Archives avril 2012

Œuvres de charité

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On lui a chanté « Bon anniversaire »

Le mari et moi, nous nous sommes présentés hier soir comme duègnes de l’ami producteur de TV, qui avait accepté de rester chez nous afin d’assister à une fête d’anniversaire pour un ami argentin chez un autre ami qui habite le Côté occidental supérieur – l’hôte nous avait promis du champagne et des pizzas et nous avons nous-mêmes apporté deux bouteilles de la Veuve, achetées presque clandestinement chez un marchand de vin qui s’est embrouillé, pour des raisons qu’on n’a pas trop comprises, avec la maison LVMH et ses distributeurs de vins. Quand nous leur avons demandé deux bouteilles, le vendeur a dû téléphoner à un assistant invisible pour en faire monter d’une cave au sous-sol puisqu’on n’avait pas le droit de les vendre ouvertement. 
Je n’ai pas grand-chose à dire sur les prochaines élections présidentielles françaises. La plupart des citoyens français, à ma connaissance, sont comme la plupart de leurs homologues américains : un peu inquiets de l’avenir, troublés (sans le dire ouvertement) par les nouveaux mélanges de peuples et de cultures qui constituent nos communautés, appréhensifs que leurs positions relatives dans le monde délocalisé de demain seront diminuées d’une façon sensible. Tout cela provoque, en France comme ici, un certain conservatisme basé sur la peur de l’inconnu et cela nous a donné Bush et Sarkozy, qui sont tous les deux adeptes à profiter de ces moments d’anxiété. En 2008 les États-Unis ont eu en le courage, à mon avis, de parier sur un changement en votant pour M. Obama. Celui-ci n’a pas en fait beaucoup changé, c’est dommage, et beaucoup de gens en sont très déçus. Je ne sais pas si c’est vraiment la faute de M. Obama ou plutôt la faute du système actuellement en place ici, avec les lobbies, l’argent, la corruption corporatiste à peine cachée, etc. En ce qui concerne la France, M. Sarkozy serait un choix normal pour ceux qui ne seraient pas contents de ce qui se passe, à leurs yeux, dans le monde autour d’eux. M. Hollande, que je ne connais pas très bien, me semble un peu fade, un peu comme nos Démocrates à nous qui aiment faire de bien belles déclarations mais qui votent trop souvent en faveur des intérêts qui les appuient. M. Mélenchon semble susciter pas mal de controverses et Mlle Le Pen serait comme notre Michelle Bachmann en moins folle, ou notre Sarah Palin en plus intelligente. Je dois avouer que Mme Éva Joly m’amuse – j’ai assez apprécié sa déclaration récente « Nous sommes chez nous. Nous, les Bretons, les Corses, les Occitans. Nous, les Polacks, les Portos, les Ritals et les Espingouins. Nous, les Youpins, les Nègres, les Bougnoules, et nous, les Norvégiennes ménopausées ! Nous, l’Europe, nous, le monde, nous, la planète…Parce que nous sommes la liberté d’aimer, et l’égalité devant la loi, et la fraternité dans la République. Nous sommes chez nous. » – c’est une des gloires de la France, à mon avis, que la citoyenneté française ne soit pas fondée sur le sang, mais sur la volonté d’appartenir à cette communauté qu’est la République française – les meilleures qualités de cette citoyenneté sont universelles, tout comme, en principe du moins, celles de la citoyenneté américaine. Pour moi, il est quand même intéressant de noter que certains sujets « sociaux » semblent importer moins aux Français qu’aux Américains – la gauche américaine a plus ou moins adopté la ligne favorable au mariage de personnes du même sexe et je ne trouve que très peu de références aux droits des homosexuel(le)s en France dans ces élections – M. Hollande s’est prononcé, je crois, pour le mariage gai – mais l’adoption par parents du même sexe, par exemple, semble inquiéter pas mal de gens qui sont, sur d’autres sujets, tout à fait « progressistes ». C’est vrai qu’ici, les divisions idéologiques semblent devenir de plus en plus géographiques – le Sud et le Mi-Ouest, ainsi que les états habités par les cultistes mormons comme l’Utah, l’Idaho, le Nevada et le Montana deviennent de plus en plus réactionnaires, tandis que la Nouvelle-Angleterre, le Mi-Atlantique (l’état de New-York, le Nouveau-Jersey, la Pennsylvanie, le Maryland, et la capitale Washington), le Nord-ouest et la Californie tendent vers un humanisme rationaliste qu’on aimerait bien qualifier de « normal » et de « sain ». J’ai aussi l’impression que nos dingues sont plus dingues que les vôtres – le blogue de Joe Jarvis vient de me signaler l’arrivée de ce site complètement insensé Now the end begins – Maintenant la fin commence – où l’on mélange tout – racisme, sharia chrétienne, homophobie, sionisme, et tout et tout. Chez vous, les élections, ce sera bientôt fini – chez nous, les diverses horreurs de la campagne électorale ont juste commencé et s’empireront jusqu’en novembre. Cela me fatigue à l’avance.
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En quittant la rue Perry, il faisait une lumière très agréable de fin d'après-midi – voici les résidences devant la nôtre

