Archives juin 2012

surlepont.jpgÀ bord le pont supérieur du ferry cet après-midi – il faisait un temps magnifique

Chaque vendredi soir d’été M. Daniel Nardicio, impresario et promoteur de soirées gaies à New-York et à La Cerisaie, présente au Palais de Glace sa soirée sous-vêtements, où il est strictement interdit de porter des vêtements de dessus – après payé l’entrée de 10 $ (quelquefois un peu moins si l’on prononce le mot code qu’on retrouve sur le calendrier que nous avons mis sur le devant du frigo), on dépose ses affaires (tee-shirt, short, sweat à capuche) au vestiaire pour la somme modique de 3 $, c’est-à-dire dans un sac en plastique sur lequel on met les initiales de votre nom et un numéro qu’on note aussi au marqueur sur votre avant-bras comme pour les triathloniens. On met son argent ou dans ses chaussures ou dans son slip, souvent avec le mobile, qui déforme pourtant assez la présentation du paquet et qui n’est donc pas à recommander. Et puis on danse. La musique en général est tout ce qu’il y a de plus populaire – on entend du Madonna, du Katie Perry, du Beyoncé, tout surjoué à en gerber, mais il paraît que les enfants aiment la familiarité – la plupart des gens ont entre 25 et 35 ans et ils s’intéressent moins à la qualité de la musique qu’à la possibilité d’une rencontre heureuse. On n’a vraiment pas le droit de leur en vouloir, c’est l’âge, et il y a autour une ambiance évidente de sexe et de possibilité. Vers deux heures du matin – et pour des raisons qui me restent obscures – on ouvre la grande piscine chauffée à la natation, avec en principe un maître nageur – et il y a aussi un déplacement discret vers le fond de la salle, voilé effectivement par une sorte de rideau, où une masse de jeunes gens pratiquent une forme de rugby érotique, avec du placage, des feintes, des mêlées, des hors-jeu et pas mal de pénalités qu’on ne voit que très indistinctement dans la lumière glauque. Ça doit être très revitalisant, ce genre d’activité sportive, quoique le mari et moi, nous n’y ayons assisté qu’en spectateurs voulant tout simplement étendre nos connaissances. Nous, nous dansons, et ça nous fait du bien, cardiovasculairement parlant, bien sûr.

parentdebetty.jpgUn adorable chien qui nous rappellait notre feu Betty

On y va ce soir même, ayant pris une petite sieste avant de nous habiller pour nous déshabiller ensuite. Je vais porter un sous-vêtement gris acheté chez H&M. Le mari est allé chez Uniqlo, devenu son magasin de vêtements favori, où il a trouvé un caleçon moulant à rayures horizontales – je n’oserais jamais, je suis déjà assez large au cul, pas besoin de souligner en quelque sorte – mais lui il est mince et petit et il n’a ni peur ni sens commun, le petit. Il faut danser ce soir parce que demain on a l’arrivée du neveu (le mien, en l’occurrence) et j’ai peur qu’il ne soit scandalisé par la vie profondément superficielle qu’on mène ici.

lechemindelabaie.jpgSur le chemin de la Baie, à La Cerisaie, en route vers la maison

Mercredi soir on a dîné avec l’ami ex-Marine – on a mangé japonais sur la terrasse d’un restaurant dans la 13e rue ouest, à quelques pas du Centre gai et lesbien. Le repas terminé, on est allé faire un tour sur la Ligne Haute, le parc créé sur les anciens rails d’une voie ferrée élevée abandonnée. Comme il faisait beau, il y avait du monde à se promener le long du parc, qui va à présent de la rue Gansevoort au sud à la 30e rue ouest. On est allé, nous, jusqu’à la 19e rue, avant de nous retourner pour rentrer au Village pas la 8e avenue. New-York est agréable quand il fait chaud – on ne porte pas trop de vêtements, les gens se promènent, les terrasses des restaurants sont bondées.

hotelstandardhighline.jpgL'Hôtel Standard qui enjambe les rails du parc

15erueouest.jpgLa 15e rue ouest, avec la passerelle entre l'ancienne usine Nabisco et l'immeuble à droite

