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L'entrée de l'immeube où se trouve le cabinet de l'avocat de la belle-mère – l'adresse officielle est dans l'avenue Madison mais l'entrée se trouve dans la 42e rue est

Je suis arrivé au cabinet de l’avocat de la belle-mère avec deux minutes de retard. Le mari, son père et sa sœur, ainsi que l’avocat lui-même, se trouvaient déjà dans la petite salle de conférences (le cabinet n’est grand, il n’y aurait que quelques avocats et deux secrétaires) et à mon arrivée le mari a allumé le petit OVNI pour ajouter téléphoniquement son frère, de retour à Boston, à la réunion.

L’avocat est le fils de l’ancien avocat de la belle-mère, qui serait maintenant à la retraite. De taille moyenne, il avait l’air plutôt jeune sauf qu’il perdait ses cheveux. Il avait aussi le visage tout rouge, comme s’il avait été dans le soleil sans avoir appliqué suffisamment d’écran solaire. Il portait un costume d’un bleu foncé qui ne lui allait pas à merveille à cause de son teint, et des chaussures brunes. Il était poli, mais réservé.

Il a commencé la réunion en disant qu’il s’agissait d’un testament des plus ordinaires, plein de formules passe-partout, où tout était légué au père du mari. Lui, en manteau de poil de chameau au bout de la table, a eu un grand sourire en entendant cela.

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Dans la 42e rue est, ayant quitté le cabinet de l'avocat

L’avocat n’était pas rusé, dans le sens qu’il n’a strictement pas triché, ni menti, mais il a pourtant évité de souligner les parties les plus préjudiciables au père du mari, qui parlait de chiens de chasse et de l’ancien grand appartement des parents de l’avocat. Moi, j’avais déjà lu le testament et je m’étonnais un peu de la légèreté avec laquelle l’avocat a traité certains paragraphes, mais j’ai vite compris qu’il a agi ainsi pour ne pas alerter le père du fait qu’il n’aurait aucun contrôle de l’argent qu’il allait hériter.

Le père a donc signé le document nécessaire que l’avocat allait ensuite déposer chez le tribunal afin d’avoir au plus vite possible les soi-disant « lettres testamentaires » qui autoriseront le mari à agir en Exécuteur du testament. Une fois ces lettres reçues, on pourra ensuite ouvrir un compte en banque pour la succession et passer au paiement des factures pour les funérailles, etc.

Il y a eu pourtant une petite instruction un peu vague dans le testament qui sera, en toute probabilité, la source de beaucoup d’ennuis et de mécontentement général envers le mari – une faute de l’avocat qui avait rédigé le testament, à mon avis – dans laquelle on demande à l’Exécuteur de distribuer tous les biens mobiliers de la défunte au père et à ses quatre beaux-enfants, dans une valeur monétaire plus ou moins égale pour ces quatre. Quand j’ai demandé à l’avocat, le père étant parti à la collection Frick avec sa fille, si cela voulait dire que les cinq personnes citées devraient avoir chacune 1/5 des biens immobiliers (et je note ici que le père croit qu’il a tout hérité et il n’a aucune envie de partager quoi que ce soit avec ses enfants), il a haussé ses épaules en disant « C’est selon les vœux de l’exécuteur. »

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Le mari avait faim en quittant l'avocat – on est donc allé aux restaurants souterrains de la gare Grande Centrale en face pour lui trouver un petit pot de chile con carne

Hier, sans moi, la sœur a fait des paquets de vêtements à envoyer aux femmes et aux filles dans la famille – elle a déjà piqué tous les colliers de perles et le mari a dû lui dire qu’il faudrait les partager. Le mari de la sœur vient de demander de savoir, lui aussi, les provisions du testament, que le mari va envoyer à tout le monde en version PDF ce matin. Les vautours rôdent déjà autour de l’avenue du Parc.

Je plains donc les successeurs de Steve Jobs et j’espère qu’il aura laissé un testament plus facile à administrer.
Je suis allé hier après-midi acheter, à la Three Lives & Compagnie, le premier tome de la correspondance du poète T S Eliot, qui vient de sortir – j’y ai aussi trouvé un livre sur la vie culturelle à Paris pendant l’Occupation allemande par un ancien journaliste au Times Alan Riding, qui habite Paris. Il s’intitule « And the Show Went On ». J’ai aussi acheté le dernier exposé de Matt Taibbi, « Griftopia » sur le coup d’état des banquiers aux États-Unis.

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