Bon, hier soir, pour changer un peu d’air, on est allé assister, avec l’ami ex-marine, à un match de hockey sur glace, et cela, au Nouveau-Jersey ! L’ami ex-marine est détenteur de deux billets d’abonnement aux matchs de l’équipe de hockey sur glace locale, qui s’appelle les Diables du Nouveau-Jersey. Cette équipe fait partie de ceux qui sont dans les éliminatoires pour la Coupe Stanley de 2012. Hier soir dans les quart-finales il s’agissait d’une série de sept matchs entre l’équipe de Miami (oui, c’est ridicule qu’on fasse du patinage sur glace à Miami) et l’équipe néojersiaise. Le vainqueur de cette série confrontera le vainqueur de la série entre les Pingouins de Pittsbourg et les Flyers de Philadelphie, super rivale des Diables, comme l’est aussi l’équipe de New-York, les Rangers. Et puis on aura des finales.

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On fait la correspondance pour aller à Newark sur le quai de la gare de la place du Journal – les passagers sont pour la plupart d'origine indienne et asiatique

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Sur le quai de la gare de Newark, où l'on a rejoint l'ami ex-marine

On a donc pris le train métropolitain de la Régie des ports du New-York et du Nouveau-Jersey à la station de la rue Christophe pour nous rendre à Newark, où les matchs ont lieu dans le centre Prudential. On a rejoint l’ami ex-marine sur le quai du train de banlieue à Newark et on l’a suivi à la patinoire. 

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Le centre-ville de Newark, qui a connu une petite renaissance ces dernières années

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On s'approche du centre Prudential à Newark


La vie de diva

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Dans la 8e avenue, vers le sud

Bon, on est allé hier soir voir le spectacle d’adieu (pour cette saison) du travesti qui s’appelle et Shequida et Jessye Normous au Cabaret XL dans la 42e rue ouest. On avait mangé japonais dans un petit restaurant bon marché dans la 8e avenue avant de nous présenter au guichet du cabaret pour prendre nos billets – on nous a assis à une table vers 20 h 30 – le spectacle était annoncé pour 21 heures, mais les divas ont bien l’habitude de se présenter un peu plus tard que prévu et Mlle Normous est entrée en scène vers 22 heures moins dix. Elle était formidable, malgré le très mauvais vin rouge qu’on m’a servi dans cet établissement, pourtant par un jeune dieu brésilien en débardeur et jeans noirs moulants.

