








Une dernière
promenade sur la plage aujourd’hui, avant de prendre le ferry de retour à 13 h
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Hier il faisait beau, mais frais

Avant la tempête, un froid soleil d'automne

Plus de bateaux dans le port
Il fait effectivement un temps tout à fait, profondément, essentiellement exécrable aujourd'hui – du gros vent, de la pluie. L'Internet est lent, le mari s'ennuie grave, il zappe sans cesse et se plaint d'être venu ici. L'épicerie n'est ouverte que pour quatre heures aujourd'hui, une heure demain, et puis c'est fini.

Affiche pour le dernier « thé bas »

Personne au thé bas d'hier soir
On s'est saoulé hier soir à la Gorgée et la Pirouette, la DJ Lina est venue, tout le monde l'a saluée, elle embrassait tout le monde. Ce soir, ce sera plus fou encore.


Les séquelles de notre visite à Sharon chez le père du mari continuent à rebondir – le fils aîné, qui habite avec sa deuxième femme dans la banlieue de San-Francisco, a envoyé un mail au mari dans lequel il revendique l’argenterie de table de ses parents qui lui aurait été promise. Mais le grand problème, c’est que le père du mari a promis n’importe quoi à tous ses enfants, lui il s’en fout, il dira toujours n’importe quoi à n’importe qui. Ce qui complique les choses.
On a dîné hier soir dans un restaurant (Tello) à Chelsea, par un temps de pluie froide, avec l’expert, un ami de longue date, qui, avec sa partenaire, était allé fait l’expertise chez le père en début de semaine. Il nous a dit que son père à lui, âgé de 93 ans, s’était comporté d’une manière similaire, avec des crises de colère subites dans lesquelles il cassait des chaises ! Il nous a recommandé surtout d’attendre avant de faire quoi que ce soit vis-à-vis du père, même s’il menace de vendre ce qui ne lui appartient pas.

Une photo trop obscure du bar au restaurant Elmo
Mercredi soir on est sorti avec l’ami galeriste et un de nos amis à nous trois – ils avaient réservé une table chez Elmo, dans la 7e avenue. On avait un serveur adorable, un jeune Uruguayen qui s’appelait Diego, que l’ami galeriste draguait toute la soirée. On lui avait posé un (gros) lapin le week-end dernier et il en souffrait toujours. Le mari lui suggérait d’élargir un peu ses horizons sentimentaux, en considérant par exemple des personnes ayant plus de 25 ans (hi hi) ainsi que ceux n’ayant pas des allures de mannequin Abercrombie. Ça ne l’intéressait pas du tout ! C’est un vrai Berlusconi, l’ami galeriste.
On va une dernière fois aux Pins cet après-midi malgré les prévisions météo de pluie et même d’une neige légère. Il y a très peu de ferries maintenant et la petite épicerie ferme ce week-end pour la saison. Mais on fête la Veille de la Toussaint là-bas, d’une façon marrante, on nous dit, avec des « bals masqués » et tout. Même si on meurt de froid !

Le petit train de banlieue qui m'a permis de prendre fuite
J'ai donc fui la maison du père du mari assez tôt lundi matin – il m?a fallu d'abord rentrer à New-York pour le début à Birdland de l'amie chanteuse Colleen McHugh mais de toute façon je n'aurais pas pu rester, après tout ce qu'on s'est dit dimanche soir – le père m'a engueulé en me demandant, par exemple, « Ah, vous les pédés, c'est bien sale. Tu t'essuies comment quand tu sors ta bite d'un cul ? » « Sur tes draps et tes serviettes de bain » je lui ai répondu. « L'expert qui vient, c'est une autre tapette, lui ? » « Je pense qu'il est gay, oui. » « Typique. » « Il arrive avec une femme. » « Ah, elle doit être très laide. Les tapettes ne veulent être qu'avec des femmes laides. » « Ah, je trouve que les gays aiment bien les belles femmes. C'est pourquoi ton ami Corky invitait ta femme (l'ancienne, morte depuis 25 ans) à l'opéra à San-Francisco. » « Il n'était pas une tapette ! » il hurle. « C'est ta femme (la plus récente) qui me l'a dit ! » je réponds. Il s'enrage plus. Puis le mari commence : « Tu devrais me remercier d'être assis ici dans cette pièce, puisque ta femme voulait te divorcer six semaines avant sa mort, et si je ne l'avais pas dissuadée, moi et l'avocat, tu n'aurais eu rien ! » « Elle voulait me divorcer ? Salaud, tu mens ! Tu mens ! Je vais te faire virer de ton boulot d'exécuteur ! Je vais téléphoner à mon ami avocat en Californie et il te fera virer de cette qualité ! »
Évidemment, il ne peut rien faire et ce sont des menaces futiles, mais cela donne le ton de notre séjour chez le père. Moi, je suis sorti pour me coucher, mais le sommeil m'a fui, puisque j'entendais le père qui rôdait dans la maison et je m'attendais à entendre ou un coup de fusil (il y en a beaucoup dans la maison) ou des coups furieux contre la porte faits par quelqu'un avec un couteau à la main (on est vraiment entré dans le monde des films d'horreur et en ce qui concerne les couteaux, il y en avait plein aussi dans la maison). Je me suis endormi, crevé, vers trois heures du matin. Le mari s'est réveillé, lui, vers quatre heures et il n'a pas pu se rendormir. Une nuit donc pas reposante du tout.

