Archives novembre 2012

Goutte à goutte

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Ça y est – le déménagement est fini, le concierge de l’immeuble s’occupe du mobilier qu’on y a laissé – des tables Ikea, quelques classeurs, des poubelles d’alu, de belles et solides étagères en métal pour lesquelles on n’avait pas de place dans l’appartement. Les déménageurs étaient adorables, sympas et efficaces. Le soir, on est allé chez un ami qui a offert un dîner pour un ancien ami avec qui on a laissé tomber d’anciens liens d’amitié depuis pas mal de temps et qui souffre d’un peu d’Alzheimer et aussi d’un copain plus âgé que lui qui est plutôt difficile – ce copain étant parti pour la Californie pour voir sa fille adulte, on a profité de son absence pour avoir cette réunion. Tout a très bien marché – moi, je n’ai vu aucune trace de ces supposés trous de mémoire et on s’est bien marré en se racontant toutes sortes d’histoires.

notresalon.jpgNotre petit salon il y a quelques jours

Le lendemain du déménagement, à l’exception de ma séance de muscu quotidienne, je n’ai rien fait avant 18 heures, quand l’ami producteur de télévision est passé à la maison pour prendre l’apéritif avant aller dîner et ensuite d’aller assister au spectacle de cabaret de notre amie chanteuse au Duplex à 21 h 30. Le mari avait attrapé un rhume de son nouvel ennemi dans la nouvelle boîte et il n’a donc pas voulu sortir. Un collègue de la TV nous a rejoints au restaurant Sel et Gras dans la 7e avenue, où le nouveau serveur m’agace à un point presque insupportable – l’ancien était Français et beau et tatoué et il est rentré à San-Francisco, qu’il trouvait plus calme que New-York.

mllemchugh.jpgMlle Colleen McHugh au Duplex hier soir

Il y avait peu de monde dans la salle pour le cabaret – un cadre d’amis, comme toujours, et quelques nouveaux visages, mais on reste, il me semble, toujours sous le coup de la fête de l’Action de grâce et les gens semblent vouloir se replier un peu avant les extravagances de Noël.

salonapresdemenagementbur.jpgNotre petit salon à midi aujourd'hui – remarquez-vous le changement de décor ?

Je suis allé au bureau pour une dernière fois ce matin, pour ramasser les dernières choses – une demi-douzaine de belles multiprises (on ne sait jamais, hein ?), des mètres de câble Ethernet, bleu et gris, du papier pour imprimante, un blazer, deux cravates, des boîtes à stylos, des aimantins, etc. On a donné un chèque au concierge pour le nettoyage final et on a même réuissi à trouver un taxi pour nous ramener chez nous au Village. Le mari doit y repasser une dernière fois vers 16 heures pour offrir des moniteurs à des amis/clients à lui. Et puis, ce sera définitivement fini.

Un souci de moins, c’est déjà quelque chose, n’est-ce pas ?

Passages

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Il fait froid et humide – on prévoit même de la neige plus tard, pour la deuxième fois cette saison.

Le mari, la direction de l’immeuble et son avocat sont arrivés à un accord dans lequel il pourra quitter son bureau et mettre fin au bail de location, qui avait encore quelques mois de durée. Après un coup de téléphone de dernière heure dans lequel j’ai prié une amie (directrice, en l’occasion, d’une grande société de déménageurs) de me « prêter » quelques déménageurs et une camionnette pour mercredi matin (donc demain) pour transporter des « choses » du bureau jusqu’à l’appartement, dont le serveur, plusieurs ordinateurs, un ou deux classeurs, des dessins encadrés, une étagère démontable, et cetera, je suis allé au bureau pour commencer à le vider de choses accumulées depuis des années qui ne servent plus à rien. Le concierge, un grand Serbe qui s’appelle Ahmo, nous a gentiment permis de faire venir les déménageurs après neuf heures du matin (en principe c’est interdit pendant les heures normales de bureau et il a aussi accepté de s’occuper de tout ce qu’on y laisserait, comme le micro-ondes, quelques belles étagères en métal très solides, des chaises, etc.

bureaudetruit.jpgLe bureau du mari hier soir – il nous reste de toute évidence des affaires à ranger

Le mari, qui travaille déjà au nouveau bureau dans la 4e rue est, ne se concentre pas très efficacement sur ce déménagement prochain, qui le peine, je crois, et c’est pour cette raison que je m’occupe de tous ces détails, afin de faire baisser autant que possible l’anxiété générale. Ce sera en principe terminé vendredi soir.

Rattrapage

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La salle de sport était ouverte jusqu’à 15 heures le jour de l’Action de grâce et j’y suis allé m’exercer avant de rentrer pour préparer le riz sauvage et emballer tous les plats qu’on avait à prendre avec nous jusqu’aux appartements de l’oncle monseigneur dans l’église de la 90e rue ouest. Heureusement on a réussi à trouver un taxi dans la rue Hudson.

tabledresseeeglise.jpgLa table dressé dans la salle à manger des appartements curiaux

Le repas pour l’Action de grâce s’est passé jeudi après-midi sans trop de difficultés ou de surprises. Le père du mari (mon beau-père, je suppose) est arrivé, habillé comme d’habitude en veste de tweed, foulard de soie, chemise rayée à col contrasté en blanc, pantalon de lin sable, et chaussures dites belges. Par contre, moi, j’ai opté pour un style plutôt plombier gay – c’est-à-dire, pantalon kaki, bottes noires, t-shirt moulant bleu pâle imprimé d’un symbole de paix, tandis que le mari, lui, est retourné à ses racines BCBG avec une veste anglaise, une belle chemise et une cravate tous les deux de chez Charvet, place Vendôme, un pantalon de je ne sais pas où et de belles chaussures effroyablement chères achetées chez John Lobb (qui appartient maintenant à Hermès) à Londres quand il était (plus ou moins) banquier et (plus) riche (que maintenant). Le monseigneur était habillé plus comme moi (il a toujours des côtés « théologie de la libération » des années 60 et déteste depuis toujours le dandysme de son frère aîné) – chemise à manches courtes, pantalon kaki, col romain. Il y avait avec nous un autre monseigneur, tout à fait charmant, en vêtements normaux, lui aussi. Les autres hommes portaient des cravates (pas moi, naturellement, puisque j’aspire à donner une impression de prolétaire aux muscles un petit peu surdéveloppés par de durs labeurs.)

