Archives mars 2012

Samedi frais

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C’est un peu le retour de l’hiver, mais en fait on n’en a pas eu, pratiquement. Mais aujourd’hui il fait gris, froid et pluvieux. En continuant notre petit festival du film de la chambre à coucher, on a loué hier soir Les Descendants, avec George Clooney en père de famille à bout de souffle à la suite d’accidents à la fois heureux et malheureux (non, je ne veux pas dire de spoilers). Cela ne m’a pas bouleversé, mais le mari a sangloté à côté de moi à plusieurs reprises – il est plus sympa que moi, donc il est plus facilement touché par ce genre d’histoire douce et un peu triste et toujours gentille. Le poste éteint, je suis retourné à ce Paris des années 1820 que décrit Balzac dans Illusions perdues, où les journalistes ne sont que des scribouilleurs de joie, des prostituées de la plume, où l’argent règne sur tout.

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La couleur de bandelette ravit le mari – il serait donc en train de perdre plein de kilos

Le cicérone de Lucien de Rubempré dans ce monde particulier, le journaliste Étienne Lousteau, lui remarque que : « Vous vous mêlerez forcément à d’horribles luttes, d’œuvre à œuvre, d’homme à homme, de parti à parti, où il faut se battre systématiquement pour ne pas être abandonné par les siens. Ces combats ignobles désenchantent l’âme, dépravent le cœur et fatiguent en pure perte ; car vos efforts servent souvent à faire couronner un homme que vous haïssez, un talent secondaire présenté malgré vous comme un génie. La vie littéraire a ses coulisses. Les succès surpris ou mérités, voilà ce qu’applaudit le parterre ; les moyens, toujours hideux, les comparses enluminés, les claqueurs et les garçons de service, voilà ce que recèlent les coulisses. »

Ah, c’est exactement comme à New-York, donc !

Le correspondant du New York Times à Paris, Steven Erlanger, publie un article dans ce journal sur la « façon française » de combattre le terrorisme. Il prétend dans l'article que les musulmans atteindraient presque 10 pour cent de la population totale de la France – c’est un chiffre dont la droite islamophobe et néo-con se sert souvent pour faire peur aux Américains d’une islamisation probable de la France et d’autres pays européens, mais il paraît que c’est faux – ce chiffre serait plutôt de l’ordre de 5,6 % en 2010, selon le Pew Research Center dans le wikipédia. Mais il faut surtout avoir peur des masses musulmanes. Pour moi, tout « dévot » me fait peur, peu importe le dogme qu'il croit suivre !

Un printemps de Bradford ?

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L’élection hier de George Galloway dans la circonscription parlementaire de Bradford, en Angleterre, étonne les milieux politiques britanniques. On le traite d’égoïste, d’autopromoteur, de terroriste pro-islamiste. Il a dit qu’il voudrait traduire l’ex-premier ministre britannique Blair et l’ex-président américain Bush à La Haye pour crimes de guerre. Le New York Times n’en parle même pas (mais il en parlera bientôt, j’en suis sûr.)

Le mari continue à jeûner – il contrôle son « état de cétose » avec des bandelettes urinaires qui montrent la quantité de « corps cétoniques ». Il est arrivé hier soir au stade du violet foncé, ce qui l’a ravi. Ses muscles lui faisaient mal hier, mais aujourd’hui il se sent en forme, sans douleur musculaire aucune et il a bien dormi. Moi je dîne de fromage frais et de saumon poché (pour changer un peu de mon blanc de poulet et de ma boîte de thon à l’huile habituels). On continue à « louer » chez nous des films que nous regardons, allongés côte à côte, sur le lit de la chambre à coucher. L’avant-hier c’était Les Immortels, film profondément débile et trop violent (même quand c’est hyperfaux), que le mari avait sélectionné à cause des bandes-annonces dans lesquelles les principaux attraits étaient les beaux abdos de M. Henry Cavill – il sera bientôt Superman dans un film à venir et il a déjà joué dans Les Tudors. (Et, en l'occurrence, ses abdos sont remarquables, mais quand même...) Hier soir, c’était Happy Feet Two (même moi je n’ose pas écrire Les pieds heureux : 2e partie – ai-je tort ?), que j’ai plutôt aimé, surtout l’animation. Musique de Pink, voix de Brad Pitt et de Matt Damon !

Les nouvelles de l’élection présidentielle en France restent ignorées ici – il n’y a rien là-dessus dans le Times. Selon les sondages que je lis dans Le Monde d’aujourd’hui, je lis que M. Hollande recevrait 28 % des voix au premier tour, contre 30 % pour M. Sarkozy. Mme Le Pen aurait 13,5 %, et MM Mélenchon et Bayrou auraient chacun 13 %.

Par contre, on est assailli par des comptes rendus du procès qui se déroule devant les juges de la Cour suprême (qui ne l’est surtout pas depuis 2001, tout le monde s’en rend compte, mais bon…) pour déterminer la constitutionnalité de ce qu’on appelle communément « Obamacare » et qui est en fait un assemblage de règlements assez confus et très compliqués sur le fournissement et le paiement de soins médicaux aux É-U. Tout cela a déjà l’air très, très politique et cela ne m’étonnerait pas si toute l’affaire retombe malheureusement sur le tribunal lui-même, avec des suites encore imprévisibles.