La bibliothèque en désordre hier matin après l'engueulade

Le père dit qu'il veut garder cette maison pour faire honneur à sa femme décédée – mais il la traite ainsi
Mais hier soir je suis allé voir l'amie chanteuse Colleen, qui avait son début professionnel à Birdland devant une salle remplie d'un public ami (pour la plupart). Un programme intéressant, plein de jolies chansons. Après le spectacle, on est allé manger quelque chose chez Joe Allen.

Devant le cabaret Birdland

Colleen chante avec son groupe à Birdland – et c'était en plus son anniversaire !

Un public plein d'amis et d'admirateurs

On a quitté Birdland vers 20 h 30 pour aller chez Joe Allen – les lumières de la place du Temps au fond

L'extérieur du restaurant célèbre Joe Allen dans la 47e rue ouest

La maison du père

La porte d'entrée décorée pour la Veille de la Toussaint
Cela va de pire en pire – on aurait voulu quitter la maison cet après-midi pour la laisser libre à l’agent immobilier qui avait dit qu’il allait la montrer à des clients – le rendez-vous était fixé à 13 heures et on n’est parti qu’à 14 heures, sans avoir vu personne, mais bon, ils peuvent traîner, les gens qui chercheraient une maison de fantaisie pour le week-end. On a décidé donc d’aller voir le village de Norfolk, au nord de Sharon, où nous nous trouvons, à 18 milles de distance.

La caravane d'occasion que le père vient d'acheter – il propose d'y vivre quand il louera la grande maison pendant les week-ends (il est complètement dément)

L'intérieur de la caravane a besoin de quelques, eum, retouches

Dans la cuisine de la caravane (ah, il y a aussi la clime, Dieu soit loué !)

Un morceau de tapis dhurry dans la pelouse à côté du poulailler et de la caravane, avec un tuyau d'arrosage dessus (on ne sait pas trop pourquoi)
On passe par les villages de Lakeville, où se trouve l’école Hotchkiss, de Salisbury, et de Canaan, avant d’arriver à Norfolk. Là on est allé déjeuner (rien d’autre à faire, vraiment) dans un restaurant qui occupait une partie du rez-de-chaussée d’une ancienne caserne de pompiers, assez jolie.

Ancienne caserne de pompiers réaménagés en bureaux, restaurants, et boutiques d'antiquités

Dans le restaurant à Norfolk
Si vous vous demandez pourquoi les Américains sont si gros, vous n’avez qu’à considérer les portions de ces plats qui en plus étaient des entrées !