Joyeuse Action de grâce !

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entente.jpgC'est comme ça qu'il faut fêter la colonisation européenne du continent nord-américain, non ?

Voici un bel exemple à suivre, au Moyen-Orient peut-être : l’entente cordiale entre l’Indien (Peau-Rouge, oui, je sais, c'est du politiquement incorrect) et le Pèlerin (assez rouge lui aussi, impossible à ne pas noter) sur le zinc du bar G hier soir.

À moitié terminé, youpi !

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Il ne nous reste que cuire le riz sauvage, ce qu’on fera demain dans la journée. Je passerai aussi à la salle de sport et au Garage des gourmets pour y acheter des baguettes et des pains parisiens (ils ne ferment qu’à 15 heures). Je suis content du résultat de la farce, qui n’était pas mal du tout (oui, je l’ai goûté avant de le mettre dans le frigo).

lafarcecuite.jpgLa farce cuite avant d'être placée dans le frigo

Voici les fromages qu’on servira demain. J’avais oublié le cheddar irlandais que j’ai acheté pour flatter la famille d’origine irlandaise (assez lointaine, en fait, mais quand même…) et ce fromage italien mou qui a piqué ma curiosité.

choixdefromages.jpgLes fromages de demain: de gauche à droite, de haut en bas: Roquefort, Camembert, Saint-Albray, Comté, Cheddar irlandais, Brunet italien

Mise à jour (pour Nanarf):

1348679365724-713830390.jpg

La veille de fête

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Je m’excuse, mais je n’ai pas le temps aujourd’hui de faire un billet correct – je suis en train, comme vous verrez ci-dessous, de préparer nos contributions culinaires au repas de l’Action de grâce demain après-midi, dont la farce et la sauce aux canneberges. Je ferai le riz sauvage demain. Et j’espère qu’on aura reçu le carton de vins.

prepadefarce.jpgPréparation de la farce du Times, à laquelle j'ai ajouté des abricots secs, des noix, des canneberges sèches et des morceaux de chorizo portugais

J'ai acheté tout un sac de fromages français qu'on aura demain – du camembert, de la chèvre, du comté, du roquefort, et un fromage crémeux italien trop cher mais qui avait l'air d'être bon.

sauceauxcanneberges.jpgLa sauce se refroidit en ce moment, avant d'être mise au frigo pour demain

La ville se vide. On quitte tôt les boulots. Bonne fête à tout le monde !

Délocalisations diverses

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La veuve ex-éditrice a ses côtés un rien fous – elle s’inquiète souvent si elle n’a rien à faire de spécifique et elle nous appelle assez souvent pour nous proposer de l’accompagner à telle ou telle activité, généralement culturelle (pièce, concert, film, conférence). Vendredi elle nous a téléphoné pour nous proposer deux films qu’on présentait au Village – Les Enfants d’Hitler au Cinéma Quad dans la 13e rue ouest ou Mea Maxima Culpa – Silence dans la Maison de Dieu (on peut voir la bande-annonce ici). Il y a deux jours on avait reçu un mail de l’amie brooklynienne dont le beau-fils est cinéaste documentaire nous invitant à la rejoindre au cinéma Film Forum dans la rue Houston ouest pour voir le dernier film de son beau-fils Alex Gibney et pour assister aussi, à la fin du film, à une courte séance de questions et de réponses avec le metteur en scène (son beau-fils). On a donc proposé cette soirée à l’amie ex-éditrice, qui était toute contente d’accepter l’invitation.

restaurantlavillette.jpgL'extérieur du restaurant La Villette, dans la 6e avenue (avec une adresse officielle dans la rue Downing)

On s’était décidé à dîner avant la séance du film à 19 h 55 et en considérant une liste de restaurants pas trop loin du cinéma, on a choisi La Villette, nouveau restaurant français à l’emplacement de l’ancien restau maintenant fermé au nom de 10 Downing Street (oui, la même adresse que la résidence officielle du premier ministre britannique à Londres, mais il y a effectivement une rue Downing à New-York aussi.) Agréable d’aspect, la salle principale était pourtant assez bruyante, avec une musique rock d’ambiance assez forte qui un peu gênait l’amie ex-éditrice. La cuisine était acceptable – j’ai commencé avec des rillettes de canard et de porc, que j’ai suivies d’un blanc de poulet épicé à la créole. Le mari et l’amie ex-éditrice avaient commencé tous les deux avec des martinis dry alors que moi, je m’en suis tenu à un alcool plus léger, en l’occurrence un vin de Bordeaux au nom de Château La Cardonne 2008 (48 $), qui n’était pas imbuvable sans pourtant être extra.

chateaulacardonne.jpgChâteau La Cardonne 2009

Tous les serveurs étaient de jeunes francophones (probablement des Français, mais je ne veux pas présumer) très minces et très grands tandis que tous les débarrasseurs, plutôt courts et trapus, étaient des hispanophones. Et, comme presque partout ailleurs, on leur avait appris, à tort, qu’il faut enlever immédiatement l’assiette de chaque personne qui aurait l’air d’avoir terminé à manger, même quand les autres convives continuent à manger. C’est dommage, mais je trouve que ça mine un peu le plaisir du repas.

beaujolaisarrive.jpg
L'arrivée du beaujolais nouveau fêtée dans la rue Bleecker

Le compte à rebours

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On commence, à partir de demain, dimanche, le compte à rebours de la fête de l’Action de grâce de jeudi prochain. En principe, le fameux repas devrait avoir lieu à l’appartement curial de l’oncle du mari, vieux prêtre d’une paroisse du Côté occidental supérieur. Mais le monseigneur curé est tellement gâté par son entendement curieux de ce qui compose sa dignité ecclésiastique, dans lequel on reconnaît des parts de superstition et de vieilles habitudes ainsi que d’une toute simple paresse, qu’il lui est impossible de nous faire savoir si, dans les placards de la grande cuisine à côté de sa grande chambre à coucher, on y trouvera assez de plats de service, d’assiettes, des serviettes papier ou même des verres à vin pour huit couverts.