10eavenue.jpgLa 10e avenue au crépuscule

immeublesgehrynouvel.jpgLes immeubles construits par Gehry (à gauche) et Jean Nouvel (au milieu)

voitures.jpgVoitures stationnées en pile dans la 19e rue ouest

On part cet après-midi pour La Cerisaie, où on compte rester toute la semaine. Mon neveu gai, que le mari a fait quitter le placard pendant le repas de l’Action de grâce en novembre dernier, viendra demain. On verra ce que ça donne. Le jour de l’Indépendance, le 4 juillet, viendront les amis de Washington, pour une nuit avant d’aller s’installer aux Pins, et les jeunes Russes. Le jeudi un ami de longue date arrive pour rester chez nous, avec les enfants russes, jusqu’à dimanche. L’ami galeriste passe quelques jours à Capri, d’où il m’a envoyé ces photos.

placeacapri.jpgOn suit les matches de l'Euro 2012 dans les places à Capri

placeacapri2.jpgOn dîne dehors à Capri

mermediterrannee.jpgLa belle mer Méditerranée au large de l'île de Capri

Retour (cinéma)

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On n’as pas été aussi assidu ces derniers mois pour nos rendez-vous cinématiques que pour les pièces sur Broadway, mais comme il faut que le mari voie tout ce qui se rapporte aux extraterrestres, on est dûment allé voir d’abord Battleship et ensuite Prometheus. Bon, Battleship nous présente le très beau Taylor Kitsch (je ne comprends pas comment on lui a laissé garder ce nom plutôt désagréable), vedette de télévision (Friday Night Lights) et de la daube récente John Carter. Il y a aussi Rihanna, qui joue le rôle stéréotypé de la jeune femme noire impertinente mais au cœur d’or. Tout cela sur un fond bêtement patriotique et militariste (avec un coup de chapeau aux Japonais, quand même). Anodin, ridicule, divertissant.

En ce qui concerne Prometheus, c’était plus décevant parce qu’on attendait beaucoup mieux d’un artiste à talent comme le metteur en scène Ridley Scott. Il y avait la méchante et blonde Charlize Theron, le beau Michael Fassbinder en robot désobligeant (un peu le démoniaque HAL2000 mêlé à l’onctueux C3PO), et d’autres dont je m’en foutais plutôt, comme ils n’étaient ni beaux à regarder ni de bons acteurs. J’aimais bien l’Ingénieur, joué, je crois, par le Gallois Ian Whyte, à la peau blanche (poudrée même) de la première scène – quoique son corps délicieux ait dû subir et des doses de stéroïdes massives et un peu (même beaucoup) de « génération d’images par ordinateur » –, mais il s’est vite, trop vite à mon avis, « dispersé » et les autres portaient des uniformes qui cachaient tout.

tumblr_m5nhxaK74T1qg4blro1_500.jpgL'acteur Ian Whyte en train d'être maquillé pour son rôle dans Prometheus

Et il y avait trop de bévues vraiment bêtes pour un grand film hollywoodien – à un certain moment, l’un des personnages a parlé de « miles » au lieu de kilomètres, et je me suis dit alors, « Tiens, on garde vraiment les vieilles mesures anglaises aussi longtemps à l’avenir ? » Et puis, un vieux lance-flammes pour décontaminer un costume qui devrait vous protéger contre toutes sortes de dangers plus ou moins inconnus ? Et puis ce costume-là brûle ??? Et comment les scientifiques ont-ils pu se perdre dans l’aéronef extraterrestre avec le système de localisation avancée qu’ils avaient ? Trop de bêtises, en dépit de la beauté de la planète et de la cinématographie.

