Archives décembre 2012

Bonne année 2013 !

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Merci à toutes et à tous d’être passés cette année par ici, petite contrée qui se veut un univers mais qui sait très bien qui ne l’est pas.

Que l'année 2013 vous apporte un peu de beauté, des traces de sagesse, un soupçon de richesse, une touche de bien-être, quelques échos de rire et plein plein plein de bonheur du genre qui vous convient le mieux.

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La frénésie des fêtes se ralentit un peu avant le rebond prochain du réveillon du Nouvel An. Après Noël, on a eu un dîner avec les amis londoniens, qui sont venus au taudis pour boire une bouteille de champagne Billecart-Salmon Réserve (site qui souffre d’une surcharge Flash (je crois) carrément chiante, ce qui me rappelle la plainte d’il y a quelques années d’amis français qui n’osaient pas mettre en ligne le site Internet pour leur magasin d’articles de table sans l’avoir bourré d’animations et d’effets visuels (plutôt pesants) afin de plaire à leurs amis parisiens qui s’attendaient à ce genre de tape-à-l’œil logiciel), que je ne connais pas du tout, avant de nous rendre au restaurant Pastis dans le quartier des bouchers en gros.

Chez nous on a parlé de la retraite imminente de l’avocat, qui prendra effet en avril prochain – il nous a décrit le processus de désengagement qu’il suit que son cabinet offre à tous les employés ayant plus de 50 ans, afin de faciliter la transition dans l’après-travail. L’ami anglais, qui travaille dans le droit des sociétés depuis sa sortie d’Oxford, ne sait pas ce qu’il veut faire ensuite, et cela, tout normalement, l’inquiète un peu. C’est pourquoi il a choisi de ne rien choisir pendant une année entière, qu’il entend passer en Asie, tout probablement en Thaïlande, qu’il connaît assez bien et qu’il aime beaucoup. En ce qui concerne son partenaire anglo-américain beaucoup plus jeune que lui, il est content de quitter le mauvais climat de Londres. À la question posée (très méchamment, à mon avis) par mon mari dans notre minuscule salon, « Mais qu’est-ce que tu penses faire pour t’occuper un peu à Bangkok ? », celui-ci a répondu avec un sourire un rien pervers « Des réservations. » Il pensait sans doute faire de l'esprit mais en fait il n'a fait preuve que d'une superficialité plutôt repoussante.

Un Noël en salle de cinéma

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Devant le « bureau » de TPM à Manhattan

Voilà, c’est terminé, du moins la première partie de cette semaine de fêtes de fin d’année – quoi qu’on se fût promis de ne s’offrir aucun cadeau, étant donné qu’on est bien arrivé à l’âge où l’on s’achète ce qu’on veut quand on le veut et que la consommation effrénée et sans but autre que l’accumulation matérielle ne nous tente pas, le mari m’a surpris en laissant sur le comptoir de la cuisine un mètre à ruban marqué en centimètres, un cadeau qui faisait allusion à mes grognements lors d’une soirée de pose de tableaux au nouveau bureau d’un de ses clients (un comptable assez célèbre chez les compositeurs, les danseurs et les acteurs) à qui le mari avait offert mes prestations d’ancien galeriste – pour ceux qui ne connaissent pas la lourdeur du système de mesures anglaises, où l’on peut se rendre bien fou en voulant diviser par deux des longueurs comme 37 7/8 pouces, à laquelle on ajoutera 53 2/5 pouces, etc., c’est une pénible affaire de mesurer les murs et les pièces encadrées (affiches, photos, diplômes) afin d’en finir avec un résultat (plus ou moins) rectiligne et convenable. J’avais gueulé alors qu’il m’aurait été nettement plus facile si j’avais eu un mètre métrique – j’en ai un quelque part dans le débris dans l’appartement, mais cela fait des années que je n’en suis pas servi –, mais le mari s’est souvenu de ma « doléance » d’il y a quelques jours et m’en a donc offert un nouveau. Par hasard, ce bureau se trouve au même étage que le bureau du site web de nouvelles politiques TPM (l’ancien Talking Points Memo) de Josh Marshall.

