Archives septembre 2012

L’amie ex-éditrice nous avait invités à l’accompagner samedi après-midi pour voir une pièce de théâtre au théâtre de la rue Barrow (qu’on avait avant appelée la rue de la Raison, « Reason Street », en honneur de l’écrivain révolutionnaire anglo-américain Thomas Paine, qui habitait le quartier et qui est mort dans la rue du Bosquet (« Grove Street »), au numéro 59, où se trouve à présent le piano-bar gay La Crise à Marie, nom qui rappelle les pamphlets polémiques de Paine intitulés La Crise américaine (de 1776 à 1783) à et le nom de la première propriétaire du bar Marie Dumont.

entreetheatreruebarrow.jpgLa maison Greenwich dans la rue Barrow, au Village – le théâtre se trouve au rez-de-chaussée

La pièce s’appelait Tribes, ou Tribus, pour des raisons que j'ai trouvé en fin de compte assez faibles. Mais bon, il s’agit d’une pièce écrite par une écrivaine dramatique anglaise dans laquelle elle traite la surdité dans une famille intellectuelle plutôt nerveuse et loquace. La salle dans la maison Greenwich est un théâtre en rond, où, dans cette pièce, la table de la salle à manger est au centre de l’action.

La pièce m’a semblé assez mélo – les acteurs, dont les accents anglais du nord flottaient de moment à moment, ce qui est plutôt gênant, étaient bien, surtout un acteur sourd qui jouait un des rôles principaux, Billy. Le comportement de la famille m’énervait. La mise en scène était intéressante.

Après la pièce, on est allé se restaurer encore une fois à Sel et Gras, où malheureusement le beau Mattias n’était pas, mais on a quand même bien mangé, tout en regardant le monde qui passait devant nous sur le trottoir le long de la 7e avenue.

Le repas terminé, on a mis l’amie ex-éditrice dans un taxi pour rentrer chez elle au Côté oriental supérieur. Le mari a commandé le film Les Vengeurs où j’ai jeté quelques coups d’œil sur le capitaine Amérique et sur Thor, qui sont de beaux gars, mais pour le reste, je n’y ai prêté que bien peu d’attention.

Pas à pas

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On avait réservé trois places pour le spectacle de l’amie chanteuse au Duplex, qui allait avoir lieu à 19 heures (dans le petit cabaret du Duplex on présente en général deux spectacles par soirée, l’une à 19 heures et l’autre à 21 heures, et il y en quelques-uns, surtout les week-ends, qui commencent à 23 heures). J’avais terminé une séance assez rigoureuse de « lifting », le mot préféré à présent pour dire « faire de la muscu », d’où je m’étais allé me faire couper les cheveux par les coiffeurs russes dans leur salon de coiffure minuscule à l’angle de la 7e avenue et de la rue Charles. Il y avait un monsieur devant moi dans la chaise de mon coiffeur préféré, Alex, qui s’est fait presque rasé la tête – Alex ne lui a laissé qu’une toute petite touffe de cheveux noirs tout en haut de son crâne. Quand je me suis trouvé dans la chaise après ce monsieur, j’ai dit à Alex « Faites-moi la même chose que vous avez faite pour le monsieur qui vient de partir. » Il a donc enlevé presque tous mes cheveux – je ne sais pas pourquoi, mais cela me soulage un peu, quand j’ai une petite déprime, de me faire couper tout ras mes cheveux. À l’opposé de Samson, je trouve que j’ai plus de force quand j’ai moins de cheveux.

La vie comme elle va

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L’ami chanteur m’a téléphoné vers 18 heures pour me rappeler la compétition de travestis « So You Think You Can Drag » à laquelle son ami Lady Bukkake allait participer (il avait gagné la compétition de la semaine précédente) – cela allait commencer à 23 heures, aux Scènes du Nouveau Monde, un groupement d’anciens cinémas réaménagés en théâtres « off-Broadway » dans la 50e rue ouest qui fait partie du développement immobilier World Wide Plaza.

devantlestheatres.jpgDevant les théâtres dans la 50e rue ouest

On avait prévu, le mari et moi, un dîner dans le quartier avec la célèbre Shequida, qui habite à deux pas de chez nous – on est allé au restaurant mexicain Agave où ils font de bonnes margaritas gelées pas trop sucrées. La cuisine par contre est plutôt fade et sans intérêt – n’importe, je bois et je prends une salade mixte à laquelle on ajoute un blanc de volaille grillé. L’étoile était un peu en retard, et il s’est excusé en me textant « You know I’m black and a drag queen ». Il est aussi super intelligent, charmant, spirituel et ambitieux. Et très travailleur, fait qui m’a plutôt couvert de honte pour ma paresse.

