Archives janvier 2013

Quand l’envie s’en va, il n’y souvent rien à faire qu’attendre son retour – je blâme le temps, même s’il est plutôt bête d’attendre un temps plus clément pendant ces jours d’hiver profond. Il y a aussi le soupçon de déprime qui me frappe régulièrement par ces jours sombres où je me rends compte de toutes les promesses (pour la plupart à moi) auxquelles j’ai manquées dans les mois précédents, où je ressens d’une façon particulièrement sensible le temps qui file et que je gaspille avec une insouciance feinte, où je constate la frivolité et même la vanité et surtout l’immaturité avec lesquelles je persiste, en dépit de tout, à mener ma vie. Bon, je sais très bien que j’ai (en général) de bonnes intentions, mais celles-là importent peu quand il n’y que peu ou pas de résultats concrets.

Si j’étais logique à cent pour cent, je me plongerais sans gêne dans la poursuite du plaisir physique et intellectuel (la différence n’étant que de perception), l’hédonisme (et non pas la luxure, qui serait autre chose) étant une philosophie qui me semble bien raisonnable. Mais je sais que je ne suis pas logique – ou plus correctement, je n’arrive jamais à poursuivre un chemin parfaitement logique – je suis faible et je poursuis des chemins bien alambiqués et serpentins au bout desquels je retrouve trop souvent ou une vérité qui déçoit ou une qui désillusionne. (Je ne m’y renonce pas pour autant.)

Suite de « Où l’on se les gèle » :

Dimanche on est allé à pied au Palais des Congrès Jacob Javits et au Quai 94 où des amis marchands de mobilier exposaient leurs nouveautés dans le cadre de la Foire internationale de cadeaux de New-York. Du monde, ô Dieux ! On a passé une heure à examiner les articles offerts avant de se sauver dans la Cuisine de l’Enfer, où on a dit bonjour à un barman qu’on connaît de La Cerisaie au restaurant The Eatery. Notre brunch terminé, on est passé au magasin de vêtements TAGG, où le mari, qui n’est jamais dans le vent côté fringues, s’est finalement offert deux sweatshirts à capuche soldés, dont un marron et un bleu ciel. Voici quelques photos de notre longue et lente promenade:
 restaurantpastis.jpgLe restaurant Pastis, qu'on nous dit va fermer bientôt à cause d'une hausse du loyer

exflorent.jpgFaçade de l'ex-restaurant Florent


LatourduTimes.jpgLa tour illuminée du New York Times vue de la 8e avenue

C'est peut-être le grand coup de froid qu'on vient de subir qui m'a gelé les doigts au point où ils ont tous refusé à taper mot sur le clavier de l?ordinateur dans notre petite salle à manger glacée. Hé oui, quand la température baisse en dessous de -6°C, il fait plutôt frisquet dans l'appartement, grâce aux vieilles fenêtres mal isolées qui laissent passer plein de courants d'air. On a bien sûr nos machins calorifères, mais l'électricité dans l'appartement n'arrive pas à les approvisionner tous sans sauter – et c'est surtout le mini-four, chéri du mari pour griller du pain, qui fait sauter le courant.

Souvenirs proches et lointains

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Chez les jeunes, c’est toujours le tourbillon, devant lequel nous les vieux devons plier – le jeune chanteur colombien m’avait téléphoné mercredi dernier pour m’informer de la mort subite de son père en Colombie – les obsèques avaient lieu au moment même de son coup de téléphone et il avait l’air tout triste et enrhumé et paumé – je lui ai donc invité à venir nous voir, afin de pouvoir parler de son père (qui n’était pourtant pas, d’après ce qu’il nous avait déjà raconté, un type tout à fait bien, mais passons…) et donc d’alléger autant que possible sa peine. On a convenu qu’il vient chez nous vendredi soir.

