Archives septembre 2013

On sort

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devantlecinema.jpgDans la 42e rue ouest ce soir, devant les cinémas

Comme on le sait, le mari adore la science-fiction, en littérature comme au cinéma, et donc on est allé, lui, moi et l’ami ex-bengali, qui est lui aussi fou de la SF, voir le dernier film de la vedette new-yorkaise Vin Diesel, Riddick. C’est lui qui avait choisi le cinéma, l’AMC 25, qui se trouve dans un ancien théâtre réaménagé en 25 salles de cinéma.

lesguichets.jpgLes guichets « humains »

interieurdecinema.jpgLe plafond néo-classique et les fresques de l'ancien théâtre qu'on a gardés

Le film est une sorte de dessin animé plein d’un machisme aussi primaire que traditionnel. Riddick retrouve une sorte de chien, qu’il élève en animal domestique, ce qui prouve qu’il est bon et sympa. Il est toujours honorable et il surmonte toutes les douleurs physiques, qui sont d’ailleurs souvent assez atroces, à mon humble avis. Il y a aussi plein de mercenaires méchants et des bêtes menaçantes. Et du sang. Je n’écrirai point de spoiler, mais vous pourrez facilement deviner la conclusion, qui est de toute façon presque inévitable.

scenededixonplace.jpg La scène de Dixon Place – on nous a demandé de ne pas prendre des photos des chanteurs (il y en avait quatre au total)

Lundi soir on est allé, à la dernière minute, à un spectacle de cabaret produit par une nouvelle connaissance de La Cerisaie au théâtre expérimental Dixon Place – c’était amusant mais un peu stylisé, sans le naturel que j’apprécie dans ce genre de spectacle.

Je traduis en ce moment une petite comédie musicale assez médiocre (donc, je ne vais pas la nommer) que l’écrivain, que je connais un peu et qui m'a demandé de lui aider, espère produire au Canada ou en France. Je le fais parce que, comme pour les mots croisés, cela m’amuse d’exercer mon français – comment, par exemple, dois-je traduire « protein shake » en français ? Shake de protéine ? (Il semble que oui.) Ou le texto anglais (assez ridicule, en l’occurrence) « BRB », qui veut dire « be right back » ou « de retour tout de suite », ce qui serait en texto francais « ATT » (je crois). Donc, c’est une sorte de jeu intellectuel pour moi.

affichedeboite.jpg La vitrine pour le théâtre et la boîte de nuit SubCulture, dans la rue Bleecker

Demain j’ai une réunion matinale avec le chanteur colombien en préparation pour son spectacle au début de novembre, dans une boîte de nuis qui s’appelle SubCulture. On est passé devant la boîte hier soir en rentrant chez nous. Ça semble plutôt chic et de taille, ce qui me fait un peu peur, je l'avoue.

Fin de week-end

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Je ne pensais pas devoir aller à la fête sous-vêtements hier soir, vu que je ne savais même pas qu’elle allait avoir lieu – en plus de ça, il faisait plutôt frais, mais nos invités, un trio d’amis dont deux qui travaillent pour la télévision publique et l’autre qui travaille pour un tisserand de luxe qui font des tissus sur mesure pour les défilés de mode qui viennent de se terminer à New-York – les couturiers locaux s’en servent pour les vêtements qu’ils présentent ici et ensuite on envoie le patron numérique en Chine ou ailleurs afin de le refaire en quantité à un prix plus rentable. Eux, ils voulaient tous y aller, surtout après quelques apéros assez forts à La Gorgée et la pirouette aux Pins, où on a pris plaisir à écouter la musique cool de Lina sous un ciel dégagé et plein d’étoiles.

unautrecoucherdesoleil.jpgUn autre coucher de soleil impressionnant hier soir

On est rentré à La Cerisaie par la plage et on s’est dirigé vers Le Château de sable pour dîner – c’était, on l’a découvert, leur dernier dîner pour la saison, et la cuisine manquait de beaucoup de choses, dont le saumon, les crevettes, le bifteck, etc. Mais il y avait encore du vin rouge et de l’effiloché de porc braisé, nom qui sonne à mes oreilles beaucoup plus élégant que sa désignation en anglais de « pulled pork » ou le porc tiré. (Tiré ? Et par qui ?)

