Archives octobre 2011

La veille de la Toussaint

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Pour les fans de la série TV Dr Who, le Tardis s'est écrasé contre cette maison dans la rue Perry

Oh, quelle joie, car c’est de nouveau la veille de la Toussaint, fête d’enfants appropriée par les adultes, qui devraient savoir se comporter moins bêtement ! Il y a bien sûr le grand défilé du Village qui se déroulera ce soir dans la 6e avenue.

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Un autel pour le Jour des morts mexicain dans la 7e avenue

Dans tous les restaurants vaguement mexicains on fête le Jour des morts, on a même érigé des petits autels sur le trottoir avec des cierges et des fleurs en papier et tout, comme on voit dans la photo d'un autel devant le restaurant Ofrenda dans la 7e avenue.

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L'arrivée de notre ferry dans le port des Pins dimanche après-midi

On est rentré des Pins hier après-midi sans trop de difficulté, à part des sacs de voyage bien lourds. Les serveurs et les barmen ont fêté leur libération en buvant du champagne pendant la traversée. On disait à tout le monde « jusqu’au printemps prochain ! » et on se souhaitait un bon hiver.

Le Times dit que le Parc central a subi d’importants dégâts à cause du mauvais temps samedi soir – mille arbres seraient abattus par le vent. Par ici au Village, rien de remarquable. La partie nord-ouest du Connecticut serait toujours privée d’électricité – la femme de ménage du père du mari nous texte en disant qu’elle cherche un générateur – ça ne l’amuse point, le père, d’être sans électricité, lui qui vient d’acquérir, contre les arguments sensibles de tous ses enfants de ne pas s’offrir un chien, deux chiots – des braques allemands – pour remplacer l’autre, le terrier blanc des hautes terres de l’ouest, qu’on lui avait enlevé pour cause de son incapacité d’assumer la responsabilité de prendre soin d’un animal de compagnie, juste avant la mort de sa femme. Mais la femme de ménage nous informe qu’il voudrait ou venir à New-York ou aller chez l’un de ses fils, à Boston. Et les nouveaux chiens, où iront-ils ? Silence.

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Dans la partie gris foncé au nord-ouest, il n'y aurait presque aucun courant (hi hi)

Adieu à la plage

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Une dernière promenade sur la plage aujourd’hui, avant de prendre le ferry de retour à 13 h 50


Au milieu de la tempête

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Hier il faisait beau, mais frais


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Avant la tempête, un froid soleil d'automne


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Plus de bateaux dans le port


Il fait effectivement un temps tout à fait, profondément, essentiellement exécrable aujourd'hui – du gros vent, de la pluie. L'Internet est lent, le mari s'ennuie grave, il zappe sans cesse et se plaint d'être venu ici. L'épicerie n'est ouverte que pour quatre heures aujourd'hui, une heure demain, et puis c'est fini.


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Affiche pour le dernier « thé bas »


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Personne au thé bas d'hier soir


On s'est saoulé hier soir à la Gorgée et la Pirouette, la DJ Lina est venue, tout le monde l'a saluée, elle embrassait tout le monde. Ce soir, ce sera plus fou encore.


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Une fenêtre dans la Gorgée et la Pirouette décorée pour la Veille de la Toussaint

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Dans le bar

Échapper New-York

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Les séquelles de notre visite à Sharon chez le père du mari continuent à rebondir – le fils aîné, qui habite avec sa deuxième femme dans la banlieue de San-Francisco, a envoyé un mail au mari dans lequel il revendique l’argenterie de table de ses parents qui lui aurait été promise. Mais le grand problème, c’est que le père du mari a promis n’importe quoi à tous ses enfants, lui il s’en fout, il dira toujours n’importe quoi à n’importe qui. Ce qui complique les choses.


On a dîné hier soir dans un restaurant (Tello) à Chelsea, par un temps de pluie froide, avec l’expert, un ami de longue date, qui, avec sa partenaire, était allé fait l’expertise chez le père en début de semaine. Il nous a dit que son père à lui, âgé de 93 ans, s’était comporté d’une manière similaire, avec des crises de colère subites dans lesquelles il cassait des chaises ! Il nous a recommandé surtout d’attendre avant de faire quoi que ce soit vis-à-vis du père, même s’il menace de vendre ce qui ne lui appartient pas.


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Une photo trop obscure du bar au restaurant Elmo


Mercredi soir on est sorti avec l’ami galeriste et un de nos amis à nous trois – ils avaient réservé une table chez Elmo, dans la 7e avenue.  On avait un serveur adorable, un jeune Uruguayen qui s’appelait Diego, que l’ami galeriste draguait toute la soirée.  On lui avait posé un (gros) lapin le week-end dernier et il en souffrait toujours. Le mari lui suggérait d’élargir un peu ses horizons sentimentaux, en considérant par exemple des personnes ayant plus de 25 ans (hi hi) ainsi que ceux n’ayant pas des allures de mannequin Abercrombie. Ça ne l’intéressait pas du tout !  C’est un vrai Berlusconi, l’ami galeriste.


On va une dernière fois aux Pins cet après-midi malgré les prévisions météo de pluie et même d’une neige légère. Il y a très peu de ferries maintenant et la petite épicerie ferme ce week-end pour la saison. Mais on fête la Veille de la Toussaint là-bas, d’une façon marrante, on nous dit, avec des « bals masqués » et tout. Même si on meurt de froid !

Chapeau

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J'ai envie de m'habiller comme ceci ces derniers jours – cela me fait penser aussi à un tableau de Magritte

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Le petit train de banlieue qui m'a permis de prendre fuite


J'ai donc fui la maison du père du mari assez tôt lundi matin – il m?a fallu d'abord rentrer à New-York pour le début à Birdland de l'amie chanteuse Colleen McHugh mais de toute façon je n'aurais pas pu rester, après tout ce qu'on s'est dit dimanche soir – le père m'a engueulé en me demandant, par exemple, « Ah, vous les pédés, c'est bien sale.  Tu t'essuies comment quand tu sors ta bite d'un cul ? » « Sur tes draps et tes serviettes de bain » je lui ai répondu.  « L'expert qui vient, c'est une autre tapette, lui ? » « Je pense qu'il est gay, oui. » « Typique. » « Il arrive avec une femme. » « Ah, elle doit être très laide.  Les tapettes ne veulent être qu'avec des femmes laides. » « Ah, je trouve que les gays aiment bien les belles femmes.  C'est pourquoi ton ami Corky invitait ta femme (l'ancienne, morte depuis 25 ans) à l'opéra à San-Francisco. » « Il n'était pas une tapette ! » il hurle. « C'est ta femme (la plus récente) qui me l'a dit ! » je réponds. Il s'enrage plus. Puis le mari commence : « Tu devrais me remercier d'être assis ici dans cette pièce, puisque ta femme voulait te divorcer six semaines avant sa mort, et si je ne l'avais pas dissuadée, moi et l'avocat, tu n'aurais eu rien ! » « Elle voulait me divorcer ? Salaud, tu mens ! Tu mens ! Je vais te faire virer de ton boulot d'exécuteur ! Je vais téléphoner à mon ami avocat en Californie et il te fera virer de cette qualité ! » 


Évidemment, il ne peut rien faire et ce sont des menaces futiles, mais cela donne le ton de notre séjour chez le père. Moi, je suis sorti pour me coucher, mais le sommeil m'a fui, puisque j'entendais le père qui rôdait dans la maison et je m'attendais à entendre ou un coup de fusil (il y en a beaucoup dans la maison) ou des coups furieux contre la porte faits par quelqu'un avec un couteau à la main (on est vraiment entré dans le monde des films d'horreur et en ce qui concerne les couteaux, il y en avait plein aussi dans la maison). Je me suis endormi, crevé, vers trois heures du matin. Le mari s'est réveillé, lui, vers quatre heures et il n'a pas pu se rendormir. Une nuit donc pas reposante du tout.