Finalement, on est allé voir le film anglais Hysteria, où il s’agit de l’origine du vibrateur. Si, si. Et l’on y est allé avec une femme âgée, qui s’appelle volontiers une « POW », jeu de mots en anglais avec l’abrègement commun de « prisoner of war » (prisonnier de guerre) et de « pathetic old widow » (vielle veuve pathétique). C’est assez drôle comme film, même si certaines scènes m’ont un peu, eum, gêné, étant assis à côté d’une femme qui disait à haute voix « Non, c’est pas possible ! » quand on voyait le beau Hugh Dancy commençait à masturber une vieille et grosse chanteuse d’opéra italienne. On l’a vu dans un cinéma d’art dans la rue Houston Est et on est allé dîner ensuite dans un restaurant, The Sons of Essex, qui appartient à un client du mari. Agréable, mais beaucoup trop de bruit pour des vieux comme nous. On y attendait Michelle Williams, l’ex de Heath Ledger, après une première de son dernier film au même cinéma, mais nous, nous sommes partis bien avant.

Il était agréable, je l’avoue, de ne pas être obligé de courir vendredi après-midi à la gare des chemins de fer de l’Île Longue afin de prendre le train de 13.22 à destination de Babylone, pour la correspondance à Sayville – en plus, il y avait un orage violent qui s’abattait sur la ville, avec des coups de tonnerre déchaînés qui faisaient trembler les murs de l'immeuble.

On est resté en ville pour assister à un dîner de célébration pour l’ami bengali, qui avait pris l'après-midi même, après maintes difficultés et un tas de détours, la citoyenneté américaine, ce qui veut dire surtout qu’il va pouvoir avoir un passeport (au lieu des documents de voyage temporaires qu’il lui a fallu obtenir et ensuite renouveler tous les six mois). On s’est réunis donc chez l’ami maintenant seulement d’origine bengalie (c’est un peu lourd, je sais) et son copain avec qui il a vécu pour 17 ans, l’ami oncologue, dans leur loft dans le quartier de la Colline de Boerum, à Brooklyn, où on nous a montré le certificat de naturalisation en buvant des verres de champagne. Ensuite, on est allé au restaurant The Grocery dans la rue Smith. L’ami ex-bengali connaît la propriétaire et le chef (anciens architectes tous les deux) et donc on nous a accueillis avec beaucoup de chaleur – l’ami avait choisi le menu et l’on a donc trop mangé – du poisson surtout et du caneton, le tout arrosé d’une sélection de vins français assez exquis (j’ai pris des photos des étiquettes pour wam) que la propriétaire achète chez des petits distributeurs de vin, qui ont, selon elle, de plus en plus de problèmes à marcher à New-York contre les grandes sociétés de distribution. Voici les vins qu’on a bus pendant notre repas.

cairanne.jpgOn a commencé le repas avec ce vin-ci, dont le vigneron serait une femme (la propriétaire du restaurant est très féministe)

cornas.jpgOn a continué avec ce Cornas – un peu plus fort, plus lourd que le premier

moreystdenis.jpgPour le caneton, on nous a servi ce Morey-Saint-Denis

À la fin, on nous a offert une table de desserts, auxquels je n’ai pas touché.

desserts.jpgNotre table, lourde de desserts

felicitationsauchocolat.jpgEt des sorbets maison sur une assiette décorée au chocolat pour le nouveau citoyen

On est rentré chez nous par le métro de la ligne A, avec l’ami graphiste qui ne boit plus (après une crise nerveuse où il s’est trouvé hospitalisé il ne boit plus – et cela fait maintenant six ans d’être « sec » comme on dit ici). C’est-à-dire qu’on s’est couché assez tard – vers 1 h 30 – pour nous réveiller à 6 heures afin de nous trouver à nouveau à Brooklyn, d’où on allait en voiture vers l’Île de Feu.


Changement de saison

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C'est bien l'été et il fait bien chaud ici.

