Archives mars 2011

Geignard invétéré, mais conscient de l’être – ça compte pour quelque chose, n'est-ce pas ?, j’étais bien sûr trop heureux d’apprendre qu’on n’est pas le seul à noter qu’il fait plus froid que d’habitude – et que, non, je ne l’ai pas imaginé, moi, parce qu’ il a fait, la semaine dernière, vraiment 7 °F plus froids à New-York que la température moyenne pour cette période. Ça veut dire qu’il faut s’habiller toujours, malgré le beau soleil brillant, en sweatshirt et manteau pour marcher de l’appartement au bureau.

Je recommande la lecture de cette « Brève histoire des États-Unis : du début à la fin » par Fred Reed, blogueur amusant qui a souvent un point de vue cynique (c’est-à-dire réaliste) qui me plaît assez.

On a suivi, le copain et moi, le court discours du président Obama hier soir à la télé sur les raisons pour lesquelles on est entré en – bien, c’est pas la guerre guerre mais c’est une grande action militaire avec des chasseurs de l’armée aérienne et en principe, si j’ai bien compris, c’est pour éviter un massacre de gens qui se sont révoltés contre le régime de Kadhafi. Cela me semble une assez bonne raison pour assister, avec toute une bande d’Européens et d’Arabes, à ce genre d’activité dite préventive. Mais il reste, euh, curieux comment on choisit finalement de nous mêler dans les affaires intérieures d’un pays quelconque tandis que dans les cas d’autres pays aux situations similaires, on reste soigneusement à part dans d’autre. Ça doit être un peu ça, la diplomatie, je suppose.

S’il en restait quelques doutes encore, il est évident que la justice ne frappe pas les grands et les petits de la même manière. Le journaliste d’affaires du Times Joe Nocera parle d’un exemple particulièrement hallucinant ici. La mesquinerie démesurée de l’agent spécial du Fisc Robert W. Nordlander est surtout remarquable – il semble avoir été jaloux du fait qu’un type ait pu se payer l’entraînement pour les marathons extrêmes, dont un à travers le Sahara qu’on a filmé et c’est à cause du film que l’agent a cherché à trouver comment le coureur avait financé son entraînement. C’est bien chic, non ? Cela m’a fait rager tout le samedi dernier. M. Nocera trouve toute la situation assez dégueulasse, lui aussi.

Week-end occupé

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L'avenue du Parc « en fleurs » de l'artiste Will Ryman

Il fait toujours un froid qui est en dessous de la moyenne saisonnière – on est à -2°C ce matin, j’ai le chauffage électrique allumé aux pieds dans la salle de séjour, où je tape ces mots. Le copain est parti nager dans la piscine municipale de la 25e rue ouest, et moi j’irai bientôt brûler des calories dans la salle de sport d’à côté – il fait trop froid pour aller à celle de la 14e rue ouest, en dépit du fait que le, euh, paysage y est follement plus agréable à contempler que dans ma salle de sport habituelle.

Plus tard…
Je prépare les documents pour mes impôts – c’est trop vrai que je ne maintiens pas très bien mes documents financiers et que, chaque avril, c’est la folie quand je dois les retrouver. Je dois rendre mon dossier au comptable la semaine prochaine (c’est déjà bien en retard) qui enverra la déclaration par mail au Fisc.

On fête aujourd’hui la fondation de la ville de Venise, en 421, à midi précis. Bon 1 590e anniversaire aux Vénitiens.

Il y a toujours très peu d’articles sur les atrocités commises par quelques soldats américains en Afghanistan ou sur leur procès – le spécialiste de l’armée Jeremy Morlock vient d’être condamné à 24 ans de prison après avoir plaidé coupable dans le procès de 12 soldats pour le meurtre de plusieurs civils afghans. Der Spiegel a publié lundi trois photos d’un total de 4 000 qui montrent des soldats avec leur « proie ».