J’ai envoyé mon chèque pour payer la location de la maison à La Cerisaie il y a quelques jours. Je suis, il est vrai, de plus en plus excité par l’idée de découvrir cette communauté que je ne connais qu’à peine. On nous dit que notre maison va vite devenir une escale automatique pour les visiteurs des Pins, ce qui pourrait être marrant. Ou pas. On verra.

Le père du mari continue à faire des bêtises et à réclamer de l’argent auquel il n’a pas droit. Il vient de demander, dans une lettre rédigée par son avocat local, la somme de 2000 $ pour lui permettre d’ « aller à Washington et à offrir un repas à d’éventuels invités » pour l’enterrement de sa femme au cimetière militaire d’Arlington à côté de son premier mari, qui y est enterré depuis des années, acte qu’elle avait demandé à nous, le mari et moi, personnellement, d’essayer d’accomplir – et qu’on a réussi. Il demande aussi de l’argent pour payer une garden-party chez lui, au Connecticut. Il n’arrive pourtant pas à payer le mazout, ni l’électricité, ni l’hypothèque de la maison. Je terminerai avec la phrase d’une Cassandre, mise à jour dans l’argot d’aujourd’hui : « This won’t end well. »

Cadeau bien utile

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L’ami dont on a fêté l’anniversaire hier soir vient de nous envoyer des photos du cadeau-surprise que lui a offert son père, scientifique californien né en Italie. Quel bol ! C’est dommage que l’ancêtre dont je porte le nom soit arrivé en Virginie bien trop tôt, en 1726 – sinon, j’aurais essayé de me procurer un passeport britannique. Grrrr…

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La Librairie Barnes & Noble de la place de l'Union

Le mari poursuit son jeûne, qu’il a commencé l’après-midi de lundi, après un déjeuner d’affaires avec un ancien collègue de la banque où il avait travaillé. J’ai donc dû assister seul à un dîner d’anniversaire pour un ancien ami (et client du mari) qui a eu lieu au restaurant Les Halles, dans l’avenue du Parc – le jeûne le laisse fatigué et je l’ai encouragé à rester chez nous pendant que j’allais chercher chez Barnes & Noble de la place de l’Union le livre de nus masculins du photographe George Platt Lynes – un très beau livre qui vient de sortir et que j’avais feuilleté chez l’ami producteur de télévision en février. – qu’on allait offrir en cadeau d’anniversaire. La librairie Barnes & Noble propose un service assez commode de précommande par Internet par lequel on vous réserve un exemplaire du livre voulu dans la librairie de votre choix (si disponible) et que vous retirez quand vous voulez dans trois jours. Je suis donc passé à la librairie de la place de l’Union où l’on avait mis le livre derrière les caisses sous mon nom et hop ! c’est payé et mis en sac.

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On monte l'avenue du Parc Sud pour aller au restaurant

Le cadeau acquis, j’ai poursuivi mon chemin vers le restaurant Les Halles, qui se trouve dans l’avenue du Parc, à l’angle de la 29e rue. J’étais le premier à arriver et l’une des deux maîtresses d’hôtel ne m’a pas permis de m’asseoir à la table réservée avant l’arrivée des autres invités – un autre invité arrive et je demande à un monsieur qui semble avoir quelque autorité si l’on peut s’asseoir, et il nous dit, « Mais oui, bien sûr. » Quatre personnes avaient décommandé – grippe, travail, jeûne étant les excuses, vraies ou pas – ce qui nous a donné de la place autour de la table ronde.

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Le restaurant Les Halles dans l'avenue du Parc Sud

On a parlé de la ville d’Austin, au Texas, où l’un des invités venait de passer une semaine pour la première fois – « du Berkeley au Texas » était son avis – et de la ville de Tokio en tant que point de mire pour les jeunes Chinois « fashionable ». On a discuté aussi de l’étendue commerciale de la maison Lanvin, achetée depuis 2001 par une Chinoise de Taïwan, Mme Shaw-Lan Wang (notre hôte portait des chaussures Lanvin, c’est peut-être pourquoi il a insisté sur le chic rehaussé de cette marque). Moi, j’ai étonné la table en demandant qui avait taillé ses poils pubiens (ou autres) ? Grand cri de surprise et de choc, suivi d’explications et de raisonnements plutôt marrants – « Je me rase la poitrine de temps en temps, mais pas là – ou pas souvent ! » etc. Oui, je m’ennuyais.

Pour le reste de la semaine je compte rester auprès du mari les soirs, afin de pouvoir surveiller son jeûne et ses effets éventuels, dont le seul qui m’inquiète un peu serait l’évanouissement inattendu. Il m’a assuré qu’il y fait attention.

Cadeaux dangereux ?