Rapports littéraires divers

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centrevillenyc.jpgVue du centre-ville de la terrasse de l'appartement de l'ami galeriste

J’avais été attiré par la nécrologie à cause du prénom de la défunte : Tereska. C’était le prénom de la fille adoptive du fils et de la femme de l’amie écrivain, une jeune fille polonaise qu’ils avaient rencontrée en Pologne où le fils était en poste diplomatique. Et puis j’ai aussi remarqué l’accent grave sur le e de Torrès. Et finalement, il y avait cette coda du titre « Writer of Lesbian Fiction ». Ah oui ? Je n’ai jamais entendu parler d’elle. Je commence à lire la nécrologie, qui compte deux pages, ce qui indiquerait en quelque sorte l’importance que le Times lui donne.

plantessurlaterrasse.jpgSes plantes, dont cet hibiscus orangeâtre, sont toujours dehors – il les remettra à l'intérieur en mi-novembre

Elle est morte à Paris, jeudi le 20 septembre, à l’âge de 92 ans. Elle avait écrit un roman « obscène » publié en anglais en 1950 sous le titre de « Women’s Barracks » ou « Jeunes femmes en uniforme » dans l'original. Le livre a vendu 4 millions d’exemplaires aux États-Unis.

toursducentrecommercialmondial.jpgLes nouvelles tours du Centre de commerce mondial au bout de l'Île de Manhattan

Je continue ma lecture. Elle avait épousé un monsieur Torrès, un Français juif dans les Forces françaises libres, à Londres en 1944. Il a été tué en France quelques mois plus tard. En 1948, elle a épousé l’écrivain américain Meyer Levin, qui était ami de ses parents et qui lui aurait convaincu à présenter ses mémoires de guerre à Londres dans un roman, qui serait devenu « La caserne des femmes ». Et c’est ce même M. Levin qui aurait passé un moment dans la maison qu’on vient de quitter à La Cerisaie le week-end dernier, quand il travaillait sur son roman « non-fiction » Compulsion, basé sur le meurtre commis par les deux jeunes Leopold et Loeb dans la banlieue de Chicago en 1924. Ce roman a été publié en 1956 et a été la base de l’adaptation pour le film du même nom sorti en 1958/9.



Au revoir, La Cerisaie

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aurevoirlacerisaie.jpgOn quitte La Cerisaie – un ami assis près de nous m'a poussé à jeter une pièce de monnaie dans la Baie
pour assurer notre retour l'été prochain – moi, j'ai réfléchi qu'il vaut toujours mieux de ne  pas oublier
de payer le nocher Charon, n'est-ce pas ?

On a fermé la maison à La Cerisaie hier après-midi – notre location ne prend fin que le week-end prochain, c’est-à-dire à la fin du mois, mais le mari n’a vraiment pas voulu y retourner, car déjà il trouvait qu'il faisait trop froid dans la maison, et cela malgré un week-end de soleil brillant. On a donc bouclé nos bagages, bourrés de tout ce qu’on ne voulait pas laisser à la maison.

lesaloneclaire.jpg On a l'air de vivre dans une pièce de Tennessee Williams chez nous à La Cerisaie

J’avais pris le train de 8 h 28 vendredi matin afin d'arriver à la plage assez tôt pour pouvoir recevoir chez nous, dans la maison invraisemblable, le poète des Pins Kirby Congdon et un de ses amis, l’artiste-conservateur écossais, qui m’avaient parlé de la possibilité d’une visite dans l’après-midi, mais il est arrivé que le poète, qui aurait environ 84 ans, ne se sentît pas assez fort pour venir chez nous et aussi terminer ses préparations pour sa migration annuelle à Key-West, au bout de Floride, le lendemain matin. Je suis donc allé me poser sur la plage, presque déserte, sous un soleil de plomb, où je révisais un texte jusqu’au moment où un jeune homme qui s'appelle Justin et qu’on connaît depuis quelques semaines est venu me faire sortir de ma bulle. Après quelques minutes de bavardage, on s'est convenu d'aller déjeuner (repas que je saute le plus souvent) « en ville » où on a parlé beaucoup de sa carrière d’acteur-chanteur et de son retour prochain à Kansas-City, où il a été élevé dans la banlieue, pour le mariage de sa sœur unique et où on lui aurait invité à monter un spectacle de variétés chaque semaine dans un théâtre du centre-ville jusqu’à fin décembre, après quoi il rentrera à New-York.