Comme entrée pour une personne, des nachos

Et des « ailes de buffle » épicées, dont le mari avait déjà mangé un morceau

La Salle Infinité, ex-Opéra de Norfolk, érigée en 1883 et transformée depuis en salle de concert et restaurant
Le père du mari le traite en domestique non payé et en rentrant à la maison, il a tout d’un coup demandé qu’on s’arrête à une pépinière-centre de jardinage où il va chercher une lampe pour mettre dans le hibou métallique qu’il a acheté quelque part. Le mari, qui est au volant, n’a pas envie d’arrêter – on avait un rendez-vous à la maison à 17 heures avec la femme de ménage (qui cause plus d’ennuis qu’elle ne nettoie, mais bon…) – le père hurle « Stop this fucking car ! Turn around ! » Le mari continue. Le père prend la clef et la tourne, qui coupe le moteur. On s’arrête dans la rue principale de Salisbury, où le mari sort de la voiture complètement énervé (avec raison) et moi je sors avec lui, en disant au père, « Vous vous comportez tous les deux comme des petits enfants. » Le père, qui n’a ni son portefeuille ni son permis de conduire, fait un demi-tour pour retourner à la pépinière et nous, nous appelons un taxi local, qui, pour 25 $, nous ramène à la maison. Quelques minutes après, la voiture du père arrive. Il va directement au poulailler et puis, quand il rentre dans la maison, il commence à gueuler – « Je ne veux plus t’avoir dans ma vie ! C’est fini ! Tu vas voir. Mon avocat en Californie va te faire renvoyer de ton poste d’exécuteur, tu n’auras rien ! » L’idiot, il n’aime pas quand on le contrarie, et il va être bien surpris quand il apprendra qu’il ne pourra rien faire contre son fils, qui a tout le pouvoir de la loi derrière lui. Cela ne me surprendrait pas trop d’apprendre un de ces jours qu’il aurait essayé de brûler sa propre maison par dépit, tellement il est gâté, fou et indigné qu’on ose refuser de faire tout ce qu’il demande. Il va falloir demander l’aide des flics, je crois bien. C’est, vous vous en douterez, très difficile pour le mari, qui doit en plus subir les multiples critiques illogiques et injustes de ses frères et de sa sœur, qui n’ont aucun droit, évidemment, de faire quoi que ce soi. Mais le mari est d'accord avec moi : il ne va pas plus s'occuper des finances de son père. Qu'il s'appauvrisse lui-même de ses propres mains !
Je rentre demain matin à New-York (j’ai failli rentrer ce soir, mais je ne veux pas laisser le mari seul avec son père.) Les experts arrivent demain aussi, pour examiner et évaluer les biens mobiliers de la belle-mère – il s’agit en effet de la très grande majorité de tout qu’il y a dans la maison. Le père ne va pas être content quand il apprend qu’il n’est pas propriétaire de tout ce qui embellit sa maison.

La chauve-souris dans le hall de la maison
On le remarque tout de suite lorsqu’on arrive chez le père du mari – le désordre et l’excentricité. Il a éparpillé des sculptures à lui autour de la cour d’entrée. Dans la maison on retrouve des décorations de la Veille de la Toussaint – même une énorme chauve-souris suspendue au-dessus des quelques marches à l’entrée du salon.

Une ménagerie de pelouches sur un canapé dans le salon

Un renard un peu gros dans la bibliothèque

Le valet qui parle – le père l'a mis à l'entrée de la maison
Il a acheté un valet parlant qui dit des choses comme « Voulez-vous quelque chose à boire ? De l’o positif ? » et cela l’amuse énormément. Il a aussi sorti toutes les peluches de toutes sortes d’animaux – sa femme défunte avait aimé les peluches de terriers blancs, mais maintenant on trouve tout un zoo d’animaux déposés çà et là. Il cherche aussi à « ranger » ses anciennes photographies – il ouvre les boîtes et les met par terre, puis les oublie.

Le désordre dans le petit bureau à côté de la bibliothèque
On voit aussi un peu partout des photos de sa femme (et la mère du mari) morte il y a deux décennies d’un cancer du sein. La femme de ménage, une grosse bonne femme de la région, l’emmène dans les brocantes où il achète un peu n’importe quoi – d’anciennes fourrures, par exemple, ou une sculpture métallique d’un hibou.

Quelques fourrures
On a eu une grosse engueulade hier soir avant d’aller dîner – il avait bien sûr oublié le nom du restaurant où il voulait aller manger et donc il a voulu y conduire, mais ce n’est plus un chauffeur acceptable, même sur ces routes plutôt vides de la campagne. Mais c’était, vous vous en douterez, une question de pouvoir, de masculinité, de contrôle – on a finalement accepté qu’il nous conduise au restaurant « innommable » et comme on n’avait pas pu réserver une table, il n’y avait des places qu’au bar. Après quelques moments de bouderie de toutes parts, on a commandé des apéritifs et le barman nous a donné des cartes. Il a ensuite donné les clefs de la voiture au mari et la tension a par la suite baissé. On a assez bien mangé, le barman était sympa, et on est rentré très tôt à la maison, où il a sorti les bouteilles de vin diverses – du rouge, du blanc, de France, de Californie et de Nouvelle-Zélande.