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La Cinquième avenue au crépuscule hier soir – je vais vers le magasin H&M dans la 18e rue (je crois)

Il nous a fallu acheter hier un cadeau d’anniversaire pour l’ami oncologue qu’on fêtera ce soir à un dîner à Brooklyn. Son copain a insisté qu’il ne voulait absolument rien comme cadeau, mais en l’honneur de la célébrité récente des sweatshirts à capuche, ou « hoodies », à la suite du meurtre du jeune Trayvon Martin aux environs d’Orlando, dans l’état de Floride, on lui a acheté un hoodie bleu ciel, pour qu’on ne lui tire pas dessus comme on fait quand ces vêtements sont noirs et « menaçants », et bon marché aussi.

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Une entrée de métro dans la place de l'Union avec quelques « insurgés »

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Il y avait de tout dans la place – touristes, manifestants, flâneurs, piétons

On est passé ensuite par la place de l’Union, où on a vu quelques restes d’insurgés Occupez la rue du Mur, ainsi qu’un groupe de jeunes noirs qui protestaient assez calmement le meurtre de Martin.

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La queue au-dehors des cinémas dans la 13e rue

En rentrant chez nous, on a vu les queues pour les séances de Les Jeux de la faim aux Cinémas Regal – les autres séances étaient complètes.

Quelques vidéos

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La musique n’est pas de la plus frappante originalité (certains soutiennent même que le compositeur Stephen Schwartz (Godspell, Pippin, Wicked) aurait piqué la mélodie de la Messe de son ami et collègue Léonard Bernstein, dont la sœur Shirley a été son agente) et les paroles ont sans doute une sentimentalité éhontée qui plaît à nous, Américains. Mais il y a quand même quelques moments qui m’ont vraiment touché et qui m’ont fait réfléchir à ma propre vie – les hauts et les bas. « I don’t want to be like this, I don’t want to be who I am » (« Je ne veux pas être comme ceci, je ne veux pas être qui je suis ») au début, et puis, à la fin, « And when I die, and when it’s my time to go, I want to come back as me » (« Et quand je meurs, et quand c’est mon tour de partir, je veux revenir comme moi »). Des paroles et des idées qui un jour disparaîtront, j’espère, de l’esprit de tout jeune gai ou lesbienne.

Et puis il y a ceci – une vidéo « horreur » à la John Carpenter ou Roger Corman – réalisée par la campagne électorale du fou Rick http://blog.spreadingsantorum.com/ Santorum. Tout à fait insensé. Je pense que même Sarkozy et cie n’aurait pas osé réaliser une pub aussi démente.

« Bienvenue à Obamaville »



Vive l'été !

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Les poiriers de Bradford en fleur dans la 11e rue ouest

Fini le printemps, on est presque à l’été. Les poiriers de Bradford sont en fleur. Le mari s’emballe, pour des raisons qui lui sont très, très particulières, de l’idée d’un jeûne thérapeutique de 10 jours – cet article, Starving Your Way to Vigor, dans Harpers, qu’on a lu pendant notre trajet en train vers l’Île de feu, lui aurait convaincu d’en faire l’essai. Cela commencera, il m’a prévenu ce matin, mardi de la semaine prochaine, et il m’est strictement interdit, sous peine de je ne sais trop quoi, d’acheter des chips d’aucune sorte (maïs, multigrains, etc.) et du maïs sauté, aliments qui sont pour lui comme le crack pour les toxicomanes. Il m’est permis, pourtant, de manger devant lui, chez nous, car il pense qu’il pourra se passer des blancs de poulet pochés et les brocolis à la vapeur.

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Mlle McHugh avec son guitariste super sexy à côté (mais il est tout petit, j'ai découvert après)

Hier soir je suis allé voir l’amie chanteuse Colleen McHugh au Duplex – elle avait organisé un spectacle autour du mot « green » dans toutes ses significations, c’est-à-dire l’argent, la jalousie, la couleur, l’improbabilité (« If the moon turns green »). On va peut-être essayer de voir le film « The Deep Blue Sea » au cinéma Angelika dans la rue Houston ce soir – c’est basé sur la pièce du même nom par l’auteur dramatique anglais Terence Rattigan – j’adore et l’auteur et la pièce.

La vie passe

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Il n’est pas facile de prendre en considération tous les intérêts divers quand on chercherait à trouver une solution parfaite au problème (pas si capital que ça, j’en conviens, mais ayant tout de même une importance réelle dans la vie quotidienne) d’où veut-on passer l’été, et avec qui ? Et en fait, on a vite découvert qu’il n’y aurait pas de solution parfaite – les maisons disponibles aux Pins nous auraient obligés à prendre des colocataires. Or, l’une de ces maisons, très jolie en passant, ne marchait pas pour une colocation, à cause de la grande différence de taille et de « luxe » entre les trois chambres (et aussi à cause du loyer assez élevé). L’autre « résidence » était un appartement au sous-sol d’une maison qui donne sur la plage, mais on connaissait le propriétaire et on ne voulait pas être si physiquement proche de lui. La troisième maison posait des problèmes encore plus compliqués – c’était la maison qu’on avait louée l’été dernier avec l’agent immobilier. Ce n’était pas trop cher, mais on avait cru qu’il aurait fallu la partager encore une fois avec l’agent, qui n’a pas été très facile ou cool l’été dernier – et le mari n’a pas tellement voulu subir ses humeurs plutôt négatives et souvent même homophobes, genre « I fucking hate those silly little whining faggots ! », qui voulait dire ses propres clients.