Un peu de bordeaux à la maison – on a toujours des stocks d’alcool qu’on va avoir du mal à écouler avant la fin de location – et avec quelques raffinements dans la tenue portée (ou ôtée) par chacun, on s’est dirigé vers le Palais de Glace. Il n’y avait pas énormément de monde – d’abord c’est la fin de saison et il y avait aussi un DJ assez célèbre qui tournait dans la discothèque minuscule du Pavillon aux Pins. Mais on s’est amusé. Le mari et moi, nous sommes rentrés chez nous vers 2 h 30, donc pas trop, trop tard.

Il fait très beau encore aujourd’hui – on va bientôt s’installer sur la plage pour attraper les derniers rais de soleil. On rentre à Manhattan ou ce soir ou demain matin.

Quelques détails de la rentrée

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Il fait extraordinairement beau aujourd’hui – le mari et nos invités sont tous allés prendre le petit déjeuner chez Floyd, qui est un curieux mélange de Café du Commerce et de restaurant La Couple de La Cerisaie, où les monstres, les VIP, les hommes de petite vertu et d’autres garçons perdus, ainsi que des lesbiennes habillées en menuisiers ou mécanos, se rassemblent tous pour se voir, se parler, se plaindre tout en mangeant des œufs brouillés ou des « wraps ». Le ciel est d’un bleu qu’on ne voit qu’en automne et s’il fait un rien frais, je pense tout de même pouvoir m’allonger sur le sable pour une profitable séance de bronzage – l’une des dernières de l’année, sans doute.

bleuciel.jpgLe ciel ce matin

On n’a pas reloué cette maison pour l’été prochain. D’abord, on ne sait pas si on veut se limiter à des week-ends sur l’île, ce qui arrive quand on a pris une maison pour une saison entière. Deuxio, le mari, qui a toujours cette compulsion assez catholique de se mortifier, ne veut pas considérer le plaisir, même un plaisir dans l’avenir, quand il n’a pas de travail à présent et donc ne mérite, à son avis pervers, aucun bonheur. Tertio, on n’est pas convaincu de bien vouloir retourner aux Pins, quoiqu’on nous ait offert, de la part d’un ami propriétaire, une maison très agréable pour une somme vraiment modique pour une saison aussi longue qu’on voudrait (les coûts de consommation d’électricité, etc. étant à nos frais, bien sûr). Tant de questions (de peu d’importance, je sais) à résoudre.

biancaetlogan.jpg Deux travestis, Biance del Rio et Logan Hardcore, dont on a fait leur connaissance à La Cerisaie qui étaient au dîner de GLAAD à New-York il y a quelques jours – celle de droite nous a assisté le samedi dernier à vider deux bouteilles de rosé chez nous après la fête sous-vêtements tout en racontant plein d'histoires marrantes

Je m’occupe de mes « petits artistes » en ce moment. Le beau Justin Valentine, qui je veux voir un jour sur la scène à Broadway, monte un petit spectacle ce jeudi au Cabaret Duplex dans le Village. Il s’y promènera, maquillé et habillé dans ses costumes caractéristiques, en chantant des chansons de Broadway dans lesquelles les paroles ont été doucement détournées afin de prendre en compte les nouvelles et les tendances du jour.

valentinesmaller.jpgUne photo de pub pour Justin Valentine, qui aime jouer avec les signes de genre tout en chantant comme une vedette de Broadway