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Devant le cinéma Ziegfeld dans la 54e rue ouest

Le matin j'ai embêté les amis en leur envoyant nos vœux de Noël par texto, surtout pour savoir ceux d'entre eux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas rester loins de leurs mobiles. Et puis, plus tard, comme prévu, on est allé voir le film Les Misérables au cinéma Ziegfeld avec l’ami galeriste, l’ami parisien, et deux « nouveaux » amis de l’ami galeriste, un jeune coiffeur, grand et mince, qui s’appelle Adam, et son copain « épisodique » Logan, beau Néo-Zélandais d’au moins 2 mètres de hauteur en visite à New-York.

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On fait la queue dans la 6e avenue, devant l'hôtel Hilton, avant d'entrer dans le cinéma

On a dû faire la queue pour entrer dans le cinéma pour la séance de 14 h 45, qui n’était pourtant pas complète.

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On cherche des places dans la salle

Les bandes-annonces au début étaient longues – on a applaudi celle du nouveau film StarTrek et celle du nouveau Tom Cruise, un film sci-fi lui aussi, ainsi que celle d’une comédie bien bête sur le vol d’identité, avec des personnages comiques bien connus ici (Jason Bateman et Melissa McCarthy, qui joue des rôles de « femme obèse » spirituelle.) Par contre, la bande-annonce très « film d’action » super-mouvementée mêlée à un film d’espionnage et de combat pour Zero Dark Thirty, déjà très critiqué (par des gens comme Glenn Greenwald et aussi par la CIA elle-même pour ses aspects faux, chauvins et tout simplement mensongers, n’a reçu aucune réponse, même légère, du public – seulement un silence qu’on dirait presque un peu coupable. Étonnant.


Bonnes fêtes

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À toutes et à tous, mes meilleurs vœux pour des fêtes heureuses, chaleureuses et conviviale. Nous, on va voir Les Misérables (on trouve Hugh Jackman très bien et très beau et on adore Anne Hathaway qui a depuis longtemps apporté son appui très médiatique à la communauté LGBT et au mariage pour tous) cet aprèm au cinéma Ziegfeld, construit en 1969 (et donc pas très joli) avec 1 131 places, avec l’ami galeriste et l’ami parisien.
derniererepetition.jpgSur scène pour la dernière répétition

reglagedelumiere.jpgLe réglage des lumières

lesjeuneschanteurs.jpgOn règle aussi le son

lasallevideavantspect.jpgLa salle est en ordre – le groupe doit monter pour changer de vêtements

Le jeudi dernier j’ai passé, pour moi du moins, une soirée assez extraordinaire – cela a commencé avec une séance de répétition du Juahn Cabrera Band au théâtre du Duplex – on s’occupait en même temps du réglage du son et des lumières. La répétition a terminé une demi-heure avant le début du spectacle à 19 heures – les musiciens sont montés à un appartement qui leur était réservé au 2e étage pour se préparer et pour se rhabiller (pas de t-shirt blanc pour Juahn à cause de l’enregistrement vidéo par le Brésilien Armando – je lui ai raconté les problèmes de cette sorte qu’on a connus avec le maestro Bernstein, pour lequel il fallait faire teindre au thé toutes les chemises et les gilets pour les tenues de soirée qu’il devait porter lors de ses concerts enregistrés ou télévisés.)

ilschantent.jpgIls chantent

La salle du théâtre était presque complète quelques minutes après – à l’arrivée de la mère et de la nièce de Juahn, on a commencé le spectacle. Juahn s’inquiétait de la qualité de sa voix à cause d’un rhume la semaine dernière, mais (typiquement) le public n’a rien remarqué et on a vivement applaudi à la fin de chaque chanson.