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Et vers l'autre bout, vers le nord

Chez l'ami galeriste

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L'immeuble de l'ami galeriste, qui fait le coin sud-ouest de la 8e avenue et de la 23 rue

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Le nouveau magasin de vins dans la 8e avenue, où j'ai acheté la bouteille de bordeaux offerte à l'ami galeriste

On est donc allé dîner hier soir avec l’ami galeriste, qui en raison de ses « allergies » avait pris des médicaments qui, selon lui, le faisaient sommeiller. Moi je lui ai reproché ses sourcils teintés, curieusement foncés même pour son visage très bronzé. Il grillait des filets mignons et des blancs de poulet sur le petit hibachi sur la terrasse. Ses voisins d’étage, un couple, sont venus manger avec nous – ils viennent d’acheter une maison en Californie, à Sources des palmiers. Le plus jeune s’y installe la semaine prochaine, avec leurs deux chiens – ils espèrent louer leur appartement situé à côté de l’ami galeriste, pour une somme que le mari et moi, nous trouvons fantastique – de 7.000 à 10.000 dollars par mois !

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La vue de l'appartement, vers le nord-est

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Et vers le sud – l'immeuble ATT à gauche, en train d'être transformé en appartements de luxe, et le centre financier au milieu

On a vite vidé la bouteille de bordeaux qu’on avait apportée et on est retourné au pinard de secours, le côte du Rhône que l’ami galeriste achète en gros. L’ami galeriste bâillant à cause des médicaments, on a pris congé de lui assez tôt et nous sommes rentrés chez nous à pied, le long de la 8e avenue.

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Château Le Bergey 2009 – pas cher, buvable si rien d'exceptionnel

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L'immeuble Google tout illuminé – on doit y travailler dur !


Retour à New-York

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La belle gare de l'Union à Washington – on fait d'énormes travaux devant l'immeuble, qui gâche un peu la vue d'ensemble


Retour assez fatigant à New-York hier soir – l’autocar est parti à 17 h 30 précises, mais il y a eu beaucoup de trafic en quittant Washington en direction de Baltimore et puis, plus tard, dans le désert qu’est le Nouveau-Jersey, notre chauffeur a abandonné l’autoroute à péage pour prendre une autre à cause d’un accident qui avait causé un embouteillage énorme sur celle-là. Il y est retourné après quelques milles et on est arrivé au tunnel Lincoln à 22 heures sans trop de problèmes. Il s’est garé dans la 7e avenue, juste avant l’entrée de la gare de Pennsylvanie et du palais des sports du Jardin du Parc Madison (qui ne s’y trouve plus, bien sûr). Ayant récupéré nos sacs de voyage on a hélé un taxi qui nous a emmenés au Village.


Il est très évident, lorsqu’on arrive à New-York par l’autocar, le charme brut et un peu brutal de la ville, surtout en comparaison avec Washington, où, dans les beaux quartiers de Georgetown ou du Rond-point de Dupont, tout est propre et réconfortant aux jeunes gens de la classe « bureaucratique » des institutions fédérales, ainsi que leurs parasites, qui s’y promènent en chemises roses des frères Brooks et en shorts kaki de J. Crew. New-York est très visiblement moins BCBG.


C’est l’été aujourd’hui – on prévoit une température jusqu’à 31,6 °C – et j’ai dû aller (à pied) chez le comptable pour signer mes déclarations d’impôts fédérales, de l’état et municipales, qu’on avait déjà soumises par Internet. Ce soir, on dîne chez l'ami galeriste, qui prépare des biftecks qu'il va cuisiner sur la terrasse.

Promenade à Georgetown

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Maisons en bois à Georgetown

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Maison en brique

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L'ancien canal Chesapeake et Ohio, ouvert en 1831 et parallèle au fleuve Potomac

Week-end washingtonien

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Le mari aurait voulu sortir hier soir, pour se délecter des divertissements qu’offre, on dit, la Capitale, mais les autres, dont moi, n’en ont pas ressenti la nécessité pressante de repenser nos livrées dans le but de plaire à de divers inconnus dans des boîtes bondées de monde. Ma tronche de gâteux échevelé (le mari m’avait montré une photo de moi prise au déjeuner) aurait fait peur aux angelots aux cheveux clairs venus du Mi-ouest qui pullulent ici, où ils découvrent enfin les joies du vice. J’ai donc prudemment renoncé à une sortie nocturne et au lieu d’un coup de rouge dont je n’avais pas tellement besoin, j’ai avalé deux comprimés Advil et me suis mis sur le lit regonflé à pleurer sur le sort de Lucien de Rubempré, né Chardon, qui vient de quitter Paris pour retourner au berceau d’Angoulême.