Quand New-York brillait

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Il y a, dans la vie de certaines villes, des moments inattendus où les circonstances les plus diverses et même contradictoires contribuent, dans de façons souvent occultes ou imprévisibles, à créer une ambiance qui donne lieu en quelque sorte à un épanouissement culturel et social exceptionnel. Je viens de terminer les mémoires de la poète et chanteuse rock Patti Smith (grande francophile, amatrice de Genet et de Rimbaud) de sa vie avec le photographe Robert Mapplethorpe qui s’intitule Just Kids.

pattirobert.jpgPatti Smith et Robert Mapplethorpe à New-York

De 1966 jusqu’à la mort du photographe du sida en 1989, ces deux artistes ont cherché à trouver leurs chemins artistiques dans un New-York très différent de la ville qu’on connaît à présent – propre, surveillée et aussi originale qu’un centre commercial en Ohio. Ils sont arrivés à New-York au début des années 70, juste avant l’écroulement de la ville sous la négligence financière aux environs de l’année 1975, quand le président Ford a refusé l’aide financière à la ville, ce que les éditeurs du quotidien populaire The Daily News ont retraduit pour le gros titre de la une du journal : FORD TO CITY : DROP DEAD.

L'été se termine

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laplageenautomne.jpgLa plage en automne

L’été se termine – on n’a que deux week-ends de plus dans cette maison aimablement ridicule. La propriétaire viendra le premier week-end d’octobre pour la fermer jusqu’au début du mois de mai 2013.

belvederevudelabaie.jpgLe Belvédère vu de la baie

On a passé, le mari et moi, un été excellent à La Cerisaie, un été qui nous aura laissés de très bons souvenirs. En dépit des mauvaises prévisions météo, il a fait un temps plutôt exceptionnel, ce qui a favorablement arrangé les affaires pour nous. Le luxe d’avoir des lits supplémentaires nous a permis d’inviter chez nous des gens qui, comme les jeunes Russes, n’avaient pas les ressources eux-mêmes pour venir passer quelques jours au bord de la mer.



Le Vatican ne sera pas content – le cardinal Barbarin non plus ;-) Oh, tant pis pour lui, n'est-ce pas ? (Merci à Yagg)

Vidéos blasphématoires

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Moi, aussi, je peux poster des vidéos impies sur YouTube !


C'est le premier numéro du dernier show de Shequida au Palais de Glace, lundi dernier. Je posterai la finale plus tard. N'oubliez pas de prier pour moi et pour mon salut, ou de m'envoyer en enfer, c'est comme vous voulez, parce que, pour moi, ça m'est égal ;-)

Les nouvelles guerres de religion

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Bon, j’ai regardé ce matin une courte partie de la vidéo qui est censée insulter Mahomet et de toute façon, et j’apprends que Google aurait interdit l’accès à la vidéo chez YouTube depuis l’Égypte et la Libye. Cela va sans dire que, sans la violence et la mort de quatre diplomates à Benghazi, presque personne aux États-Unis n’aurait eu la moindre conscience de ce film idiot. Certains redoublent leurs cris sur la barbarie du monde musulman et sur l’inhumanité de l’Islam, mais à ceux-là, je répondrais : les Juifs arrivés en « terre promise » ont vite essayé d’exterminer les Cananéens et les Amalécites (« race maudite » par leur propre dieu, ce qui est commode, n'est-ce pas ?) ; les croisés catholiques ont massacré les orthodoxes constantinopolitains en 1204 ; de 5.000 à 30.000 protestants français ont été massacrés à partir du 23/24 août 1572 par des catholiques français ; en Irlande du Nord, en 1969 et 2001, 3.526 personnes ont été tuées dans les « Troubles », qui sont d’origine religieuse. Moi, je suis de l’avis que si l’Occident n’avait pas connu d’abord la Renaissance et puis la Réformation, suivies du Siècle des Lumières concentré en France (merci, M. de Voltaire !), on serait aujourd’hui dans une situation pareille à celle qu’on retrouve dans plusieurs pays à majorité musulmane. L’Occident a réussi, assez péniblement et avec combien de morts, à briser l’inviolabilité des orthodoxies religieuses et les gens les plus raisonnables acceptent sans trop broncher les différences d’opinions religieuses, même celles qui paraissent des plus farfelues (puis-je vous recommander un court séjour sur la planète-étoile Kolob pour vous guérir de tous les maux de votre âme ?). Sommes-nous tous si sages, si raisonnables, en Europe et aux États-Unis ? Bien sûr que non, mais j’ai plutôt confiance en l’intelligence de la majorité des Occidentaux sur les questions de religion et de l’absolutisme religieux.

