Bêtise et maladie, tour à tour

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La belle église de St-Malachi dans la 49e rue ouest, anciennement la paroisse de l'oncle du mari

Mercredi soir on est finalement allé voir la nouvelle comédie musicale Le Livre de Mormon, créée par les types qui avaient produit la bande animée South Park sur la chaîne ComedyCentral. On était bien sûr parmi les derniers New-Yorkais à le voir, le mari et moi, mais bon… On était assis entre une mère surmaquillée et sa fille du comté d’Orange au sud de Los-Angeles et un couple de gros du Nouveau-Jersey.

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Le théâtre O'Neill dans la 49e rue, en face de l'église catholique

Un peu décevant, en fin de compte. Il est, à mon avis, trop facile à s’en prendre aux Mormons, une secte religieuse d’une bêtise particulièrement voyante puisque d’origine plutôt récente et donc contrôlable. Le public rit nerveusement quand il entend que les noirs n’ont été « admis » à l’église qu’en 1978. L’histoire de l’église mormone est déjà d’un ridicule incontournable qu’on n’a pas besoin de la souligner trop fort. Pendant que le public riait à propos de telle ou telle absurdité, je me demandais s’il rirait aussi fort si l’on se moquait sérieusement du christianisme ou du judaïsme – prenons par exemple l’histoire du soi-disant titre de propriété de la soi-disant Terre Sainte que « Jéhovah » aurait donné aux Israélites, un sujet nettement moins drôle aujourd’hui et qui provoquerait, je pense, beaucoup moins d’éclats de rire dans aucun théâtre new-yorkais.

Mais il est aussi difficile, dans une comédie musicale ou autre œuvre artistique, à se moquer des gens et puis d’essayer de les humaniser – d’en faire des personnages pour qui on ressent de la sympathie. Les garçons mormons, qui dansent, chantent, et vivent sur scène, ne restent pourtant que des formules de BD, et non pas de vrais personnages. En plus, le principal mormon n’avait pas du tout une belle voix et les chansons sont plutôt inintéressantes – ça « choque » peut-être par les paroles, mais la musique n’est que pastiche. Pour ne pas parler des rôles joués par les noirs, les « Africains », qui frôle le racisme stupide, le « zoo humain » des « minstrel shows » d’autrefois.

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La place du Temps illuminée le soir

L’humour est facile et grossier – « Spooky Mormon Hell Dream », par exemple, est le titre d’un grand « numéro de production » où l’on voit Hitler, Jeffrey Dahmer (meurtrier anthropophage gai), Genghis Khan et l’avocat Johnny Cochran, celui qui a réussi à faire relâcher OJ Simpson. C’est vulgaire, c’est « de mauvais goût », mais pas très subversif au fond. Ça fait un sketch bête et très doucement satirique redoublé en comédie musicale professionnelle. Les banlieusards l’adorent, naturellement.

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Notre juge de paix du Connecticut qui nous a mariés en mai à Darien (non, cette photo n'a absolument rien à voir avec ce billet mais comme elle était prête...)

Hier, c’était la première soirée d’automne – la température a baissé, il y a eu un soupçon de froid. On est allé voir le film Contagion aux cinémas Chelsea Clearview dans la 23e rue ouest. Pas beaucoup de monde dans la salle à notre séance. C’est un peu froid comme film, avec quelques moments invraisemblables et illogiques d’après les faits qu’on nous présente. L’acteur Jude Law joue un blogueur désagréable qui ressemble beaucoup, à mon avis, à Julian Assange de Wikileaks.

Cet après-midi on va à la plage, où on va fêter ce soir l’anniversaire d’un des colocataires de Washington.

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