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La bibliothèque en désordre hier matin après l'engueulade



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Le père dit qu'il veut garder cette maison pour faire honneur à sa femme décédée – mais il la traite ainsi


Mais hier soir je suis allé voir l'amie chanteuse Colleen, qui avait son début professionnel à Birdland devant une salle remplie d'un public ami (pour la plupart). Un programme intéressant, plein de jolies chansons. Après le spectacle, on est allé manger quelque chose chez Joe Allen.



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Devant le cabaret Birdland



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Colleen chante avec son groupe à Birdland – et c'était en plus son anniversaire !



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Un public plein d'amis et d'admirateurs



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On a quitté Birdland vers 20 h 30 pour aller chez Joe Allen – les lumières de la place du Temps au fond



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L'extérieur du restaurant célèbre Joe Allen dans la 47e rue ouest



Les parents intolérables

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La maison du père



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La porte d'entrée décorée pour la Veille de la Toussaint


Cela va de pire en pire – on aurait voulu quitter la maison cet après-midi pour la laisser libre à l’agent immobilier qui avait dit qu’il allait la montrer à des clients – le rendez-vous était fixé à 13 heures et on n’est parti qu’à 14 heures, sans avoir vu personne, mais bon, ils peuvent traîner, les gens qui chercheraient une maison de fantaisie pour le week-end. On a décidé donc d’aller voir le village de Norfolk, au nord de Sharon, où nous nous trouvons, à 18 milles de distance.


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La caravane d'occasion que le père vient d'acheter – il propose d'y vivre quand il louera la grande maison pendant les week-ends (il est complètement dément)



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L'intérieur de la caravane a besoin de quelques, eum, retouches



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Dans la cuisine de la caravane (ah, il y a aussi la clime, Dieu soit loué !)



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Un morceau de tapis dhurry dans la pelouse à côté du poulailler et de la caravane, avec un tuyau d'arrosage dessus (on ne sait pas trop pourquoi)


On passe par les villages de Lakeville, où se trouve l’école Hotchkiss, de Salisbury, et de Canaan, avant d’arriver à Norfolk. Là on est allé déjeuner (rien d’autre à faire, vraiment) dans un restaurant qui occupait une partie du rez-de-chaussée d’une ancienne caserne de pompiers, assez jolie.


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Ancienne caserne de pompiers réaménagés en bureaux, restaurants, et boutiques d'antiquités


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Dans le restaurant à Norfolk


Si vous vous demandez pourquoi les Américains sont si gros, vous n’avez qu’à considérer les portions de ces plats qui en plus étaient des entrées !


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Comme entrée pour une personne, des nachos



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Et des « ailes de buffle » épicées, dont le mari avait déjà mangé un morceau



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La Salle Infinité, ex-Opéra de Norfolk, érigée en 1883 et transformée depuis en salle de concert et restaurant


Le père du mari le traite en domestique non payé et en rentrant à la maison, il a tout d’un coup demandé qu’on s’arrête à une pépinière-centre de jardinage où il va chercher une lampe pour mettre dans le hibou métallique qu’il a acheté quelque part. Le mari, qui est au volant, n’a pas envie d’arrêter – on avait un rendez-vous à la maison à 17 heures avec la femme de ménage (qui cause plus d’ennuis qu’elle ne nettoie, mais bon…) – le père hurle «  Stop this fucking car !  Turn around ! » Le mari continue. Le père prend la clef et la tourne, qui coupe le moteur. On s’arrête dans la rue principale de Salisbury, où le mari sort de la voiture complètement énervé (avec raison) et moi je sors avec lui, en disant au père, « Vous vous comportez tous les deux comme des petits enfants. »  Le père, qui n’a ni son portefeuille ni son permis de conduire, fait un demi-tour pour retourner à la pépinière et nous, nous appelons un taxi local, qui, pour 25 $, nous ramène à la maison.  Quelques minutes après, la voiture du père arrive.  Il va directement au poulailler et puis, quand il rentre dans la maison, il commence à gueuler – « Je ne veux plus t’avoir dans ma vie !  C’est fini ! Tu vas voir.  Mon avocat en Californie va te faire renvoyer de ton poste d’exécuteur, tu n’auras rien ! » L’idiot, il n’aime pas quand on le contrarie, et il va être bien surpris quand il apprendra qu’il ne pourra rien faire contre son fils, qui a tout le pouvoir de la loi derrière lui. Cela ne me surprendrait pas trop d’apprendre un de ces jours qu’il aurait essayé de brûler sa propre maison par dépit, tellement il est gâté, fou et indigné qu’on ose refuser de faire tout ce qu’il demande. Il va falloir demander l’aide des flics, je crois bien. C’est, vous vous en douterez, très difficile pour le mari, qui doit en plus subir les multiples critiques illogiques et injustes de ses frères et de sa sœur, qui n’ont aucun droit, évidemment, de faire quoi que ce soi. Mais le mari est d'accord avec moi : il ne va pas plus s'occuper des finances de son père. Qu'il s'appauvrisse lui-même de ses propres mains !


Je rentre demain matin à New-York (j’ai failli rentrer ce soir, mais je ne veux pas laisser le mari seul avec son père.) Les experts arrivent demain aussi, pour examiner et évaluer les biens mobiliers de la belle-mère – il s’agit en effet de la très grande majorité de tout qu’il y a dans la maison. Le père ne va pas être content quand il apprend qu’il n’est pas propriétaire de tout ce qui embellit sa maison.


Folie domestique

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La chauve-souris dans le hall de la maison


On le remarque tout de suite lorsqu’on arrive chez le père du mari – le désordre et l’excentricité. Il a éparpillé des sculptures à lui autour de la cour d’entrée. Dans la maison on retrouve des décorations de la Veille de la Toussaint – même une énorme chauve-souris suspendue au-dessus des quelques marches à l’entrée du salon.


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Une ménagerie de pelouches sur un canapé dans le salon



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Un renard un peu gros dans la bibliothèque


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Le valet qui parle – le père l'a mis à l'entrée de la maison


Il a acheté un valet parlant qui dit des choses comme « Voulez-vous quelque chose à boire ? De l’o positif ? » et cela l’amuse énormément. Il a aussi sorti toutes les peluches de toutes sortes d’animaux – sa femme défunte avait aimé les peluches de terriers blancs, mais maintenant on trouve tout un zoo d’animaux déposés çà et là. Il cherche aussi à « ranger » ses anciennes photographies – il ouvre les boîtes et les met par terre, puis les oublie.


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Le désordre dans le petit bureau à côté de la bibliothèque


On voit aussi un peu partout des photos de sa femme (et la mère du mari) morte il y a deux décennies d’un cancer du sein. La femme de ménage, une grosse bonne femme de la région, l’emmène dans les brocantes où il achète un peu n’importe quoi – d’anciennes fourrures, par exemple, ou une sculpture métallique d’un hibou.