Il fait beau mais chaud – l’été se manifeste déjà à Washington, ville bâtie sur des marécages et qui a été notoirement considérée comme étant insalubre, surtout avant la généralisation de la climatisation. On nous propose d’aller voir les rouleaux peints de la Cour impériale japonaise à la Galerie nationale, avant de faire un tour dans le quartier de Georgetown, que le mari ne connaît pas.

Enterrement achevé

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Au cimetière national d'Arlington

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Un bel arbre au milieu des pierres tombales

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Ce nom français sur cette pierre m'a attiré l'attention – il s'agit en effet d'un compositeur franco-américain qui a été dans la Résistance en France avant d'émigrer aux États-Unis où il s'est enrôlé dans les forces aériennes en tant que compositeur officiel !

Tout s’est bien passé ce matin – on est parti pour le cimetière national d’Arlington vers 10 heures. Plusieurs rues autour du Capitole et le long du Mail étaient fermées, on ne sait pas pourquoi, mais on a quand même réussi à arriver au centre administratif du cimetière à l’heure précise. On nous a fait attendre dans une pièce, d’où on a vu l’arrivée inattendue du père et de divers membres de sa « nouvelle famille » – dont l’énorme femme de ménage aux cheveux teints au henné, un jeune « qui travaille pour elle », son fils à lui, et un autre enfant d’origine et d’appartenance incertaine. Il y avait aussi un vieux cousin et sa femme, et deux amis venus de New-York. Le père nous a accueillis avec une bonhomie un peu ironique. L’agent du cimetière a dû faire resigner par le père du mari plusieurs documents parce qu’on avait perdu ceux que le mari, en tant qu’exécuteur, avait déjà signés –cela en dit long sur l’efficacité douteuse des bureaucraties washingtoniennes. On nous a fait suivre une voiture officielle jusqu’à la pierre tombale du premier mari de la belle-mère. On nous a dit de laisser la boîte de cendres, toujours dans un sac de velours marron, sur une tablette d’herbe fausse qui couvrait le trou qu’on avait déjà creusé.

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Il fait beau aujourd'hui et l'on a pu déjeuner sur la terrasse du restaurant qui donne sur la 17e rue

On est rentré à Washington tout de suite après et le mari a insisté qu’on aille déjeuner et surtout boire pour fêter la fin de toute cette histoire. On est allé au Bar à huîtres d’Henri dans le quartier du Rond-Point Dupont où on nous a apportés des maries sanglantes délicieuses et très épicées.

En voyage

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À bord l’autocar Bolt (Coup de foudre) à destination de Washington…


Pas grand-chose à faire dans le car – le caquetage aigu de deux jeunes femmes assises derrière nous a enfin cessé, ainsi que, pour le moment du moins, les coups de téléphone assommants d’un gros monsieur en vêtements de jogging, un tuyau d’oxygène au nez, qui parle incessamment à sa petite amie de la musique qu’il vient de l’envoyer par mail et qu’elle ne réussit pourtant pas à télécharger – il lui dit, très fort, qu’il a envie de l’embrasser sur son cou mais il ne veut pas en parler plus parce que « ça risque de me réveiller, hi hi », dit-il avec un rire bêtement lascif. L’ami bengali, assis sur l’autre côté du couloir, roule les yeux en entendant la conversation. Le mari, assis à ma gauche, regarde les dessins animés sur son iPad. Les autres passagers dorment ou lisent des magazines ou des livres.


C’est un vendredi après-midi et il y a inévitablement beaucoup de trafic, surtout dans le Nouveau-Jersey et aux alentours de la ville de Baltimore, qu’on évite en prenant un long tunnel sous la baie du Chesapeake. 