Quand on était aux Pins il y a quelques semaines on avait rencontré le propriétaire de cette maison, qui nous avait appris que l’agent lui devait toujours de l’argent pour deux saisons de location – heureusement que je lui avais remis un chèque pour ma moitié de la location et pour la caution en entier. Il nous avait dit qu’il serait très content qu’on loue encore la maison, mais il ne la louerait plus à l’agent. On avait donc l’occasion de reprendre une maison agréable et assez bon marché sans toutefois être obligé à subir les désagréments du tempérament instable de l’agent immobilier, mais cela n’allait pas marcher non plus, puisqu’il aurait été impensable de chasser l’agent d’une maison qu’il considérait comme son domicile, même s'il ne l'était pas. L’ami galeriste s’est lui aussi interposé dans nos considérations – il nous a priés de partager une maison avec lui, mais aux Pins seulement, puisque pour lui, La Cerisaie serait trop «  down market » ou bas de gamme. Et on se rappellera tous les problèmes qu’on a eus il y a trois ans en partageant une maison avec l’ami galeriste, mais on ne voulait pas non plus lui faire mal.

Donc, en fin de compte, il était plus facile, et cela posait beaucoup moins d’inconvénients, de prendre une maison à nous deux à La Cerisaie – ce qu’on a fait finalement. Elle se trouve sur un chemin au nom d’Æon – l’épellation britannique du mot « eon », qui veut dire « période très longue » et non pas, comme en français, « ensemble des puissances éternelles émanant de l’Être suprême et rendant possible son action sur le monde ». Pour ne pas parler du célèbre Chevalier d’Éon, qui aurait apprécié, je crois, les mœurs de La Cerisaie.

Certains nous accusent de vouloir échapper à la « crise » aux Pins, où les bruits courent qu’on chercherait à vendre le terrain vide sur lequel se trouvait la discothèque avant l’incendie de novembre dernier, ainsi que toute la propriété pour la somme de 22 $ millions. Mais en réalité, on n’a pas pensé à cela, mais seulement à la « complexité » de tous nos liens sur cette petite barre de sable.

On a dîné avec la propriétaire de la maison lundi soir – elle habite en l’occurrence tout près de chez nous, dans la rue Christophe. Elle est une femme d’un certain âge qui n’a plus de copine et qui chercherait franchement à augmenter ses ressources en louant sa maison. Ce qui est très normal, d’ailleurs. Elle m’a dit en plus que la plupart de ses amis à La Cerisaie étaient morts et qu’elle avait donc moins envie de passer ses vacances parmi les fantômes. Elle nous a dit aussi que l’auteur Meyer Levin aurait écrit son roman Compulsion (d'où vient le film du même nom sorti en 1959) dans la maison, bâtie en 1952/3 par le décorateur de théâtre et de télévision John Eberhardt.

New-York-by-night

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Deux soirées de suite, nous nous sommes retrouvés, le mari et moi, dans les environs de la place du Temps – par le temps tellement doux qu’il a fait ces derniers jours, il y avait du monde à flâner dans ce quartier de divertissement.

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Vue de la 46e rue ouest

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On descend la 8e avenue vers la 42e rue


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On tourne à gauche dans la 42e rue ouest, vers les 25 écrans du cinéma AMC


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 Pas facile à le rater, ce cinéma, quand même...

Mardi soir, donc, on est allé, avec l’ami bangladeshi, voir le film John Carter aux Cinémas 25 AMC dans la 42e rue ouest – on voulait aller le voir en Imax mais c’était complet – on a donc choisi la séance en 3D à 20h35, ce qui nous a encouragés à nous promener nous-mêmes dans le quartier une bonne demi-heure avant de retourner trouver nos places au cinéma. Le film n’est pas bon, la 3D n’apporte aucune amélioration, mais l’acteur principal Taylor Kitsch est beau mec et j’ai passé les longueurs à étudier ses beaux muscles pectoraux, ainsi que ses mamelons entourés d’une légère chevelure. La princesse de Mars, par contre, je l’ai trouvée plutôt moche mais le méchant – un prince de Mars (Dominic West) – avait, lui, une bouche assez sexy, à mon avis. (Il faut s’amuser comme on peut, n’est-ce pas ?)

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La place du Temps à l'angle de la 7e avenue


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La place du père Duffy, avec les gradins au-dessus des guichets TKTS


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« Ne croyez pas aux médias libéraux ! » Avertissement conservateur au milieu de la place du Temps


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Vue de la place du Temps vers le sud – on retourne au cinéma

Irritation

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Il y a des jours où je m’étonne que certaines gens arrivent à respirer, tellement ils sont bêtes. La salle de sport en était pleine cet après-midi, ainsi que le supermarché. Il fait très beau aujourd’hui, ça doit les encourager à sortir de leurs trous pour encombrer les trottoirs et déconfire nous autres.