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Quelques fourrures


On a eu une grosse engueulade hier soir avant d’aller dîner – il avait bien sûr oublié le nom du restaurant où il voulait aller manger et donc il a voulu y conduire, mais ce n’est plus un chauffeur acceptable, même sur ces routes plutôt vides de la campagne. Mais c’était, vous vous en douterez, une question de pouvoir, de masculinité, de contrôle – on a finalement accepté qu’il nous conduise au restaurant « innommable » et comme on n’avait pas pu réserver une table, il n’y avait des places qu’au bar. Après quelques moments de bouderie de toutes parts, on a commandé des apéritifs et le barman nous a donné des cartes.  Il a ensuite donné les clefs de la voiture au mari et la tension a par la suite baissé. On a assez bien mangé, le barman était sympa, et on est rentré très tôt à la maison, où il a sorti les bouteilles de vin diverses – du rouge, du blanc, de France, de Californie et de Nouvelle-Zélande.


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 Il nous a traités de pédés (« Mais comment se fait-il qu’une tapette soit sortie de mes burettes ? ») et moi j’ai répondu avec des injures contre de vieux hétéros débiles – on s’est vite compris, mais ce n’est pas mon père, donc c’est beaucoup plus facile pour moi de me défendre sans trop m’inquiéter d’être impertinent ou trop familier. 


Ce matin on a rencontré une femme qui va passer les matins ici, malgré les protestations du père, qui dit qu’il n’a besoin de personne.  Le père est descendu à 11 heures 45 ce matin et il s’occupe tout de suite du feu dans la cheminée de la bibliothèque – ah, les priorités !


C’est probablement la dernière fois que je verrai cette maison. 

Folie campagnarde

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L'ex-immeuble Pan Am, au-dessus de la gare Grande Centrale


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Dans la gare, le nouveau magasin Apple à venir au fond (en noir)


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Devant les guichets


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La restauration au sous-sol


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Dans le train « moderne » qui nous dépose à la station Sudouest


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Et dans les vieilles voitures qui vont de la station Sudouest à Ouassaïque (vous verrez)


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Voilà – le terminus !

Vendredi soir en ville

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Cuisine indienne, vin français

Journée assez calme. Le mari est rentré tard. On est allé manger indien, dans le petit restaurant indien Kahari dans la rue Christophe. Bonne cuisine, et pas cher. Une bouteille de Côtes du Rhône a accompagné nos repas.

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Au Rockbar, dans la rue Christophe

Ensuite le mari a voulu aller prendre un verre au Rockbar, anciennement L’Abri, où il y avait une réunion d’ours avec de vieux clips de vidéos musicales des années 80.

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Les travaux pour le nouveau magasin Apple dans la gare Grande Centrale ont commencé

Demain on va au Connecticut pour essayer de s’occuper du père du mari.

Pause Planète des animaux

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Une soirée typique aux Pins.
Chez nous, la banlieue, c’est le refuge des blancs bourgeois et riches, c’est propre, fade et ennuyeux, mais le ghetto, c’est sale, c’est vivant, c’est là où se crée la langue qu’on entend de plus en plus chez les jeunes (tout comme en Angleterre, où les jeunes royaux parlent un anglais dit « d’estuaire », aux sonorités quasiment cockneys, et non pas l’anglais aristocratique de leurs parents et grands-parents).

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La boutique de Jean-Michel Cazabat vient d'ouvrir dans la rue Bleecker

Il est donc tout à fait marrant d’imaginer deux hommes blancs (et républicains, qui plus est) d’un certain âge (cela veut dire vieux) s’exprimer dans l’argot du ghetto noir, avec une forte nuance de travestis noirs (comme la célèbre Shequida, qui s’en sert à merveille et avec un succès fou). Voici un dialogue plein d’esprit, à vrai dire une traduction de ce qui s’est passé hier soir chez les républicains de « 'Straight' White Republican Douchbaggery to Gay Cunty Shade » proposée par un lecteur noir, Snappy Black Queen, du blog Joe.My.God, en réponse aux clips qu’il a publiés des deux grands candidats républicains qui s’attaquent comme des garces de ghetto. Je n’ose pas essayer de le traduire, tellement c’est drôle, argotique, et ironique. (Ms Perry, c'est bien sûr Rick Perry, gouverneur du Texas, et Ms Mittenz, c'est Mitt Romney, que beaucoup de monde appellent ironiquement Mittens, c'est-à-dire Mitaines.)

Ms. Perry: Real talk? REAL TALK! ALRIGHT, HOW THIS BITCH GONNA STAND UP HERE AND ACT LIKE SHE AINT HIRE MIGUEL AND 'NEM TO COME AND DO HER LAWNS FOR LIKE A YEAR?

Ms. Mittenz: *shock* WHAT? OH no, you is a mess I don't even- 

Ms. Perry: No bitch you a lie! You iz a lie! Thats all I know. with your lyin' ass.

Ms. Mittenz: Exactly, so since thats all you know and all you know is a bullshit, why don't you sit down, honey.

Ms. Perry: Bitch, what?

Ms. Mittenz: I said you needs to sit down? Andy? make her sit down? She bores me. She looks tired with all those bags under her eyes and its affecting her thought process. And tell this bitch not to come for me unless she comes correct.

Ms. Perry: Oh I KNOW IM CORRECT CAUSE I SAW MIGUEL AND NEM THE OTHER DAY AND HE TOLD ME!      

Ms. Mittenz: I. Was. Talking. RUDE.

Ms. Perry: I dont give a fuck! Is this the face of a person who gives a fuck, cause I dont give a fuck.

Ms. Mittenz:"i know this is a little hard for you- cuz you new to the game- but lemme tell you how a debate works 'cause obvi you don't know."

Ms. Perry: *bitch glare* "Oh honey please tell me." 

Ms. Mittenz: "Oh darling I will. See I talks and then when I'm done then you can talk. Andy, fill her in 'cause she don't know no better..."

On verra ce dialogue approprié probablement par les comiques de l’émission Saturday Night Live samedi prochain.

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On y trouve une sorte de cheminée avec un feu numérique

 Hier soir le mari a voulu dîner dehors, mais on ne fait pas partie du 1 %, on a choisi un « diner » pour nous restaurer. En rentrant à l’appartement, on a remarqué de nouvelles influences françaises dans la rue Bleecker, dont la nouvelle boutique de chaussures de Jean-Michel Cazabat et la boutique Diptyque tout récemment rénovée. Ils sont jolis tous les deux, mail il faut du fric pour pouvoir y acheter quelque chose.