Les vies d'artiste

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Il y a de ces romans qui, après les avoir lus, vous laissent renversé par leur beauté subtile et simple, par l’histoire complexe et vraisemblable qu’ils narrent, par le langage élégant et bien trouvé dont ils se servent. Le roman Lake Overturn (le terme en anglais normal pour le phénomène naturel (mais assez rare, heureusement) d’éruption limnique) est l’un de ces romans. C’est le premier roman de l’écrivain Vestal McIntyre, né en Idaho et qui habite maintenant à Londres avec son mari. Le livre est paru en 2009 et j’avais acheté un exemplaire en livre de poche il y a quelques mois – j’avais franchement hésité à le commencer parce que je n’avais pas tout à fait aimé son livre précédent, You Are Not The One, un recueil de nouvelles. J’ai connu l’auteur quand il travaillait comme serveur au restaurant Florent – un garçon sympa, un peu timide, tout à fait charmant. Mais ce roman, dans lequel on suit plusieurs personnages – des garçons et des filles, leurs parents, les familles « privilégiées » et celles des femmes de ménage d’origine mexicaine – dans une petite ville d’Idaho, crée un monde – en fait un univers entier – qu’on reconnaît comme on en reconnaît ceux qu’ont créés des romanciers comme Balzac, Dickens et, plus récemment, Evelyn Waugh.

mcintyre_front.jpgM. Vestal McIntyre – un beau littéraire, n'est-ce pas ?

M. McIntyre est poète – ces personnages s’expriment dans un anglais américain tout à fait approprié, marqué par leur origine, leur classe sociale, même leur religion (il y a par exemple beaucoup d’évangéliques, ainsi que de mormons) – et il décrit son pays d’origine et surtout son ciel, qu’on ressent comme une réelle présence physique au-dessus de tout, avec l’art et la sensibilité d’un poète : « About half the sky was covered in clouds, or not clouds, really, but a shroud that reduced the sun to a glow » (p. 326). Le soleil enveloppé d’un suaire qui le rend moins objet qui brille que lueur qui rayonne vaguement.

Cela va sans dire que je suis désespérément jaloux du grand talent de M. McIntyre et de ce qu’il a réussi avec ce roman brillant.


Cette chanson de Juahn Cabrera, dans ce clip inédit enregistré par le mari dans des conditions un peu difficiles à l'occasion d’un petit concert dans un bar-restaurant à La Cerisaie l'été dernier, s’appelle « L’homme de neige »

Et celui-ci me rend jaloux aussi, par sa beauté physique, par son charme personnel et surtout par son talent musical, qui est exceptionnel. Il s’appelle bien sûr Juahn Cabrera et son site, www.juahncabrera.com, est enfin en ligne. Il est à temps, puisqu’il présente son groupe musical The Juahn Cabrera Band ce soir au Duplex, à 19 heures – la salle est complète (heureusement que j’ai réservé des places) et il y a même une liste d’attente ! Sa mère et sa nièce sont venues de Colombie pour le voir et les parents de la belle chanteuse accompagnatrice, qui est aussi sa coloc, sont venus de Boston. On va faire des enregistrements vidéo (200 $, par un vidéographe brésilien) et sonore (40 $ seulement par la régisseuse de la salle) du spectacle ce soir.

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La belle Mlle McHugh, qui chantera ce soir

Si j’ai la force, je retournerai après le dîner au Duplex pour le spectacle de l’amie chanteuse Colleen McHugh à 21 h 30 qui s’intitule « Un bas de Noël pleine de Prozac » et dans lequel elle promet de contrer le « bonheur » de ces fêtes de fin d’année avec une bonne dose de chansons acerbes et d’humour sardonique.

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Elle fait peur, non ? Et avec raison, car sa langue et son esprit sont ses armes préférées

Et encore plus tard et assez loin de mon quartier confortable, on me prévient que la belle Shequida montera sur les planches de l’arrière-salle du bar Hardware dans la Cuisine de l’Enfer en principe vers 23 heures mais en réalité plutôt vers minuit (ces artistes travestis ne sont jamais à l’heure) pour son spectacle toujours inouï et souvent à vous couper le souffle !

