« La vie m’ennuie » – c’est comme ça que l’acteur anglais George Sanders, connu surtout pour son rôle de critique de théâtre cynique dans le film culte All About Eve (Ève) a expliqué son suicide le 23 avril 1973 dans la ville de Castelldefels, en Catalogne. Auquel il a ajouté « J’ai assez vécu. » Il avait 65 ans.
Mardi soir, il y a une semaine, dans le restaurant où nous dînions, l’ami galeriste nous a appris la mort de l’acteur pornographique – de la vedette, vraiment – Arpad Miklos, ou par son vrai nom, Peter Kozma. D’origine hongroise, chimiste de métier avant de faire des films pornos gais, d’abord en Europe et ensuite aux États-Unis, l’acteur est parvenu à représenter une sorte de « daddy » mythique – grand, poilu, musclé, sûr de lui. Je le voyais de temps en temps à New-York et aux Pins – je l’ai vu une fois dans la salle de sport de la rue 14e ouest – il s’exerçait sur une machine à pectoraux et il m’a souri amicalement, ce qui m'a trop flatté. On s'est trouvé aussi côte à côte sur la piste de danse en bois installée sur la plage pour la fête d’Ascension (absolument rien à voir avec la fête religieuse du même nom) aux Pins l’été dernier. Il dansait, souriait, embrassait du monde. Une vedette vraiment sympa. Et il avait l'air de s'amuser pour de vrai.
C'était surtout le sourire qui frappait et qui était avant tout attirant, je trouve
Peter Kozma – le nom de l'homme derrière la création Arpad Miklos – s’est suicidé le dimanche 3 février 2013, dans son appartement à New-York. Il a laissé, il paraît, un mot sur la disposition de son corps, mais rien de plus. Aucune explication, aucune justification, aucun éclaircissement sur les raisons de cet acte. Je ne sais pas trop pourquoi cette nouvelle m’a tellement déconcerté – l’acteur, aussi avenant qu’il fût, ne faisait pas tout de même partie de mes favoris dans le genre. Mais j’appréciais beaucoup l’idée qu’il assumait ouvertement sa sexualité (homosexualité) et sa profession (prostitué). Et j’aimais aussi le fait qu’il persistait à habiter à New-York, en dépit de la forte pression pour tout acteur et toute actrice de déménager vers la Californie, pour des raisons d’emploi.
L’ami galeriste m’a envoyé hier un lien vers ce billet sur la vie de l’acteur à New-York rédigé par un de ses amis, qui ne prétend pourtant pas avoir aucune info particulière sur les raisons pour lesquelles il s’est suicidé.
Je ne l’ai jamais caché, combien je suis porté sur les acteurs et les comédiens et finalement sur tous et toutes qui se mettent devant nous, le grand public, pour tenter de nous divertir un moment (ce qui n'est pas toujours facile, loin de là) – il s’agit souvent chez eux d’une combinaison cryptique de talent et de folie, d’égoïsme et d’insécurité. L’audace ou même l’imprudence qu’on peut y voir est multipliée par un facteur inouï quand on y ajoute le sexe ou, plus exactement, un fac-similé, idéalisé et filmé, de ce qui peut se passer intimement entre deux êtres.
J’ai connu et je connais toujours pas mal d’acteurs et de comédiens – ils et elles se comportent tous et toutes de façon diverse, mais au fond de tous et de toutes on découvre une innocence réelle, d’une qualité presque infantile, qui leur aide à faire face aux doutes, à la méfiance instinctive de leur public, et qui les protège aussi contre leurs propres incertitudes et troubles. Il m’est donc toujours assez déprimant quand j’apprends que cette innocence protectrice ait finalement manqué à l’un d’eux. Ave atque vale, Petre.