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La boutique rénovée de Diptyque dans la rue Bleecker – un peu lugubre, non ? Mais on prépare peut-être pour la veille de la Toussaint

Guerres techno-domestiques

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Ce portable génial aurait résolu tous mes problèmes


Il n’est pas toujours facile de vivre avec un as informaticien qui le trouve tout à fait incompréhensible qu’une personne ne connaîtrait pas la différence profonde et sans doute métaphysique entre un câble USB 2 et un autre USB 3. Hier soir, par exemple, en essayant de télécharger des photos chez Grindr, je me suis rendu compte que mon iPhone 4 (non, pas la dernière version 4S, à laquelle j’ai « droit » à partir du 15 novembre, il paraît) ne se servait pas du WiFi qu’on a au salon – WiFi qui porte toujours le nom de ma mère défunte pour qui on l’avait acheté – c’est drôle, la postérité, n’est-ce pas ? – et j’ai donc, tout naturellement, il me semble, puisqu’il est quand même chef d’une société de service informatique, demandé au mari pourquoi je ne pouvais pas de joindre le WiFi du salon. Lui s’était déjà retiré à la chambre à coucher où il regardait la télévision – j’ai donc dû l’interpeller en criant « Ça maaarche paaaas, le WiFi ! » J’avais d’abord cliqué sur « Settings », ensuite sur « Wi-Fi », et j’avais marqué « choisir un réseau ».  J’ai tapé le mot de passe.  Rien.  C’est alors que j’ai demandé de l’aide au mari.  Qui n’était pas content d’être importuné !  Il me traite, typiquement, en demeuré. « Montre-moi le portable » il me demande, d’un ton blasé. « Voilà ! » Il fait la même chose que moi, ça ne marche pas. « Ah, il faut peut-être que tu te joignes à l’autre Wi-Fi, qui n’est pas bibande. » Ah ? Bibande ?  Ça veut dire quoi ?  Qu’est-ce que c’est que cette putain de bibande ? Je me reconnecte au Wi-Fi IEEE802.11g (mais qu’est-ce que c’est que ce IEEE et cetera ???) et enfin ça marche. (Finalement, il paraît que l’iPhone se sert de 2,4 GHz et non pas de 5 GHz, configuration du premier Wi-Fi.)  Mais je ne comprends toujours pas pourquoi. Mais il peut être un vrai salaud, le mari. Et je l’ai fait savoir.

Pour l’Américain que je suis, le 17 octobre ne suscite rien de trop extraordinaire d’un point de vue historique, mais j’ai eu la chance ce matin de cliquer sur le site des correcteurs du Monde, Langue sauce piquante, où j’ai trouvé ce billet, remarquable pour plusieurs raisons. D’abord, il y a les ressemblances avec ce qui se passe ici aux USA dans la guerre mondiale contre le terrorisme™ – la peur de l’immigré (la barrière électrique létale entre les États-Unis et le Mexique proposée par le candidat républicain Herman Cain (qui a plus tard expliqué qu’il plaisantait), la peur de l’Autre (le couvre-feu imposé par le collabo préfet de police de Paris Maurice Papon aux personnes d’origine algérienne en 1961 (on a arrêté pas mal d'Espagnols, d'Italiens et d'autres qui avaient l'air d'être Algérien) et « l’interdiction » ridicule de la loi sharia, qui n’a en l’occurrence jamais été en vigueur nulle part aux É-U, en Oklahoma en 2010, en notant les enquêtes poursuivies par les services de renseignement de la police new-yorkaise (et probablement illégales, mais la loi ne compte plus quand il s’agit de nous « protéger » contre le terrorisme) sur leurs « amis » musulmans. Il y a aussi la présence de fascistes criminels comme Papon – chez nous il y a eu Bernie Kerik (emprisonné), le vice-président Cheney (qui prospère), et bien d’autres. Nous, nous avons nos « drones » pour nous débarrasser de gens que nous n’apprécions pas – M. Papon avait ses voyous paramilitaires, la FPA, qui faisait bien son travail, avec entre 70 et 200 de protestataires tués dans ce qu’on appelle Le massacre du 17 octobre 1961. Le Monde offre un émouvant rapport photographique de cette journée meurtrière. Ici, nous avons aussi nos protestations illégales – jusqu’à présent il n’y a pas eu de mort, mais ça viendra sûrement. Une bêtise, un accident, un accroc qui tourne mal. Et puis on verra.

Ce clip fait le tour des blogs ce matin – il s’agit d’un Marine en uniforme qui engueule les flics lors de la manifestation par les gens d’Occupy Wall Street dans la place du Temps samedi soir dernier. 
 

Il crie aux policiers « There is no honor in this ! » D’après leurs expressions, les flics le savent aussi.

Statues métropolitaines

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La statue d'Andy Warhol près de la place de l'Union – c'est par l'artiste Bob Pruitt

Encore une journée de détente – on est allé, tous les deux, au gymnase assez tôt et de retour à l’appartement, le mari a insisté qu’on aille bruncher quelque part. On a donc choisi Westville à Chelsea, où il y avait déjà pas mal de monde. On nous a donné une petite table dans la vitrine à deux pouces d’une table de deux jeunes femmes bavardes aux voix aiguës – elles se plaignaient de leurs patrons (dont une était une femme apparemment difficile – « she sucks » ou « elle craint ») et d’avoir à voyager trop (l’une partait pour Dallas dans la semaine). Le brunch terminé on est allé faire un tour dans le magasin de sport Paragon, une escale chez les libraires Barnes & Noble avant de traverser le parc de la place Madison. On est ensuite allé examiner les derniers lecteurs et tablettes chez Best Buy. On est passé devant les cinémas Regal et le mari a tout d’un coup suggéré qu’on aille voir le film Footloose, qui commençait à 13 heures. Assez débile, en effet. Même très. Le mari a poussé de longs soupirs très bruyants pendant quelques mauvais moments (j’ai dû le frapper plusieurs fois pour le faire arrêter, c’était quand même sa faute qu’on était là).

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Sculpture d'éléphant (« Gran Elefandret ») s'élévant sur sa trompe, dans le coin sud-est de la place de l'Union – c'est par l'artiste espagnol Marcel Barceló

Le frère du mari est chez le père de celui-ci, à la campagne. Sa femme est avec lui – le père ne l’aime pas du tout – on attendait le pire hier soir, mais on n’a pas téléphoné. Cet après-midi, pourtant, on l’a eu, le message qu’on espérait (je suis méchant, je le sais) dans lequel le frère expliquait comment il aurait tué le père sans l’intervention de la grosse (très grosse) femme de ménage qui a passé la nuit dans la maison. Elle envoie des textos au mari appelant le père « Dad » – ma foi, c'est du vrai Tennessee Williams. Avec un soupçon d'O'Neill. Et un rien d'Ibsen. On se demande ce qui va arriver ce soir.

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Le début de l'avenue du Parc dans la place de l'Union – c'est l'ancien immeuble Pan-Am au fond (maintenant, c'est l'immeuble Met Life)


Journée en ville

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Le musée de Brooklyn

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Les bourgeois de Calais de Rodin dans l'entrée du musée

On a donc réussi à accomplir plusieurs de nos projets aujourd’hui – le mari est allé faire un peu de course à pied et une courte séance de muscu tandis que moi, je m’appliquais à compléter la grille de mots croisés de samedi. Vers 11h30 on est allé à pied à la place de l’Union pour prendre la ligne N° 4 (parties des lignes 2 et 3 ne fonctionnant pas ce week-end, à cause de travaux) jusqu’au musée de Brooklyn, où il y avait une exposition de tableaux d’Eva Hesse que j’avais envie de voir. On a pris l’ascenseur pour aller au 5e étage (c’est dommage qu’il n’y ait pas d’escaliers commodes dans ce musée), où il y avait une expo d’un artiste qui s’appelle Sanford Biggers, que je ne connais pas.

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Une sculpture de Sanford Biggers

Œuvres multimédias, à propos de l’esclavage et de l’expérience noire aux É-U. Le gardien de musée dans la salle, un petit vieux (plus vieux que moi, même !), m’a dragué, moi, en se présentant et en me disant où il vivait (les Hauteurs de Brooklyn, en l’occurrence). Le mari s’en est tout à fait moqué, ce qui est fort typique de lui.