Ce qui ne veut pas dire non plus qu’on ne connaîtra de vifs combats dans le monde musulman entre les intégristes et les « modérés », c’est-à-dire, ceux qui aiment bien les us et coutumes d’origine islamique (le mois du ramadan, par exemple) sans y croire trop strictement, comme pour le Noël chez nous, fête culturelle et familiale plus que religieuse chez beaucoup de gens, tout comme le Pâques. Y aura-t-il des heurts à surmonter dans la lutte entre les intégristes et les modérés ? Sans aucun doute. On est en train de les observer en Égypte, où l’on essaie de créer une société à la fois islamique et moderne. Cela va-t-il marcher ? Personne ne le sait encore. Mais il faut l’espérer, pour l’avenir de nous tous.

Les devoirs civiques

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Encore une journée resplendissante, l’une des plus belles de toute l’année – j’ai ma deuxième journée de « service public » comme juré possible. Mais j’ai déjà accompli ce matin un autre devoir civique – j’ai voté dans la primaire démocrate à l’École publique No. 3, dans la rue Hudson, élection qui aurait dû avoir lieu le mardi 11 septembre, mais qu’on a reportée jusqu’à jeudi à cause de la date plutôt funeste, surtout à New-York, du 11 septembre. Les démocrates choisissent leurs candidats pour le poste de sénateur d’état et de juge du tribunal des successions (oui, oui, ici on vote pour les juges, ce qui peut causer, bien sûr, des problèmes d’influence et de corruption.) Les organisations homo ont presque toutes soutenu M. Brad Hoylman pour sénateur d’état dans notre district, et j’ai aussi voté pour lui. Entre les deux candidates pour le poste judiciaire, j’ai voté pour Mme Mella (on peut lire une description détaillée et très intéressante de cette course ici).

batimentsciviques.jpgUn autre tribunal (fédéral, je crois) à gauche et le beau bâtiment municipal à droite

C’est drôle, dans la salle d’attente des jurés, on ne voit que des iPhone, des Mac et des iPad. Ce qui souligne l'énorme succès d'Apple.

Pour le reste, j'attends, en bon citoyen un rien léthargique, l'appel de mon nom par le gros type derrière le comptoir au milieu de la salle d'attente.

Où je fais mon devoir de citoyen

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coursupreme.jpgLa Cour suprême de l'État de New-York, dans la rue du Centre

En dépit d’avoir bu plusieurs martinis hier soir, avec l’ami galeriste et le mari, avant de me coucher vers 1 heure, j’ai réussi à me lever à 7 heures pour pouvoir arriver à l’heure au nº 60 de la rue du Centre. À neuf heures il y avait une longue queue composée de tous ceux qui avaient été, comme moi, convoqués qui descendait le grand escalier extérieur. Il fallait d’abord passer par le poste de sécurité avant de monter au 4e étage, où l’on a pris nos infos et où nous avons attendus jusqu’à ce qu’on nous appelle pour nous dire de nous rendre à la salle de sélection de jurés et de nous asseoir dans les chaises numérotées – j’avais le numéro 4 – où les avocats des trois parties, le plaignant et les deux défendeurs, se sont réunis pour nous interroger avant de choisir un juré (ils en avaient déjà choisi cinq hier) et trois remplaçants. J’ai figuré parmi les 10 personnes interrogées, mais on ne m’a pas choisi et vers 15 heures on nous a permis de rentrer chez nous, en nous avisant qu’il fallait retourner au tribunal demain matin à 10 heures.

immeubleJavits.jpgL'immeuble fédéral Jacob Javits, en face de la Cour suprême – c'est là où les résidents étrangers doivent chercher leurs papiers officiels