Plus tard dans l’année, au mois de novembre, le chanteur colombien Juahn Cabrera fera son show dans une boîte qui s’appelle subCulture, où on lancera en même temps sa vidéo qu’on a tournée pour sa dernière chanson Mañana. On est en pourparlers avec le Consulat général de Colombie pour savoir si ça leur intéresserait de faire partie de cette soirée musicale. Le chanteur prépare aussi de nouvelles chansons qu’on va enregistrer afin de faire une petite compilation musicale qu’on prépare pour plusieurs grandes boîtes musicales, à New-York comme à Los-Angeles.

juahnaleglise.jpg Le chanteur colombien Juahn Cabrera lors d'une audition il y a quelques semaines pour un chef d'orchestre dans une église dans la rue Christophe – espace d'une acoustique tout à fait impressionnante – et il a fait sensation

L’artiste écossais et ami Darren Jones a eu son expo fin août – la période la moins heureuse de toute l’année pour les expos, à New-York comme à Paris, mais il a réussi à recevoir quelques très bonnes critiques, dont celle-ci dans le blog artistique important Artcritical. J’étais super-heureux pour lui, comme on l’est toujours quand les amis ont du succès dans leurs carrières, et surtout dans des carrières aussi difficiles que les arts.

Le petit de la Cruz, toujours provocateur, prépare son premier livre de photographies légèrement SM, dans un style qui fait référence à Andy Warhol, à Robert Mapplethorpe et à George Platt-Lynes – on est à l’état des épreuves. Le bouquin sortira officiellement en début décembre, avec une réception de lancement à la galerie Rare. On y aurait une DJ pour un peu de musique et le beau Roman comme barman.

coucherdesoleildhier.jpgLe coucher de soleil assez spectaculaire d'hier soir

Donc, la rentrée s’annonce affairée – je suis très fier de mes artistes, qui font tous des choses dures et belles et expressives. Cela m’amuse de les aider comme je peux – n’ayant aucune expérience réelle, comme je leur ai dit, dans la musique pop, le cabaret, ou la photographie (et bien, pour l’art, oui, un peu). On verra ce que ça donne.

Dîner entre amis

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piscosour.jpgUn pisco sour pour mettre au point un bon repas péruvien.

basmanhattanaucrepuscule.jpgLe Bas-Manhattan au crépuscule, vue de la terrasse au 17e étage de l'ami galeriste

Je n’aime pas du tout ce caractère aussi macabre en fin de compte que chauvin qui entoure l’anniversaire de l’attentat (très réussi, il faut l’admettre) contre les tours jumelles à New-York il y a douze ans. Au JT de la chaîne ABC ce soir, présenté par la très-blonde Diane Sawyer, femme du metteur en scène cinématographique Mike Nichols, on a eu le plaisir très discutable de voir un reportage sur un Marine qui avait été tout près du Centre commercial mondial le 11 septembre avant de s’enrôler dans les Marines pour se battre aux environs de Fallujah (en Irak, qui n’avait, comme on le sait depuis plusieurs années, rien à voir avec les Saoudiens intégristes qui ont rasé les tours jumelles, mais bon… et on n’a rien dit, bien sûr, des crimes de guerre et contre l'humanité que ces mêmes Marines, aujourd'hui vénérés à la TV, ont commis à Fallujah, tandis qu’on gueule sans cesse sur les « crimes » des Syriens sans pour autant offrir de preuves convaincantes) – Mme Sawyer et son équipe faisaient donc le même lien tout à faut faux entre l’attentat du 11 septembre et l’agression américaine en Irak. Pour plaire à un public ou complaisant ou idiot.

lumieredecommemoration.jpgQuelques minutes plus tard, le soi-disant Hommage lumineux au site de l'attentat de 2001

Ici je dois noter avec un désespoir aussi profond qu’inutile que les États-Unis partagent tous les renseignements que nos services plus ou moins secrets recueillent, plus ou moins légalement, avec l’état israélien. Ah, le règlement ultime, qui viendra un de ces jours, de ces histoires ne sera ni beau ni heureux, de plusieurs points de vue. Mais on fait semblent de ne pas le voir à l'horizon. Je plains nos enfants et tous nos jeunes amis.