meteonewyorkaise.png

Je lis en général le soir, quand je suis au lit. Le mari est à côté et ou il dort, allongé sur le dos, un oreiller sur le visage pour bloquer la lumière, ou il lit un article ou regarde une émission sur son iPad – en ce moment il se plaît à regarder toutes les émissions de la comédie anglaise Black Adder sur Netflix. Moi, je viens de terminer Les illusions perdues, roman impressionnant mais qui m’a laissé toutefois un peu insatisfait (peut-être exprès, afin qu’on achète les autres livres dans La comédie humaine. La mort de l’actrice Coralie est d’une tristesse vraiment navrante et les commentaires de l’auteur sur l’ambition sociale, sur les mauvais choix qu’on fait dans la vie, sur le carriérisme et sur les conséquences inattendues sont justes et souvent exceptionnels dans leur jugement. (Par exemple, page 628: « Votre Lucien est un homme de poésie et non un poète, il rêve et ne pense pas, il s'agite et ne crée pas. Enfin c'est, permettez-moi de le dire, une femmelette qui aime à paraître, le vice principal du Français. Ainsi Lucien sacrifiera toujours le meilleur de ses amis au plaisir de montrer son esprit. Il signerait volontiers demain un pacte avec le démon, si ce pacte lui donnait pour quelques années une vie brillante et luxueuse. » C'est quand même assez dur, ça !)

Ce roman terminé, j’ai commencé Notre-Dame de Paris, qui est presque aussi long que Les illusions perdues, du moins dans les éditions de poche.

En même temps, j’ai aussi lu un roman « autobiographique » écrit par le client du mari et on l’a lu à haute voix, une première pour nous. On a vu l’auteur aux Pins et chez nous à La Cerisaie et cela semble l’avoir surpris qu’on ait pris la peine de lire son roman aussi attentivement.

Des épisodes pareils qu’on raconte en chuchotant dans des dîners en ville font partie sans doute du charme discret de la bourgeoisie, mais ça change un peu la donne quand on décide d’écrire un livre de poèmes là-dessus. C’est ce qu’a fait l’éditeur célèbre Jonathan Galassi, poète et maintenant président et chef de la maison d’édition renommée Farrar, Straus & Giroux. Il vient de sortir une collection de poèmes qui racontent, dans de diverses façons, sa vie d’homme marié avec deux filles qui est censé être hétéro, et puis son « coming-out » quand il est tombé amoureux d’un jeune agent littéraire qu’il appelle Jude dans ses vers et qui est supposé être Bill Clegg, très connu lui aussi dans les milieux new-yorkais de l'édition. Le livre, qui s’intitule Left-Handed, ou Gaucher (comme moi) est divisé, comme la Gaule, en trois parties – la séparation avec la femme et cette ancienne vie domestique, les nouveaux amours, et l’acceptation. Ils sont très bourgeois, ces poèmes – vie à Manhattan, résidence secondaire à la campagne, références littéraires BCBG –, mais ils restent vrais. M. Galassi est, comme presque tout poète anglophone d’aujourd’hui, beaucoup influencé par W H Auden mais il ne partage malheureusement pas l’originalité des rimes de celui-là, ni les rythmes qui choquent par leur naturel et leur inattendu. Il y a pourtant des vers et des rimes qui brillent :

« and a vegetable-dyed wall inside a room
displayed the crossed limbs of the Diving God
falling into sun-drenched blue-green water.
They were good like us at roads and slaughter
».

Pour moi la rime de « water » et de « slaughter » (tuerie) est très bien trouvée. On a lu ces poèmes à haute voix aussi – dans la chambre à coucher et sur la plage à La Cerisaie. Ça marche bien pour les poèmes.

Je lis de moins en moins de critiques littéraires, mais celle-ci dans le New York Times, à propos du nouveau roman Canada de l’écrivain Richard Ford, m’a attiré l’attention, tellement c’était louangeur : « Willa Cather once wrote that “a creative writer can do his best only with what lies within the range and character of his deepest sympathies.” By that measure, and any other, Richard Ford is doing his very best in his extraordinary new novel, “Canada,” his first book since “The Lay of the Land” six years ago. Here, Ford is clearly writing within the range and character of his deepest sympathies — in this case, from the point of view of an abandoned 15-year-old boy — and he’s doing it with a level of linguistic mastery that is rivaled by few, if any, in American letters today. »

La critique se termine ainsi: « ... it is a masterwork by one of our finest writers working at the top of his form. » Moi, je ne le connaissais pas du tout, mais je suis vite allé acheter son livre à la librairie de quartier, Three Lives. J’ai lu un peu plus que la moitié (j’ai un peu laissé de côté Notre-Dame de Paris, c’est vrai) et c’est un livre bien. Je ne puis pas dire pour le moment s’il s’agit vraiment d’un chef-d’œuvre, mais c’est bien fait, bien écrit