Je suis rentré chez nous à pied – il faisait très beau et pas trop chaud. J’ai essayé, sans trop de zèle, c’est vrai, de trouver un verre à mesurer en plastique et un jeu de cuillères à mesure pour la maison de La Cerisaie, où il n’y en a pas. Pas de succès.

noussommeslacuisine.jpgAffiches dans la rue Lafayette, près du Théâtre public – je suppose qu'il s'agit du nom d'un nouveau restaurant qui va ouvrir à cet endroit

On a commandé chinois – du porc moo shu pour lui, des beignets de viande à la vapeur pour moi, suivi d’une assiette de blanc de poulet haché pour moi et un mélange de légumes à la vapeur pour lui. De toute évidence, nous ne sommes pas la cuisine.

devantlacasernedespompiers.jpgDes bouquets déposés hier, le 11 septembre, devant la porte d'une caserne de pompiers dans la 10e rue ouest




lavalle?edespoupe?es.jpgLa célèbre « Vallée des poupées » à La Cerisaie

Je suis arrivé le premier à La Cerisaie vendredi après-midi. Le mari m'a suivi d'une heure et nos invités, un couple d'amis dont l'un est producteur de télévision et l'autre costumier, sont arrivés assez tard, les crises de dernière minute de week-end ne permettant pas au costumier de quitter son atelier plus tôt. Il faisait affreusement chaud dans la maison et les ventilateurs, dont aucun ne possède, tout mystérieusement, un devant pour protéger contre les pales qui tournent, ne faisaient que bouger un peu l'air lourd et étouffant, mais évidemment mieux que rien. On a accueilli nos amis à leur débarquement du ferry et après avoir déposé les bagages, on est allé vite dîner au Château de Sable où notre serveur était Busted (ou Mike par son « autre » nom). Il nous a informés qu'il allait participer le lendemain à la compétition de Miss Fire Island au Palais de Glace, événement auquel on nous avait déjà conseillé de ne pas assister parce qu'il y avait en général trop de gens désagréables, surtout des « hétéros » de l'Île Longue venue pour se saouler et pour se moquer des travestis en particulier et des homos en général. (Cet aspect fâcheux ne semblait pas pourtant trop inquiéter Busted, qui a l'air souvent ou très zen ou un rien défoncé, donc il est difficile à « lire».)

bagageslesbiens.jpgLes lesbiennes voyagent souvent avec beaucoup de bagages

(Note: je publie ce billet de La Cerisaie et je n'ai pas assez de temps avant le départ du ferry pour publier toutes les photos – et, comme d'habitude, j'en ai des tas – qui suivront quand je serai de retour à New-York avec une connexion rapide. Mes excuses pour la surabondance de texte, que vous n'avez qu'à parcourir très, très rapidement pour deviner que je parle toujours des mêmes futilités. À plus tard, donc.)


Train-train

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Les déménageurs sont arrivés ce matin à l’heure convenue et ils ont apporté les cartons contenant ce que voulait le mari de l’appartement de la belle-mère : le mini-four, pour replacer le nôtre ; un petit cellier ; quelques livres ; un téléviseur à écran plat que le mari veut monter dans la chambre à coucher où il remplacera le moniteur d’ordinateur qu’on y a à présent ; quelques bouteilles de vin. Quelques surprises aussi, sans doute.

cartonsdanslesalon.jpgEncore des cartons (soupir) chez nous

La sœur du mari sera, en toute probabilité, nommée tutrice de leur père la semaine prochaine par le juge du tribunal des successions dans le comté de Litchfield, au nord-ouest du Connecticut. Le père est actuellement chez elle à Los-Angeles ; ils vont rentrer au Connecticut la semaine prochaine pour l’audience. La famille espère que le père acceptera de vendre la maison au Connecticut (trop grande, trop chère à entretenir) pour s’installer dans un petit appartement ou mieux dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, car il est à moitié fou et il oublie de prendre ses médicaments ou il les mélange. On espère qu’il acceptera de quitter le Connecticut pour aller s’installer plus près de sa fille, c’est-à-dire quelque part en Californie du sud. Mais il n’est jamais facile, ni logique, le père, et il adore semer le désordre partout où il va. Rien n’est donc résolu.