Le mari et moi, nous n’avons jamais cherché à avoir des enfants, donc pour nous, il n’était pas question de nous marier afin d’essayer de « protéger » une progéniture éventuelle. Quoiqu’un peu bas de gamme du point de vue du « cérémonial », l’acte s’étant déroulé dans l’ombre bénévole d’un grand arbre et sur le gazon bien entretenu à côté des places de parking pour handicapés de l’hôtel de ville de Darien, au Connecticut, le fait d’être marié « pour de vrai », comme nos amis hétéros le sont, et non pas seulement « pacsé » ou « en partenariat domestique », cela comptait. Même si on oublie les avantages fiscaux, qui de toute façon ont été « découverts » par l’expert comptable à l’égard de nos impôts d’état – ici à New-York, nous devons payer des impôts à trois entités fiscales : l’état fédéral (missiles de croisière, drones, etc.) ; l’état de New-York (police routière, métro, etc.) ; et la ville de New-York (police locale, éducation publique, etc.), mais à cause de la loi fédérale décrétée en 1996 sous la présidence de Bill Clinton qui s’appelle la Loi pour la Défense du Mariage (langage qui rappelle beaucoup des commentaires qu’on peut lire dans Le Figaro, Le Monde et Libération d’aujourd’hui aux divers articles sur les manifestations pour et contre le mariage entre personnes du même sexe en France) ou, en anglais acronymique, DOMA, on n’a pas le droit, le mari et moi, de profiter de certains avantages fiscaux offerts par le fisc fédéral aux mariés hétéros (ou aux mariés mixtes homos et hétéros, dont je connais personnellement un certain nombre) quand on déclare ses impôts en couple. Mais l’état et la ville de New-York acceptent, depuis le 24 juin 2011, quand la loi sur l’égalité du mariage de New-York est entrée en vigueur, les déclarations en couple, et cela nous a épargné, selon l’expert comptable qui l’a calculé, 1 500 $ d’impôts.

La question des enfants semble préoccuper beaucoup de Français – dans mon expérience personnelle, les homos adorent leurs enfants – et cela, même à l’excès, quand leurs gamins sont de vraies petites horreurs gâtées et égoïstes qui mériteraient, dans mon opinion tout à fait arriérée et honteusement non-PC, une bonne claque. En ce qui concerne la gestation pour autrui, je trouve que c’est d’abord assez rare, car assez cher, et il faut noter aussi que les couples hétéros (mariés ou pas) qui n’arrivent pas, pour de diverses raisons physiques, à faire des enfants eux-mêmes s’en servent beaucoup, et « bougrement » (non, je n’ai pas pu résister) plus fréquemment que les couples homos masculins.

Il y a toujours l’adoption – et j’ai déjà noté qu’ici au moins, l’adoption d’un enfant par un parent ou par deux parents du même sexe est considéré être mieux pour le bien-être de l’enfant que de laisser traîner celui-ci ou celle-ci dans un orphelinat. Mais, comme j’ai remarqué ce week-end dernier, d’abord il n’est jamais facile d’élever les enfants, et c’est même plus difficile encore quand on n’a aucun rapport génétique avec eux qui peut « expliquer » en quelque sorte un certain comportement chez l’enfant. Sur ce sujet compliqué, j’ai rencontré il y a deux ans un couple d’hommes homos à un brunch à Londres – il s’agissait d’un Anglais et d’un Russe émigré en Grande-Bretagne, tous les deux installés à Londres et qui n’avaient aucune intention d’avoir des enfants jusqu’au moment où, à la suite d’un tumeur au cerveau, le frère du Russe est mort et sa femme, une jeune et belle Ukrainienne aux mœurs un peu légères, n’a pas voulu garder leur enfant qui n’avait qu’un an. Le frère a donc saisi la justice anglaise pour l’adopter et après une année de procédure légale compliquée entre la Russie et la Grande-Bretagne, le frère a réussi à adopter son petit neveu, que le couple homo élève à Londres. Pour lui, il m’a dit, le plus surprenant, c’est de voir en quoi son neveu ressemble à son frère – expressions, humeurs, manières d’agir – et étant en quelque sorte attaché à cet enfant par des liens génétiques, il arrive à le mieux comprendre. Voilà, à mon avis, une raison plutôt en faveur de la gestation pour autrui.