Le vendredi après-midi, il me texte pour me faire savoir qu’une amie vient de lui proposer de jouer à une « réunion » de type non précisé devant une soixantaine d’invités dans le « sous-sol » du bar gay, célèbre, sympa, mais pas du tout chic, The Stonewall Inn. De la vraie nature de la soirée, il ne savait pas grand-chose, mais ça lui avait tellement amélioré l’humeur que je l’ai tout de suite encouragé à accepter l’engagement.

D’abord, il allait passer chez nous, on n’est pas loin du Stonewall, afin de s’habiller et il allait apporter avec lui la robe de sa colocataire et choriste qui allait aussi s'habiller chez nous. Pas de problème ! Puis il me texte qu’elle est trop fatiguée et qu’elle va se préparer chez eux ! Bon, d’accord. Puis il me texte pour m’aviser qu’ils vont aller directement au bar et qu’il a laissé mon nom sur la liste d’invités.

Il pleut doucement, et sortir tente le mari de moins en moins, qui a aussi faim – on commande de la cuisine chinoise (notre plan B quand on ne va pas sortir et qu’on n’a rien dans l’appartement – je connais la carte par cœur !) qu’on nous livre. Le jeune chanteur nous dit qu’il pense monter sur la scène vers 22 heures et après avoir avalé un peu de mon « poulet de paradis », je me rends, avec un mari assez mal disposé, au bar. Je demande au videur où se trouve le « sous-sol » (je ne savais même pas que ce bar en avait un) et lui il me regarde d’un œil perplexe avant de me dire, tout simplement, « Heuh, le « downstairs » – c’est ici. » Ah, premier petit malentendu !

ellenapasenvie.jpg Elle est venue seulement en preuve de loyauté, la pauvre

Je les retrouve au fond du bar, dans un recoin juste devant la porte fermière du vestiaire, assis sur des banquettes à réviser les chansons qu’ils vont jouer – un type qui travaille dans le bar vient leur « suggérer » de chanter des chansons pop et « positives », tandis que leur répertoire serait plutôt fait de ballades mélancoliques – il est vrai que dans le bar, assez plein à 22 heures vendredi soir (ce qui est normal, en dépit du temps désagréable), on s’amuse à trémousser aux rythmes de tubes de Beyoncé, de Lady Gaga, de Rihanna et d’autres. Il s'agissait d'une fête d'anniversaire pour une amie à eux deux. L’accompagnatrice avait l’air malade – en fait, elle était crevée, elle travaille pour une petite agence qui s’occupe de marketing d’événements plus ou moins publicitaires – par exemple, les gens qui subventionnent la dernière tournée de Lady Gaga (la société de téléphonie Virgin Mobile, en l’occurrence) ont engagé la boîte pour organiser les prestataires (tous jeunes et beaux, bien sûr) qui travailleront aux 38 concerts à travers les États-Unis et le Canada – on engage localement et c’est souvent dur de trouver des gens « appropriés » pour faire, par exemple, un barman discret. Elle n’est venue qu’à cause du chanteur, son coloc qu’elle aime bien. Le mari, qui n’aime pas la confusion et surtout pas les gins-tonics infects, prend congé de nous pour rentrer chez nous.

hacksquatmachine.jpgVoilà la machine à torture (volontaire) – le hack squat

C’est bête mais mon jeune entraîneur s’est amusé jeudi à me pousser à faire monter un poids ridicule (630 livres, ou 285,76 kilos) sur cette machine bizarre qu’on appelle en anglais le « hack squat » et à notre surprise partagée, je l’ai fait, sans trop de mal, même. Ah, les petites victoires !

Au jour le jour

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D’une façon générale, je me garde de prononcer trop sur l’actualité politique américaine – en principe, cela m’intéresse (un peu) de constater que Mme Clinton, rivale politique de M. Obama rendue dépendante de lui, sera remplacée par M. John Kerry, le perdant de longue haleine de la campagne présidentielle de 2004, au poste de ministre des Affaires étrangères (ou, comme on le dit en américain, « secrétaire d’État ») mais en fait je me rends bien compte qu’il est peu vraisemblable que cela change quelque chose dans ma vie quotidienne, et mes opinions, basées sur des infos apprises à quelques exceptions près très rapidement et même pimentées de mon cynisme presque institutionnel, sur les qualités et les défauts de ces deux personnes, à qui auront-elles de l’intérêt ?