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Une jolie huile de John Singer Sargent

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Une gamme de Néfertitis

On a fait un tour des galeries du 5e et ensuite on est descendu, par un escalier trouvé, au 4e, où l’on a vu l’expo Hesse ainsi que l’installation permanente (je crois) de la célèbre œuvre de Judy Chicago, Le Dîner.

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Tableau/portrait double d'Eva Hesse

On a quitté le musée pour aller voir ce qui se passait au parc de la place Liberté – on est sorti du métro à la station Boulingrin, d’où nous sommes montés ver le parc par Broadway, qui était plein de touristes par un temps doux et, pour la plupart, ensoleillé.

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On monte Broadway en direction de la manifestation dans le parc Zuccotti

La vie continue

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Après les récentes semaines mouvementées, la vie semble bien calme maintenant et je reprends la routine d’avant-été. En principe on pourrait toujours aller aux Pins ce week-end, mais comme il est prévu être couvert et plutôt frais, c’est moins tentant. Le mari et moi, nous avons été tous les deux réveillés hier soir, vers une et demie, par un orage assez violent qui est passé au-dessus de nous – ça a dû être dur pour les protestataires au parc de la place Liberté (qu’on a renommé le parc Zuccotti d’après le PDG de la société immobilière Brookfield à qui appartient l’espace et qui a été, ce « parc », un cadeau en quelque sorte au public pour permettre un édifice (place Liberté, n° 1) plus haut que prévu légalement.) De toute manière, on apprend ce matin que le propriétaire aurait retiré leur demande à la police de vider le parc afin de permettre son « nettoyage sanitaire ». Ce qui aurait mené, évidemment, à des incidents probablement violents. Donc, pour le moment, c’est toujours l’impasse entre les protestataires et les soi-disant autorités.

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« C'est Superman, le coupable ! »

Anniceris nous propose de drôles versions de héros de BD qui expliquent pourquoi ils feraient partie des 1 %, c'est-à-dire de ceux qui s'opposeraient aux 99 %. (Et ce Lex Luther me semble curieusement baraqué. Il a dû avoir engagé un entraîneur, n'est-ce pas ?)

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Il y avait quand même du monde au vernissage

Hier soir on est allé à un petit vernissage pour un peintre ami et malgré le sale temps qu’il faisait, il y avait du monde – les jeudis sont les jours favoris pour les vernissages à New-York, puisque les riches qui peuvent se payer des tableaux partent à la campagne les week-ends – ce qui a dû le rendre content, l’artiste.

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Il s'agit évidemment d'un peintre « réaliste »

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Mais tous les tableaux n'avaient pas le même style, comme celui-ci, avec les coups de pinceau beaucoup plus relâchés, et d'une composition plus sombre

Quittant la galerie, j’avais grande envie de manger du poulet rôti et l’on a donc dîné à la Bottega, le restaurant italien de l’hôtel Maritime dans la 9e avenue – agréable ambiance, un peu comme Pastis, mais en moins tapageur (et moins emprunté).

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Oui, il faisait plutôt sombre dans la salle et je n'ai pas utilisé de flash


Par curiosité on a commandé, en plus d’une macédoine de fruits, une pizza dessert au Nutella (voici une recette de chez Marmiton) qui n’était pas mauvaise du tout, mais trop grande (parce que trop riche) pour deux personnes.

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Et la pizza au Nutella, avec des bananes et une sorte de crème anglaise sur la pâte

Le mari est en train de commencer la vente de l’appartement de la belle-mère – le marché immobilier à New-York serait plutôt anémique et l’appartement n’a rien de très distingué, à part son adresse dans l’avenue du Parc, qui compte, il est vrai, pour beaucoup pour beaucoup de gens. Il commence donc à avoir des entretiens avec des agents immobiliers amis et recommandés. Le père se croit toujours propriétaire de l’appartement (il a tort) et il propose d’y loger des membres de la famille ou des amis (il n’a pas droit de le faire, et l’immeuble interdit aussi les visites de tiers non accompagnés du résident sans permission préalable, mais le père se moque de ce genre de règlements.)

Casus belli ?

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Je viens de commencer à lire les articles sur le complot d’assassinat supposé de l’Iran contre l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Washington – dans le Guardian on note la possibilité d’un « coup monté » par des gens qui chercheraient à trouver une raison de guerre sans appel entre les États-Unis et l’Iran. Dans l’article du New York Times de ce soir, on retrouve certains doutes aussi sur le bien-fondé des affirmations officielles. « Experts on Iran expressed astonishment at both the apparently clumsy tradecraft and the uncertain goal of the intended mayhem on United States soil. » Les commentaires à cet article les plus recommandés semblent ne pas trop croire les assurances du ministère de la Justice, comme celui-ci: « I don't believe this for one minute. Why would Iran risk war with the U.S.? This is a lie meant to justify the U.S. or Israel attacking Iran. Once again the American people will be complicit in the commission of a crime. » Ou « Tout ça, c’est un conte fantaisiste vraiment ridicule. » On verra — peut-être.

Retour à la normale

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Journée quasi fériée (pour la fête de la « découverte » des Amériques en 1492 par le navigateur italien Christophe Colomb au service des rois Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon) chargée de petites affaires – après l’agitation de la semaine dernière, cela fait du bien de pouvoir retourner à l’ordre habituel, sans être obligé d’aller passer chez quelqu’un avant de renter chez soi ou de résoudre un problème d’urgence.

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Cette photo n'a absolument rien à voir avec le sujet de ce billet, mais le mari, qui l'a prise dans le métro il y a quelques jours, me l'a gentiment envoyé en sachant combien j'apprécie ce genre d'homme qui travaille avec les mains

On recherche tout de même des solutions pour l’avenir du père du mari, qui reste pour le moment au Connecticut, dans le comté de Litchfield. Mais on trouve qu’il ne peut pas rester seul – il oublie, par exemple, de prendre ses médicaments – et il commence des projets de « réorganisation » des placards et des commodes qu’il n’arrive pas à terminer, ce qui entraîne le désordre dans la maison. L’une des solutions serait de le faire déménager en Californie – il aurait, il paraît, une ancienne petite amie qui habite La Quinte, ville au sud des Sources des palmiers, lieu de villégiature célèbre, à trois heures de voiture à peu près des Anges (vous devinerez de quelle ville il s’agit). Une autre possibilité serait de lui trouver un appartement dans le village pittoresque de La Petite Saulaie ou Sausalito (en version espagnole), au nord de Saint-François (que vous reconnaissez sans doute). Dans les deux cas, il y a des possibilités d’obtenir des services d’aides-soignants sur place. Mais va-t-il être d’accord pour quitter la côte est, où il n’est pourtant qu’un immigré assez récent ?

Le mari m'a aussi apporté les livres que j'avais commandés chez Amazon.fr et qu'on avait livrés au bureau – il y a de quoi passer des heures de lecture (Le Grand Meaulnes, Jacques le Fataliste, Illusions perdues, et Notre-Dame de Paris, les grands classiques, quoi !)

Pourquoi on manifeste

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Ce clip a été publié par un commentateur chez Gawker – je connais le film de nom seulement – personnellement, je n’ai jamais trouvé le jeu de Charlie Chaplin très marrant, mais bon, c’est une opinion comme les autres, et des gens beaucoup plus intelligents que moi l’aiment beaucoup. Mais cela m’a frappé combien les paroles de ce discours « comique » à la radio qui termine, après une intrigue compliquée, le film Le dictateur, réalisé en 1940, me semblent valables aujourd’hui, plus de 70 ans plus tard.