La disparition d’Elizabeth Taylor semble irréelle – la vedette était depuis toujours dans les journaux, dans les émissions people à la télévision, c’est un peu comme si on te disait qu’il n’y aurait plus de Lune – ça ne changera pas grand-chose (oui, oui, à par les marées et d’autres phénomènes gravitationnels pareils) mais il y aurait un objet familier de moins dans le ciel nocturne. Pour moi, c’est comme ça qu’elle va me manquer, la grande Elizabeth, qui ne m’a jamais ému tellement en tant qu’actrice (à part, peut-être, dans Géant et Qui a peur de Virginia Woolf ?) mais qui était toujours présente, quelque part.
On est sorti dimanche soir avec l’ami galeriste – comme d’habitude, il voulait, plus ou moins ouvertement, draguer des jeunes hommes – nous, on était plutôt des accessoires utiles à cacher ses fins inavouées, mais bon, on y est habitué et ça l’amuse, le copain, de passer son temps dans un bar à sports au milieu de gais d’âges divers. On est donc tombé d’accord pour se retrouver chez Boxers avec lui et deux autres amis/connaissances. Après quoi, vers 19 heures, on a traversé la 20e rue ouest pour nous rendre au club 20/20, qui serait le rendez-vous unique des ecdysiastes masculins à New York actuellement. Là, après avoir payé l’entrée de 10$ et 3$ pour déposer mon sweat-shirt à capuchon au vestiaire, on a commandé nos boissons – une eau minérale et un Coca Lite pour 7$ chacun – pour un verre de whisky, c’est 17$ – et on a regardé les danseurs, qui, quand ils ne sont pas sur scène, se promènent parmi le public en slip en cherchant à encourager les clients à se payer une danse-contact de 20$ pour environ trois minutes. Le copain m’a payé un jeune blond de 27 ans – lui était originaire de l’Indiana et moi, je m’étais habillé, d’après le copain, en « plouc agriculteur », c’est-à-dire jeans et t-shirt bleu foncé, serré et troué – il a dû voir en moi quelque parent lointain ou bien son père. Lui, au moins, a feint de me trouver un peu sexy, ce qui aide la chose – l’autre fois, ma première, avec le beau prof d’aïkido en chômage, on était tous les deux un peu nerveux, ne sachant pas trop bien quoi faire – il a dû me suggérer de tâter ses (en l’occurrence très grands) biceps, par exemple, comme s’il s’agissait d’un grand melon au supermarché.

Il y avait aussi un grand nombre de gens qui avaient dû assister à la Partie noire qui avait eu lieu samedi soir – des jeunes blancs d’une trentaine d’années, musclés, à l’air distinctement « hétéro » – au lieu des gros vieux d’habitude. On y est resté à peine une heure avant d’aller dîner.

Lundi soir on est allé voir le film Bataille LA – on ne s’attendait pas à grand-chose et c’est surtout un « combat flick » dans un style plus ou moins cinéma-vérité (avec bande-son). Je ne connais pas parfaitement le paysage urbain de la métropole sud-californienne, mais c’est impressionnant de voir la destruction des quartiers de, par exemple, Century City et du centre-ville. (La petite ville agréable de Sainte-Monique (hi hi) est réduite à miettes). Les aliens sont un peu flous (on ne sait pas trop pourquoi ils sont arrivés – certains experts disent que c’est à cause de l’eau, mais on n’a aucune communication avec les extraterrestres).

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Le copain n'aime pas quand je m'habille en jeune agriculteur pour aller chez ses parents ;-)

Ce soir, c’est le tour des parents – le copain m’a critiqué ce matin, avant de quitter l’appartement, de ne pas m’habiller « correctement » pour aller chez eux – c’est vrai que je m’amuse à m’habiller en plombier ou prolétaire quelconque (voir ci-haut, où cela marche pour moi) afin d’irriter ses parents, qui sont toujours en veste avec ascot et en tailleur avec collier de perles, eux, ils semblent en fait s’en foutre tout à fait, ils me trouvent seulement un peu ridicule, étant donné que je ne suis pas du tout plombier et loin de l’être, hélas.

Il fait beau aujourd'hui, mais on prévoit de la neige demain – 2,5 centimètres même ! Ça devient lassant, voyons !

On commence enfin à débattre les justifications pour l’action militaire en Libye – est-ce pour protéger les civils ? Pour soutenir les rebelles ? Pour faire partir Kadhafi ? Et pour combien de temps. Un président a-t-il le droit à lui seul de déclarer la guerre sans l’approbation officielle du Congrès ? 