L’embarquement de l’autocar s’est fait, comme d’habitude, dans un chaos bon enfant – on passe le billet marqué d’un A devant l’agente qui vous laisse monter dans le véhicule. On cherche des sièges ayant accès à des prises et puis on s’arrange. Quelques minutes après midi on a quitté la 33e rue pour prendre le tunnel Lincoln, par où on rejoint l’autoroute à péage du Nouveau-Jersey.

Là où je pars

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Bon, c’est le Jour J -1. On part pour Washington à midi, par le bus et avec les cendres de la belle-mère, en boîte dans un joli sac marron qui ressemble beaucoup aux sacs Lancel si populaires. Reste à savoir si « elle » va voyager dans le coffre de l’autobus ou dans le compartiment à bagages au-dessus de nos sièges à bord le véhicule. En tout cas, ce sera sans doute la première (et seule) fois pour elle de voyager par bus.

Nos amis washingtoniens ont réservé pour ce soir une table à un restaurant italien de quartier – on va dîner avec le fils de l’amie écrivain, qui habite, avec sa femme, partie, elle, en voyage d’affaires à Vancouver, dans la banlieue, et avec les deux amis qui ont partagé notre maison aux Pins l’été dernier.

J’ai eu hier après-midi le grand plaisir de rencontrer, en civil et au gymnase, le comédien travesti Shequida, que j’ai tant aimé à la plage – adorable, un rien timide et gêné (comme le sont les vrais artistes). C’était mon jeune entraîneur hétéro qui me l’a présenté. Il fait un spectacle cabaret au club XL dans la 42e rue ouest – on ira peut-être le voir là-bas la semaine prochaine.


Voici une vidéo réalisée tout récemment à Saint-Pétersbourg (belle ville que j'adore) par des gays locaux, qui sont, à mon avis, bien courageux et qui méritent bien le soutien de nous tous.

Pour moi, la Russie, c’est un pays que je ne prétends pas comprendre. Mais il me semble bien étrange qu’un pays qui a tant souffert sous un règne autoritaire si fort et si prolongé soit aussi prompt à éliminer les droits d’autrui – comme c’est le cas pour les homosexuels de Saint-Pétersbourg actuellement, et bientôt peut-être pour les homos et les lesbiennes dans toute la Russie. C’est le contraire, par exemple, de qui est arrivé en Espagne après la chute du régime franquiste, quand ce pays soi-disant conservateur s’est montré à la tête de mouvements sociaux libéraux. De toute façon, je pense qu’on a l’obligation de suivre avec attention ce qui se passe à présent en Russie en ce qui concerne les droits des homosexuels à vivre leur vie tout simplement comme les autres citoyens russes, hétéros, religieux, etc.

Pas à pas

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L'intérieur de L'Auberge de Waverly, où il est strictement interdit de prendre des photos – interdiction que j'ai lue plus tard sur la carte

En principe, le mari et moi, étant de bons petits athées surtout profondément paresseux, on ne devait pas célébrer la fête de Pâques mais l’amie ex-éditrice a insisté qu’on fît quelque chose et donc on a réservé une table au restaurant L’auberge de Waverly pour le repas de Pâques. On était trois. On a invité l’ami galeriste pour compléter notre tablée, et il a accepté. À notre surprise il n’y avait pas de carte spéciale pour la fête, donc on a dû choisir nos plats de la carte de brunch – des omelettes, des sandwiches, des crêpes, etc. Il fait un peu drôle de manger un yaourt au muesli en buvant un verre d’un Pouilly-Fuissé délicieux.

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Des fleurs dans la rue Perry – je trouve qu'on exagère un peu, quand même

Il faisait un temps splendide dimanche et le repas terminé, on a mis l’amie éditrice dans un taxi pour rentrer chez elle et l’ami galeriste nous a quitté pour rentrer chez lui à Chelsea à pied. On est rentré chez nous pour nous mettre en jeans avant de repartir en promenade, comme la moitié de New-York, qui profitait du beau temps.