À La Cerisaie

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On essaie de lancer un thé-dansant au Palais de Glace à La Cerisaie les après-midis

S'il y a un problème avec La Cerisaie, c'est que chez nos amis, certains d'entre eux ne comprennent pas très bien la manière dans laquelle il faudrait l'aborder. Non, vous n'allez certainement pas vous croire à Southampton, ou à Nantucket, où à Northeast Harbor, au Maine, sauf si vous avez bu trop de punchs planteur ou pris autres substances aussi déréglantes. C'est plutôt une version gaie de la côte néo-jersiaise – ce ne sont pas les bourgeois BCBG de Manhattan – ou plutôt des gens qui s'imaginent comme tels – aux Pins qui affluent à La Cerisaie. Ce sont plutôt les jeunes prolétaires et ouvriers gais qui cherchent à s'éclater dans un milieu ouvert et pas snob, où l'on peut manger une pointe de pizza sur la plage sans aucune honte. C'est un endroit où les gens se foutent plutôt de ceux qui auraient un air supérieur ou ostentatoirement chic. Il y a beaucoup plus de filles aussi – beaucoup sont lesbiennes, bien sûr, mais d'autres sont des femmes hétéros qui s'amusent avec leurs amis gais.

On n'a pas eu d'invités le week-end dernier et le mari et moi, on a dansé dans nos slips jusqu'à trois heures du matin vendredi soir et ensuite jusqu'à deux heures et demie (en short normal) samedi soir. Cela prend la place d'uns séance d'exercice cardio, bien sûr. J'ai dit à une amie même plus âgée que moi qu'elle était toujours invitée à passer le week-end chez nous, mais qu'elle allait devoir s'arranger pour pouvoir entendre sans flancher, par exemple, des chansons aux paroles assez pittoresques comme celles-ci, d'un tube en ce moment qu'on entend partout : « She can fuck you good, but I can fuck you betta ».




Je lui ai dit qu’il fallait surtout rester moderne. Elle m’a répondu qu’elle y penserait.

Aujourd’hui à La Cerisaie, à partir de midi on a fêté la fierté gaie (et lesbienne et transgenre et tout et tout, bien sûr) – on était un peu fatigués, le mari et moi, nous étant couchés vers 3 h 45 après avoir dansé dans nos slips pendant quelques heures au milieu de jeunes gens en slip ou en jockstrap, et de marques très, très diverses, on n’a pas manqué de noter, au Palais de Glace. Il s’agit en effet d’une petite marche de quelques douzaines de personnes, dont les VIP de la communauté comme le capitaine de port et la chef des pompiers. Il y avait aussi des petits chars sponsorisés par les restaurants et les bars locaux. Comme au Mardi Gras à La Nouvelle-Orléans, on jetait des colliers de perles en plastique, ainsi que des guirlandes colorées et de la mousse à raser, qu’une jeune fille a posée tout doucement sur ma jambe, je ne sais pas trop pourquoi, mais je l’ai trouvé gentil. Voici quelques photos de la marche.

debutdedefile.jpgLe premier char de la marche

queen.jpgDes participants dans la marche

restaurateur.jpgUn restaurateur/promoteur immobilier au milieu, entouré de deux employés

lesmariees.jpgDes mariées ?

communautecuir.jpgUne sélection de la communauté cuir

chardebar.jpgLe char du bar Cherry's plein de barmen et de serveurs

capitainedeport.jpgLe capitaine de port, qui s'appelle Paul

jerry.jpgVoici Jerry, l'un des parents de deux adorables poméraniens noirs (dans la poussette)

jambemoussee.jpgMa jambe droite, moussée

Ailleurs, et comme tout le monde, je suppose, et malrgré le beau temps qu’il fait ici, je redoute ce qui va arriver demain en Grèce et en Égypte.



manifestants4erueouest.jpgLes manifestants et les flics dans la 4e rue ouest, à quelques pas de chez nous