La presse anglo-saxonne pense que Sarkozy a agi en première place contre Kadhafi afin d'affermir sa position dans les sondages électoraux. Ainsi que l'Anglais Cameron.

Ailleurs

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Comme la plupart des événements d’ordre global qu’on suit ici sur nos écrans, cela se passe ailleurs – un ailleurs pixellisé, retouché, simplifié où l’on voit surtout les effets plus ou moins dramatisés de l’impact entre les forces du Bien et du Mal.

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Les dommages au Japon

Dans le cas du Japon, le mal, c’étaient les forces chtoniennes – le tremblement de terre, la mer meurtrière et la calamité « essentielle » de la matière atomique instable, tandis que dans la Méditerranée, il s’agirait, en principe au moins, de la lutte entre la dictature perpétuelle représentée par Kadhafi et fils à Tripoli et la démocratie populaire représentée par les rebelles, pour le moment à Benghazi.

On a donc nos équipes favorites, qu’il faut soutenir, applaudir, défendre. Remettre en question aucune de ces positions confortablement installées chez nos médias serait étrange, même lâche. On se tait donc devant les vérités que nous sommes autorisés à tenir par l’intermédiaire du téléviseur écran plat, ou même par le journal papier livré à domicile qui ne vous dit, on l’a même admis il y a quelques semaines, que ce que le gouvernement l’a permis à révéler.

En tout cas, tout se passe très loin de nous, qui buvons nos tasses de café au lait le matin sans avoir à craindre aucun bombardement ami ou ennemi, sans être obligé de fuir nos appartements à cause de radiation d’aucune centrale nucléaire. On est un peuple très gâté – cela fait plus de cent cinquante ans qu’on n’a pas connu de véritables ravages de guerre sur notre sol. Le Blitz sur Londres en 1940-41 (14 621 morts, 20 292 blessés), les massacres dans les tranchées autour de Verdun en 1916 (300 000 morts, 400 000 blessés) sans parler de baisse remarquable dans le taux de natalité à la suite de la 1ère guerre mondiale, la destruction de Dresde et de Berlin, pour ne nommer que ces deux villes-là parmi les centaines à travers l’Europe qui ont subi les bombardements alliés ou nazis.

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Dans une tranchée autour de Verdun

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Les corps empilés après le bombardement de Dresde

Non, on n’a pas connu, ni à Cleveland ni à Denver, les horreurs de Nankin, New York n’a pas été brûlé à 51 % par des bombes incendiaires comme l’a été Tokyo entre le 9 et 10 mars 1945. Sans parler, bien sûr, du sort terrible des villes de Nagasaki et d'Hiroshima.

Non, on nous a épargné, dans l’Amérique profonde, la barbarie de guerre depuis pas mal de temps. Non, je ne compte pas les « phénomènes » comme les attaques du World Trade Center ou du Pentagone qui ont sans doute surpris, choqué, mais qui n’ont pas écrasé tout un peuple. Étant donné la névrose qu’on a vite attrapée à la suite de ces deux actes, je n’arrive pas à imaginer le degré de folie qu’on aurait atteint si l’on avait suivi ces deux attaques par une vraie action militaire sur le territoire national.



Début de printemps

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Les premiers crocus dans le jardin privé du Marché Jefferson

Bon, on a « remboursé » les Pakistanais pour les gens tués par le mercenaire CIA Raymond Davis à Lahore – après quoi, on a relâché le prisonnier que les autorités américaines ont transporté par avion à Kaboul.

Et puis maintenant on va commencer à bombarder Tripoli. Je ne sais pas, mais je doute qu’on fasse pareil pour appuyer les protestataires à Bahreïn. C’est bien la loi des intérêts nationaux, je suppose.

Il y a quelques jours on était tous les deux, le copain et moi, au bord des larmes en regardant à la télé les vielles femmes japonaises en choc et la vidéo du chien qui restait aux côtés de son camarade canin blessé dans le tremblement de terre (ou dans le tsunami), que je reposte ici.

 

Heureusement tout semble aller mieux maintenant au Japon. Beaucoup de restaurants ici à New-York font une collecte de fonds depuis quelques jours pour aider aux Japonais sinistrés, ainsi que le site gai Grindr !