On connaît depuis longtemps des familles « sans mère » à la télévision américaine – je me souviens de la comédie Family Affair, où le riche célibataire new-yorkais Bill Davis (hmmm, un peu suspect, n’est-ce pas ?), qui habite, avec son majordome anglais le gros et barbu M. French (une plaisanterie, sans doute), un grand appartement dans la 5e avenue, doit prendre en charge les trois enfants de son frère aîné et de sa belle-sœur morts dans un accident de voiture. Ces deux hommes élevaient ces enfants et le public riait de leurs « inepties » prévisibles. Personne ne pensait qu’on avait dépossédé les enfants du « droit » d’avoir une mère ; par contre, on les trouvait bien chanceux d’être tombés dans ce milieu aussi aisé, tout à fait étranger à celui que connaissaient la plupart des téléspectateurs américains.

Y aura-t-il des couples homos, d’hommes ou de femmes, qui s’offriront des enfants, adoptés ou par le moyen de gestation pour autrui ou par donneur de sperme, comme s’il s’agissait de sacs Birkin mais en plus souple et criard, à chercher à émerveiller leurs milieux ? Sans doute. Mais n’y a-t-il pas de mauvais parents (mariés ou pas) qui font pareil chez les hétéros ? Faut-il donc interdire aux hétéros (mariés ou pas) d’avoir des enfants à cause de certains mauvais types ? Moi, assis ici à environ 5 830 km de Paris, je trouve qu’il n’est pas très sérieux de croire qu’on connaîtra en France une hausse démesurée d’enfants élevés par des parents mariés homos à la suite du passage d’une loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe. On ne l’a pas vu en Belgique, on ne l’a pas vu en Espagne, ni en Islande, ni en Suède. On ne le verra pas sans doute en France. C'est une fausse piste.

Non, ne vous inquiétez pas, je n'ai jamais cherché et je ne cherche toujours pas à avoir un enfant, mais si par hasard je me trouvais dans l’obligation ou la nécessité de prendre sur moi la responsabilité d’un enfant, je le ferais au mieux de mon possible, un point c’est tout. Ma sexualité et mon état matrimonial n’y sont pour rien.

Où l'on réduit la sauce

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manifpourlegalite.jpgDésolé, mais le lien se trouve plus bas, à la fin du paragraphe

J’espère, s’il ne fait pas trop frais ou s’il ne pleut pas, qu’on essayera de participer à la grande marche contre l’inégalité qui aura lieu demain à Paris. Ça commencera à la Bastille à 14 heures et les manifestants marcheront jusqu’au Jardin du Luxembourg. Pour plus de renseignements utiles, cliquez ici.



Je n’ai rien de très pertinent à ajouter aux articles sur la tuerie d’hier au Connecticut – comme tout le monde, j’ai été frappé et ensuite attristé par le nombre de victimes, ainsi que par leurs âges. On n’a toujours aucune explication, même insensée. Le jeune homme semble avoir d’abord tué sa mère avant de se rendre, armé d’armes à feu que sa mère, divorcée habitant avec son fils une maison un peu isolée de « banlieue », avait chez elle (tous les foyers au Connecticut ont été horrifiés par l’horrible « invasion de domicile » en 2007, dans le village de Cheshire, où la mère et deux filles ont été violées et ensuite tuées dans un incendie allumé par les deux « envahisseurs », et c’est une possibilité qu’elle ait voulu s’armer contre une telle éventualité – mise à jour: j'apprends que la mère aimait beaucoup les armes à feu.)

Je suis plutôt de l’avis, cynique, c’est vrai, d’un commentateur au Times au nom de Steven Singer, qui a écrit :

Nothing will change.

Political gridlock on this subject will not break.

The Militia Movement will not flinch.

The Second Amendment crowd will not be cowed by this massacre any more than it is by any other.

The NRA [National Rifle Association] will not retreat so much as an iota, forget an inch. If anything, its leadership and faithful acolytes will blame all existing gun control laws for the problem. We've all heard their mantra before. " guns don't kill; peopledo". And,"if guns are outlawed, only outlaws will haveguns", etc. By tomorrow their concerted braying (directed at state, local and especially congressional politicians) will be deafening. If anything, the NRA will try to run the ball forward by insisting on expansion of citizens' rights to carry concealed weapons everywhere.