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Dans la 6e avenue

On est passé ensuite dans la 4e rue ouest où l’on a trouvé le coiffeur du mari assis sur l’escalier devant son salon – il a accepté sur-le-champ de couper les cheveux du mari – et ensuite, le mari très bien coiffé, on est parti pour la Sixième avenue, qu’on a prise pour aller, très lentement, au Chelsea, où le mari voulait boire un coup à l’Aigle. On a gaspillé du temps donc d’abord dans le magasin La Vieille Marine et ensuite dans Le lit, le bain et l’au-delà, où le mari cherchait un truc pour couper les pommes de terres en tranches pour en faire des chips. (Plus tard il a appris qu’il pouvait se servir du vieux Cuisinart qu’on a chez nous.) On a tourné à gauche dans la 23e rue où l’on est allé voir les nouveautés dans la boutique de vêtements très-gay Conquête (en français dans l’original) où on a parlé jeûne avec le jeune vendeur un rien grassouillet.

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L'église anglicane des Saints-Apôtres, dans la 9e avenue – on partage l'église avec la synagogue gaie et lesbienne Beth Simchat Torah

De là on est allé à la 28e rue, où se trouve L’Aigle. On est monté à la terrasse, où il y avait pas mal de monde, même à l’heure peu fashionable de 18 heures. On y a rencontré quelques connaissances des Pins avec qui on a bavardé. Après deux verres de vodka (mon entraîneur me permet de l’alcool pur mais il m’interdit le vin, la bière et les boissons alcoolisées) et trois bières pour le mari, on est parti pour trouver de quoi manger – on s’est décidé à essayer un nouveau restaurant « rapide » qui s’appelle le Grill du faiseur de muscles (c'est joli comme nom, non ?) et qui se trouve dans la 8e avenue juste au nord du Village. Il y avait quelques jeunes Hercules déjà attablés, ce qui nous a paru un très bon signe pour la qualité du restaurant. Et en effet, on a aimé ce qu’on a commandé – qu’on a mangé chez nous, en regardant Les bonnes salopes chrétiennes, qu’on aime de plus en plus.

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Sur le toit de L'Aigle dimanche après-midi

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Dans la 28e rue ouest – on construit un énorme immeuble résidentiel sur la gauche qui va profondément changer le caractère du quartier

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Le bout ouest de la Terrasse de Londres – Susan Sontag habitait un appartement en haut

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Dans le Grill du faiseur de muscles, dans la 8e avenue

On s’organise pour le voyage prochain à Washington ce vendredi – je crains toujours l’apparence gênante du père du mari au cimetière samedi matin mais je suis résigné à cette éventualité en toute probabilité désagréable. On a appris il y a deux jours que le père vient de signer une hypothèque inversée sur la propriété au Connecticut, ce qui lui donnera droit (sur demande officielle au prêteur bancaire) à quelques centaines de milliers de dollars. On croit que ce sera surtout la femme de ménage, une grosse sangsue locale, qui va en profiter, mais il n’y a rien à faire, le père étant toujours libre de faire ce qu’il voudrait. Reste à savoir s’il aura les moyens de se présenter à Washington à l’heure exacte.

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J'ai dû aller chercher de l'argent dans l'avenue Lexington et j'ai eu le plaisir de contempler l'immeuble Chrysler

J’ai dû aller à Midtown aujourd’hui pour une course – il faisait un peu frais et nuageux – et j’y ai pris quelques photos. Ça a l’air très grand, par comparaison au Village.