soeursdanslacuisine.jpgL'oncle monseigneur a trop l'habitude d'être toujours servi par des sœurs qui agissent en bonnes complaisantes (et non payées) – ce que nous, petits athées homos de notre race, nous trouvons plutôt chiant


La famille du frère du mari sera avec nous, ainsi que le père, déclaré par le tribunal juridiquement incapable depuis quelques mois, du moins en ce qui concerne l’état du Connecticut, où il habite (pour l’instant – à suivre), et que son frère prêtre ne peut pas sentir mais dont il a accepté la présence à l’insistance culpabilisante de son neveu de Boston, qui va en principe chercher son père chez lui en voiture au Connecticut très tôt et l’amener à New-York pour le repas qui commencera vers 14 heures. La femme du frère du mari sera déjà en ville à partir de lundi – elle descend chez une amie, divorcée et grande coureuse de marathon (ces deux attributs n’ayant bien sûr rien à voir avec l’un ou l’autre). On se rassemblera tous à l’appartement du curé le jeudi mais il reste à déterminer si l’on va essayer de faire la cuisine là-bas ou si cela ne serait pas plus facile de tout préparer ailleurs (dans notre petite cuisine infecte, par exemple) et ensuite de l’apporter là-haut où l’on le réchauffera.

Le plus facile, évidemment, aurait été d’aller chez ma sœur à Philadelphie, qui prépare chez elle un dîner d’Action de grâce tout à fait normal, dans une cuisine normale et bien équipée, avec des invités normaux (dans les paramètres assez libres de cette description). Ou d’aller chez les amis à Washington, où l’on aurait eu un grand repas très gai (dans tous les sens) et civilisé entre amis. Mais non, pour nous, ce sera plutôt un mélange de Downton Abbey (qui n’est rien en effet qu’un Brideshead Revisited réchauffé en moins subtile, moins beau et moins mélancolique), avec les membres divers d’une grande famille en pleine dégringolade, et de la pièce autobiographique d’Eugene O’Neill Le Long Voyage vers la nuit, où tous les membres de cette famille américano-irlandaise se droguent (morphine ou alcool) afin de faire oublier leurs douleurs psychologiques. Ça va être bien drôle, non ?

dindonfrit.jpgLe frère du mari est censé apporter une dinde frite, comme celle-ci, de Boston

On aura bien sûr la dinde – c’est le frère du mari qui l’apporte, tout cuit, de Boston. Moi, j’ai proposé de faire la farce (je compte suivre cette recette lue tout récemment dans le Times). J’ai proposé aussi de préparer des carottes à la Vichy, de la sauce de canneberge et du « riz sauvage », notre nom habituel pour la zizanie. Pour le reste, ça reste à discuter.

rizsauvage.jpgJ'aime beaucoup le riz sauvage et j'apprends qu'il serait aussi une alimentation très saine, pleine de protéïnes et sans beaucoup de matière grasse



Débris de scandale

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agentFBIencostume.jpgLe soi-disant et auto-proclamé Sauveur de la république américaine chrétienne et blanche (la seule vraie), l'agent Frederick W. Humphries II, âgé de 47 ans, qui ici aurait l'air plutôt d'un Walter Mitty bureaucrate

Dans quelques jours on se demandera sans doute pourquoi on a pris tant d’intérêt dans les affaires personnelles de quelques femmes opportunistes de mœurs légères ou du moins assez atténuées et de leurs cibles, de grands généraux parés de toutes sortes de médailles pour des actes dits héroïques qu’on découvre plus théoriques que de chair et de sang. Non, on ne s’en souviendra bientôt de rien de cela et on brandira encore les bannières étoilées pour faire preuve de son patriotisme ainsi établi (un rien syllogistique, je sais). Il ne me reste donc que quelques moments pour m’amuser à supplémenter le scandale en publiant les photos de l’agent du FBI, obstiné et fermement convaincu du mal que le président Obama et ses politiques dites libérales, voire socialistes, font naître dans sa patrie (en qui concerne nous autres, par exemple, petits homos bobo-libéraux habitant les grandes villes, il n’est pas question qu’on nous considère de vrais Américains), qui a déclenché les révélations de mails compromettants.

agentFBItorsenu.jpgEt voici la fameuse photo sexy (ou pas, c'est selon) qu'il est censé avoir textée à son amie, la belle (bon, d'une certaine manière) Jill Kelley, la Tampaïenne (si, si, c'est ça) d'origine libanaise qui peuplait son « salon » de célébrités militaires

Ce qui me déprime le plus c’est de savoir que ce genre de petit justicier à l’esprit amer, rancunier, follement sûr de la justice de ses intentions (qui emporteront toujours sur la justice des moyens servis), serait présent dans tous nos services policiers ou de « sûreté » – le type à croire que les gens de Greenpeace seraient des « terroristes écolos », ou que ses concitoyens qui protesteraient contre une guerre illégale seraient des « terroristes de cinquième colonne ». Un petit con de droite, admettons-le, investi d’un certain pouvoir de répression qu’il lui plaît d’exercer sur les moins forts pour sentir le plus pleinement possible sa rectitude morale, virile et solide.

Autant en emportera le vent

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Les révélations étonnantes des intrigues et des liens de plus en plus curieux entre les principaux personnages de ce drame politique des militaires et de leurs amies vont bientôt disparaître derrière un écran de désapprobation générale aussi faux et hypocrite qu’épais pour la seule raison qu’aucune nouvelle enquête un peu approfondie risque de divulguer trop sur les mécanismes louches et lucratifs aux initiés qui font fonctionner l’Empire, et cela, il ne faudrait surtout pas qu’on en parle trop, de peur de décrédibiliser, d’une façon réelle et donc dangereuses, les institutions, comme le FBI, la CIA, les forces armées, en lesquelles les bons citoyens américains sont tous censés croire.

rasagestvincent.jpgOn commence la démolition de cette partie de l'ancien hôpital St-Vincent, qu'on remplace par des appartements