La visite du couple présidentiel dans le quartier hier soir a provoqué quelques manifestations, mais les manifestants paraissaient, pour la plupart, sans grande conviction. Ils scandaient « Banks got bailed out, we got sold out ! » (on a renfloué les banques, on nous a trahis !), mais sans aucun excès d’enthousiasme, en dépit de la vérité profonde de leurs paroles. Les policiers avaient l’air ennuyé. On n’est peut-être pas très content avec Obama, mais quand on songe à son adversaire, alors là ! On se dit, « Sois sérieux ! »

carrefour4erueouestetperry.jpg
Et au carrefour de la rue Perry et de la 4e rue ouest – la manifestante à droite était en robe longue pour souligner le côté mondain de ce dîner de levée de fonds chez Mlle Parker et M. Broderick

Retour (2e partie)

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placedutempsbladerunner.jpg
La place du Temps, par un temps de Bladerunner

D’abord, je vous remercie tous de vos commentaires encourageants et je voudrais remercier en particulier l’artiste Frédérique qui est passée tout récemment à New-York et qui m’a gentiment menti en disant généreusement que je parlais toujours bien le français – après un moment dans sa compagnie, je me suis souvenu de combien le blogue m’a apporté, en amitiés et en connaissances diverses. Donc, merci, Frédérique. Et merci à vous tous.

thebestman.jpg
Devant le théâtre Schoenfeld dans la 45e rue ouest

Après une période de relâche, on a recommencé à sortir et à aller au théâtre, le mari et moi. Il est très commode, pour nous surtout, que la plupart des touristes, étrangers et américains, n’aiment pas les pièces, ce qui nous arrange parfaitement (par contre, c’est plutôt dommage pour les producteurs). On est donc allé The Best Man (jeu de mots en anglais pour « l’homme le meilleur » et le témoin de mariage), pièce de l’auteur Gore Vidal écrite autour de l’élection de Kennedy en 1960 (et il était parent par alliance avec la femme du président, Jacqueline). Pièce excellente et tout à fait d’actualité. La distribution était pleine de vedettes, dont John Larroquette, James Earl Jones, Candice Bergen (veuve de Louis Malle), Eric McCormack (de la série comique Will & Grace) et l’incontournable Angela Lansbury, à l’âge de 87 (faut le faire, quand même !). Le dialogue émerveillait : l’ancien président remarque ironiquement à propos de la politique : « In those days you had to pour God over everything, like ketchup. » Il fallait verser du Dieu sur tout, comme du ketchup ! Le public avait le souffle coupé, puis on a ri, tellement c’est la même chose aujourd’hui. C’est cynique, méchant, honnête. Un plaisir.

dumondeplacedutemps.jpgDu monde dans la place du Temps

thecolumnistfriedman.jpgDevant le théâtre Friedman (anciennement Biltmore)

Quelques jours plus tard on est allé voir The Columnist, avec John Lithgow en vedette, avec une distribution dont fait partie Grace Gummer, qui serait en l’occurrence la fille de la formidable Meryl Streep – et elle est très bien. La pièce, pourtant, n’est pas un succès. Il s’agit d’un drame « historique » sur l’éditorialiste célèbre Joseph Alsop, qui était très suivi dans les années 60 dans les milieux politiques de Washington et de New-York. C’était un partisan ardent de John Kennedy et il était gai, mais dans le placard, en dépit du fait que tout le monde le savait. Le rideau se lève sur un homme nu au lit et un jeune homme en caleçon avec des abdos impressionnants, même au fond de la salle, où nous étions assis. C’était bizarre, on connaissait au moins une douzaine de personnes dans la salle, dont certaines j’ai plutôt voulu éviter (c’est inévitable, non ?) On a dit bonsoir à un ami qui était avec l’acteur/danseur/metteur en scène Tommy Tune et à deux connaissances de la plage. Mais la pièce – pas réussie, parce que le sujet n’avait aucun intérêt dramatique.