Le devoir civique

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Ça y est – j’ai voté dans la primaire démocrate de l’état de New-York ! Comme avant, notre bureau de vote se trouve dans une école publique dans la rue Hudson et comme toujours, c’était la pagaille – pendant que le mari votait dans l’isoloir, une bonne femme a annoncé à haute voix qu’il fallait que tout le monde quitte la petite salle dans laquelle on se trouvait. S’ensuivaient un tas de grognements mal disposés mais comme des moutons un rien contrariés, nous sommes tous allés nous installer sur le trottoir devant le bâtiment pour attendre l’autorisation de rentrer pour accomplir notre devoir civique.

bureaudevote.jpg

Devant notre bureau de vote dans la rue Hudson

En rentrant dans le gymnase, qu’on avait « ouvert », on a vite vu que le placement des tables et des isoloirs n’avait pas changé d’un centimètre – ah ! l’efficacité bureaucratique éblouit toujours ! Une vieille peau du genre hippie qui pullule dans le Village a essayé de passer devant moi mais j’ai réussi à la faire attendre son tour – d’abord, on a une fiche numérotée, ce qu’elle avait oublié – et puis elle a dit à sa camarade de queue « Non, c’est bien, je reconnais son t-shirt » - je portais un t-shirt volumineux XXL (et donc pas portable à la plage ni à Chelsea ni à la Cuisine de l’Enfer) que les gens de chez Druide à Montréal m’avait envoyé quand j’avais acheté leur logiciel correcteur Antidote (excellent, en l’occurrence) qui dit sur le dos : « Le remède à tous vos mots ». 

beaugarcon.jpg

Cette photo n'a absolument rien à voir avec ce billet mais je n'ai pas voulu la gaspiller, vu qu'il s'agit d'un beau jeune homme très sympa qui fêtait avec nous son 25e anniversaire et que j'aurais volontiers dragué à mort si j'avais quaranate ans de moins et vu que la photo souligne mes efforts  constants de favoriser les exportations françaises partout dans le monde, même aux fins fonds de La Cerisaie

De toute façon, j’ai voté pour l’anti-Christine (Quinn), c’est-à-dire pour Bill de Blasio. J’ai aussi voté pour l’adultère et ancien gouverneur Eliot Spitzer, qui est un peu con, je sais, mais qui est aussi très intelligent et qui, en tant que procureur général de l’état de New-York, avait embêté les grandes banques de la rue du Mur, qui lui ont répondu en « découvrant » le chèque avec lequel il aurait payé la prostituée. En ce qui concerne les autres élections, j’ai suivi les recommandations de quelques groupes politiques avec lesquels je partage des affinités politiques, car, vous savez, choisir onze « délégués » (qui font quoi, exactement???) parmi une bonne vingtaine de noms dont on ne connaît absolument rien, c’est pas facile, je vous jure !

Encore une fin de saison

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plageblancheetvide.jpgLa plage à La Cerisaie – blanche et vide. Malheureusement l'eau était toujours trop froide pour moi

Le week-end dernier a marqué la vraie fin de la saison 2013 dans l’Île de Feu, et en particulier à La Cerisaie, où l’on a eu le concours de beauté Miss Fire Island l’après-midi, la bacchanale de Spartacus au Belvédère le soir, et la fête sous-vêtements à minuit. Cela ne vous surprendra probablement pas d’apprendre qu’il y avait, surtout vers la fin de cette longue journée, des gens foncièrement bourrés, ce qui peut amuser ou ennuyer selon…

Le dimanche, beau et ensoleillé, était une journée de récupération pour beaucoup d’entre nous, et le mari, la gueule de bois ne le quittant pas, s’est décidé de faire pénitence en rentrant à New-York, tandis que moi, je suis resté à La Cerisaie afin d’assister au dernier Spectacle de merde au Château de Sable.

crepusculealetaldeviande.jpg Avant de m'enfoncer dans l'Étal à viande pour me rendre aux Pins