Tout ce scandale souligne pour le public un peu avisé la médiocrité fondamentale de ces gens qu’on nous a fait prendre pour des génies, des héros, des surhommes. À blâmer ? Pour moi, ce sont les médias nationaux, avec leurs porte-parole mondains qui n’oseraient jamais prononcer ou permettre aucune « irrévérence » contre les puissants avec qui ils prennent des apéritifs dans des cocktails privés offerts par des opportunistes parvenus comme Mme Kelley à Tampa ou par des « filles » de bonne famille installées à Washington, comme la présentatrice de la radio nationale publique Cokie Roberts, lâche apologiste du pouvoir « modéré » et fille de mère et de père politiques professionnels, ou par l’élégante présentatrice du Journal télévisé de 18 h 30 de la chaîne ABC Diane Sawyer, 4e femme du metteur en scène célèbre Mike Nichols, qui habitent tous les deux, je crois toujours, dans un appartement dans l’hôtel de luxe The Carlyle, dans la 76e rue est. (Il faut noter que dans le cas des célébrités médiatiques basées à New-York comme la Sawyer, ou comme Jon Stewart du Daily Show, ou Stephen Colbert, qui a osé insulter le président George Bush lors du dîner de l’association des correspondants accrédités à la Maison Blanche en 2006, à l’horreur et au désagrément de la plupart de l’assistance médiatique (de plus de 2 500 invités) qu’il a traitée tout ironiquement de lâcheté professionnelle, les New-Yorkais (Paris) aiment se moquer un peu de ce qui se passe à la capitale (Versailles), mais on n’a qu’à se souvenir de l’affaire des écoutes illégales, découvertes par un journaliste du New York Times avant l’élection présidentielle de 2004 (dans laquelle Bush a reçu 50,7 % des voix contre le francophone John Kerry et où une modification de seulement 60 000 voix en Ohio l’aurait fait perdre), que le rédacteur en chef Bill Keller du journal new-yorkais s’est gardé de publier, à la demande exprès de l’administration Bush, qu’en décembre 2005, quand c’était trop tard pour le chasser de la présidence, pour bien saisir que la Cour sait dominer la Ville quand il faut.)

preparationrasage.jpgOn rasera bientôt cette ancienne partie principale de l'hôpital dans la 11e rue ouest et la 7e avenue

Pour cette raison, je parie que le scandale des généraux disparaîtra bientôt sous des détails sciemment ennuyeux d’enquêtes menées par la Chambre et par le Sénat sur les aspects les moins essentiels de ce qui s’est passé et dont on lira les rapports dans les pages arrière des journaux et des sites d’infos. À un certain moment on nous annoncera l’assainissement total et réussi de nos quartiers généraux, après lequel nous retomberons dans nos langueurs habituelles qu’on cherchera à échapper en suivant à la télé le quotidien de Honey Boo Boo et de sa famille loufoque qui nous montre combien on serait supérieurs à eux.

Nouvelles de la cour (2e partie)

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La cour impériale est secouée de nouveau par la dernière révélation d’une correspondance Internet entre la supposée rivale de Mme Broadwell dans la course aux affections du général Petraeus, une Floridienne au nom plutôt banal de Jill Kelley (à première vue), et un autre général de l’armée, John Allen, chef actuel des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan.

generalAllen.jpgLe général Allen, qui avait, paraît-il, beaucoup à discuter avec Mme Kelley, la rivale de Mme Broadwell

On apprend des détails de plus en plus étranges, même suggestifs – on se demandait déjà comment la jeune (bon, elle a 37 ans quand même) hôtesse floridienne, née Khawam (elle serait d’origine libanaise), aurait averti un agent du FBI à propos de mails « menaçants » que lui aurait envoyés l’hagiographe Broadwell. Puis on découvre que Mme Kelley avait un « ami » dans le FBI, auquel elle a signalé ces mails désobligeants et que ce même ami agent lui aurait envoyé des photos de lui-même torse nu, ce qui complique leurs rapports, bien sûr.

mmeskelleyetpetraeusatampe.jpgDe g à d: la générale (cocue) Petraeus, le chirurgien Scott Kelley, et sa femme, organisatrice bénévole d'activités sociales à la base de l'armée de l'air MacDill en Floride (et j'admets que je trouve la robe que porte Mme Kelley dans cette photo prise lors d'une soirée chez elle assez révélatrice, elle aussi, mais de quoi, exactement, je pense qu'il vaut mieux que je me taise.)

Cet agent n’aurait pas été content de l’urgence avec laquelle on traitait son renseignement au bureau et il aurait ensuite avisé un représentant républicain de l’état du Washington, Dave Reichart, de l’existence de mails compromettants. M. Reichart aurait, lui, informé de chef de la majorité républicaine de la Chambre des représentants, le déplorable par trop d’aspects M. Eric Cantor, de Virginie, qui aurait communiqué ce qu'il en savait au chef du FBI, M. Mueller. (L’info à retenir : il est utile d’avoir des amis dans les services « policiers ».)

Mais la révélation ce matin d’une vaste (entre 20 000 et 30 000 pièces – ça jase chez les troufions, non ?) correspondance (sur des sujets toujours inconnus mais « potentiellement inappropriés », c’est-à-dire illégaux dans l’euphémisme bureaucratique) entre la Kelley de Tampa et le général Allen sème la zizanie dans l’enquête et soulève plus de questions qu’elle ne résout.


Mise à jour de 13 heures:

Pour ceux qui seraient portés sur les théories de conspiration ou sur l'évidence de machinations occultes au sein même de l’Empire, voici un commentaire laissé chez Glenn Greenwald qui, vu les circonstances pour le moins curieuses de toute cette affaire et les personnes concernées, m’a attiré l’attention.

« Glenn: I have a slightly different take on this, based on the recent report of 30,000 page of documents which were a part of Kelly's communications with Allen, and that she has retained Abbe Lowell. it is this: the Allen/Kelly relationship was a business relationship (it may ALSO have been sexual.) It's fair now to surmise (again, all evidence is not in) that the notion that Kelly was some "volunteer" or "social planner" was CentCom/CIA disinformation, and one might fairly speculate that she had some substantive role within the National Security/CIA/FBI. IF this is true, the FBI's relentless, if not highly aggressive pursuit of its investigation of Broadwell/Petraeus, etc, may have been because of significant concerns about substantive foreign policy/national security issues which were perceived to have been involved.

