Le mariage et les enfants – n'exagérons pas, svp

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Le mari et moi, nous n’avons jamais cherché à avoir des enfants, donc pour nous, il n’était pas question de nous marier afin d’essayer de « protéger » une progéniture éventuelle. Quoiqu’un peu bas de gamme du point de vue du « cérémonial », l’acte s’étant déroulé dans l’ombre bénévole d’un grand arbre et sur le gazon bien entretenu à côté des places de parking pour handicapés de l’hôtel de ville de Darien, au Connecticut, le fait d’être marié « pour de vrai », comme nos amis hétéros le sont, et non pas seulement « pacsé » ou « en partenariat domestique », cela comptait. Même si on oublie les avantages fiscaux, qui de toute façon ont été « découverts » par l’expert comptable à l’égard de nos impôts d’état – ici à New-York, nous devons payer des impôts à trois entités fiscales : l’état fédéral (missiles de croisière, drones, etc.) ; l’état de New-York (police routière, métro, etc.) ; et la ville de New-York (police locale, éducation publique, etc.), mais à cause de la loi fédérale décrétée en 1996 sous la présidence de Bill Clinton qui s’appelle la Loi pour la Défense du Mariage (langage qui rappelle beaucoup des commentaires qu’on peut lire dans Le Figaro, Le Monde et Libération d’aujourd’hui aux divers articles sur les manifestations pour et contre le mariage entre personnes du même sexe en France) ou, en anglais acronymique, DOMA, on n’a pas le droit, le mari et moi, de profiter de certains avantages fiscaux offerts par le fisc fédéral aux mariés hétéros (ou aux mariés mixtes homos et hétéros, dont je connais personnellement un certain nombre) quand on déclare ses impôts en couple. Mais l’état et la ville de New-York acceptent, depuis le 24 juin 2011, quand la loi sur l’égalité du mariage de New-York est entrée en vigueur, les déclarations en couple, et cela nous a épargné, selon l’expert comptable qui l’a calculé, 1 500 $ d’impôts.

La question des enfants semble préoccuper beaucoup de Français – dans mon expérience personnelle, les homos adorent leurs enfants – et cela, même à l’excès, quand leurs gamins sont de vraies petites horreurs gâtées et égoïstes qui mériteraient, dans mon opinion tout à fait arriérée et honteusement non-PC, une bonne claque. En ce qui concerne la gestation pour autrui, je trouve que c’est d’abord assez rare, car assez cher, et il faut noter aussi que les couples hétéros (mariés ou pas) qui n’arrivent pas, pour de diverses raisons physiques, à faire des enfants eux-mêmes s’en servent beaucoup, et « bougrement » (non, je n’ai pas pu résister) plus fréquemment que les couples homos masculins.

Il y a toujours l’adoption – et j’ai déjà noté qu’ici au moins, l’adoption d’un enfant par un parent ou par deux parents du même sexe est considéré être mieux pour le bien-être de l’enfant que de laisser traîner celui-ci ou celle-ci dans un orphelinat. Mais, comme j’ai remarqué ce week-end dernier, d’abord il n’est jamais facile d’élever les enfants, et c’est même plus difficile encore quand on n’a aucun rapport génétique avec eux qui peut « expliquer » en quelque sorte un certain comportement chez l’enfant. Sur ce sujet compliqué, j’ai rencontré il y a deux ans un couple d’hommes homos à un brunch à Londres – il s’agissait d’un Anglais et d’un Russe émigré en Grande-Bretagne, tous les deux installés à Londres et qui n’avaient aucune intention d’avoir des enfants jusqu’au moment où, à la suite d’un tumeur au cerveau, le frère du Russe est mort et sa femme, une jeune et belle Ukrainienne aux mœurs un peu légères, n’a pas voulu garder leur enfant qui n’avait qu’un an. Le frère a donc saisi la justice anglaise pour l’adopter et après une année de procédure légale compliquée entre la Russie et la Grande-Bretagne, le frère a réussi à adopter son petit neveu, que le couple homo élève à Londres. Pour lui, il m’a dit, le plus surprenant, c’est de voir en quoi son neveu ressemble à son frère – expressions, humeurs, manières d’agir – et étant en quelque sorte attaché à cet enfant par des liens génétiques, il arrive à le mieux comprendre. Voilà, à mon avis, une raison plutôt en faveur de la gestation pour autrui.