Donc, je suis, d’un œil plutôt ironique, les contretemps politiques autour de la nomination de l’ex-sénateur Hagel au poste de ministre de la Guerre (en américain, le « secrétaire de la Défense », puisqu’il faut protéger le « Heimat » – oups ! non, je voulais dire le « Homeland » – de bombardements de drones envoyés à partir du Canada ou du Mexique ou peut-être de l’île de Bermude, je ne sais plus) – M. Hagel est censé par certains, dont une brigade médiatique très criarde, être anti-Israël et anti-gay, le premier « crime » étant nettement plus important dans les milieux washingtoniens que le second. Cela m’amuse, c’est vrai, de réfléchir un peu, avec ma paresse intellectuelle habituelle, sur les vraies raisons pour lesquelles M. Obama se serait plu à antagoniser ce groupement politique très influent, étant donné que je suis tout à fait certain qu’il ne cherche pas à entraîner sa chute politique en demandant un peu plus d’impartialité américaine dans le conflit israélo-palestinien.

En ce qui concerne la nomination de son conseiller tortionnaire (oups ! je voulais écrire « conseiller anti-terroriste ») John Brennan au poste de chef de la Police secrète (Section internationale) – plus connu par son nom de CIA – là encore, je me demande pourquoi M. Obama semble chercher à s’attirer l’hostilité de la gauche, après tout, qui serait un de ses axes de support les plus importants.

(Aparté: Vous noterez bien que, comme prévu, on a vite « oublié » les « à-côtés » des affaires des généraux à Centcom – quand l’enquête est allée trop proche d’aspects vraiment importants de toutes ses affaires (politisation du FBI, révélations faites d’abord aux chefs républicains dans le Congrès, des personnes d’origines étrangères associées aux affaires militaires du Moyen-Orient), le silence médiatique est descendu sur tout.)

Hivernation

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Après toute l’activité du jour du Nouvel An, le reste de l’année nouvelle a continué, pour le mari et moi, un peu au ralenti, à cause surtout d’une poussée de « défaillances » physiques de faible teneur, genre nez coulant, toux sèche, fièvre bénigne (37,3°) et passagère, maux de tête. (Un ami infirmier praticien a noté qu’il n’était pas du tout surprenant pour ceux qui aiment se baigner dans l’océan en plein hiver.) On est pourtant allé samedi soir fêter un anniversaire « sans importance » de l’ami ex-bengali chez lui à Brooklyn, où il avait préparé trois grandes casseroles de poulet biryani. Moi, je n’ai pas bu, à cause de ma santé quelque peu fragile, mais aussi à cause d’un supplément nutritionnel que je prends en ce moment qui est censé me faire gagner du muscle – c’est un régime de suppléments recommandé par mon jeune entraîneur Mike, fanatique dévoué de ces méthodes plus ou moins chimiques (et quelquefois plus ou moins légales, aussi) pour devenir plus grand. Étant le vieux roué cynique que je suis, je suis ses recommandations « nutritionnelles » sans trop croire à leur véritable efficacité – à mon avis, si je prends un supplément qui me fait croire que je suis plus fort que je ne le suis en fait et qui me pousse par là, même seulement psychiquement, à aller faire de la muscu dans la salle de sport, je vais quand même gagner du muscle, même sans la rapidité « promise » par le supplément. Aucun perdant !

Pour commencer l'année 2013

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Bon, c’est fini, les fêtes, quoique, pour nous, notre train de vie n’ait pas changé tant que cela, à l’exception du réveillon pour le Nouvel An et le jour du Nouvel An, où on a fait des choses un peu inhabituelles.