Mardi soir, il y a une semaine, dans le restaurant où nous dînions, l’ami galeriste nous a appris la mort de l’acteur pornographique – de la vedette, vraiment – Arpad Miklos, ou par son vrai nom, Peter Kozma. D’origine hongroise, chimiste de métier avant de faire des films pornos gais, d’abord en Europe et ensuite aux États-Unis, l’acteur est parvenu à représenter une sorte de « daddy » mythique – grand, poilu, musclé, sûr de lui. Je le voyais de temps en temps à New-York et aux Pins – je l’ai vu une fois dans la salle de sport de la rue 14e ouest – il s’exerçait sur une machine à pectoraux et il m’a souri amicalement, ce qui m'a trop flatté. On s'est trouvé aussi côte à côte sur la piste de danse en bois installée sur la plage pour la fête d’Ascension (absolument rien à voir avec la fête religieuse du même nom) aux Pins l’été dernier. Il dansait, souriait, embrassait du monde. Une vedette vraiment sympa. Et il avait l'air de s'amuser pour de vrai.
C'était surtout le sourire qui frappait et qui était avant tout attirant, je trouvePeter Kozma – 1967-2013
Peter Kozma – le nom de l'homme derrière la création Arpad Miklos – s’est suicidé le dimanche 3 février 2013, dans son appartement à New-York. Il a laissé, il paraît, un mot sur la disposition de son corps, mais rien de plus. Aucune explication, aucune justification, aucun éclaircissement sur les raisons de cet acte. Je ne sais pas trop pourquoi cette nouvelle m’a tellement déconcerté – l’acteur, aussi avenant qu’il fût, ne faisait pas tout de même partie de mes favoris dans le genre. Mais j’appréciais beaucoup l’idée qu’il assumait ouvertement sa sexualité (homosexualité) et sa profession (prostitué). Et j’aimais aussi le fait qu’il persistait à habiter à New-York, en dépit de la forte pression pour tout acteur et toute actrice de déménager vers la Californie, pour des raisons d’emploi.
L’ami galeriste m’a envoyé hier un lien vers ce billet sur la vie de l’acteur à New-York rédigé par un de ses amis, qui ne prétend pourtant pas avoir aucune info particulière sur les raisons pour lesquelles il s’est suicidé.
Je ne l’ai jamais caché, combien je suis porté sur les acteurs et les comédiens et finalement sur tous et toutes qui se mettent devant nous, le grand public, pour tenter de nous divertir un moment (ce qui n'est pas toujours facile, loin de là) – il s’agit souvent chez eux d’une combinaison cryptique de talent et de folie, d’égoïsme et d’insécurité. L’audace ou même l’imprudence qu’on peut y voir est multipliée par un facteur inouï quand on y ajoute le sexe ou, plus exactement, un fac-similé, idéalisé et filmé, de ce qui peut se passer intimement entre deux êtres.
J’ai connu et je connais toujours pas mal d’acteurs et de comédiens – ils et elles se comportent tous et toutes de façon diverse, mais au fond de tous et de toutes on découvre une innocence réelle, d’une qualité presque infantile, qui leur aide à faire face aux doutes, à la méfiance instinctive de leur public, et qui les protège aussi contre leurs propres incertitudes et troubles. Il m’est donc toujours assez déprimant quand j’apprends que cette innocence protectrice ait finalement manqué à l’un d’eux. Ave atque vale, Petre.
Je viens de decouvrir votre blog. Assez curieusement car je cherchais des renseignements sur la mort d'Arpad.Cette disparition me rend terriblement triste pour une raison que j'ignore et votre commentaire me confirme dans mon sentiment.
Pour autant je trouve votre blog formidable,je viens de passer plusieures heures a le lire.Vous etes petillant,vif,intelligent et ouvert sur le monde.
Continuez encore et encore.Merci d'utiliser le francais.
Merci, Frédéric – c'est vraiment trop gentil de votre part.
Vous savez, les gens comme Arpad, dont on connaît le visage et le corps, deviennent en quelque sorte des amis – du moins des connaissances presque intimes, et moi j'ai été aussi frappé par la mort de ce Hongrois que je ne connaissais pas.
Merci pour ce billet que je découvre tardivement. Trois mois se sont écoulés depuis son décès et celà reste un mystère. De ce que j'ai pu lire, Arpad prenait beaucoup sur lui, peut être trop. Je ne sais dire pourquoi mais son décès me touche. J'espère qu'une biographie lui sera consacrée. Ce serait un juste hommage.