I don't mean to suggest that I condone the FBI's behavior here; in fact, I'm astonished that the head of our CIA might have ANY of his emails (personal, pseudonymous, or professional) "hacked" by anyone.

Bill Wilson »

Et pour ceux qui préfèrent leurs actualités retraduites en dessin animé, voici celle sur l’affaire conçue par les animateurs taiwanais :



Ils travaillent vite, ces Asiatiques !



Mise à jour de 14 heures:

Mme Kelley n'était pas seulement une gentille ménagère floridienne – dans ce long article dans le Washington Post (journal excellent pour les ragots de cour) sur celle qui a déclenché tout le scandale, un collègue du général Petraeus dit le suivant: « A military officer who is a former member of Petraeus’s staff said Kelley was a “self-appointed” go-between for Central Command officers with Lebanese and other Middle Eastern government officials. She was a fixture at social and charity events involving Central Command officials in Tampa. » Ah ! La Kelley s'occupait d'affaires étrangères ! Il faut aussi se souvenir que le quartier général de CentCom, l'un des dix Commandements Interarmées de Combat, dont la zone d'influence serait le Moyen-Orient et l'Asie centrale, se trouve à Tampa, en Floride.


Nouvelles de la cour

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petraeus.pngLe général Petraeus

Je n’ai jamais trop apprécié le général Petraeus qui avait, à mon avis, toujours l’air un peu fuyant – il est évident que, à partir d’avoir épousé la fille du surintendant de l’académie militaire de West-Point, où il a aussi été le premier dans sa promotion, le général Petraeus a eu un sens très fin des intrigues de l’avancement.

mmepetraeus.jpgMme Petraeus, sa femme de 38 ans, fille du surintendant de l'académie militaire de West-Point à l'époque où le général Petraeus y étudiait

Malgré les éloges constants de la part des journalistes les plus en vue à Washington (et les plus satisfaits, aussi, ce qui explique en grande partie leur homogénéité de perspective, notée par Glenn Greenwald avec sa raillerie logique, acerbe et dévastatrice habituelle), on a tout de même l’impression qu’il s’agit d’un nouveau Colin Powell, lèche-cul efficace de ses supérieurs militaires, un expert surtout en relations publiques (comme le note ce commentaire laissé à l’article de Greenwald : « And apple polishing, Gods, the man was a juggernaut of a public relations machine--a one-man wunder-bar who took the plans and program of Marines in Iraq and made them his own--hereinafter called the surge. ») Les milieux les plus branchés (et courtisans) de Washington en sont complètement bouleversés – non, diplômés de Harvard, de Yale, de Princeton, d’Oxford ou de Stamford, ils ne le manifestent pas comme les prolos partisans, par exemple, de Mitt qui aiment scander « USA ! USA ! USA ! » afin de faire taire une opinion qu’ils n’apprécient pas.

mmebroadwell.jpgLa sirène supposée Paula Broadwell, diplômée elle aussi de l'académie militaire et de Harvard, mariée, mère de deux enfants et hagiographe

Non, ceux-là, la crème de la crème, ne vont pas (du moins pour le moment) aller hurler dans les rues, mais ils cherchent à faire disparaître, eux aussi, tout opprobre public qui pourrait retomber sur nos « héros » à la tête de nos forces armées (qu’on n’a jamais le droit de critiquer, parce qu’ils « protègent nos libertés » de ces vils ennemis étrangers (pour la plupart) qui « nous les envieraient. »


Je me suis amusé hier à me renseigner sur le pourcentage de votants pour Obama dans de diverses villes et régions. Je pense que je ne pourrais jamais habiter une ville ou une région où les électeurs (et donc mes voisins éventuels) n’auraient pas voté pour Obama à un taux de plus de 70 %. (C’est un critère comme les autres, non ?)

Voici quelques chiffres pour l’élection présidentielle trouvés par le moyen de cette carte interactive du Washington Post.

Manhattan: 84,2 % Obama (14,6 % Romney)

Le Bronx (ou la ferme de M. Bronck): 91,3 % Obama (8,3 % Romney) - il y a d'endroits agréables dans ce comté

Brooklyn (Comté du Roi – pour Charles II en l'occurrence ): 81,4 % Obama (17,6 Romney)

Queens (ou Comté de la Reine – pour Catherine de Bragance, femme de Charles II): 78,8 % Obama (20,3 % Romney)

Richmond (pour le 1er Duc de Richmond, fils bâtard de Charles II): 49,9 % Obama (49,1 % Romney) – et non, je n'habiterais pas à l'île des États

Washington DC: 91,4 % Obama (7,1 % Romney)

San Francisco: 83,3 % Obama (13,5 % Romney)

Comté de Marin: 74,2 % Obama (23,3 % Romney)

Portland, Oregon (comté de Multnomah): 75,8 % Obama (20,9 % Romney)

Taos, Nouveau-Mexique 78,1 % Obama (17,8 % Romney)


En avant la musique !

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lecoiffeursefaitcoiffer.jpgQuand le coiffeur se fait coiffer

Une grande étape (pour moi) dans le retour à la normale : une visite chez le coiffeur israélo-russe, qui, quand je suis entré, était en train de se faire couper les cheveux lui-même par un de ses collègues.

beaucoucherdesoleil.jpgIl a fait hier soir un coucher de soleil très beau, que mon iPhone n'a pas réussi à capter tout à fait, au-dessus de la rue Perry

On ne savait pas exactement combien de temps il nous faudrait pour aller aux Hauts de Jackson en métro donc on a estimé pour le pire – une heure de trajet de chez nous. Nous sommes montés dans le train F vers 19 heures, afin d’arriver chez le chanteur colombien vers 20 heures, mais en l’occurrence il ne nous a pris qu’une demie heure pour y arriver. Après être sortis de la grande station de métro dans l’avenue Roosevelt, on est allés faire un petit tour du quartier avant de sonner à la porte de l’appartement.

dansla74erueHJackson.jpgDans la 74e rue dans les Hauts-de-Jackson, l'une des principales rues commerciales du quartier, déjà décorée pour les fêtes de fin d'année