« The misery that is now upon us is but the passing of greed... » La misère qui est tombée sur nous n’est que la disparition de l’avarice. Le texte complet du discours (en anglais) est ici. C’est remarquable.

Il est utile aussi à noter aussi que le gouvernement américain, par l’action entreprise du directeur très charmant du FBI J. Edgar Hoover, a refusé de permettre à Charlie Chaplin de rentrer aux USA, où il avait habité de 1914 à 1953. À cause d’activités soi-disant « anti-américaines » créées par le sénateur Joseph McCarthy, qui n’avait pas pensé à faire passer le Patriot Act, que d’autres droitistes, avec l'aide de plusieurs démocrates peureux, feront passer en 2001. M. Chaplin s’est retiré à Vevey, en Suisse.


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Oui, je suis rentré à New-York ce matin par un temps merveilleux – mais j'ai voulu accompagner le mari et j'ai attrapé aussi un rhume énervant que je soignerai plus facilement en ville


J’avais entendu parler quelque part qu’on allait établir une seconde « Assemblée générale » pour la manifestation Occupy Wall Street dans le parc de la place Washington, tout près de chez nous dans le Village. Rentré tôt de la plage avec le mari, qui a rejoint sa sœur pour faire un peu de ménage dans l’appartement de la belle-mère avant qu’elle ne parte pour Los-Angeles demain, j’ai donc fait un petit tour dans le parc – il y avait du monde, mais aucune indication d’une manifestation. J’ai vu des saltimbanques, quelques musiciens jazz et classiques, un groupe rock, mais pas de militants. Du moins, pas aujourd’hui.

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Au milieu du parc de la place Washington

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Un jeune pianiste roux dans le parc

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Les gens en rouge (hommes et femmes) sautent au-dessus des enfants au milieu (et de quelques adultes, aussi)

L'été indien

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On a donc pu profiter de ces beaux jours d?été indien ? j?ai quitté New-York vendredi après-midi avec une masse de pratiquants juifs en kippa qui rentraient chez eux avant le coucher de soleil et le début de la fête solennelle de Yom Kippour. Le mari m?a suivi quelques heures plus tard. On a trop bu, certes, mais entre amis, et l?on s?est remis un peu des derniers événements de la semaine dernière. Voici quelques photos.


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Un hydravion amerri dans la Grande Baie du Sud – un taxi aquatique est venu chercher les passagers pour les déposer aux Pins


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Notre étrange salon composé de meubles abandonnés le long des années par de propriétaires morts ou partis de l'île


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Notre petite maison, ma dernière location aux Pins, je crois



Une soirée de répit

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Dans la 6e avenue à l'angle de la 20e rue ouest, vers 18 heures

Pour la première fois depuis quelques jours on n’avait rien de prévu hier soir – j’avais cru, à tort, qu’il y avait un vernissage à la galerie de l’ami galeriste pour un artiste qu’on aime bien mais c’était pour la semaine prochaine – détail que j’ai découvert lorsque j’allais à pied vers Chelsea, habillé d’une façon un peu, hum, trash, c’est-à-dire en t-shirt brun col V assez moulant et jeans Levis noir. J’ai vite envoyé un texto au mari, qui quittait le bureau pour aller à Chelsea, et nous nous sommes convenus de nous rejoindre au bar Boxers dans la 20e rue ouest. J’ai ensuite texté à l’ami galeriste, l’invitant de nous retrouver au bar s’il était libre. Il a accepté. On s’est donc retrouvé à Boxers, le mari et moi, lui en vêtements de travail assez moches (hi hi) et moi, séduisant (comme seulement les vieilles tapettes qui essayent de faire jeune peuvent l’être). J’ai enlevé mon sweat à capuche noir et je me suis assis sur un tabouret au bar, à côté du mari, qui buvait un bock de bière (il est tellement macho, lui). Il y avait quand même du monde – le bar est assez grand, les barmen jeunes, beaux et torse nu pour la plupart, on y voit pas mal de filles avec des amis, c’est un bon endroit pour voir ses amis après le boulot, et en plus on y offre deux boissons pour le prix d’une jusqu’à 20 heures, donc ce n’est pas cher. L’ami galeriste est arrivé finalement et on a commandé de nouveau des boissons – une vodka au jus de canneberge pour moi, mais la boisson favorite de jeunes homos qui font attention à leur ligne serait une vodka soda, boisson infecte (à mon avis) mais où il n’aurait de calories que dans la vodka.

L’un des barmen m’a fait les yeux doux, ce qui m’a ravi, bien sûr – la lumière obscure dans le bar a sans doute aidé à le tromper – et pour le remercier je lui ai laissé un pourboire un rien excessif – c’est l’obligation, je trouve, des vieux de veiller à ce que les jeunes aient de quoi survivre en ville.

Ensuite on est allé dîner chez Elmo, dans la 7e avenue, ce qui fait un peu succursale du monde des Pins. Là on a eu deux bouteilles de Malbec en discutant des possibilités d’aller s’installer au Brésil. C’est moins cher sans doute de rester aux USA, dans une ville pauvre comme La Nouvelle-Orléans.

La suite

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L'entrée de l'immeube où se trouve le cabinet de l'avocat de la belle-mère – l'adresse officielle est dans l'avenue Madison mais l'entrée se trouve dans la 42e rue est

Je suis arrivé au cabinet de l’avocat de la belle-mère avec deux minutes de retard. Le mari, son père et sa sœur, ainsi que l’avocat lui-même, se trouvaient déjà dans la petite salle de conférences (le cabinet n’est grand, il n’y aurait que quelques avocats et deux secrétaires) et à mon arrivée le mari a allumé le petit OVNI pour ajouter téléphoniquement son frère, de retour à Boston, à la réunion.

L’avocat est le fils de l’ancien avocat de la belle-mère, qui serait maintenant à la retraite. De taille moyenne, il avait l’air plutôt jeune sauf qu’il perdait ses cheveux. Il avait aussi le visage tout rouge, comme s’il avait été dans le soleil sans avoir appliqué suffisamment d’écran solaire. Il portait un costume d’un bleu foncé qui ne lui allait pas à merveille à cause de son teint, et des chaussures brunes. Il était poli, mais réservé.

Il a commencé la réunion en disant qu’il s’agissait d’un testament des plus ordinaires, plein de formules passe-partout, où tout était légué au père du mari. Lui, en manteau de poil de chameau au bout de la table, a eu un grand sourire en entendant cela.

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Dans la 42e rue est, ayant quitté le cabinet de l'avocat

L’avocat n’était pas rusé, dans le sens qu’il n’a strictement pas triché, ni menti, mais il a pourtant évité de souligner les parties les plus préjudiciables au père du mari, qui parlait de chiens de chasse et de l’ancien grand appartement des parents de l’avocat. Moi, j’avais déjà lu le testament et je m’étonnais un peu de la légèreté avec laquelle l’avocat a traité certains paragraphes, mais j’ai vite compris qu’il a agi ainsi pour ne pas alerter le père du fait qu’il n’aurait aucun contrôle de l’argent qu’il allait hériter.

Le père a donc signé le document nécessaire que l’avocat allait ensuite déposer chez le tribunal afin d’avoir au plus vite possible les soi-disant « lettres testamentaires » qui autoriseront le mari à agir en Exécuteur du testament. Une fois ces lettres reçues, on pourra ensuite ouvrir un compte en banque pour la succession et passer au paiement des factures pour les funérailles, etc.