Today's Connecticut tragedy won't play out differently from any previous massacre.

Precisely what changed after the Texas Tower Shooting (1966), besides a bad TV movie?

Or the Columbine massacre (another movie)?

Or the Aurora Massacre?

Virginia Tech?

What changed after the Los Angeles Jewish Community Center shooting by a member of the so-called Aryan Nations" hate group. Oh, forgot about that?  It happened in 1999.  After a certifiably crazy man wandered into a child care center and shot randomly at people, killing several, what changed?

Nothing...


Comme tout le monde à New-York, je suis écœuré par la mort dans le métro il y a quelques jours d’un homme poussé sur les rails par un autre homme et écrasé par le train qui arrivait dans la station. L’horreur est amplifiée par des photos prises par un photographe professionnel attendant sur le quai de l’homme écrasé que le New York Post a choisi de publier sur la Une du journal. Le numéro a vendu, d’après ce qu’on raconte, ce qui explique en bref la raison pour laquelle le journal l’a fait. Mais la publication de ces photos, que je me suis gardées de regarder, a soulevé d’importantes questions morales. Le public, par exemple, a-t-il le droit de voir la fin horrible ou pénible ou choquante d’une personne quelconque en tant que fait d’actualité ? La même question s’est posée pendant l’intervention militaire américaine en Irak – les photos de soldats explosés, de civils brutalisés, d’enfants couverts du sang de leurs pères et mères tués à côté, sont-elles absolument nécessaires pour comprendre la sauvagerie de ces combats, ou font-elles seulement partie des outils de propagande dont les divers camps chercheraient à s’en servir, ou sont-elles une intrusion inacceptable dans les affaires d’autrui. Cela me fait penser en ce moment à la photo célèbre, appelée la Pietà Benetton, publiée pour cette marque de vêtements italienne au début des années 90 de la mort d’une victime du sida dans les bras de son père – photo pénible, mais aussi pleine d’une vérité atroce que trop de monde voulaient ignorer.

benetton-pieta-david-kirby.jpg

Pour retourner au triste cas de l’homme écrasé par le train de métro, la controverse se concentre surtout sur la question de savoir si le photographe avait la responsabilité d’aider l’homme tombé sur les rails avant de prendre des photos de son agonie actuelle. Je n’étais pas là et donc je ne peux pas dire avec certitude comme j’aurais moi-même réagi devant un tel incident – cela s’est passé assez rapidement, il me semble, et en général, quand j’attends sur les quais du métro new-yorkais, je fais un effort d’être à la fois vigilant à ceux qui m’entourent et détaché – si je remarque la présence d’une personne à l’allure vestimentaire un peu trop bizarre, ou qui semble parler à des interlocuteurs invisibles, ou qui se remue d’une façon agitée, par exemple, je m’éloigne discrètement tout en tenant en compte la position de cette autre. C’est une simple vérité de la vie urbaine et cela m’est devenu complètement automatique.

stop-needless-noise-help-america-keep-calm.jpgC’est sûrement par hasard mais ce matin je suis tombé sur deux articles dans lesquels il s’agit de bruits qui importunent. Dans le premier, il s’agit d’un éboueur de Sète qui est descendu l’étage pour faire taire les voisins au-dessous de lui en tuant deux des fêtards qui avaient refusé de baisser la sono vers 2 heures du matin. Intéressant de lire les commentaires au Figaro comme au Monde.

Et puis, plus proche, chez Gawker, on trouve cet article sur le droit de faire taire les spectateurs au cinéma qui aiment parler (ou chuchoter) pendant la séance. Il y a les pour et les contre.

Comme dans le cas précédant, on parle d’éducation et de respect pour autrui. Certains commentateurs au Figaro parlent de l’absence de bonnes manières comme une preuve de l’échec de l’éducation nationale et expliquent la surréaction de l’éboueur par un laisser-aller généralisé dans les mœurs du pays.


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