Les Hauts-de-Jackson est un quartier habité par beaucoup d’immigrés venant de l’Asie du sud. On y trouve de nombreuses boutiques où l’on vend des vêtements indiens, dont des saris et des robes de mariage pour les femmes et des kurtas pour hommes. Il y avait aussi beaucoup de restaurants et d'épicieries indiens, bangladeshis, afghans et chinois.

boutiquedesaris.jpg
Des boutiques de vêtements pour femmes sud-asiatiques dans la 74e rue

On est content (et soulagé)

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empire-state-building.jpgLa tour du Bâtiment de l'État-Empire illuminée en bleu pour signaler la victoire de Barack Obama pour la présidence des États-Unis (bon, c'était un truc publicitaire payé par le réseau CNN mais c'est joli quand même, je trouve)

Malgré les pires prévisions, les électeurs américains ont largement refoulé les républicains et en même temps ils ont fait un pas important vers l’égalité des droits des citoyens gays.

Dans des référendums qui vont en toute probabilité résonner en France, où le gouvernement de M. Hollande a promis de proposer l’égalité du mariage et de l’adoption pour les homosexuel(le)s – démarches qu’on suit ici aux USA – les électeurs ont approuvé l’égalité du mariage (phrase qu’on préfère au « mariage gay » ou au « mariage entre personnes du même sexe ») dans les états de Maryland, du Maine, et de Washington, sur la Côte ouest, et dans le Minnesota, les électeurs ont rejeté une proposition d’amendement à la constitution de l’état pour définir le mariage comme étant seulement entre personnes de sexe différent (et donc interdire l’égalité du mariage.) Il faut reconnaître que cette victoire à quatre est énorme, dans un pays aussi conservateur de fond comme les États-Unis. Cela marque un changement à peine croyable dans les esprits de la plupart des gens.

(Je souscris tout à fait au cri du cœur éloquent exprimé ici tout récemment par Le Roncier à propos de l'égalité du mariage en France et je partage sa colère et sa frustration mais je reste tout de même assez certain et confiant que la France et les hommes et femmes politiques français prendront tous en compte, pour tous leurs concitoyens, ce qui signifie vraiment la belle, fière et émouvante devise nationale « Liberté, Fraternité, Égalité ». Comme j'ai noté aussi dans un petit discours que j'ai fait lors de notre repas de noces il y a un an et demi, j'ai remercié l'état du Connecticut, où l'on s'était marié le matin même, d'avoir bien compris les paroles « with liberty and justice for all » du serment d'allégeance au drapeau des États-Unis.)


Bon, il faut un peu de contexte pour présenter ce clip – le chef de l'organisation qui luttait contre l'amendement anti-gay au Minnesota, debout en costume, remerçiait les militants pour tout ce qu'ils avaient fait pour battre la proposition mais il était 1 heure du matin et on n'avait toujours pas de résultats définitifs – jusqu'à 3.00 – et vous verrez comment ça se passe alors dans la salle – et j'espère pouvoir bientôt voir et applaudir et pleurer de bonheur pour une version française de cette vidéo.

Qui plus est, Tammy Baldwin, à qui j’ai donné quelques petites sommes d’argent depuis sa première campagne pour la Chambre des représentants en 1998 et à qui j’en ai encore donné un peu pour sa campagne cette année, a été élue, par les électeurs de l’état du Wisconsin, sénatrice – la première personne ouvertement gay jamais élue au Sénat des États-Unis ! J’avoue que j’ai hurlé de joie quand on a annoncé sa victoire à la télé – on n’arrive presque pas à y croire, tellement c’est inouï et invraisemblable.

En plus, on a eu les victoires d’autres politiques gays, comme l’homme d’affaires Internet Jared Polis au Colorado réélu pour un deuxième mandat à la Chambre, et Sean Patrick Maloney, marié (à un homme que je connais un peu) et père de trois enfants et qui a été élu pour représenter le 18e district de l’état de New-York à la Chambre des représentants.


On vote - la fin

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notrebureaudevote.jpgNotre bureau de vote dans la rue Hudson

Ça y est ! J’ai voté. Et il ne m’a fallu que 40 minutes d’attente, bien moins que la moyenne, d’après ce que j’ai entendu autour de moi.

alentreedelauditorium.jpgÇa sent la désorganisation dès qu'on entre dans la grande salle

Comme toujours, c’était la pagaille totale – d’abord il y avait une longue file pour ceux qui ne savaient pas ou ne se souvenaient pas de leur district électoral. Heureusement que le mari, qui s’est ensuite plaint officiellement auprès du Conseil électoral de la ville de la désorganisation de notre bureau de vote, m’avait signalé qu’on se trouvait dans le district électoral 77, dont les tables se trouvaient, une jeune femme à la porte d’entrée de l’auditorium m’a dit, « au fond de la salle, à gauche. » Je me suis faufilé entre les gens dans des files différentes, jusqu’à ce que j’ai retrouvé une jeune femme, très belle, qui textait de son iPhone tout en tenant à la main levée une chemise à dossier sur laquelle on avait écrit « 77 – M-Z ». C’était la fin de la file pour mon district, et la jeune femme m’a passé la chemise, où, sur l’autre côté, on avait écrit « This is the end of the line – hand to next person ». C’est bien de la technologie de pointe, n’est-ce pas ? Une autre femme est venue après moi à qui j’ai donné la chemise indicatrice.
Nous sommes très peu, je crois, nous Américains qui nous plaisons, pour de diverses raisons et à contre-courant de la mondialisation grandissante de l’anglais, à écrire dans la langue de Du Bellay, de Voltaire, de Balzac, de Proust, de Genet et de Houellebecq (oui, oui, je le place tout à fait parmi ces maîtres), une langue belle, claire, et consciemment travaillée afin de permettre à ceux qui s’en servent d’exprimer leurs pensées avec précision, concision et élégance. Une langue n’est pas qu’un moyen d’expression parmi d’autres, elle est aussi un contexte, un système de cohérence et de réflexion. Cela m’a toujours fasciné qu’en français on dira à un enfant turbulent « Sois sage » – un appel intellectuel – tandis qu’un parent anglo-saxon conseillera à son bout de chou indocile « Be good » – un appel moral.