Il y a eu pourtant une petite instruction un peu vague dans le testament qui sera, en toute probabilité, la source de beaucoup d’ennuis et de mécontentement général envers le mari – une faute de l’avocat qui avait rédigé le testament, à mon avis – dans laquelle on demande à l’Exécuteur de distribuer tous les biens mobiliers de la défunte au père et à ses quatre beaux-enfants, dans une valeur monétaire plus ou moins égale pour ces quatre. Quand j’ai demandé à l’avocat, le père étant parti à la collection Frick avec sa fille, si cela voulait dire que les cinq personnes citées devraient avoir chacune 1/5 des biens immobiliers (et je note ici que le père croit qu’il a tout hérité et il n’a aucune envie de partager quoi que ce soit avec ses enfants), il a haussé ses épaules en disant « C’est selon les vœux de l’exécuteur. »

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Le mari avait faim en quittant l'avocat – on est donc allé aux restaurants souterrains de la gare Grande Centrale en face pour lui trouver un petit pot de chile con carne

Hier, sans moi, la sœur a fait des paquets de vêtements à envoyer aux femmes et aux filles dans la famille – elle a déjà piqué tous les colliers de perles et le mari a dû lui dire qu’il faudrait les partager. Le mari de la sœur vient de demander de savoir, lui aussi, les provisions du testament, que le mari va envoyer à tout le monde en version PDF ce matin. Les vautours rôdent déjà autour de l’avenue du Parc.

Je plains donc les successeurs de Steve Jobs et j’espère qu’il aura laissé un testament plus facile à administrer.

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Dans le bureau des prompes-funèbres, en attendant les cendres


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Les voilà, dans un sac à main plutôt chic


Hier, c’était bien la journée J en ce qui concernait les funérailles de la belle-mère. Le mari avait consenti d’aller chercher les cendres pour les ramener à l’église et je l’ai accompagné aux pompes funèbres, où l’on nous a apporté un sac très BCBG contenant les cendres. Le copain a signé quelques papiers et on a ensuite quitté l’immeuble. La belle-mère a fait donc sa dernière promenade dans l’avenue Madison sans un sac marron, devant les galeries, les boutiques de vêtements, l’hôtel Carlyle, le musée Whitney et les deux grands magasins Ralph Lauren qui sont face à face dans l’avenue Madison. 


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L'immeuble très parisien du « nouveau » magasin Ralph Lauren dans l'avenue Madison – le premier est en face, dans un hôtel particulier style gothique


L’église de St-James est belle, construite dans un style néo-gothique. C’est aussi l’église la plus chic et la plus mondaine de New-York, mais le jeune prêtre était très sympa et l’on nous a traités avec une simplicité vraiment élégante. On a fait assembler la famille dans une petite salle à côté de la chapelle et après une brève prière, on nous a menés dans la chapelle. Le service s’est passé parfaitement. La musique était belle (surtout le solo et le postlude).


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Dans la petite chapelle


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Le mari qui attend patiemment dans la salle d'attente pour la famille


Ensuite on est passé à un club dans le quartier où on avait organisé une petite réception. Cela s’est bien passé aussi. La belle-mère aurait été contente, et c’est cela qui est le plus important.


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Dans la salle de treillis pour la réception


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Quelques amis de la belle-mère


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Il y a une jolie terrasse qui donne sur l'avenue du Parc


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Avec une vue intéressante – c'est la tour de l'hôtel Pierre au milieu


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On est passé à l'appartement des parents, dans cet immeuble blanc, avant d'aller chercher les cendres à l'église


On est rentré chercher les cendres à l’église qu’on a transportées chez nous par métro, moyen de transport public dont la belle-mère ne se servait pas ! Les cendres resteront chez nous jusqu’au moment où l’on aura déterminé si l’on pourra les déposer à côté de son premier mari, qui est enterré au Cimetière national d’Arlington, en Virginie. Il faut demander une dispense de l’administration des cimetières des Forces armées, puisqu’elle s’est remariée au père du mari après sa mort. Rien n’est facile.


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De retour au Village, par un temps un peu douteux

Entente temporaire

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On n’est allé à l’appartement de la belle-mère que vers 16 heures, après avoir fait un peu d’exercice à la salle de sport. J’ai peaufiné le service funéraire – il était surtout question de choisir la musique et de choisir un texte du Vieux Testament que le frère du mari lira. (Je ne savais pas qu’un membre du clergé doit lire tout passage de l’Évangile.) Il y aura donc du Franck, du Vaughan Williams et du Bach. Je dois retaper et réviser les remarques de la sœur du mari, qui les a rédigées à bord l’avion qui l’emmenait, avec sa belle-mère à elle, de Los-Angeles. Cette belle-mère qui a partagé une chambre avec la défunte lorsqu’elles étaient étudiantes il y a plus de cinquante ans au collège Vassar. La défunte, dont le mari était mort de la maladie de Parkinson, s’est mariée avec le père de mon mari il y a une vingtaine d’années après l’avoir rencontré, récemment veuf lui aussi, à un dîner d’amis à la station chic de la Plage aux galets (ou Pebble Beach, pour ceux qui préfèrent VO), célèbre pour ses golfs qui donnent sur le Pacifique. Ils ont eu un mariage mouvementé, dans tous les sens – ils ont changé d’appartements comme les oiseaux changent de nids. Ils ont même passé deux années à San-Francisco, que la belle-mère n’a pas aimé, avant de rentrer à l’avenue du Parc, son terroir préféré.

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Beignets chinois qu'on a mangés hier soir

Hier soir on s’est rassemblé dans l’appartement (un appartement dit « coopératif » dont les « actions propriétaires » font partie du legs de la belle-mère et qui n’appartient donc pas au père du mari) pour finaliser le service religieux et ensuite pour aller dîner ensemble, peut-être pour la dernière fois. On a choisi un restaurant chinois plutôt minable que je ne vais pas nommer, mais où les tablées saoules et bruyantes ne troublent pas trop. Le père, toujours aussi fou et aussi inapproprié, a sorti par accident de la poche de sa veste des photos peu convenables d’une ancienne petite amie en cherchant sa troisième carte de crédit (que l’on ne lui avait pourtant pas demandée), après en avoir déjà perdu deux hier.

Ces histoires d’héritage ne vont pas être amusantes, c'est certain – le testament signé par la belle-mère va surprendre son mari, qui croit toujours qu’il va hériter toute la succession. Mais ce n’est pas le cas – elle a laissé tout en fidéicommis, dont le grevé de disposition serait mon mari en faveur du fidéicommissaire, son père. Et quand le père mourra, le legs devra être divisé en parts égales entre les enfants de son mari (sa belle-fille et ses beaux-fils) – ce qui met, évidemment, les intérêts du père en opposition directe de ceux de ses enfants, ce qui n’est pas très malin, à mon avis. Le testament ordonne aussi la division immédiate de tous ses biens « mobiliers », c’est-à-dire des meubles, des tableaux, des bijoux, des vêtements, et ainsi de suite, entre les cinq « intéressés », son mari et ses quatre enfants – voici un nouveau champ de bataille, parce que le père va tout revendiquer, puisqu’il aime bien, naturellement, être entouré de belles choses et ne voudra pas croire que sa femme les lui aurait ôtées. On ne va pas lui dire qu’elle a cherché à le divorcer à peine trois semaines avant sa mort, mais son avocat lui avait dit que cela prendrait trop de temps et qu’il lui faudrait dépenser trop d’argent. C’est tout un roman de famille digne de Flaubert ou de Trollope.