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Cette photo n'a absolument rien à voir avec ma mauvaise humeur mais cela me donne toujours plaisir de m'amuser aux dépens d'un Républicain désagréable – M. O'Malley est à gauche, le gouverneur éléphantesque du Nouveau-Jersey est à droite


Bon, ce matin on est passé à l’heure d’été – ce « spring forward » (jeu de mot avec « spring » , voulant dire saut et printemps) qui vous fait perdre une heure de sommeil – je suis resté au lit jusqu’à 9 heures donc. Le mari, qui s’était réveillé beaucoup plus tôt, dort maintenant sur le plancher du salon, comme un chiot sommeillant dans une nappe de soleil.

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Encore dans la gare de Pennsylvanie, section Île Longue

Hier on est allé voir des maisons sur l’Île de Feu, mais cette fois, non pas aux Pins, comme avant, mais à La Cerisaie, où on avait pris rendez-vous avec un ami promoteur et un agent immobilier.

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Correspondance à la gare de Jamaïque


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On fait la queue pour les billets de ferry, côté La Cerisaie

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Dans le bateau – il faut apporter ses provisions, puisqu'il n'y pas d'épicerie ouverte

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Une rue déserte à La Cerisaie

L’ami promoteur nous a montré une maison qui lui appartient et une autre qu’il pense acheter bientôt à la suite d’une saisie immobilière. Ces deux maisons étaient trop petites et n’avaient aucun caractère.

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Extérieur d'une maison qu'on n'a pas trop aimée – elle était triste et sombre

Ensuite, l’agent immobilier nous a montré ce qu’il y avait parmi les propriétés que gère sa société – après trois ou quatre maisons, on a finalement visité une maison qui nous a, franchement, coupé le souffle – d’un décor gai à ne pas croire, la maison avait été construite dans les années 60 (on croit) par un décorateur de théâtre qui avait, personnellement, repeint les murs en trompe-l’œil.

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Vue de la cuisine vers le salon – les murs ont été peints par un décorateur de scène

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Le lustre m'a étonné – et ravi ;-)  !!! Pour ne pas parler de la couleur du tissu d'ameublement...

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L'une des trois chambres à coucher

L’immobilier était plutôt Louis-XV-homo, mais confortable. Il y avait en plus trois chambres à coucher, chacune avec sa climatisation. Les inconvénients : il n’y a qu’une salle de bain ; la cuisine est antédiluvienne ; il n’y a pas d’Internet WiFi et la propriétaire, qui veut vendre la maison, ne permet pas qu’on installe une connexion sur le toit.

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L'extérieur de l'hôtel Grove à La Cerisaie

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Au bord de la mer

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La plage, large et propre

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Dans le célèbre mais déserté à cette époque Étal à viande, entre les deux communautés

Aux Pins, où on est allé pour prendre le ferry de retour, il y a toujours la maison de l’été dernier, mais j’ai découvert hier qu’il y a un problème qu’on ignorait avec l’ex-colocataire, qui doit de l’argent au propriétaire de cette maison depuis deux ans et qui refuse, naturellement, de refaire une location avec lui cet été – à nous il a dit qu’il serait heureux de faire un contrat de location pour cette maison, et qu’il avait dû chasser l’ex-colocataire de sa propre maison parce qu’il y provoquait des tensions parmi les autres colocs – et voici exactement la raison pour laquelle le mari n’a pas envie de partager une maison avec lui cet été, c’est un je-sais-tout (et en effet, il n’est pas bête et sait beaucoup de choses, mais c’est très ennuyeux de l’entendre gueuler des insultes contre un petit coiffeur qui ne comprend rien, lui, à la politique financière européenne sur l’euro (par exemple) et qui en plus s’en fout royalement) et un j’en-foutiste qui fait ce qu’il veut sans prévenir personne, ce qui n’arrange pas ceux qui voudraient préparer un repas correct.

Être américain

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« We will be more American ! » (1.49.35) 


Je n’ai pas pu la voir samedi soir dernier, la pièce « 8 », lorsqu’on l’a présentée à Los-Angeles et d’où on l’a diffusée en direct par YouTube. C’est long, mais c’est aussi une dramatisation fascinante des derniers arguments dans le procès intenté en Californie contre la constitutionnalité de la soi-disant Proposition 8, référendum qui a interdit, du moins temporairement, le mariage entre personnes du même sexe, qu’on avait avant permis. Le texte est composé des paroles vraiment prononcées dans ce tribunal, sélectionnées par le scénariste Dustin Lance Black pour en faire une version condensée théâtrale. Les souteneurs de la Proposition n’ont pas voulu laisser diffuser le procès en direct.

Il y a des moments drôles: « It’s in the Internet » (1.22.34) est l’explication prononcée sans humour aucun par George Takei à propos d’une déclaration idiote et mensongère sur les suites de la légalisation de mariage entre personnes du même sexe aux Pays-Bas, où il dit qu’on aurait légalisé l’inceste et la polygamie.