Tout cela pour dire que je viens de découvrir, par les commentaires du Figaro, que je lis de temps en temps (et tout récemment à cause de ce billet très drôle par la Veuve Tarquine, qui mange, on apprend aussi, ces bardeaux faits de copeaux de bois qu'est le pain Wasa) mais auquel je ne suis pas abonné (pour 15 € le mois, je trouve ça un peu cher, surtout quand un abonnement mensuel au Monde.fr ne coûte que 9,9 € plus des frais de conversion de devises étrangères par ma compagnie de carte de crédit – les salauds !), un blogue rédigé, comme le mien, en français par un anglophone de langue maternelle qui, lui aussi, habite New-York, mais dans l’arrondissement de Brooklyn, où il est professeur de musique à l’école publique 230. Le blogue s’appelle Relations franco-américaines. Je viens de lire quelques-uns de ses billets les plus récents et je trouve, à mon désagrément envieux, qu’il écrit un français beaucoup plus châtié que le mien, mais il est prof, donc ça peut s’expliquer, je suppose.

On vote - un début

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danslebureaudevote.jpgUne foule d'électeurs à 7 heures ce matin au bureau de vote à l'école publique No 3 dans la rue Hudson

Il fait clair et frais ce matin – le mari est parti tôt de l’appartement pour aller voter à notre bureau de vote qui se trouve cette année à l’école publique No 3, dans la rue Hudson. Il m’a envoyé ces photos, tout en ajoutant que c’était la pagaille dans la salle, qui doit être l’auditorium de l’école, et non pas à cause de la Méga-Tempête Sandy, mais à cause de l’incompétence de beaucoup (trop) de ceux et de celles qui s’occupent des listes d’électeurs aux bureaux de vote. Le Conseil électoral de la Ville de New-York s’amuse toujours à engager de vieilles mémères retraitées, souvent sympas mais aussi presque gagas, pour diriger l’électeur au district électoral correct, avec l’aide d’un énorme registre dans lequel on trouvera les noms des inscrits et où il faut mettre sa signature avant d’obtenir un petit morceau de papier qui autorise qu’on vous donne un bulletin de vote avant d’entrer dans l’isoloir. On n’arrive presque jamais à trouver mon nom de famille dans ce registre, parce qu’on n’arrive pas à l’épeler correctement – ce qui complique la recherche, bien sûr. En général, j’attends quelques instants avant de pointer ma signature, très reconnaissable, du doigt, en disant « j’suis là » et les deux mémères regardent et puis disent ensemble, comme si cela les étonnait, « Ah, oui » avant de me donner la fiche requise.

Le mari m’a texté pour me conseiller d’attendre voter après 10 heures, quand il devrait avoir moins de monde et moins de confusion.

Il n’y a que les intempéries (et y en aurait une nouvelle prévue pour mercredi, wtf ?? ) et les élections présidentielles qui nous préoccuperaient à présent. Une autre chose qui indispose un peu notre ménage à présent, ce serait la fusion prochaine de la société du mari avec une autre société d’assistance informatique. En principe on va signer le contrat de fusionnement aujourd’hui et le mari l’annoncera ensuite à ses clients. L’un des ses employés est déjà parti en dépit du fait que le mari lui avait assuré un poste au même salaire dans la nouvelle société – il n’a pas voulu prendre le risque, et tout en étant un type pas mauvais, il avait un tempérament renfermé presque autistique qui rebutait pas mal de clients et qui n’aidait pas à la dissémination d’information dans le bureau – un petit bureau, c’est comme une petite famille, ça marche mieux quand on est plus ou moins au courant des activités des autres et c’était embêtant d’avoir toujours à lui poser des questions détaillées afin de savoir ce qu’il avait fait chez un client. Mais tout cela a bien provoqué, en plus de la confusion de Sandy, un certain niveau d'ennui pour le mari, et donc pour moi aussi.

La société avec laquelle la sienne va fusionner est établie depuis vingt ans. Leur siège se trouve dans le Village-Est, tout près du Théâtre Public, et le mari va pouvoir s’y rendre à pied, ce qui est bien. Leur bilan d’affaires serait à peu près le double de celui du mari et ils ont réussi à faire signer à la plupart de leurs clients des contrats d’assistance informatique, ce qui rend beaucoup plus facile la facturation de ceux-là et ce qui serait aussi plus rentable.

Il était tout de même un peu drôle, même ironique, de voir les employés de cette firme-là travailler dans le bureau du mari pendant la panne d’électricité la semaine dernière – il leur avait invité à venir chez lui le mardi quand il n’y avait pas de courant chez eux et surtout quand, un jour après, on les aurait empêchés même d'entrer au bureau afin de récupérer des dossiers papier. Ils ont travaillé au bureau du mari jusqu’à vendredi après-midi.

Donc, cela va changer les habitudes quotidiennes du mari (et les miennes aussi, je suppose) et il est certain que tout cela le tracasse un peu (ou même beaucoup), même s’il est quand même soulagé d’avoir terminé toutes les longues discussions là-dessus.

La vie reprend

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Tandis que Manhattan retourne à une soi-disant normalité, beaucoup de zones à la périphérie de la métropole restent toujours sans électricité, à cause des pylônes électriques en bois renversés par le vent ou par la chute d’arbres. L’un des plus grands ennuis pour ceux qui n’auraient pas de courant c’est qu’il fait frais ( 6° C) ce matin et les autorités municipales encouragent ces gens d’aller dans les centres de réchauffage ou des refuges d’urgence pour évacués.

surlequaidemetroligne4.jpgSur le quai de métro de la place de l'Union en attendant le train de la seule ligne ouverte hier soir pour Brooklyn

Le métro reprend – on est allé à Brooklyn hier soir par le train 4, le seul qui allait de Manhattan à Brooklyn. Il y aurait, paraît-il, toujours des difficultés à la station de la 4e rue ouest, l’une des plus grandes et importantes du réseau, ce qui complique et retarde le retour en service de plusieurs lignes.