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T-shirt typiquement irlandais

La Saint-Patrick s’est déroulée hier sans trop de mal – il y avait plein de beaux jeunes hommes musclés en t-shirts verts dans la 5e avenue et plein de flics dans le métro pour empêcher le désordre. On est allé, nous, à la Salle Carnegie pour écouter la 9e symphonie de Mahler par l’Orchestre symphonique de Boston. Ce qui m’a rappelé pourquoi je n’aime pas Mahler.

Aujourd’hui il fait très beau – tout le monde est dans la rue, on sourit, on flâne. En principe on doit aller à Dumbo ce soir – c’est un quartier de Brooklyn tout près du pont de Brooklyn où il y a des clubs et des boîtes de nuit. On allait voir un petit spectacle musical par deux connaissances (dont un Français), mais l’ami galeriste craint qu’ils n’entrent sur scène que bien après minuit, et lui, il me l’a rappelé, doit travailler demain. Donc, on verra si on y va, finalement.

Récupération bien lente

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En route vers le centre de congrès Jacob Javits

Je n’arrive pas, je suis certain, à saisir l’échelle du désastre qui se déferlent actuellement sur le Japon – tremblement de terre, tsunami et catastrophe nucléaire presque à la fois. Si je m’inquiète un peu moins pour le peuple japonais, c’est bien parce que je sais qu’en plus d’être riche, intelligent et travailleur, il est discipliné, prêt à faire le nécessaire pour le rétablissement du pays, et capable des plus grands sacrifices. Le Japon triomphera de cette crise.

J’ai un peu moins d’espoir pour le peuple libyen, qui cherche à se libérer du joug de la famille Kadhafi et de la dictature que Le Monde qualifie d’« ubuesque »– le zèle libérateur n’est souvent pas assez contre les avions de guerre et les militaires entraînés.

Je m’inquiète plus de la situation à Bahreïn, où les forces saoudiennes sont entrées hier. On dit que deux manifestants auraient été tués.

Folie Apple

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L'un des jeunes informaticiens qui travaillent pour le copain vient de m'envoyer cette photo où l'on voit la queue qu'on fait pour acheter le dernier iPad 2 chez Best Buy dans la 23e rue ouest – il croyait (à tort, évidemment) qu'il y aurait moins de monde là qu'aux magasins Apple. On a commencé la vente à 17 heures.

Pas de bol

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Des travaux devant chez nous – pas d'ouvriers, ça doit être l'heure de la pause-café

Non, j’ai pas de bol, le monde tourne contre moi – après la dévastation dans la salle de sport, on vient de commencer la « réparation » de quelques tuyaux de canalisation (de gaz ? d’eau ? on n’en sait rien) devant chez nous. Un bruit effrayant, des secousses (presque) séismiques quand ils laissent tomber une énorme plate-forme de métal sur le trou qu’ils ont fait. Impossible à écouter la radio ou d’entendre mot sur la télé et comme on n’a plus d’Internet depuis hier soir (panne de modem, d’après le copain), on est bel et bien retourné au Moyen-Âge dans la rue Perry, où il n’y a qu’à lire un vieux parchemin porno pour vous distraire.

Je sais bien que c’est pire au Japon en ce moment, mais eux, ils sont, voyons, un peu habitués au désastre, on a tous les films de Godzilla, de Rodan et de Mothra pour preuve. Cette vidéo de gratte-ciels à Tokyo en mouvement m’a pourtant impressionné !

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Ah, voilà pourquoi James est moniteur professionnel, et pas moi ! Il se repose sur la plage en République dominicaine (c'était la semaine dernière)

Des amis de Paris arrivent demain – pour une journée seulement, avant de rentrer chez eux, dans le 1er – on leur aurait donné le choix d’un dîner raffiné, calme, correct et d’un autre, plus bruyant, plus gai, moins gastronomique – ils ont opté pour le dernier. J’ai donc réservé une table chez Elmo, dans la 7e avenue, lieu de culte ces derniers temps d’homos en quête d’un goût des Pins en ville.