Les personnages sont joués par les vedettes parmi les plus connues et célèbres dans tout l’Hollywood, aux côtés desquelles on retrouvera l’incontournable Jane Lynch, Chris Cofer et Matthew Morrison, tous de la série Glee.

Et, à la fin, on applaudit même des avocats, en l’occurrence maîtres Boies et Olsen. C’est pour vous dire…

Visite guidée

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Je n’étais ni pour ni contre, quand l’ami ex-Marine a proposé samedi soir une tournée de bars locaux qui auraient des « happy hours » selon une application smartphone qu’il avait téléchargée tout récemment. Le bar le plus proche de chez nous, dans la rue Perry, était Ty’s, ancien bar gay des années 70 et un des derniers survivants de la splendeur gay de la rue Christophe de cette époque. On y est allé donc, et on nous a offert des chopes de vodkas au jus de canneberge pour 2,75 $ seulement – une bonne affaire – qu’on a bues entourés de types qui étaient pour la plupart dans leur cinquantaine.

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L'entrée de Julius's, dans la 10e rue ouest

La prochaine escale était le bar Julius’s, qui date des années 60 et où, le 21 avril 1966, trois membres de la société Mattachine ont fait une « action » – un « sip-in » – dans ce bar qui a réussi à faire renverser le règlement de l’Autorité des débits de boissons alcooliques de l’État de New-York contre le service dans les bars de toute clientèle dite « homosexuelle ». Là, la moyenne d’âge était plutôt la soixantaine ou plus, et il y avait toujours des gens à manger des hambourgeois au fond de la salle – comme je l’ai fait moi-même il y a des années lors de mon arrivée à New-York, après une longue soirée arrosée en compagnie des putes du grill du Neuvième Cercle tout près. On a aussi rencontré le copain un peu louche du propriétaire de notre maison aux Pins l’été dernier et il nous a dit qu’on n’avait toujours pas loué cette maison.

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Devant Pieces dans la rue Christophe

On a continué notre tournée au bar Pieces, nom en jeu de mots assez pénible sur « pieces » en tant que « morceaux » ou « pièces de jeu » et « personnes sexuellement attirantes » – là, la clientèle était de 25 à 40 ans, environ, et on nous a informé que l’happy hour indiquée dans l’appli ne comptait pas pendant le week-end. On est allé ensuite à Desire, un nouveau bar dans la 8e rue ouest qui viserait un public black et latino – et gay. Il n’y avait pas beaucoup de monde mais le barman Omega était sympa.

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Le bar Desire dans la 8e rue ouest

On avait faim, le mari et moi, et parce qu’on se trouvait dans la 8e rue ouest, je lui ai dit que je permettrais pour une fois une visite chez BBQ (anciennement Dallas BBQ), restaurant, eum, populaire dont le mari se plaignait à tout venant que je lui interdisais l’entrée. On nous a mis dans la salle de derrière, où il y avait du monde, pour la plupart des familles afro-américaines, des latinos et même un couple de deux jeunes gays. Notre serveuse était marrante – quand l’ami ex-Marine, en regardant la carte, s’est écrié « Mais qu'est-ce que c'est que ça ! Il n’y que du porc et de l’alcool ! J’peux pas manger ici ! », elle a répondu avec un grand éclat de rire – « Oh, la, c’est pire pour moi, je suis musulmane ! » On a tout de suite commande des margaritas gelées. Cela ne coûtait rien – presque aucun plat sur la carte n’excédait les 10 $ !

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Le magasin d'articles louches en cuir London, dans la rue Christophe

Le repas terminé, on a voulu accompagner l’ami ex-Marine vers la station de PATH, le chemin de fer métropolitain de la Régie portuaire de New-York et de Nouveau-Jersey, dans la rue Christophe. On a fait une escale plutôt hilaire dans un magasin cuir où on a discuté l’efficacité de certains articles innommables avec deux jeunes femmes portoricaines très belles avant d’aller à notre dernier bar, RockBar, dans la rue Christophe vers le fleuve, où j’avais à faire une pause pipi et où on a écouté la prestation d’un groupe de rock qui n’était pas mauvaise du tout, à ma grande surprise. On est rentré pas trop tard.

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Au RockBar samedi soir


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Le chanteur principal était, comme cela se voit, très dynamique !

Le dimanche soir, l’ami des Pins nous a posé un lapin, comme il fait souvent, mais cela nous a en fait convenu. On a continué à lire tous les deux Les tours de Barchester – le mari sur son Kindle et moi dans l’édition papier Barnes & Noble Classics.

Et après...