Je suis allé d’abord aux Pins pour me délecter des airs R & B de Lina, à la Gorgée et la Pirouette, où j’ai dit bonjour à plusieurs amis, avant de rentrer à pied à La Cerisaie par la plage sous ( ;-) ) un croissant de lune.

terrassegorgeeetpirouette.jpgSur la terrasse du bar La Gorgée et la Pirouette aux Pins dimanche dernier – on peut voir la belle Lina au milieu

J’ai dîné parmi les travestis au Cherry Lane avant de rentrer chez nous pour me reposer un peu avant de sortir une dernière fois pour le dernier spectacle de la saison. C’était tard, c’est sûr – on n’a commencé qu’après une heure du matin. Ils avaient tous l’air un peu, ou même assez fatigué. Le spectacle s’est terminé vers 2 h 30.

garconsaubar.jpg Deux beaux garçons au bar du Château de Sable, dont l'un portait un boa vert

misssaigon.jpgLa Viêtnamienne du sketch de « Miss Saigon » – il s'appelle Al

lafemmeamericaine.jpgLa femme américaine (Busted) qui la brise

belitaloamericain.jpgUn bel Italo-américain, de toute apparence hétéro, et au nom de Bob, qui dansait avec l'un des travestis

employesdurestau.jpgLes employés, ainsi que l'un des trois propriétaires, dansent en finale

beauphotographe.jpgLe mignon garçon de cuisine qui s'appelle Will est aussi photographe

onydanse.jpgEt à la fin, tout le monde danse pour fêter la fin du travail (le type à droite chante comme un ange et en travesti il s'appelle « Lauren Order » – il faut le dire à haute voix pour entendre la blague)

Tout le monde s’est embrassé et je suis parti me coucher au plus vite.

En accueillant les barbares

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Je suis en train de lire l’épreuve d’un mémoire par l’écrivain américain James McCourt qui sera publié, je crois, le mois suivant (une version corrigée est déjà chez l’imprimeur). Le livre s’appelle Lasting City, ou La ville qui perdure : anatomie de la nostalgie. Le titre vient d’un passage dans la Bible, pris du vers 14 du 13e chapitre du livre des Hébreux et il s’agit ici de la ville de New-York, où l’auteur est né et où il a grandi. Sorti d’une famille irlandaise, il possède l’aisance littéraire des ses ancêtres Oscar Wilde, WB Yeats, James Joyce, Samuel Beckett et GB Shaw. C’est un curieux mélange de mémoire, de fiction et de poésie en prose, assez fantasque, en fait, et je reste très impressionné qu’on ait voulu le publier, tellement c’est différent de la grande majorité des livres médiocres et suffisants qui font la une du New York Times Book Review. On a dîné vendredi soir avec l’éditeur, qui habite aux Pins, et un ancien petit ami à lui, qui pratique à présent la médecine au Botswana. Cet éditeur est mordu de littérature, génial, névrotique, incertain et sûr à la fois et il connaît en ce moment un succès fou dans le petit monde de l’édition new-yorkaise.

auboutduquaiLaCerisaie.jpgAu bout du quai à La Cerisaie

Car, bien plus que la plage, qui est pourtant excellente, et la nature, rude et brute comme elle est si souvent au bord des mers, qui me rappelle, tout comme le grand gris de l’Atlantique du Nord et cet énorme ciel bleu par jour et noir par nuit, étoilé d’autres univers innombrables, l’insignifiance certaine de nos vies individuelles et donc de nos espoirs, de nos désespoirs, de nos efforts pour le bien comme pour le mal, de nos bonheurs comme de nos déceptions, ce que j’apprécie sur cette île impossible, ce hasard fragile de forces géologiques élémentaires, ce sont les gens que j’ai rencontrés et que je rencontre toujours dans cet endroit invraisemblable.

