
Le Gril du Trèfle, où l'on a déjeuné chaque jour
Samedi matin on est repassé chez le Gril du Trèfle pour le petit déjeuner, après lequel on s'est de nouveau promenés dans le Vieux Carré avant de nous rendre à notre point de rendez-vous avec une amie d'une amie à New-York, qui est venue nous chercher dans sa petite Honda grise à l'angle de rue de Chartres et de l'Esplanade.

La forge de Lafitte – ex-bar gay devenu bar hétéro

Une façade un peu sévère qui m'a pourtant plu

L'ex-couvent des Ursulines – impossible à nier l'influence française de l'endroit, même si on ôte le tricolore

Extérieur du restaurant Elizabeth's dans le quartier de Bywater

Vue des gratte-ciel du centre-ville à partir de la digue contre le Mississippi à Bywater
Elle nous a conduits ensuite au quartier de Bywater, où nous avons déjeuné au restaurant assez branché Elizabeth's, plein de jeunes à l'allure, disons, artistique. Après ce repas elle nous a fait voir le l'arrondissement célèbre du Bas-Neuvième, inondé par une brèche dans la digue au nord de la ville après l'ouragan Katrina en 2005. On a vu les nouvelles maisons anti-inondation, sur pilotis, qu'on y construit maintenant, mais le quartier reste vide et un peu triste. Elle nous a montré aussi le Bayou Bienvenue, site dans les années 1970 d'une forêt de cyprès submergés, mais ces arbres ont été tués à la suite du creusement d'un nouveau canal qui a apporté de l'eau de mer salée dans le bayou. On essaie maintenant de réduire la salinité de l'eau afin de permettre aux cyprès de repousser, mais cela ne sera pas pour demain.

Le Bayou Bienvenue, actuel cimetière des cyprès
Elle nous a déposés dans le Vieux Carré en disant au mari qu'elle lui trouverait facilement un poste à La Nouvelle-Orléans si cela lui tentait – immigrée de New-York, elle travaille pour une agence de l'état pour le développement économique de la Basse-Louisiane et elle nous a dit, en riant, comment elle avait promis à une entreprise parmi les 100 plus grandes des États-Unis voulant s'installer dans la région qu'on y trouverait d'excellentes ressources humaines du niveau requis – et qu'elle savait avoir menti.

Au Café du Monde
On a pris rendez-vous avec la sœur, le beau-frère et la nièce à notre hôtel, avant d'aller prendre un café au lait et des beignets au Café du Monde, à côté de la place Jackson. Ensuite on s'est dirigé lentement vers la rue Canal, où l'on a pris notre premier cocktail du soir sur la terrasse du café Palace, d'où on pouvait regarder le va-et-vient de tout un monde curieux.
On est allé dîner au restaurant Lüke – on y avait une serveuse trop mielleuse, qui nous appelait « honey » et « sunshine », au grand déplaisir de la sœur, qui a déclaré fermement qu'elle n'était le « sunshine » de personne. J'ai eu des moules frites – pas mal. Et trois bouteilles d'un bordeaux Château Larose-Trintaudon 2005, buvable, mais pas extra.

La rue Bourbon le samedi soir (à l'angle de la rue Ste-Anne, et vers le quartier gai du Vieux Carré)

Les vélotaxis qui attendent devant le Gril du Trèfle et devant le bar Lafitte en Exil, où j'ai pris cette photo du balcon et où je suis tombé amoureux d'un danseur (presque) nu tatoué – oui, j'avais bu !

Le Pub Bourbon vu du balcon de la boîte Oz
Le dîner terminé, on s'est quitté et le mari et moi on est rentré au Vieux Carré par la rue Bourbon, pleine de monde, et surtout de bonimenteurs souvent assez beaux qui nous encourageaient à venir palper, par exemple, les seins des femmes qu'on avait à l'intérieur et ils étaient souvent surpris quand le mari leur disait qu'on cherchait de préférence des « boys ». Mais ils souriaient quand même. On est allé nous reposer pour quelques heures dans notre chambre d'hôtel avant de ressortir, puisque le mari voulait voir la rue Bourbon par un doux samedi soir – ce qu'on a fait, donc. Il y avait du monde, c'est sûr – et les gens, on a vite découvert, sont plutôt ouverts et affables. On a eu plusieurs conversations avec toutes sortes de gens, à qui on a presque toujours posé la question « Mais aimez-vous la Nouvelle-Orléans ? » La plupart ont répondu que oui, ils l'aimaient beaucoup. On est rentré très tard – ce qui est plutôt facile à faire, puisque les bars et les boîtes ne ferment jamais !

La piste de danse à Oz
Il a fallu quitter l'hôtel avant 11 heures le lendemain – ce qu'on a réussi à faire, mais tout doucement. La sœur avait voulu prendre le brunch à un restaurant néo-orléanais très connu qui s'appelle Galatoires. La salle est belle, agréablement démodée et notre beau et grand serveur était un flirt sympa. La cuisine, pourtant, n'est pas du tout moderne et j'ai failli crouler par terre en mangeant le crabe ravigote, tellement c'était lourd comme plat. J'ai quand même survécu.

Le restaurant Galatoires dans la rue Bourbon

Une maison agréable

On se sert de tous ces balcons pour échapper à la chaleur étouffante de l'été
On est allé chercher nos bagages avant d'aller chez la nièce, qui habite dans le quartier d'Uptown avec ses deux chiens. Sa maison est tout près de la fac de commerce de l’Université de Tulane, où elle fait ses études. Elle nous a conduits tous à l’aéroport – la sœur et le beau-frère allaient d’abord à Miami pour une correspondance vers Philadelphie (oui, c’était fou, à mon avis, mais l’autre choix, c’était l’aéroport de Chicago, qui est trop souvent fermé en hiver à cause de neige), tandis que nous, le mari et moi, on avait un vol direct à La Guardia.

Beaucoup de maisons et d'appartements sont déjà décorés pour le Mardi Gras, dont les couleurs officielles sont le vert, le violet et le jaune
On avait aussi une pilote – c’était la première fois que j’aie remarqué ce fait probablement de routine maintenant, et le vol était parfait, en dépit de mon anxiété habituelle.
Je me trouve toujours un peu sous le choc du retour à la vie « normale ». Je me demande toujours « Pourrais-je vraiment vivre là-bas ? »
Edouard, si vous vous posez la question, c'est que la réponse est non, non?
Non. La réponse dépend de beaucoup d'éléments assez divers, en fait.
Ça a vraiment un côté vieille europe.