Tout citoyen américain raisonnable ne peut qu’être troublé par le meurtre au Yémen d’un citoyen américain sans procès, mais basé seulement sur les informations potentiellement suspectes d’agents de certains services secrets – informations qu’on n’a pas le droit, secret d’État oblige, de voir, de considérer ou de réfuter. Serait-on, encore une fois, debout devant la fameuse pente glissante ? Le président va-t-il pouvoir prononcer telle ou telle personne comme « combattant illégal » méritant la peine de mort, exécutée par des drones ? Ou par des unités militaires ? Ou par les escadrons de la mort, ceux qui pratiquent les exécutions sommaires de ceux qui seraient, d’après eux, contre le régime au pouvoir ?
Tout cela me donne mal au cœur, mais je me demande ce qu’il faudrait vraiment qu’on fasse pour faire face à cette situation d’une façon matérielle. Je me sens coincé – je ne vais pas voter, naturellement, pour aucun des candidats républicains, mais le président Obama semble ressembler de plus en plus à un Bush Lite. Donc, le choix n’est pas terrible. Et c’est pourquoi, ce manque de choix, qu’on suit de plus en plus près ce qui se passe dans la rue du Mur – au début les journalistes « convenables » s’en sont moqués sans trop y penser, mais maintenant le ton a changé et de nouveaux journalistes, plus jeunes, au Times par exemple, sont nettement moins cyniques devant ces manifestations. On ira peut-être les voir de près cet après-midi.

L'église de St-James dans l'avenue Madison à l'angle de la 71e rue
On est allé à l’église de St-James hier pour choisir les prières et la musique pour la cérémonie religieuse – le jeune révérend, diplômé de Yale, a été « divinement » charmant – et il m’a mis en contact avec un autre jeune Eli (ancien de l’université Yale) qui serait l’organiste de l’église – avec lui, j’ai choisi une pièce de Franck pour le prélude et un solo de basse au milieu, qui serait un beau poème de George Herbert, poète anglais du XVIIe siècle, mis en musique par le compositeur anglais Ralph Vaughan-Williams. Pour quitter l’église on jouera du Bach, le prélude et fugue en sol majeur BWV 541 (je crois) nous ayant été proposés. On aura ensuite une réception dans un club à proximité de l’église où la belle-mère était membre.
Mais aujourd’hui, on est plutôt en congé – le plancher de notre pauvre salon est couvert de paperasses financières de ses parents que le mari doit classer –, mais ce n’est pas pressant. Il préfère se faire couper les cheveux et laver ses chemises « sans repassage » à la laverie chinoise d’à côté. On ira voir le père et le frère (et peut l’oncle prêtre aussi) ce soir.
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