Le bordel

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Dans une voiture de la ligne F vers 1h45

Comme Jérôme l’a prédit, le mari s’est couché habillé hier soir – mais pas tout à fait, il a enlevé ses pantalons mais la chemise est restée sur lui. Oui, on a un peu trop bu – et l’on n’a quitté Brooklyn que vers 1h30, et c’est très intéressant de voir les gens qui prennent le métro à cette heure pour venir en ville. Une fois sorti à la station de la 4e rue ouest, on s’est dirigé vers l’appartement, avec une brève escale au bar Pieces dans la rue Christophe – bar que j’avais cru plutôt un bar avec un certain nombre de vieillards à la recherche de jeunes entrepreneurs disponibles, mais à ma surprise, j’ai découvert un bar plein de jeunes minces, marrants, aux cheveux longs, un peu grunge – une ambiance très agréable, en fait. On a commandé deux verres de rouge (et à 5$ le verre, seulement, et pas trop mauvais !) Mais le mari ne s’est pas senti bien et donc on est vite reparti pour le mettre au lit.

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Dans le bar Pieces vers 2h15

Le père reste à San-Francisco – il était censé rentrer au Connecticut il y a une semaine, mais il a annulé son billet d’avion de retour. Le club où il était descendu l’a chassé jeudi – et le mari a dû payer la note, puisque la carte de crédit du père n'a pas marché pas, pour des raisons toujours inconnues. Il est parti chez des amis, qui ne lui avaient pas pourtant invité à rester chez eux lorsqu’il le leur avait proposé. Reste à voir si et quand il partira de chez eux.

Il dit qu’il veut rester en Californie parce qu’il veut transférer les cendres de sa femme (mère du mari et de trois autres enfants, décédée il y a au moins vingt-cinq ans et incinérée avant d’être enterrée dans un cimetière familial à Menlo Park) à un nouveau cimetière qui se trouve aux environs du village pittoresque d’Inverness, dans le nord-ouest du comté de Marin, au nord de San-Francisco. En principe, cela ne pose aucun problème, mais le père du mari, après s’être saisi d’une pelle et après avoir loué une voiture, est allé la déterrer lui-même, tâche physiquement difficile et aussi tout à fait illégale ! On a dû aviser les gardiens de cimetière pour leur dire que personne n’avait autorisé aucun déterrement, qui ont vite répondu qu’ils feraient arrêter toute personne venant dans le cimetière avec l’intention de déterrer qui que ce soit. C’est le bordel, vous voyez.

Et l’on a toujours les cendres de la belle-mère dans notre salon (mais on attend d’un instant à l’autre l’accord du lieutenant responsable du cimetière national d’Arlington pour l’enterrer là-bas.)

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