chezcerise.jpg Au bar Chez Cerise à La Cerisaie, où j'arrive à voir trois de mes barmen préférés: de g à droite: Josh, Will et Ryan

Hier, c’était l’invasion des hétéros, à cause du concours pour Miss Fire Island. Le mari et moi, on est allé regarder quelques exemplaires de la faune hétéro au bar Chez Cerise et on a eu droit à voir quelques spécimens délicieusement types : le grand musclé italo-américain dans la trentaine aux tatouages « en manches longues », la chemise Abercrombie, la casquette à l’envers, les baskets, un collier d’or autour de son énorme cou, ainsi que le jeune d’environ 25 ans, bien beau, complètement bourré qui n’arrive pas à rester debout sur son tabouret (il l’a renversé, et lui-même, deux fois), dans un groupe de jeunes gens et de jeunes femmes, où l’ivrogne commence à palper un plus trop longtemps qu’hétérosexuellement acceptable l’épaule et le biceps d’un autre ami, et où il l’embrasse en jetant les bras autour de lui pour le serrer un plus fort qu’un « bro hug » ordinaire – ah, les premiers pas d’un jeune homo de banlieue toujours dans le placard – on pousse contre la porte pour l'ouvrir !

Bro+Hug.jpgComment faire un « bro-hug » - notez bien que dans la version la plus commune à New-York, on fait deux petites tapes sur le dos, très rapidement – si on en fait plus, c'est suspect ;-)

Ou le mec, grand et costaud et franchement pas mal, qui porte un t-shirt noir avec la déclaration écrite sur le devant en grosses lettres blanches : « I ♥ My Penis ». Non, mais, c’est vraiment trop mignon, vous ne trouvez pas !?

Et ces femmes saoules qui vous draguent ! Ah, c’est comme visiter un parc zoologique pour le prix d’un verre de vin.

Une journée à La Cerisaie

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Nous sommes donc levés très, très, même effroyablement tôt ce matin, c’est-à-dire vers 8 heures et demie, afin d’être prêts pour le grand nettoyage de l’Étal à viande qui allait commencer vers 10 heures du matin.

On est bel et bien arrivé à l’heure à l’adresse indiquée dans le chemin nommé du Lierre, qui se trouve à l’extrémité est de La Cerisaie. On a rempli les formulaires fournis par le Service fédéral des parcs nationaux et puis notre bande d’une douzaine d’hommes est partie pour l’endroit où termine le chemin en planches sur pilotis au nom de Lewis (ou Louis, si vous préférez) au bord de l’Étal à viande. Là, on nous a donné des gants en plastique, des pinces-ramasse-déchets, et des sacs-poubelle. L’Étal à viande a été divisé, comme la Gaule de Jules César, en trois parties – les allées proches de la Grande Baie du Sud, le milieu avec son chemin par le sable qu’utilisent les employés du service téléphonique Verizon pour entretenir les poteaux et les fils, et la zone des dunes, vers la plage. Le mari est parti pour la baie, et moi j’ai pris les dunes.

lesbenevoles.jpgQuelques-uns des volontaires attendent l'arrivée du camion qui va emporter les sacs-poubelle

Beaucoup moins de cochonneries que l’année dernière. Quelques enveloppes de préservatif, des torchons en papier, des bouteilles vides en plastique. Un briquet. Pas grand-chose en effet. D’autres ont trouvé un matelas plutôt dégueu (c’est normal, quand même, je suppose, vu où il se trouvait et la fonction qu’il a sans doute servie) et – pour les voyeurs fatigués – une chaise en rotin. On nous a donnés des t-shirts pour commémorer nos bonnes actions.

chargementdecamion.jpg L'un des agents du Service des parcs nationaux met le matelas dans le camion – un jeune Italo-américain assez beau et sympa

De retour chez nous, on s'est vite rendu sur la plage pour profiter du beau temps qu’il faisait. Un peu venteux, tout de même, et il y avait trop près de nous une femme qui insistait à jouer (sans expertise) avec un cerf-volant bruyant qui menaçait de nous tomber dessus – la politesse minimale et le respect d’autrui font trop souvent défaut, hélas, à La Cerisaie, mais j’en parlerai plus longuement à un autre moment.