endofrainbowbelasco.jpgLe théâtre Belasco, où l'on a vu Le bout de l'arc-en-ciel

Tout le monde en parlait ; l’actrice britannique (la pièce avait été montée d’abord à Londres) qui en était la vedette avait reçu des critiques très louangeuses. Il s’agit de la pièce avec musique Judy Garland : The End of the Rainbow, avec l’actrice Tracie Bennett. J’ai hésité parce que je trouve qu’on a déjà assez travaillé la vie plutôt pathétique de la célèbre chanteuse. Mais on a acheté des billets, et l’on y a retrouvé l’ami galeriste qui avait avec lui un jeune mannequin qu’on avait déjà rencontré à la plage – le mannequin est sympa mais j’ai l’impression que cela ne va pas durer. La pièce traite des derniers mois de la vie de Judy Garland, qui est morte à Londres d’une overdose de somnifères (Seconal, en l’occurrence, très populaire à l'époque, ma mère en avalait de temps en temps) le 22 juin 1969, à l’âge de 47. Il y a trois acteurs en tout mais le seul qui compte, c’est Mlle Bennett, et elle était formidable, d’une énergie tout à fait étonnante – mais le rôle reste un exercice de travestissement assez curieux. On l’a sélectionnée pour un prix Tony (mais elle n’a pas gagné) et elle l’a sûrement mérité. Mais j’avais toujours l’impression de regarder un travesti jouant à Judy – et j’en ai vu, je vous assure !

venusinfurlyceum.jpgPar une soirée de pluie, devant l'entrée au théâtre Lyceum

On n’a pas regardé à la télé l'émission des prix Tony le dimanche dernier (on a vu pourtant quelques moments dans le restaurant très gay-friendly Vinyl dans la Cuisine de l’Enfer). On est allé à TKTS le mardi suivant à 18h30 pour voir ce qu’on y offrait et l’on a vu au panneau lumineux des places pour la pièce Venus in Fur (La Vénus à la fourrure), pièce basée, très largement, sur la nouvelle de l’Autrichien Léopold von Sacher-Masoch. C’est une pièce curieuse, très intelligente et aussi très comique – l’actrice Nina Arianda a même gagné le prix Tony pour la meilleure actrice. L’autre acteur Hugh Dancy a lui aussi très bien joué. Même en allant chez TKTS on a eu de très bonnes places, au premier rang du balcon – mais à cause du prix Tony on avait augmenté les prix des billets (je ne les reproche pas, les producteurs – il n’est pas facile à gagner de l’argent dans le théâtre de nos jours) – nos billets coûtaient 81 $ chacun, à un discompte de 40 % et la salle était presque complète. On a dîné au Café 1 2 3 après, toujours très agréable et à deux pas, litéralement, du théâtre.

avantleballet.jpgDevant le théâtre Koch (ancien théâtre de l'État) dans le centre Lincoln, pour voir le ballet de la Ville de New-York

L’anniversaire de notre mariage, le 31 mai, on est allé au ballet de la Ville de New-York au Centre Lincoln. La saison estivale de la compagnie est plutôt décontractée – les gens sont même venus en chemises à manches courtes mais moi, j’ai porté une veste noire légère et une cravate. Pendant l’entracte on a dit bonjour à la couturière Mary McFadden, qui m’avait salué avec un grand sourire en croyant sans doute qu’elle me connaissait de quelque part – un homosexuel aux cheveux gris et assez bien mis, au ballet à New-York, c’est normal après tout qu’elle aurait cru me connaître. On y a vu un ballet d’un Russe qui m’était inconnu – il y avait des parties bien et des parties moins bien. Un ballet de Jerome Robbins a suivi – sans musique, et c’était très réussi. Pour terminer on a vu un ballet de Peter Martins, Jeu de Cartes (en français dans l’original), rien de très nouveau mais agréable à voir.