C’est ce mercredi donc, après les funérailles de demain, que le père sera mis au courant, dans le cabinet de l’avocat, des termes du testament. Comme bénéficiaire principal, il doit signer son approbation du testament pour qu’on puisse procéder à l’homologation. S’il refuse de signer, je ne sais pas ce qui va arriver alors – surtout qu’il faut de l’argent à mon mari, l’exécuteur testamentaire, pour payer tous les frais funéraires, la crémation coûtant à peu près 10 000 dollars à elle seule.

Weekend, et plus

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Une « fête de rue » dans la rue Christophe hier – le mari les déteste, ces fêtes

On a profité hier d’un court congé des obligations familiales (le frère du mari s’occupait du père) pour prendre le brunch à Village Natural et pour aller voir ce qui se passait dans le Quartier financier avec les militants d’Occupy Wall Street.

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Une sculpture de l'artiste Louise Nevelson dans le quartier financier (devant la banque de la Réserve féférale de New-York)

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Ces rues étroites et ces gratte-ciel énormes créent des canyons urbains – ici, c'est l'immeuble de la JPMorgan Chase à gauche, et celui de la banque fédérale de réserve de New-York à droite

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Le Dubuffet de la place Chase, acheté à l'époque où la banque Chase Manhattan se sentait obligé de ne pas penser qu'à son profit

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La rue du Mur bloquée – c'est pathétique, le succès continu des petits esprits autoritaires un peu partout, à redéfinir « la sécurité »

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La façade de la Bourse de New-York, déserte, barricadée, protégée par tous les pouvoirs du jour

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Une élégante sculpture dans la cour de l'église de la Trinité, au bout de la rue du Mur – l'arbre Trinité, créé par l'artiste Steve Tobin, qui a moulu la souche d'un arbre qui aurait protégé la chapelle de Saint-Paul de débris du World Trade Center lors de l'attaque en 2001 – l'arbe a été renversé mais les branches ont protégé le bâtiment

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La tour « ex-Liberté », maintenant redevenue numéro 1, Centre de commerce mondial

Le point de rassemblement, le parc Zuccotti, ne nous était pas connu de nom, et donc on a erré un peu dans les rues étroites et entre les immeubles avant de nous retrouver au bon endroit, un petit parc qui longe l’immeuble 1 Liberty Plaza, où il y a une succursale du magasin de vêtements Les frangins Brooks (merci, Le Piou, d'avoir osé cette traduction délicieuse). Là, il y avait évidemment du monde, les sacs de couchage un peu partout, une sorte de cantine au milieu. Beaucoup de jeunes, et de vieux hippies. On dessinait de petites pancartes à la main. Tout y était très calme, assez bon enfant, même – les flics, en général de gros types un peu rondelets de la préfecture de police de New York, nous disaient de circuler quand on était sur le trottoir public, mais poliment. Une journaliste de la chaîne CBS, trop maquillée et habillée d’un goût voyant plus approprié pour un déjeuner en ville que pour une manif de « marginaux », m’a bousculé pour se mettre à côté d’un grand type noir, super calme et maître de soi, à qui elle a commencé à poser de questions plutôt idiotes. Avant de partir, j’ai mis un billet de cinq dollars comme offrande dans le tronc sur la table principale.

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L'entrée sud du parc Zuccotti, de la rue Rector

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La cantine au mileu, stockée d'alimentations offertes par le public

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« Pas de taureaux, pas d'ours, seulement des cochons » – référence aux termes d'argot financier pour les optimistes (bulls) et les pessimistes (bears) de la Bourse – et le nom qui leur serait plus exact

De retour à l’appartement, on a découvert qu’on ne nous obligeait pas à aller chez la belle-mère et donc on est allé voir le film anglais Weekend, au Centre international du Film dans la 6e avenue. Beaucoup de monde à cause d’un samedi soir pluvieux. Film touchant, très très anglais, tristounet, subtil, réaliste, contemporain. Ici on se plaint des accents anglais difficiles à comprendre, mais moi, personnellement, je n’ai pas eu de problèmes, mais il faut faire attention et écouter le dialogue attentivement, puisque tout est filmé dans un style « vérité » ou documentaire où tout n’est pas dit ni enregistré avec la même insistance – on chuchote, on prononce des apartés, on parle en même temps, ou avec hésitations – tout à fait comme on parle dans la vraie vie, quoi ! Oui, en effet, ça m’a beaucoup plu.

De nouveau chez nous, on a appris qu'on avait arrêté dans la fin d'après-midi 700 manifestants sur le pont de Brooklyn. Ça va chauffer.

Des vérités indélicates

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Tout citoyen américain raisonnable ne peut qu’être troublé par le meurtre au Yémen d’un citoyen américain sans procès, mais basé seulement sur les informations potentiellement suspectes d’agents de certains services secrets – informations qu’on n’a pas le droit, secret d’État oblige, de voir, de considérer ou de réfuter. Serait-on, encore une fois, debout devant la fameuse pente glissante ? Le président va-t-il pouvoir prononcer telle ou telle personne comme « combattant illégal » méritant la peine de mort, exécutée par des drones ? Ou par des unités militaires ?  Ou par les escadrons de la mort, ceux qui pratiquent les exécutions sommaires de ceux qui seraient, d’après eux, contre le régime au pouvoir ?


Tout cela me donne mal au cœur, mais je me demande ce qu’il faudrait vraiment qu’on fasse pour faire face à cette situation d’une façon matérielle. Je me sens coincé – je ne vais pas voter, naturellement, pour aucun des candidats républicains, mais le président Obama semble ressembler de plus en plus à un Bush Lite. Donc, le choix n’est pas terrible. Et c’est pourquoi, ce manque de choix, qu’on suit de plus en plus près ce qui se passe dans la rue du Mur – au début les journalistes « convenables » s’en sont moqués sans trop y penser, mais maintenant le ton a changé et de nouveaux journalistes, plus jeunes, au Times par exemple, sont nettement moins cyniques devant ces manifestations. On ira peut-être les voir de près cet après-midi.


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L'église de St-James dans l'avenue Madison à l'angle de la 71e rue


On est allé à l’église de St-James hier pour choisir les prières et la musique pour la cérémonie religieuse – le jeune révérend, diplômé de Yale, a été « divinement » charmant – et il m’a mis en contact avec un autre jeune Eli (ancien de l’université Yale) qui serait l’organiste de l’église – avec lui, j’ai choisi une pièce de Franck pour le prélude et un solo de basse au milieu, qui serait un beau poème de George Herbert, poète anglais du XVIIe siècle, mis en musique par le compositeur anglais Ralph Vaughan-Williams. Pour quitter l’église on jouera du Bach, le prélude et fugue en sol majeur BWV 541 (je crois) nous ayant été proposés. On aura ensuite une réception dans un club à proximité de l’église où la belle-mère était membre.


Mais aujourd’hui, on est plutôt en congé – le plancher de notre pauvre salon est couvert de paperasses financières de ses parents que le mari doit classer –, mais ce n’est pas pressant. Il préfère se faire couper les cheveux et laver ses chemises « sans repassage » à la laverie chinoise d’à côté. On ira voir le père et le frère (et peut l’oncle prêtre aussi) ce soir.


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