Il nous a traités de pédés (« Mais comment se fait-il qu’une tapette soit sortie de mes burettes ? ») et moi j’ai répondu avec des injures contre de vieux hétéros débiles – on s’est vite compris, mais ce n’est pas mon père, donc c’est beaucoup plus facile pour moi de me défendre sans trop m’inquiéter d’être impertinent ou trop familier.
Ce matin on a rencontré une femme qui va passer les matins ici, malgré les protestations du père, qui dit qu’il n’a besoin de personne. Le père est descendu à 11 heures 45 ce matin et il s’occupe tout de suite du feu dans la cheminée de la bibliothèque – ah, les priorités !
C’est probablement la dernière fois que je verrai cette maison.












Ce portable génial aurait résolu tous mes problèmes
Il n’est pas toujours facile de vivre avec un as informaticien qui le trouve tout à fait incompréhensible qu’une personne ne connaîtrait pas la différence profonde et sans doute métaphysique entre un câble USB 2 et un autre USB 3. Hier soir, par exemple, en essayant de télécharger des photos chez Grindr, je me suis rendu compte que mon iPhone 4 (non, pas la dernière version 4S, à laquelle j’ai « droit » à partir du 15 novembre, il paraît) ne se servait pas du WiFi qu’on a au salon – WiFi qui porte toujours le nom de ma mère défunte pour qui on l’avait acheté – c’est drôle, la postérité, n’est-ce pas ? – et j’ai donc, tout naturellement, il me semble, puisqu’il est quand même chef d’une société de service informatique, demandé au mari pourquoi je ne pouvais pas de joindre le WiFi du salon. Lui s’était déjà retiré à la chambre à coucher où il regardait la télévision – j’ai donc dû l’interpeller en criant « Ça maaarche paaaas, le WiFi ! » J’avais d’abord cliqué sur « Settings », ensuite sur « Wi-Fi », et j’avais marqué « choisir un réseau ». J’ai tapé le mot de passe. Rien. C’est alors que j’ai demandé de l’aide au mari. Qui n’était pas content d’être importuné ! Il me traite, typiquement, en demeuré. « Montre-moi le portable » il me demande, d’un ton blasé. « Voilà ! » Il fait la même chose que moi, ça ne marche pas. « Ah, il faut peut-être que tu te joignes à l’autre Wi-Fi, qui n’est pas bibande. » Ah ? Bibande ? Ça veut dire quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette putain de bibande ? Je me reconnecte au Wi-Fi IEEE802.11g (mais qu’est-ce que c’est que ce IEEE et cetera ???) et enfin ça marche. (Finalement, il paraît que l’iPhone se sert de 2,4 GHz et non pas de 5 GHz, configuration du premier Wi-Fi.) Mais je ne comprends toujours pas pourquoi. Mais il peut être un vrai salaud, le mari. Et je l’ai fait savoir.





















On a donc pu profiter de ces beaux jours d?été indien ? j?ai quitté New-York vendredi après-midi avec une masse de pratiquants juifs en kippa qui rentraient chez eux avant le coucher de soleil et le début de la fête solennelle de Yom Kippour. Le mari m?a suivi quelques heures plus tard. On a trop bu, certes, mais entre amis, et l?on s?est remis un peu des derniers événements de la semaine dernière. Voici quelques photos.

Un hydravion amerri dans la Grande Baie du Sud – un taxi aquatique est venu chercher les passagers pour les déposer aux Pins

Notre étrange salon composé de meubles abandonnés le long des années par de propriétaires morts ou partis de l'île

Notre petite maison, ma dernière location aux Pins, je crois





Dans le bureau des prompes-funèbres, en attendant les cendres

Les voilà, dans un sac à main plutôt chic
Hier, c’était bien la journée J en ce qui concernait les funérailles de la belle-mère. Le mari avait consenti d’aller chercher les cendres pour les ramener à l’église et je l’ai accompagné aux pompes funèbres, où l’on nous a apporté un sac très BCBG contenant les cendres. Le copain a signé quelques papiers et on a ensuite quitté l’immeuble. La belle-mère a fait donc sa dernière promenade dans l’avenue Madison sans un sac marron, devant les galeries, les boutiques de vêtements, l’hôtel Carlyle, le musée Whitney et les deux grands magasins Ralph Lauren qui sont face à face dans l’avenue Madison.