Cet après-midi on va à la plage, d’où j’essayerai de poster des billets, mais l’Internet là-bas n’est pas le top du top – les égoïstes obsédés sur cette bande de sable volent toute la bande passante pour se parler sur Grindr et Scruff et Manhunt. Donc, on verra.






carsdeflics.jpgCar de flics dans la rue Charles, à quelques pas de la maison de Mlle Parker et de M. Broderick

Le président et Mme Obama arriveront cet après-midi dans le Village pour une réception de levée de fonds chez l’actrice Sarah Jessica Parker et son mari l’acteur Matthew Broderick dans la rue Charles. On vide le quartier de voitures stationnées et on met des tireurs d’élite sur les toits autour de la maison. C’est la deuxième fois qu’on occupe le quartier pour accueillir le président – l’autre fois, c’était dans la 11e rue ouest, chez Harvey Weinstein, PDG des films Miramax, pour un dîner offert par l’éditrice de mode Anna Wintour du magazine Vogue.

ruesbarricadees.jpgOn a mis des barricades un peu partout dans les rues avoisinantes

Retour (1ère partie)

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danslemetro.jpgDans le métro

Je suis désolé d’avoir été absent si longtemps – je ne peux désigner aucune raison particulière pour mon silence, sinon d’une petite déprime annuelle et d’un agenda plus chargé que d’habitude. Il y a aussi les doutes persistants sur l’intérêt que peut avoir un blog comme celui-ci, rédigé dans un français truffé de fautes par une lopette vieux jeu qui lit encore, le fossile, les journaux papier. Mais bon, je pense qu’il vaut mieux ne pas trop y réfléchir – il me plaît d’écrire en français, langue que j’aime autant que ma langue maternelle, et si j’écris des bêtises, avec ou sans fautes, il importe peu, au fond, puisque ça me plaît.

En dépit d’avoir laisser tomber les billets, j’ai continué à prendre des photographies de nos sorties, que je vais essayer de publier à partir d’aujourd’hui dans de courts billets « digestes » où il y aura probablement assez peu de texte.

Et, oui, on a recommencé l’aventure de l’Île de Feu, mais cette fois à La Cerisaie, où l’on a pris (pour des raisons qu'on expliquera plus tard) une maison tout à fait spéciale. Elle a été construite en 1952 par un décorateur de théâtre fou de déchets architecturaux qu’il trouvait un peu partout dans l’Île Longue, où l’élargissement rapide de la banlieue de New-York à cette époque après-guerre entraînait la démolition d’un grand nombre de propriétés bâties dans un style plus ou moins classique – c’est-à-dire, avec des urnes décoratives, des balustrades, des corniches et d’autres éléments du même genre. Ce monsieur promoteur, qui s’appelle John Eberhardt et qui vit toujours, à East Hampton et à Palm Beach, en Floride, aurait acheté une grande partie du côté est de La Cerisaie, qu’il aurait divisée en lotissements sur lesquels il aurait construit des « maisons » – ce serait plus juste de dire des « cabanes garnies » où l’on trouverait les murs couverts de moulures en trompe-l’œil et les cantonnières détaillées. Aucun courant, pourtant – l’électricité n’est arrivée à La Cerisaie qu’aux années 60 – et avant on éclairait au gaz.

M. Eberhardt, qui a plus tard, en 1957, commencé à ériger la « folie » du gîte Le Belvédère sur la Grande Baie du sud, a décoré la maison d’une manière qu’on aurait qualifiée alors de « continentale » et de « sophistiquée » et aujourd’hui de « camp » ou de « kitsch gay ». La propriétaire, assez âgée, a acheté la maison en 1971 et elle a gardé tout le mobilier qui s’y trouvait – c’est souvent le cas dans les ventes immobilières dans les communautés de l’Île de Feu, où débarrasser le mobilier coûterait en fait plus qu’il ne vaut – et c’est pour cette raison que la maison où nous sommes présente un côté curieux de « maison-musée » où le temps s’est figé vers 1965.

Malgré tous les ornements, la maison reste une cabane en bois au bord de la mer, posée sur un monceau de sable où les éléments la battent sans cesse. Le bois des châssis de fenêtre est pourri et on n’ose pas les bouger – on a des climatiseurs dans chaque chambre et dans le salon – et les portes ne se ferment qu’avec un peu de force. La cuisine est vétuste, avec une ancienne cuisinière électrique et sans lave-vaisselle – il y a, que les dieux soient loués, un micro-ondes qui marche. Et la terrasse, qui se trouve derrière la maison, est grande et agréable et privée.


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