L’éditorial dans le Times d’aujourd’hui parle d’une « détention sans justification ». Il s’agit d’une ruse employée par le Procureur Général John Ashcroft sous Bush ayant comme but la détention physique d’une personne sous le prétexte de la vouloir en tant que « témoin matériel ». Chez les commentateurs à cet édito, l’opinion majoritaire est qu’un tribunal affidé aux criminels du régime Bush comme l’est la Cour suprême n’aura pas le cœur de faire un coup comme ça aux gens de ses maîtres.

Le mauvais temps est parti, pour le moment – on voit même le soleil – et on n’a pas connu d’inondations particulières à Manhattan, mais il paraît qu’ailleurs, surtout dans le Nouveau-Jersey, il y en a eu plein. (Une raison de plus de ne pas habiter le Nouveau-Jersey, je suppose.)

Une journée pluvieuse. Une partie du plafond en tuiles acoustiques sur deux étages de la salle de sport a tombé ce matin – il y avait de toute évidence une fuite d'eau sous le toit.

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Ça tombe sur les appareils cardio du 3e étage

Celui avec qui on devrait partager la location aux Pins cet été m'a appelé hier soir lorsqu'on se trouvait chez les parents du copain, le copain leur ayant apporté un lit gonflable pour sa sœur, qui arrive de Los Angeles samedi pour une semaine. Le propriétaire, le colocataire m'a dit plus tard, quand on était de retour chez nous, veut son argent (d'habitude il faut payer toute la location et la caution avant d'occuper la maison). N'ayant pas cette somme dans mon compte courant, j'étais d'accord de lui verser une partie aujourd'hui et le montant la semaine prochaine. Il paraît qu'on va pouvoir y aller assez tôt dans la saison, mais en fait cela ne me tente pas trop, quand il fait le temps qu'il fait aujourd'hui – autant mieux rester en ville, où on peut aller faire des choses.

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Ce n'est pas joli au 2e non plus

Je suis donc passé chez lui, dans la 23e rue ouest, où j’ai déposé l’enveloppe chez le concierge, dans une pluie grise et intermittente. Au moins il ne faisait pas trop frais.

J’ai envoyé des mails aux jeunes amis washingtoniens pour leur dire qu’on aurait définitivement la maison cet été (je fais toujours Thomas l’incrédule jusqu’au dernier moment) et je leur ai recommandé de réserver leurs places d’avion dès maintenant, pour avoir les meilleurs prix pour les vols aller-retour Baltimore-Islip.

Un bien beau désordre

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Dans la place du Temps hier soir

Ça y est, on l’a vu, cet Homme-Araignée dont la metteuse en scène, Julie Taymor, semble avoir été licenciée aujourd’hui même. C’était la 99e avant-première de la comédie musicale troublée, basée sur l’histoire de BD de Peter Parker et compagnie – un record pour une comédie musicale à Broadway. On va, dit-on, reporter la première jusqu’en juin. Bon, on l’a vu, ce spectacle.

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Devant le théâtre Foxwoods dans la 42e rue ouest

Car spectacle il y a – c’est dommage que l’histoire ne mérite pas la technologie vraiment étonnante qu’on y a mise. On fait des choses sur scène que je n’ai jamais vues auparavant. Et puis, il faut admettre, les sauts et les tournoiements dans l’air juste au-dessus des gens assis dans les fauteuils d’orchestre du théâtre, ainsi que les atterrissages sur des plates-formes aménagées aux 1er et 2e balcons, sont invraisemblables – on se trouvait donc à moins d’un mètre d’un acrobate bien bâti (naturellement) en costume Homme-Araignée supercollant accroupi sur le palier illuminé comme une minuscule piste d’atterrissage avant de ressauter dans l’air en direction de la scène à un étage plus bas. Le public a adoré – cris et applaudissements de partout. On a même eu une bévue mécanique avec le Gobelin vert, qu’on a laissé suspendu dans son costume incroyable au-dessus des gens dans l’orchestre pendant une bonne dizaine de minutes – il a fait le clown pendant qu’on réparait la mécanique aérienne.