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Devant le restaurant Orso dans la 46e rue ouest

On a encore eu une semaine chargée – mercredi on est sorti dîner avec un couple dont la femme vient d’être nommée PDG d’une organisation à but non lucratif assez importante. On avait choisi le restaurant Orso dans « la rue aux restaurants », c’est-à-dire la 46e rue ouest, dans l’accalmie d’entre 20 heures (heure traditionnelle du lever du rideau dans les théâtres de Broadway) et 22 heures, quand les gens commencent à quitter les théâtres pour dîner après les spectacles. C’est un endroit un peu branché mais la cuisine me laisse toujours plutôt indifférente. À une table près de nous il y avait l’acteur Jimmy Fallon en chemise manches longues, le producteur célèbre Lorne Michaels en pull et un troisième homme qu’on ne reconnaissait pas. C’est bien ce genre de restaurant – petit, discret, calme.

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Le homard à fric qui étrangle une famille dans ses pinces dans la station de métro de la 14e rue – sculpture par Tom Otterness

Hier soir on est allé voir une pièce anglaise du XVIIe siècle, « The Broken Heart » de John Ford, montée par le Théâtre pour un Nouveau Public dans un nouveau théâtre, le théâtre Duke (payé par la Fondation Doris Duke, établie par l'héritière généreuse d’une fortune dans le tabac) dans la 42e rue ouest. Excellente mise en scène, pièce un peu curieuse avec d’excellents acteurs.

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Les lumières de la 42e rue ouest

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L'entrée discrète du théâtre Duke dans la 42e rue ouest

Aujourd’hui il a fait particulièrement beau et doux – on s’est promené dans Chelsea, où l’on a vu quelques expositions, dont celle du peintre Milton Avery. Ensuite, après un déjeuner qui a déplu au mari (c’était pourtant lui qui a choisi le restaurant thaï), on est allé à la librairie Barnes & Noble dans la 5e avenue où nous avons réussi à trouver le dernier exemplaire du roman d’Anthony Trollope Les tours de Barchester (1857) que je dois relire pour une soirée Trollope au association du Siècle en mi-mars. En principe il va falloir pouvoir en discuter intelligemment avec d’autres membres et amis. On trichera sans doute.

Tout le monde vieillit, d’accord, et il n’est en rien surprenant de constater que dans un couple où le décalage d’âge (j’ai failli taper « expérience ») serait de douze ans on arrive chacun, et simultanément, à des stades de, eum, développement différents. C’est-à-dire que je scrute l’avenir avec des yeux très différents de ceux du mari.

J’ai eu énormément de chance dans la vie, d’abord grâce à mes parents, sur le plan matériel aussi bien que génétique – je ne me suis jamais inquiété de manquer de quoi manger ou de savoir où j’allais dormir la nuit et ma santé a toujours été très bonne (l’amie écrivain disait avec un snobisme à peine caché que j’avais une « constitution de cheval », ce qui se dit, en anglais, d’une personne qui n’est jamais malade ou dont la santé (et quelquefois la digestion aussi) n’a rien de délicat. Le mari, lui, a connu de vraies difficultés financières, à cause de parents négligents et irresponsables, mais il jouit, comme moi, d’une santé plutôt robuste.

J’ai peur de la vieillesse. Oui, franchement, j’ai peur. Et j’ai peur surtout de la lente mais inévitable dégringolade vers l’incapacité physique et, finalement, la mort. Je ne crains aucunement la mort, mais je ne peux pas m’empêcher de me souvenir des paroles pensives de ma mère et de l’amie écrivain, qui m’ont répété maintes fois, dans des circonstances tout à fait différentes, « tu verras, il n’est pas facile de vieillir. »

Eh bien, pour l’instant, il n’y a, pour moi, rien de plus facile que de vieillir. On ne fait rien et on vieillit, c’est super, non ? Je me sens en forme, on me drague toujours (de temps en temps), il n’y a que les articulations de mes épaules qui me font un peu mal, mais je comprends que ça, c’est plutôt à cause de mes exercices quotidiens (et peut-être un rien excessifs). J’ai aussi un peu de fric dans la banque – pas beaucoup, mais assez pour pouvoir à mes besoins immédiats et dans le proche avenir. Dans l’arc qu’est ma vie, je sais que je tends à présent vers l’autre bout – la résolution, si vous voulez – et cette prise de conscience me pousse à vouloir profiter du temps qui me reste, avant que les « pièges » de la vieillesse si effroyablement soulignés par ma mère, par l’amie écrivain, par la belle-mère du mari, pour ne pas parler du père, qui devient fou furieux dans sa forteresse en ruine au Connecticut, et par tous les vieillards de notre connaissance (et on en connaît des tas !) ne me prennent.

