Pour des raisons inconnues, je ne suis pas arrivé à m’endormir avant quatre heures et demie hier soir – je n’avais pourtant aucun ennui particulier qui m’aurait empêcher de dormir mais je suis resté au lit, tout éveillé, à écouter la respiration douce et rythmée du mari. Ce manque de repos a un peu gâché ma journée aujourd’hui mais je vais prendre un somnifère léger (Advil PM, donc c’est pas grand chose) ce soir, en plus de mes deux comprimés de mélatonine sublinguaux (au parfum d’orange).


On doit faire la queue devant l'entrée de l'hôtel-théâtre dans la 27e rue – on contrôle nos papiers pour être sûr qu'on a au moins 21 ans (parce qu'on boit au café au 3e étage)
Hier soir on est allé voir Sleep No More (un passage célèbre de la pièce de Shakespeare MacBeth : « Methought I heard a voice cry, "Sleep no more! Macbeth does murder sleep!" the innocent sleep, Sleep that knits up the ravelled sleave of care, The death of each day's life, sore labor's bath, Balm of hurt minds, great nature's second course, Chief nourisher in life's feast. ») – c’est peut-être à cause de cela que je n’ai pas dormi ! Mais non, le spectacle, qui se déroule dans un ancien hôtel désaffecté qu’on a re-stylé en maison de campagne vétuste et plutôt sinistre en Écosse sur cinq étages. On donne aux spectateurs des masques plus ou moins vénitiens qu’il faut porter à tous moments dans l’intérieur (difficile si l’on porte des lunettes), sauf dans le bar, où l’on vous propose des flûtes de champagne et autres boissons. L’action de la pièce se déroule un peu partout, jouée par des acteurs qui ne disent mot mais qui dansent, se battent, se rasent, se baignent. On n’a pas le droit de parler aux acteurs qui, eux, ont pourtant le droit de vous toucher et de vous parler s’ils veulent. Le déséquilibre est frappant et m’a un peu gêné – je me suis amusé en fait d’imaginer les résultats d’un « acte » vraiment et profondément imprévu dans ce milieu satisfait – cela ferait un bon sujet pour un roman policier – un vrai meurtre dans une ambiance où l’on joue au meurtre. Les acteurs exagèrent, pour la plupart. Comme il n’y a pas de paroles, il est très difficile, presque impossible, de suivre ce qui se passe – on court après les acteurs de pièce en pièce et d’étage en étage mais sans aucun lien réel (ou même artistique) entre le spectateur et l’acteur. Il y a des mises en scènes impressionnantes – une grande salle décorée d’arbres, une autre avec deux rangées de baignoires blanches anciennes – beaucoup de crucifix, de (fausses) bougies et de (faux) cierges allumés (prévention incendie oblige), une sorte de catacombe (tout cela ressemblait souvent trop à une sorte de maison hantée organisée pour la veille de la Toussaint). On aurait pu à d'autres moments se croire dans une visite d'une grande maison historique un peu sale À la longue, je m’ennuyais un peu et je n’avais pas envie de courir en meute après les acteurs.
L’ami galeriste était du même avis. Le mari est retourné au café (lieu de rendez-vous) quelques minutes plus tard.
Nous étions tous contents de nous en aller – on est allé dîner chez Elmo, où il n’y avait presque personne – fatigue de l’après-fête, peut-être ?
























































































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