On a regardé la Convention démocrate à la télé hier soir – j’ai aimé le discours de la candidate au Sénat Elizabeth Warren et j’étais époustouflé par l’habileté phénoménale du président Clinton – son côté « policy wonk » passionné de détails politiques et son côté pasteur évangélique tous mélangés. De toute façon, les gens qui parlent à la Convention démocrate sont infiniment plus éloquents que ceux qu’on a vus à Tampa, chez les Républicains. Et ils n’ont pas cet air fâché, âpre et rancunier qu’on a remarqué chez les Républicains.

Moi, j’ai été convoqué comme juré à partir de mercredi prochain, pour la Cour suprême de l’état de New-York, ce qui n’est pas, malgré son nom, au sommet du système des tribunaux de l’état mais qui est le tribunal de première instance. Je pensais passer toute la semaine prochaine à La Cerisaie mais évidemment cela ne va pas être possible.

Il fait en plus un temps plutôt maussade – lourd et nuageux – où on en a plutôt marre de l’été terminé sans sentir aucune trace de fraîcheur de l’automne à venir.

Bienvenue au cabaret

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L'artiste Justin Valentine ouvre le spectacle de Mlle Hedda Lettuce (du billet précédent) hier soir au bar Cherrys à La Cerisaie



mllelaitue.jpgMlle Hedda Lettuce à son dernier spectacle au bar Cherrys hier soir à La Cerisaie

Il a plu presque toute la journée d’hier – rien de très dramatique, mais quelques averses courtes suivies de coups de soleil et ensuite d’une pluie légère. Un artiste/conservateur écossais est venu me voir et surtout voir la maison, qui l’a épatée. Il a dit que pour lui cela évoquait un peu la Nouvelle-Orléans – ce n’est pas la première fois qu’on me le remarque.

En ce qui concerne l’élection présidentielle américaine, j’ai bien l’impression que les Républicains n’ont convaincu personne à la suite de leur convention – M. Ryan a vite gagné le sobriquet de « Lyin’ Ryan » ou Ryan le menteur, d’abord à cause de les soi-disant « inventions » dans son discours d’acceptation, mais, surtout, et beaucoup plus comiquement, à cause de son « inexactitude » sur le temps qu’il lui aurait fallu pour courir un marathon – en l’occurrence, celle dite « de bonne-maman », qui a lieu à Duluth, dans le Minnesota – qu’il a déclaré avoir couru en moins de 3 heures, ce qui est un temps de marathon formidable, mais dans les statistiques publiées de ce marathon on trouve que M. Ryan l’a fait en 4 h 01 m 25 s. On connaît le genre de types qui faussent de tels résultats, et on ne l’aime pas trop.

On est allé donc à l’avant-dernier spectacle de Shequida de cet été 2012, qui a commencé avec plus de retard que d’habitude, à cause de la revue Broadway à la plage, organisé par l’impresario Brandon Cutrell, qui a dépassé largement sa durée prévue pour sa finale saisonnière. La belle illusionniste de genre n’est parue sur la scène qu’après minuit.

shequidaentre.jpgShequida entre en scène au Palais de Glace pour son avant-dernier spectacle au bord de la mer – (le gros machin rouge devant elle est un ventilateur qui sert à aérer la salle plutôt chaude et à faire voler artistiquement les cheveux de la vedette)

Comme c’est la fin de l’été, ce spectacle a été un peu plus relâché, voire personnel, que de coutume. Elle s’est amusé à se moquer d’elle-même et vers la fin du spectacle, elle a pris le micro pour rappeler aux gens assis devant elle que l’Île de Feu reste un endroit privilégié, un endroit singulier où l’on peut se comporter comme on voudrait, en dehors des règles et des préjugés de la société dite « normale », et que cette liberté serait sa force et sa mission, et qu'il ne fallait surtout pas qu’on devienne tous des robots musclés habillés de la même façon par Abercrombie (une petite pointe lancée aux habitants des Pins, qui en ont ri un peu nerveusement).

corpsdur.pngShequida nous a conseillé de faire attention à toutes les conventions et les préjugés faciles du monde gay et d'essayer de rester nous-mêmes devant toutes les tentations de conformisme qui nous entourent

Et puis elle a salué les folles qui ont, en 1969, avec de jeunes SDF gays et d’autres « indésirables », résisté à la police devant le bar Stonewall et a ajouté qu’on n’aurait aucun des droits dont on jouit aujourd’hui sans le courage de ces gens-là. La salle s’est levée en masse pour l’applaudir – on est vite retourné aux bêtises salaces et satiriques qui sont toujours le fonds de commerce du spectacle de Shequida.