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Je rentrais à la ligne de métro 2 (ou 3) en passant par la Bibliothèque publique entourée de buildings étincelants

Au bal des ours

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L'entrée à la salle de bal de la Ligne Haute dans la 16e rue ouest

Pour fêter un peu la conclusion de son jeûne, le mari avait acheté deux billets pour un bal « ours » à la salle de bal de la Ligne haute – les portes n’étant ouvertes qu’après 23 h 30, on s’est mis au lit pour un petit somme de quelques heures avant de nous en aller vers Chelsea. On y est arrivé vers minuit vingt et après avoir laissé nos « châles » au vestiaire, pour la somme modique de 3 $ la pièce, on est entré dans la grande salle, déjà assez remplie de monde. On nous proposait deux DJs mais à vrai dire, aucun des deux ne s’est révélé de la plus fine modernité en matière de musique de danse actuelle – les ours gays, il paraîtrait, aiment la musique un peu plus rythmique que les lesbiennes, mais pas par beaucoup – les parties vocales se faisaient très rares, sans doute parce qu’elles font trop « minet », ce que les ours ne supportent surtout pas, puisqu’ils sont gros, poilus et machos. En principe, je dois noter, car toute l’assistance ne présentait pas ces aspects-là – il y avait aussi quelques groupes de folles hispaniques qui se croyaient Éva Perón (ou J Lo) et de vieux blancs aux torses nus qui cherchaient à « s’exprimer » à la Martha Graham.

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L'un des deux DJs devant son tableau de contrôle au milieu de la salle, qui est plutôt réduite

Je me suis amusé à suivre une petite bande de jeunes, assez mignons en l’occurrence, qui bougeaient comme s’ils étaient dans un bal des débutantes à Neuilly, malgré leurs façades de jeunes recrues. On n’a rien bu à part un peu d’eau minérale et quand la musique est devenue complètement indansable vers 2 h 30, on est rentré chez nous.

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Les fêtards ours

On mange de nouveau

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Il y a des ces gens qui ne savent pas se tenir à part quand les choses ne leur regardent pas et j’en ai rencontré une hier qui m’a un peu froissé en disant, à propos du père du mari, qu’il fallait « être à ses côtés » pendant l’enterrement de sa femme le week-end en huit, dont les cendres sont toujours chez nous, dans notre petit salon, à côté des cendres de notre animal de compagnie Betty (oui, c’est un véritable colombaire, notre appartement). L’imbécile est une cousine sirupeuse du mari – nièce de sa mère morte il y a longtemps – elle habite aux environs de Boston avec son mari et ses deux enfants, tous plutôt ratés pour de diverses raisons, et comme elle a la vie plate et ennuyeuse, elle s’amuse à s’immiscer dans nos rapports avec le père, qui sont pour le moins tendus ces derniers jours, puisque le mari, appuyé par l’avocat de l’héritage, refuse, suivant les vœux de sa belle-mère exprimés très explicitement dans son testament, de se plier aux vœux fantaisistes du père.

J’avais espéré qu’un voyage du Connecticut au District de Colombie se serait avéré trop compliqué et trop difficile pour le père mais comme tout le monde semble lui avoir rappelé l’occasion à chaque moment, il serait déterminé à y aller, tout au moins pour nous causer des problèmes et pour prendre sa revanche sur son fils obstinant. La cousine idiote nous écrit qu’il lui faudra beaucoup de « soutien moral » – et je lui ai méchamment rappelé le fait que, à la mort de sa seconde femme, le père avait tout de suite remplacé toutes les photos d’elle, celle qui lui avait légué la maison, avec des photos de la première femme (mère du mari). Elle ne m’a pas répondu, ne voulant pas sans doute admettre que son oncle n’est rien qu’un gigolo arnaqueur qui serait, en plus, en peu gâteux.

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La façade du restaurant Gobo dans la 6e avenue dans le Village

On a rompu le jeûne du mari hier soir en dînant au restaurant végétarien Gobo dans la 6e avenue. Moi, j’ai pris des beignets végétariens pour commencer, et ensuite un plat de « protéine grillé à la sauce aigre-douce » sur un « lit de brocoli ». Pas mauvais mais pas vraiment alléchant non plus. L’ami avec qui on a dîné a conseillé au mari d’aller tout de suite chez Uniqlo pour s’acheter des vêtements bon marché qui lui siéraient plus correctement que ce qu’il portait hier soir, qui étaient, c’était vrai, devenus trop larges. En rentrant à l’appartement on a acheté des raisins verts et une boîte en plastique de fruits découpés pour le dessert.