bateauxamarres.jpgLes bâteaux amarrés au large de La Cerisaie dans la Grande Baie du Sud – ils viennent de l'Île Longue pour assister au concours pour sélectionner Miss Fire Island 2013

auportdelacerisaie.jpgAmarrés devant le bar Cherry's – tout le monde à La Cerisaie essaie de profiter de ce spectacle et de son public un peu, heum, ordinaire (quoi? qu'est-ce qu'il a dit? Lui, il ose dire ça??)

On est allé « en ville » pour acheter de quoi manger ce soir, le premier soir où l’on n’a pas d’invités depuis plus de deux mois, peut-être trois même, et on s’est fait passer en douce dans le complexe de l’hôtel La Cerisaie, dont le Palais de Glace fait partie et où l’on présente chaque année le concours de Miss Fire Island – non, non, ne vous inquiétez pas, il ne s’agit que de travestis, mais le public pour ce spectacle est composé d’hétéros à 90 %, ce qui lui donne, malheureusement et peut-être inévitablement, un côté « galerie de monstres » qui ne plaît pas à tous. Quoi qu’il en soit, on y gagne pas mal d’argent, qui plaît à presque tout le monde, il me semble.


aupalaisdeglaceMissFI.jpg
Vue du balcon au 1er de l'hôtel La Cerisaie sur la piscine et au fond le Palais de Glace


Morceaux

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jeunerussefashion.jpgLe mari prend une photo d'un jeune Russe fashion qui habite à présent à Hollywood-Ouest

On continue à suivre, vous vous en serez sûrement douté, avec beaucoup d’intérêt les révélations fournies par l’ex-consultant Edward Snowden, temporairement en asile politique en Russie, et éditées par le journaliste Glenn Greenwald sur les activités des services de renseignement des États-Unis (CIA) et de la Grande-Bretagne (GCHQ). Hier on nous a décrit, dans le New York Times et le Guardian de Londres, les efforts pris de ces agences pour décrypter les messages et les communications Internet cryptés. Ceux à tendance totalitaire ou naïve se demandent pourquoi on se méfierait de nos prévenants dirigeants politiques et sécuritaires, mais les autres et surtout nous – les homos, les athées, les antiguerres en Irak, les verts, les militants d’occupez-la-rue-du-mur, etc – bref, toute personne qui aurait une idée politique qui irriterait d’une façon ou d’une autre un membre quelconque de la classe dirigeante, comme ne pas vouloir bombarder la Syrie – nous nous rappelons bien comment le gouvernement a pu désigner tel ou tel individu un ennemi de l’état ou, pire, un terroriste, avant de lui dérober toutes ses protections constitutionnelles.

nosamislesbetes.jpgIls sont pacifistes, ces bêtes, donc anti-américains – arrêtez-les !

Demain le mari et moi, nous assisterons à la deuxième nettoyage annuel volontaire du terrain Carrington sur l’Île de feu qu’on appelle plus communément L’étal à viande, ou «The Meatrack » ou « The Rack » tout court. Vendu au Service fédéral des parcs nationaux en 1969 par le producteur de théâtre Frank Carrington, le terrain de 2,4 hectares se trouve entre les communautés gaies de La Cerisaie et des Pins-de-l’Île-de-Feu.