sabelscities.jpgL'invité du spectacle, Sabel Scities, en Cher

barmendespins.jpgDeux barmen des Pins sont montés sur la scène – ils étaient tous les deux bourrés – et Shequida les connaissait et leur a demandé de baisser leurs pantalons en leur disant « What the fuck, it's the end of summer ! Show some skin ! »

baissedepantalons.jpgMais ils ont seulement baissé leurs pantalons de quelques centimètres et elle les a chassés de la scène

Le mari et moi, nous sommes rentrés chez nous parce qu’il devait se lever tôt pour prendre le ferry de 7 h 20 ce matin.

Aujourd’hui il pleut doucement, ce qui me permet de travailler un peu sans être obligé d’aller sur la plage. Je compte rentrer demain matin à New-York.

Fin de saison

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Il fait trop de vent sur la plage aujourd’hui et comme le soleil se cache derrière une dentellerie de fins nuages le mari n’a pas voulu y rester, donc on est rentré à la maison où il profite de cette fin de saison pour manger, avec énormément de bruit, tout un sac de chips de tortilla tout en regardant, pour la nième fois, des épisodes de Farscape sur son iPad. Il rit et il mâche sans que je n’y comprenne rien, mais il est content et c’est ça qui compte, n’est-ce pas ?

lapleinelunedaout.jpgLa pleine lune vendredi dernier sur l'Atlantique – la seconde pleine lune du mois

Ce week-end de fête nationale (Fête du Travail célébrée le premier lundi de septembre) a commencé avec un dîner aux Pins chez un ami d’un certain âge et très élégant qui voulait surtout nous présenter son « nouveau » copain, chef de restaurant, au nom de Mark. Il y avait aussi un décorateur ancien qui adore se défoncer avec de la marijuana et ses deux invités de week-end, un horticulteur spécialisé et un designer industriel. Le chef avait préparé le repas, qui était délicieux et le mari et moi, nous l’avons trouvé charmant, car il l’est.

salledebainelegante.jpg
Salle de bain élégante


queuepourletaxiaquatique.jpgLa queue aux Pins pour le taxi aquatique vendredi soir (vers minuit) – ils allaient tous à la soirée sous-vêtements

Le dîner terminé, on voulait rentrer à La Cerisaie par le taxi aquatique, mais ce n’est jamais très organisé et finalement on est rentré à pied par la plage, jusqu’au chemin de l’Océan, qui passe à côté du restaurant Le Château de Sable, où les serveurs, complètement bourrés à minuit et demi et assis sur une banquette extérieure à fumer leurs cigarettes et à boire, nous ont appelés en criant « Ah ! nos clients favoris ! » avant de nous embrasser. On s’est donc arrêté pour dire bonsoir à Patti et à Al – on leur a promis, bien sûr, de revenir dimanche soir pour le « Spectacle de merde » dont ils sont les vedettes, et juste avant de reprendre notre chemin vers notre destination, j’ai entendu « Et alors, moi, c’est rien ? » C’était un jeune homme, assez grand, en t-shirt turquoise, qui me fait une moue – à ce moment précis j’ai reconnu la bouche impressionnante de Busted, l’un de mes travestis favoris. « Mais non, je t’adore ! » je me suis écrié, « Tu le sais bien. » Il a souri et alors je lui ai demandé (c’est toujours une question un peu gênante, vous comprendrez) « Et ton autre nom, c’est quoi ? » « Mike. » « Ah, donc, salut, Mike. »

nomdemaison.jpgNotre maison à La Cerisaie s'appelle « Les Frissons » – pas question d'une horreur quelconque, mais parce que la maison frissonnait autrefois quand quelqu'un passait sur le chemin en bois devant elle, tellement sa fondation était mal construite ;-)

Où le temps me manque

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boxeurfrancais.jpgCe bouledogue français n'aime pas l'eau mais sait très bien comment s'y faire pour réussir à retrouver son jouet

On se couche tard et on se lève tard et dans l’intervalle, il y a des déjeuners et des dîners arrosés, avec de longues discussions sur la poésie, la littérature, et l’éradication proche du virus VIH, avec deux infirmiers praticiens spécialisés (en cardiologie pour l’un et en psychiatrie pour l’autre) aussi mignons que savants. Espérons-le !


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