Oui, pour le réveillon, on est allé chez des gens qu’on connaît depuis quelques années, mais qu’on a vraiment « rencontrés » pour la première fois l’été dernier à La Cerisaie, où ils louent, avec un autre couple, une petite maison très jolie dans le quarter ouest du village. Il s’agit d’un décorateur et d’un monteur de télévision chez MTV et aussi photographe et contributeur quotidien à la radio publique espagnole, et avec ce dernier j’ai passé de très bons moments pleins de commérages sur les nouvelles de la communauté, qu’il connaît assez bien.

On a quitté chez nous vers onze heures moins le quart pour nous rendre par le train L chez eux, à Williamsbourg, que, pour faire spirituel et branché, on appelle aussi « Billyburg », le nouveau quartier « jeune » et artistique de New-York (depuis déjà quelques années, en fait, ce qui a obligé les plus cools et les moins friqués des jeunes artistes à déménager vers Bed-Stuy et d’autres quartiers qui faisaient autrefois (et font toujours un peu) partie de la « zone » défavorisée.)

portesdentreebrooklyn.jpgLes deux portes d'entrée pour la maison à Brooklyn

On est descendu à la station Lorimer pour aller à pied chez eux. Il y avait du monde dans la maison de trois étages – beaucoup d’hispanophones d’Espagne et d’autres connaissances, dont la mère du décorateur qui habite l’appartement du rez-de-chaussée ainsi qu’une maison dans la vallée du Hudson, tout près de la ville du même nom, à environ deux heures et demie de route en voiture au nord de New-York.

griffinetcooperplacedutemps.jpgLes co-présentateurs Griffin et Cooper dans l'émission à partir de la Place du Temps

Suivant une coutume espagnole, on avait mis des raisins dans des bols partout dans la maison, qu’il fallait manger pendant le compte à rebours vers le Nouvel An, que certains suivaient avec leurs iPhones et d’autres en regardant l’émission spéciale du réveillon avec la comédienne déchaînée Kathy Griffin fort appréciée par ce qu’elle appelle « my gays » et le beau présentateur tout récemment sorti du placard Anderson Cooper, qui prétend être choqué par ce qui sort de la bouche de sa co-présentatrice.

danslesalonbrook.jpgSur le canapé du salon – et notez bien l'emplacement de la main droite du type en chemise rayée - hé oui !

Après avoir avalé les raisins, on s’est embrassé et on a trinqué nos verres de champagne en se souhaitant une bonne année. Le mari m’a présenté à un homme qui s’occupait d’un site web pour la littérature gay avec qui je me suis amusé à bavarder sur toute une gamme d’auteurs, gay et pas (comme, par exemple, John Irving, surtout pour son dernier roman paru l’année dernière In One Person) – après une bonne demi-heure de conversation, le mari est revenu pour me chuchoter à l’oreille « Il n’est pas approuvé ». « Quoi ? » « Il n’est pas approuvé. » « Comprends pas c’que tu veux dire. »

danslesalonbrook2.jpgDans un autre sens – en l'occurrence, toutes les femmes dansaient dans une pièce avoisinante et les fumeurs et les fumeuses étaient dehors, sur la terrasse en arrière

Dans le métro de retour, le mari m’a expliqué son avertissement : il avait demandé aux deux hôtes, ainsi qu’à un de leurs amis, qui ils étaient, le blogueur bibliophile et son petit ami plus jeune que lui qui se disait être un « body worker » – terme un peu embelli pour un masseur, mais qui prête aussi à des traductions plus équivoques et triviales, bien sûr, surtout qu’on on le voyait palpant l’entre-jambes d’un type assis à côté de lui sur le canapé. Les hôtes et l’ami ont tous répondu au mari : « Ça fait des années qu’ils viennent à cette fête mais on ne les connaît pas du tout. » (Il faut noter aussi que cela ne dérangeait pas les hôtes de les recevoir.


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