Une vidéo prise d'un avion survolant la partie centrale de l'Île de feu – on voit la Cerisaie à partir de 1.06 et les Pins à partir de 1.25 – on n'y voit pas trop de détails

Les habitants de Jersey-Ville, dont l’ami ex-marine, sont soumis à un couvre-feu de 19 heures à 7 heures.

On apprend que le point d’accueil d’urgence à Chelsea du Centre Ali Forney pour les jeunes LGBT sans domicile fixe (et qui ont très souvent été chassés de chez eux par des parents homophobes) a été complètement détruit par les inondations à la suite de la tempête Sandy.


Gawker a noté à propos de cette chanson chantée en direct par Cristina Aguilera lors d'une émission de levée de fonds le 2 novembre sur la chaîne NBC pour les victimes de l'ouragan Sandy: « NASA scientists have been searching through deep space for years in order to find something that has so few flaws as this has. By god, we have finally found it. »  Je trouve qu'ils ont peut-être raison.

Le mari a travaillé toute la journée hier à remettre et à redémarrer les divers serveurs dans des bureaux qu’on avait fermés à cause de la panne d’électricité.

Je vais essayer de retourner à la salle de sport cet après-midi après cette pause inattendue d’une semaine. Tous nos amis s’inquiètent, plus ou moins ouvertement, des résultats de l’élection mardi prochain – on ne veut pas imaginer possible une victoire de Romney mais on craint qu’il l’est. On ressent une sorte de couche d’appréhension qui n’est pas, cette fois, contrée par aucun enthousiasme positif envers le président.


Fiat lux

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On l’a appris vers 17 heures par un coup de téléphone à un type qui travaillait provisoirement dans le bureau du mari – sa copine lui a annoncé le retour de l’électricité dans leur appartement dans le Village-Est. Le mari et moi, nous avions toujours promis à l’ami ex-conservateur de musée de passer chez pour lui apporter à dîner, donc après avoir quitté le bureau, on est passé dans la 6e avenue pour commander deux pizzas sur mesure qu’on a ensuite portées à la main jusqu’à la place d’Abingdon, où habite l’ami ex-conservateur. On était très content de voir les lumières qui rayonnaient de nouveau le long de la 8e avenue, mais il n’y avait, hélas, rien d’illuminé au sud de la 14e rue.

alapizzeriadela6eave.jpgDans la pizzeria dans la 6e avenue, après avoir passé notre commande pour deux pizzas à emporter

On est resté dans l’entrée de l’immeuble un bon quart d’heure à attendre l’arrivée de quelqu’un avec un clé pour ouvrir la porte d’entrée – un monsieur est venu qui nous a reconnus d’un soir précédent et il nous a laissé entrer.

On n’est pas arrivé à allumer la veilleuse de la cuisinière à gaz et on a donc renoncé au réchauffement des pizzas, qu’on a mangées comme ça, un peu tièdes, avec un verre de vodka ou de whisky. On n’y est pas resté trop longtemps – on s’est dit bonsoir avant d’exprimer nos vœux de ne plus nous voir dans de pareilles circonstances. L’électricité rétablie dans le Village-Ouest très tôt ce matin (vers 4 h 30, je crois), l’ami ex-conservateur n’a plus besoin de nous.

Le mari est parti tôt ce matin pour commencer la réinstallation de plusieurs serveurs dans leurs bureaux d’origine – corvée pénible et probablement pleine de surprises désagréables – avant la reprise de travail lundi matin.

Bon, comme tout le monde le sait déjà, hier on a annulé le Marathon de New-York, prévu pour demain, dimanche. J’opposais cette annulation mais je la comprends – la course aurait été courue « sous un nuage », comme on le dit en anglais, d’accusations et d’insinuations, je comprends donc la raison pour laquelle on l’a annulée même si je la regrette.

5eavejeudisoir.jpgLa 5e avenue, au sud de la 23e rue, vers 17 h 45

Bon, je l’avoue, cela commence un peu à me porter sur les nerfs d’être obligé de me laver à l’éponge dans une salle de bain mal éclairée, en rinçant le torchon dans la grande casserole d’eau chauffée sur la cuisinière. On nous dit aujourd’hui que l’électricité sera rétablie dans le quartier à partir de demain, samedi, mais rien n’est sûr, sauf l’agilité des excuses prônées par les responsables de ConEdison pour toute panne d’électricité.

On est toujours sans électricité dans l’appartement au Village et dans toute la partie sud de Manhattan, à partir de la 26e rue à l’ouest et de la 38e rue à l’est – toutefois avec des exceptions, comme l’énorme complexe résidentiel de dix immeubles dit Penn Sud (construit en 1962 et financé par le Syndicat international d’ouvrières dans le vêtement) qui ont, eux, leur propre service de distribution de courant, et le gigantesque immeuble Google, qui va de la 8e à la 9e avenue. Mais en général, on se sert toujours de bougies et de lampes de poche pour éclairer la nuit.

bizarreriepoliciereauvillage.jpgUn petit contretemps policier à l'intersection de la rue Bleecker et la rue Perry – un agent en uniforme discutait assez vivement avec un agent en civil, sur quel sujet, on n'en sait rien, mais ils avaient bien l'air de ne pas trop s'entendre – et ce sont les flics qui éclairaient l'intersection, pour des raisons qu'on ignore toujours, avec une énorme lampe spéciale

Hier dans la journée c’était un peu le pandémonium dans le bureau, où le mari avait déménagé deux ou trois serveurs de clients sans électricité et où il avait aussi redirigé plusieurs comptes mail par le sien – beaucoup de clients y passaient en plus (et passent toujours aujourd’hui) pour recharger leurs mobiles et leurs portables et on éprouve presque un air de fête dans ce petit bureau.

martiniaucagibi.jpgOn n'est heureusement pas en panne de vodka !

Hier, c’était bien sûr la Veille de la Toussaint – autrement connu par son nom anglo-saxon d’Halloween. On avait annulé la grande marche au Village mais après avoir donné à manger à l’ancien conservateur de musée chez lui, le mari et moi, nous avons rejoint un ami qui habite tout près dans le quartier au bar lesbien Le Cagibi (ou The Cubbyhole en VO). J'y ai bu mon premier vodka martini de la soirée (hé, on fait ce qu'il faut pour pouvoir dormir à 22 heures.)

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