscine

On y joue au ballon (et à la drague, aussi, je crois bien)
On est rentré aux Pins par le taxi aquatique (dont le prix a augmenté à 7 $ la course) et arrivé là j'ai tout d'un coup eu un texto venant de Grindr, me rappelant la « pool party » qu'on faisait (donnée par qui exactement ? Je n'en savais rien) autour de la piscine à côté de l'hôtel Ciel - il y avait un tas de jeunes gens en costumes de bain plus ou moins petits qui se remettaient de leur mieux des excès de la soirée précédente. On y a rencontré certaines connaissances, dont une jeune et belle lesbienne noire tout à fait charmante qu'on vient d'engager en barmaid à La Baleine bleue - on la connaît de l'été dernier quand elle est venue chez nous pour un dîner. Après cette fête plutôt impromptue, on est rentré chez nous pour encore un changement de costume (il était incroyable le nombre de tenues vestimentaires que nos amis anglais avaient apportées avec eux de Londres et ils ont voulu les porter tous?!)


Les danseurs s'amusent sur les banquettes
Donc on s'est rhabillé pour les thés divers et la dernière fête au Centre communautaire avant d'aller dîner au Bistrot, où l'ami galeriste et l'ami agent immobilier (qui habite Paris en hiver, le veinard) nous ont rejoints. Après le repas, on s'est rendu aux Showtunes au Pavilion, où l'on est resté jusqu'à une heure. Faut le faire, non ?
Lundi il a fait encore parfaitement beau - c'est la sécheresse, on dit, mais personnellement ça m'arrange beaucoup d'avoir jour après jour de soleil brillant. On s'est reposé sur la plage jusqu'à quinze heures, quand on est rentré pour se préparer pour la soirée à venir - thés, taxi aquatique, dîner au restaurant Au dessus de la baie à La Cerisaie, puis passage au spectacle Broadway sur la plage suivi de Shequida et ami(e)s.

Les concurrents sur scène qui cherchaient à gagner deux billets au bal Ascension qui aura lieu en deux semaines aux Pins

On est rentré par la plage vers une heure et demie.
Le copain est parti mardi matin par le ferry de 10 heures - les Anglais sont partis sur le ferry de midi. Moi je continue à lire, à la maison et sur la plage, un bouquin amusant sur le soi-disant beau monde de New-York « Too Much Money », qui est un roman à clef dont l'auteur vient de mourir et qu'on a publié après sa mort. Ce n'est pas, il me semble, du grand art, mais quelquefois M. Dunne tourne des phrases qui frappent juste, telle celle-ci : « It is a terrible thing to come to the conclusion that your life has been so unimportant as mine has been. »
Hier soir j'ai dîné avec l'ami immobilier à demi parisien - il connaît tous les employés des établissements par ici, et c'est sympa d'être présenté aux barmen et aux serveurs quand il n'y a pas de foules de gens. On nous a raconté des histoires assez drôles aussi - un peu la vie souterraine des Pins.
Je pense que je vais rester aux Pins toute la semaine - ici on n'entend que les vagues et les chants curieusement modulés des grillons. Sur la plage aujourd'hui, tout près de moi, un nouveau-né tétait le sein de sa jeune mère. Lundi on avait vu quatre jeunes hommes faire l'amour pas très loin de nos tapis de plage - je ne sais pas pourquoi mais je les ai trouvés tous, le nouveau-né, la mère, les quatre jeunes hommes, très touchants. J'entre peut-être dans ma sénescence sentimentale.
Cela sent bon les vacances... un peu pétasse(s)! :-)
Ce matin, ma lecture de votre carnet a été interrompue quand j'ai dû aller aider le boulanger a "remonter" un voisin de plus de 80 ans qui, du fait de la fatigue, de la maladresse et de sa mauvaise humeur s'était laissé glisser de son fauteuil. A plus de cent kilo, ni son épouse ni sa fille n'arrivaient à le relever. Ce fut un peu d'exercice matinal, en total contraste avec votre sujet du jour... L'ami galeriste (est-ce lui en marinière au fond de la cuisine? ;-)) aurait détesté et la scène et le décor
J'aurais aimé plus de photos des jeunes hommes de Chicago aux biceps ronds comme des melons, même si ces jeunes gays si soucieux de ce qu'ils boivent et mangent m'exaspèrent. Un gay qui n'est jamais ivre est-il encore un gay - ou un gray ?
Jean-Paul, ils étaient adorables, ces jeunes hommes de Chicago, mais ils faisaient, je l'avoue, un rien plouc – plouc mignon, mais plouc quand même ;-)