On connaît depuis longtemps des familles « sans mère » à la télévision américaine – je me souviens de la comédie Family Affair, où le riche célibataire new-yorkais Bill Davis (hmmm, un peu suspect, n’est-ce pas ?), qui habite, avec son majordome anglais le gros et barbu M. French (une plaisanterie, sans doute), un grand appartement dans la 5e avenue, doit prendre en charge les trois enfants de son frère aîné et de sa belle-sœur morts dans un accident de voiture. Ces deux hommes élevaient ces enfants et le public riait de leurs « inepties » prévisibles. Personne ne pensait qu’on avait dépossédé les enfants du « droit » d’avoir une mère ; par contre, on les trouvait bien chanceux d’être tombés dans ce milieu aussi aisé, tout à fait étranger à celui que connaissaient la plupart des téléspectateurs américains.

Y aura-t-il des couples homos, d’hommes ou de femmes, qui s’offriront des enfants, adoptés ou par le moyen de gestation pour autrui ou par donneur de sperme, comme s’il s’agissait de sacs Birkin mais en plus souple et criard, à chercher à émerveiller leurs milieux ? Sans doute. Mais n’y a-t-il pas de mauvais parents (mariés ou pas) qui font pareil chez les hétéros ? Faut-il donc interdire aux hétéros (mariés ou pas) d’avoir des enfants à cause de certains mauvais types ? Moi, assis ici à environ 5 830 km de Paris, je trouve qu’il n’est pas très sérieux de croire qu’on connaîtra en France une hausse démesurée d’enfants élevés par des parents mariés homos à la suite du passage d’une loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe. On ne l’a pas vu en Belgique, on ne l’a pas vu en Espagne, ni en Islande, ni en Suède. On ne le verra pas sans doute en France. C'est une fausse piste.

Non, ne vous inquiétez pas, je n'ai jamais cherché et je ne cherche toujours pas à avoir un enfant, mais si par hasard je me trouvais dans l’obligation ou la nécessité de prendre sur moi la responsabilité d’un enfant, je le ferais au mieux de mon possible, un point c’est tout. Ma sexualité et mon état matrimonial n’y sont pour rien.

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je me souviens très bien de la série que vous évoquez! en france elle s'appelait "cher oncle bill" et avait été diffusée longtemps après l'avoir été aux états-unis.

sinon je partage vos propos sur l'adoption,la pma et la gpa,même si cette dernière n'est défendue ici que par les plus "progressistes" des "progressistes". je mets ce mot entre guillemets car pour beaucoup cela reste une forme de marchandisation du corps féminin. et de fait,il y a le plus souvent -toujours?- transaction financière. peut-on pour autant l'interdire si les femmes qui portent des enfants pour des couples hétéros stériles ou des couples de même sexe le font volontairement?...

Eric "sheepy" vous a-t-il proposé de faire du baby-sitting?

Jérôme, non, pas encore, et je pense que je n'ai ni l'expérience ni la patience qu'il faut pour être un baby-sitter correct – et si je dois suivre l'exemple de mes sœurs, on les met tout simplement devant un téléviseur ou un écran d'ordinateur pour regarder pour la nième fois un film débile qu'ils adorent (et qui rend fous les parents, en l'occurrence.)

Edouard, il faut seulement attendre qu'ils aient atteint l'âge de raison: votre sagesse, vos réponses à leurs questions, vos explications sur le Pastafarisme seront grandement appréciés des Papas...

voilà un article qui me plait au plus haut point, merci !

pour avoir tenté d'en parler avec qqs personnes, je suis choquée par l'obtusité de tous sur ce sujet. on parle "mariage pour tous", et on enchaîne illico sur "adoption". et chacun campe sur ses positions, refuse d'écouter quoique ce soit. plus que pénible, ça en devient inquiétant.

le pompon est l'arc-boutage ahurissant, et violent, des catholiques. de quoi se mêlent-ils ? qu'ils règlent déjà leurs problèmes de curés violeurs et ils pourront ensuite, éventuellement, donner leur opinion sur la valeur d'un mariage voulu, et l'adoption d'enfants désirés.

je suis exaspérée de voir ces hétéros beaufs incapables d'éduquer leur progéniture si facile à pondre, vouloir interdire que des couples homos donnent, en toute connaissance, leur chance à des gamins déjà rejetés par le système.

bon. je vais me faire une tisane et me calmer. parfois l'humanité me fatigue

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