Flyer_YEAR2.jpg

maismouille.jpg Les épis de maïs dans un bol d'eau avant d'être grillés (non, c'est vrai, ça n'a rien à voir avec l'image précédente, mais c'est comme ça, la vie en blogue)


viergemariecrevettes.jpgUne boisson un peu spéciale, comme vous voyez – une Marie la Sanglante (merci, Jérôme, pour la correction) avec des crevettes, offerte pendant le brunch de la cuisine Soul au restaurant La Brise de l'Île présenté par le travesti Busted


bustedqueen.jpgQuel regard, n'est-ce pas ?! Elle fait (presque) peur !


justinvalatsoulbrunch.jpgEt on a aussi invité à l'ami Justin Valentine de chanter quelques chansons – il est venu passer quelques jours chez nous avec un nouveau petit ami à qui il voulait montrer l'île et La Cerisaie

On retourne à La Cerisaie cet après-midi. On n’a pas renouvelé la location de notre maison pour l’été prochain pour de nombreuses raisons que je promets de vous préciser dans un billet futur.



Jeux d'enfants

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On s’amuse comme on peut à La Cerisaie et aux Pins, surtout au milieu de la semaine, quand il y a beaucoup moins de monde sur l’île.

Les employés du Palais de Glace ont proposé un spectacle en travesti assez hilarant.

employesentravesti.jpgLà, ce ne sont pas des pros !

Il y d'autres divertissements pour ceux qui peuvent se les payer, comme cet ex-barman à New-York devenu « homme de compagnie » et vedette porno, qui mêle les loisirs et le travail.


animaldecompagnie.pngIl est sympa, en l'occurrence

Dans les bars et les restaus, on cherche à trouver un truc un peu spécial pour faire venir les invités payants, mais souvent on n’y voit que les employés des autres établissements qui s’amusent entre eux. On s’offre des « shots » d’une liqueur un peu spéciale au nom de Jägermeister qui arrive souvent à causer, selon plusieurs témoins vérifiés, le fameux « syndrome de perte de mémoire Jäger » ou, en anglais, le « JML Syndrome ».

bustedcountry.jpgBusted en chanteuse country

Le grand (il fait 1,87 m de hauteur) et brillant travesti Busted, qui a fait ce spectacle vers minuit un mercredi soir il y quelques semaines, se plaint souvent de cette « maladie » qui ne l’empêche pourtant pas de faire son spectacle, en dépit d’un déroulement souvent un peu décousu.

jeudenfants.jpg On joue aux charades « modernes »

Donc, en blâmant cette condition aussi grave que de toute apparence inévitable, il a dû interrompre ce soir-ci son spectacle de chansons de play-back pour jouer avec un autre employé du coin un jeu d’iPhone qui s’appelle « Heads Up » ou « Haut la tête » (ou plus correctement, dans un certain sens, « Attention ! »), qui n’est vraiment qu’une version du jeu de charades, ou le nom d’une célébrité ou d’un film, par exemple, apparaît sur l’écran du téléphone mobile posé contre son front et quand on secoue la tête de haut en bas, un autre nom apparaît que la personne devant vous doit essayer de vous faire découvrir en vous donnant des indices. C’est bête, mais quand on est jeune et saoul, on l’adore (apparemment).


De retour

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Désolé pour mon absence, mais j’espère pouvoir expliquer en images les raisons pour ma disparition estivale.

Voici la photo d’invités à une fête d’anniversaire pour un ami chez nous à La Cerisaie le week-end dernier – voui, j’ai effacé ma belle pomme, anonymat d’auteur oblige.

fetedanniversaire.jpg

Il y avait des Russes, un type né en Jamaïque, un métis judéo-asiatique qui suit un régime cachère, trois d’origine irlandaise, un nouveau venu à New-York du Missouri – bref, un mélange typiquement américain. Le jeune homme assis à gauche fêtait son 25e anniversaire.

Un ami du mari, nous voyant tous sur la plage, m’a demandé si je gérais un orphelinat – il était trop jaloux.


SandCastleParty.jpg

Le soir suivant, on s’est réuni pour un autre dîner d’anniversaire, cette fois dans l’un de nos restaurants favoris à La Cerisaie, Le Château de Sable, où se passe le fameux Shit Show les dimanches soirs.


harlequin.jpg

Al, l'un des animateurs du Shit Show, maquillé pour le spectacle

De nouveaux amis ont assisté à ce dîner.


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