L'immeuble très parisien du « nouveau » magasin Ralph Lauren dans l'avenue Madison – le premier est en face, dans un hôtel particulier style gothique
L’église de St-James est belle, construite dans un style néo-gothique. C’est aussi l’église la plus chic et la plus mondaine de New-York, mais le jeune prêtre était très sympa et l’on nous a traités avec une simplicité vraiment élégante. On a fait assembler la famille dans une petite salle à côté de la chapelle et après une brève prière, on nous a menés dans la chapelle. Le service s’est passé parfaitement. La musique était belle (surtout le solo et le postlude).

Dans la petite chapelle

Le mari qui attend patiemment dans la salle d'attente pour la famille
Ensuite on est passé à un club dans le quartier où on avait organisé une petite réception. Cela s’est bien passé aussi. La belle-mère aurait été contente, et c’est cela qui est le plus important.

Dans la salle de treillis pour la réception

Quelques amis de la belle-mère

Il y a une jolie terrasse qui donne sur l'avenue du Parc

Avec une vue intéressante – c'est la tour de l'hôtel Pierre au milieu

On est passé à l'appartement des parents, dans cet immeuble blanc, avant d'aller chercher les cendres à l'église
On est rentré chercher les cendres à l’église qu’on a transportées chez nous par métro, moyen de transport public dont la belle-mère ne se servait pas ! Les cendres resteront chez nous jusqu’au moment où l’on aura déterminé si l’on pourra les déposer à côté de son premier mari, qui est enterré au Cimetière national d’Arlington, en Virginie. Il faut demander une dispense de l’administration des cimetières des Forces armées, puisqu’elle s’est remariée au père du mari après sa mort. Rien n’est facile.













Tout citoyen américain raisonnable ne peut qu’être troublé par le meurtre au Yémen d’un citoyen américain sans procès, mais basé seulement sur les informations potentiellement suspectes d’agents de certains services secrets – informations qu’on n’a pas le droit, secret d’État oblige, de voir, de considérer ou de réfuter. Serait-on, encore une fois, debout devant la fameuse pente glissante ? Le président va-t-il pouvoir prononcer telle ou telle personne comme « combattant illégal » méritant la peine de mort, exécutée par des drones ? Ou par des unités militaires ? Ou par les escadrons de la mort, ceux qui pratiquent les exécutions sommaires de ceux qui seraient, d’après eux, contre le régime au pouvoir ?
Tout cela me donne mal au cœur, mais je me demande ce qu’il faudrait vraiment qu’on fasse pour faire face à cette situation d’une façon matérielle. Je me sens coincé – je ne vais pas voter, naturellement, pour aucun des candidats républicains, mais le président Obama semble ressembler de plus en plus à un Bush Lite. Donc, le choix n’est pas terrible. Et c’est pourquoi, ce manque de choix, qu’on suit de plus en plus près ce qui se passe dans la rue du Mur – au début les journalistes « convenables » s’en sont moqués sans trop y penser, mais maintenant le ton a changé et de nouveaux journalistes, plus jeunes, au Times par exemple, sont nettement moins cyniques devant ces manifestations. On ira peut-être les voir de près cet après-midi.

L'église de St-James dans l'avenue Madison à l'angle de la 71e rue
On est allé à l’église de St-James hier pour choisir les prières et la musique pour la cérémonie religieuse – le jeune révérend, diplômé de Yale, a été « divinement » charmant – et il m’a mis en contact avec un autre jeune Eli (ancien de l’université Yale) qui serait l’organiste de l’église – avec lui, j’ai choisi une pièce de Franck pour le prélude et un solo de basse au milieu, qui serait un beau poème de George Herbert, poète anglais du XVIIe siècle, mis en musique par le compositeur anglais Ralph Vaughan-Williams. Pour quitter l’église on jouera du Bach, le prélude et fugue en sol majeur BWV 541 (je crois) nous ayant été proposés. On aura ensuite une réception dans un club à proximité de l’église où la belle-mère était membre.
Mais aujourd’hui, on est plutôt en congé – le plancher de notre pauvre salon est couvert de paperasses financières de ses parents que le mari doit classer –, mais ce n’est pas pressant. Il préfère se faire couper les cheveux et laver ses chemises « sans repassage » à la laverie chinoise d’à côté. On ira voir le père et le frère (et peut l’oncle prêtre aussi) ce soir.
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