C’est pourquoi on est allé, le mari et moi, à La Nouvelle-Orléans en janvier dernier – c’était surtout pour déterminer si on pouvait un jour (ou bientôt) y vivre – j’avais tellement entendu parler de cette ville, mais je n’en avais aucune expérience personnelle. À la surface, la ville m’a plu : elle est agréable (du moins dans le centre ; la banlieue ressemble à la banlieue typiquement américaine, donc sans grand intérêt) ; elle est historique ; elle est décontractée ; elle n’est pas pourrie d’ambition, car on n’y fait pas fortune ; elle est un peu mélancolique, ce que j’aime bien dans une ville, et elle se rend compte profondément, même sans le dire à haute voix, que son avenir sera toujours particulièrement précaire. Voilà quelques traits qui m’ont attiré – il y a aussi, cela va sans dire, quelques inconvénients. La ville de La Nouvelle-Orléans est une île entourée d’un océan obscurantiste effrayant. La politique en Louisiane se situe parmi les moins éclairées de tout ce pays (y compris celle du candidat Santorum). L’amie qui nous a fait visiter la ville, et qui vient, elle aussi, de New-York, nous avait fait savoir qu’il ne fallait jamais supposer que les gens qu’on fréquenterait auraient les mêmes idées que nous sur, par exemple, l’avortement, la religion, la menace islamiste, le président Obama, le mariage gai. Le climat est extrême – la moyenne en juillet et en août serait de 34°C, avec une humidité écrasante – je n’aime pas trop la chaleur en ville, et le mari la déteste. La ville est petite – un ami assez branché qui vient du Sud et qui a passé pas mal de temps à La Nouvelle-Orléans a dit qu’elle était trop restreinte pour lui, et surtout le milieu gay. Il y a aussi les multiples questions socio-raciales qui sont loin, très loin, d’être résolues. On en ressent les tensions dans la rue – les touristes saouls ne s’en aperçoivent pas ou très vaguement dans la rue Bourbon, mais pour les habitants c’est un élément regretable mais très réel de la vie quotidienne. Je n’aimerais pas être l’objet d’une agression en rentrant chez moi saoul comme d’habitude et je me rends bien compte que, vu avec une précision clinique, je serais l’objet presque parfait d’une telle agression, étant d’un certain âge, blanc, et donc ayant probablement un portefeuille avec quelques billets, et en plus titubant dans une ruelle vide vers la maison ou l’appartement à trois heures du matin.

Donc, on éprouve certaines hésitations avant de s’y plonger. Le mari, lui, s’exaspère de la lenteur de la croissance de son entreprise, qui est pourtant en expansion régulière d’année en année. Il m’incite à revoir et à mettre à jour son CV avec l’intention de le soumettre à de diverses entreprises à La Nouvelle-Orléans.

Mais le mari, lui, n’a évidemment pas atteint le même stade que moi dans sa vie (il a douze ans de retard, le pauvre) et je ne l’ai absolument pas marié pour m’assurer les soins médicaux de troisième âge. Donc, j’hésite, parce que je ne veux pas le forcer à choisir un chemin qui ne lui irait pas. C’est pourquoi on considère aussi un déménagement possible vers la Californie, et spécifiquement vers la ville de Berkeley, où le mari a fait ses études et où il serait content de vivre même sans moi (dommage, mais c’est comme ça, mes poules). Et je dois penser aussi à son bonheur futur, non pas seulement le mien. La Nouvelle-Orléans, serait-elle un choix égoïste ?

Moi, j’ai envie de bouger avant qu'il ne soit trop tard pour le faire, d’essayer quelque chose de nouveau (bien que ma vie new-yorkaise me manquerait sûrement). C’est parce que je regarde devant moi et je ne vois à présent rien de différent dans ma vie à part la décrépitude inévitable – les maladies, les visites chez les médecins et les spécialistes, les pilules et les piqûres, les hospitalisations, les cathéters, et toute la triste suite – je me souviens trop bien des épreuves atroces de l’amie marchande de l’art qui luttait – en vain, finalement, mais c’est toujours en vain – contre le cancer qui la rongeait. Je n’ai pas le cœur d’être aussi patient ou optimiste qu’elle. La souffrance ne me tente point, car je sais que je n'ai aucun talent pour la sainteté.


On n’a pas encore pris de décision de ce qu’on voudrait faire pour l’été (l'indécision précédente y contribue un peu aussi) – l’ex-colocataire qui est devenu un peu fou et méchant vers la fin de l’été dernier m’a appelé il y a quelques jours, tout heureux, tout sympa – il était de retour de Paris, où il avait passé une partie de l’hiver, et il s’occupait à se préparer pour le début de la saison 2012 aux Pins. On s’est proposé un dîner ce dimanche, mais comme il loupe souvent ses rendez-vous, on verra. Je crois qu’il va nous demander de reprendre la maison aux Pins avec lui, mais le mari, qui n’a pas oublié ni ses caprices ni ses accès de colère ni ses silences accusateurs, n’a pas tellement envie de recommencer tout ça, et je le comprends. J’ai moi-même pris rendez-vous avec un promoteur immobilier (une connaissance de la salle de sport) et un agent à La Cerisaie le samedi en huit – on prévoit de la pluie demain, donc ce ne serait pas très agréable d’aller inspecter des maisons là-bas. J’ai même demandé à l’ami entraîneur s’il voudrait partager une petite maison avec nous – il vient de rompre avec son copain de huit ans, qui détestait les Pins et La Cerisaie, et donc il est maintenant libre de s’offrir un été à la plage, où il pourrait assouvir sa solitude avec beaucoup de nouveaux amis, puisqu’il a un corps de dieu grec en ébène (et il est sympa en plus, mais ça, c’est moins crucial, bien sûr, dans ces contrées sablonneuses.)

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