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La Sixième avenue à l'angle de la 8e rue ouest, vers le nord

Tout fermera tôt aujourd’hui, à cause du Vendredi Saint et de la Pâque juive, qui commence ce soir au coucher du soleil. Le mari, qui serait plutôt athée militant, a acheté des billets pour un bal d’ours assez païen ce soir. Lui, il aura l’air d’un survivant d’un camp de concentration, surtout parmi ces gens, eum, massifs, tandis que moi, ce sera… autre chose.
Bon, c’est (presque) la fin du jeûne – demain à 14 heures, précisément, le mari va avaler quelques bouquets de brocoli achetés chez les Chinois de l’avenue Madison. La femme de mon entraîneur, le très-jeune Mike, est certaine que le mari va vomir ce petit repas de légumes, mais comme ce sera au bureau, on s’en fout un peu. Plus tard on ira manger au restaurant végétarien Gobo dans la Sixième avenue.

Le mari pèse 61,23 kg. Il a l’air un rien décharné mais c’est vrai qu’il est vraiment maigre.

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L'immeuble du comptable est sous l'échafaud

J’ai apporté mes papiers fiscaux au bureau du comptable dans la 5e avenue mardi après-midi. Il m’a embrassé avant de me châtier pour avoir été en retard.

J’ai déjeuné aujourd’hui avec l’ami entraîneur qui vient de séparer de son copain de huit ans – son ex-copain reste pour le moment dans l’appartement à Harlem, ce qui pose évidemment des problèmes. L’ami entraîneur a donné une date limite du 1er mai à l’ex-copain pour trouver un autre logement.

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Et le bâtiment de l'État-Empire au fond

On est plutôt choqué, mais pas vraiment surpris, par la décision rendue tout récemment par la Cour Suprême sur les fouilles corporelles même pour les plus petits délits – c’est selon l’avis des policiers, ce qui affole pas mal de gens, naturellement. La Cour a oublié, il paraît, qu’aux Etats-Unis on met environ 13 millions de gens en prison chaque année, assez souvent à tort, et ce sont surtout des, hum, non-blancs, qu’on arrête et qu’on fasse subir cette sanction. Et un manifestant d’Occupez la rue du Mur saisi par un agent de police pourra subir une fouille corporelle si l’agent « croit » que le manifestant pourrait avoir « quelque chose de dangereux » sur lui. C’est comme ça qu’on va réprimer les protestations même légales. Petit à petit on semble arriver à un état qui ne semble pas tout à fait libre. La Cour Suprême semble plus politisée que jamais et l’éditorialiste du Times Maureen Dowd en a parlé hier. Les commentaires sont instructifs sur l’opinion dégoûtée d’une grande partie du public américain. Mais pas tous, hélas.

On maigrit

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On est aujourd'hui au jour 7 du jeûne du mari – samedi il était trop fatigué pour vouloir aller à la salle de sport, où dans l'après-midi j'ai rejoint mon entraîneur Mike pour faire une séance exclusive d'exercices abdominaux, dont des redressements assis (crunches) particulièrement pénibles – avec un ballon entre les jambes et sur un bosu (demi-sphère souple sur plate-forme rigide), et des étirements un peu yogiques. On a aussi fait trois fois la planche plate (j'ai tenu pour 1 mimute 20) et puis la planche sur le côté (1 minute), qui est encore plus désagréable. Je dois pratiquer. Le soir on a regardé le film The Help (Les domestiques), qu'on a plutôt aimé, en dépit des accents du sud hollywoodiens et donc ridicules (surtout chez les acteurs blancs qui sont censés être de l'état de Mississippi) et du côté « Les vraies ménagères » de Jackson qui simplifie l'histoire compliquée de tous ces rapports personnels entre les deux races de cette époque-là dans le Sud américain. On a en particulier apprécié les actrices Viola Davis et Jessica Chastain.

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janvier 2017

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