L’image d’un jeune homme, nu, isolé, dans une cellule qui mesurerait (au minimum) 2,44 mètres de longueur par 1,83 mètres de largeur et 2,44 mètres de hauteur me rappelle encore une fois à la triste nouvelle d’Ursula LeGuin, Ceux qui partent d’Omelas (le texte entier en anglais est ici) :

« The room is about three paces long and two wide: a mere broom closet or disused tool room. In the room, a child is sitting. It could be a boy or a girl. It looks about six, but actually is nearly ten. It is feeble-minded. Perhaps it was born defective, or perhaps it has become imbecile through fear, malnutrition, and neglect. »

Le caporal Manning, devient-il notre bous-émissaire ? Est-ce sur lui qu’on va mettre tous nos péchés – les guerres illégales, les crimes contre l’humanité, les hypocrisies officielles, la révélation de nos intérêts réels de superpuissance capitaliste – dans l’espoir de nous purifier de quelque façon ?

Ou est-ce le râle d’agonie d’un empire qui disparaît sous la force des choses ?

« Non, non, » je me dis, « c’est pas possible. Tous ces signes, tous ces craquements sociaux qui ressemblent aux bruits que fait une maison qui cherche son équilibre sur un sol instable ou mouvant, ça ne veut rien dire. Rien ne change ! Rien ne peut changer ! On ira à la plage. On passera des vacances en France. Rien ne changera ! » On a probablement pensé la même chose à Saint-Pétersbourg en 1915 et 1916.

Parmi les commentateurs chez Glenn Greenwald, il y en a qui parlent beaucoup de « révolution », de « révolte », de « totalitarisme » et de changement de régime. Voici un extrait d’un commentaire qui m’a impressionné, et qui me semble assez juste :

« Things are happening right now that have nothing to do (directly) with Greenwald or anyone else individually. In a sense, we are all pawns of historical forces. In a sense, Greenwald can no more decide what to do now or in coming months and years than a billiard ball can decide which hole to fall into. He's already decided, in conjunction with events that have decided for him.

This "critical mass" Mona [une commentatrice régulière] is talking about will appear, if it does appear, faster than a sudden electrical storm. Your world - all of our worlds - could be upside down within a week in ways we cannot even conceive of as we write in this moment. Not viscerally - i.e., we can conceive of anything, but it will be no more to us than science fiction; and when things happen, if they happen, it will be unlike anything we could have imagined from outside it.

For instance: With events in Saudi Arabia right now, it's entirely possible that the American and Chinese economies will be destroyed, gone, poof, by the end of the month. And you'll see things a-poppin' like nothing else your entire life has seen or prepared you for. »

On verra bien.

Racines

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De lui je ne sais que très peu de choses – j’ai du mal même à prononcer son nom « Wauquiez » – ce n’est pas souvent, je crois, qu’on trouve des « w » en français, c’est surtout utilisé pour des mots d’origine « tudesque ».

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(Mais ses cheveux sont plus gris maintenant, hi hi)

Ce monsieur, il est, à mon avis, plutôt beau mec – à part les dents, que d’autres – de vrais méchants – ont qualifiées de « vieilles dents affreuses » mais que moi je trouve un peu petites et espacées – il devrait aller voir un bon dentiste aux Collines de Beverly pour corriger tout ça !


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« Il a une bonne gueule à la télé » – c’est ce qu’Éric Zemmour a dit, lui, lors de cette émission. C’était, selon Zemmour, l’une des raisons pour lesquelles M. Sarkozy l’aurait choisi pour devenir ministre chargé des affaires européennes. Qui sait si c’est vrai ou pas.

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Mais, tout comme son collègue de régime, le « beau mec » diplomate Boris Boillon, il a un talent pour provoquer des controverses – le beau ministre a dit, en parlant de Dominique Strauss-Kahn, à Puy-en-Velay (la France profonde, je suppose), que « c’est pas la Haute-Loire. Ce n’est pas ces racines-là. » Quelles racines donnerait-il à M. Strauss-Kahn, on se demande, qui habite, pour le moment au moins, à Washington.

Après la récente débâcle Galliano, cela m’a un peu étonné de retrouver en si peu de temps ces relents si douteux (et presque à la mode, on dirait).

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Mais il est beau, il est franco-français (même si son nom veut dire « soldat étranger »), c’est sûrement un « team player » superbe, et c’est surtout ça qui compte.

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Le caporal Bradley Manning en civil

On a enfin publié les charges contre Bradley Manning, le soldat soupçonné d’avoir divulgué les secrets diplomatiques américains par le site WikiLeaks. Il en y a maintenant un total de 34 contre le militaire emprisonné. L’accusation la plus grave serait celle d’avoir fourni de l’aide à l’ennemi. On se pose ensuite plusieurs questions, dont celle-ci :

Qui est l’ennemi ?

Ça dépend de la personne à qui vous posez la question. Pour M. Choire Sicha chez The Awl, les « vrais » ennemis des États unis, à savoir par exemple Al-Qaïda et la Corée du Nord, n’ont pas été particulièrement aidés par les révélations de Wikileaks – c’est plutôt le gouvernement et les militaires qui ont été « embarrassés » par les fuites.

Pour M. Glenn Greenwald, que le gouvernement déteste et craint pour sa logique implacable, il est possible que la justice militaire veuille désigner WikiLeaks lui-même comme l’ennemi avec qui M. Manning a été en communication. Mais cela posera de nouveaux problèmes pour la poursuite « publique » et politique de l’affaire, car dans ce cas, les journaux et certains journalistes chez The New York Times ont fait pareil, mais ils ne pourront pas être jugés par les lois militaires.

Un commentateur chez Gawker a noté un tweet qui dit le suivant : « If you think it's OK to prosecute Bradley Manning for aiding the enemy, just remember: you're the enemy they mean. » (Si vous pensez qu’il convient de poursuivre Bradley Manning en justice pour aide à l’ennemi, rappelez-vous tout simplement : vous êtes l’ennemi qu’on entend. »

L’armée insiste qu’on ne va pas demander la peine de mort – cela troublerait trop les esprits, c’est certain. Je me demande si la défense va soulever la question difficile d’obéissance d’ordres possiblement criminels – que va-t-on dire alors de Bush, de Cheney, de Rumsfeld, et de tous les autres qui ont approuvé la torture et qu’on ne poursuit point ? On n’a pas encore soulevé les principes de désobéissance aux ordres militaires criminels émanant du procès de Nuremberg.

Comme M. Obama a déclaré à plusieurs reprises, il faut surtout regarder en avant – mais ce procès va vite tourner les têtes dans le sens contraire, au grand déplaisir, j’en suis sûr, de nos gouvernants.

Mise à jour:

Cette vidéo d'un reportage allemand de l'émission Panorama télévisé sur DasErste est triste et révélatrice. On l'a traduit en anglais, suite à de nombreuses demandes d'un public en dehors de l'Allemagne. Le titre est « Les tueurs sortent indemne, le sonneur d'alarme est en prison ». À ne pas manquer, malheureusement.

On essaie de rigoler...

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Un terrain vide à remplir dans la 5e avenue

Plaisanterie tendance : Un ouvrier syndiqué, un fêtard du thé et un banquier (ou un PDG ou David Koch) sont assis autour d’une table. On leur sert un plateau de douze gâteaux secs. Le banquier (ou le PDG ou David Koch) en prend onze, puis il penche vers le fêtard du thé et lui dit : « Fais attention au type du syndicat, il veut un morceau de ton gâteau sec. »

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L'ancien ami photographié par mon iPhone hier après-midi

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Photo prise par le nouveau portable Windows7 Mobile du copain au même moment – je préfère la mienne !

Jaloux

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L’ami galeriste vient de m’envoyer cette image de Saint-Barth dans l’espoir de me rendre envieux. Il a réussi.

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Commentaires récents

  • Valérie de Haute Savoie : Ouh là tellement en retard pour cause de vacances non lire la suite
  • Édouard : Gruyart, les bars les plus intéressants pour le moment se lire la suite
  • Hub : "le mari " pourrait être la continuité de " le lire la suite
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  • Édouard : Il faut que je m'y habitue un peu – en lire la suite
  • Édouard : Merci beaucoup, Nanarf. Et merci pour la correction – c'est lire la suite
  • Nanarf : Belle traduction,mais puisque vous nous le demandez j'aurais plutôt utilisé lire la suite
  • sardinette : felicitations!!! congrats to the grooms! ;) les mentalites avancent... petit lire la suite
  • Hub : Félicitations pour le changement de sémantique pour votre époux. lire la suite
  • Cherokee : Ah....Cher Edouard ! enfin de retour... Quel plaisir de vous lire la suite

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