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Ma vie de quartier

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Comme je ne me rends plus tous les matins à un bureau à Midtown ou à une galerie d'art à Chelsea, les confins de ma vie quotidienne depuis pas mal de temps se sont réduits à une aire bordée à l’est par la 5e avenue, à l’est par le fleuve Hudson, au nord par la 14e rue ouest, et au sud par la 4e rue ouest (à l’angle de la 6e avenue, à partir d’où la 4e rue ouest reprend sa ligne droite jusqu’à Broadway ; à l'ouest de ce point-là, la 4e rue ouest vire dans une géométrie quasi riemannienne où les lignes en principe parallèles, comme celle de la 11e rue ouest et celle de la 4e rue ouest, se croisent comme ça, dans un univers mathématique tout à fait pervers et surtout très difficile à expliquer aux touristes égarés). Certains en diraient le cœur du Village-Ouest, centré sur la station de métro de la ligne 1 à la rue Christophe.

Voici une explication géographique de ce territoire: la fameuse salle de sport est à quelques pas de chez nous, dans la 7e avenue. Le supermarché Gristede et la succursale de la banque JPMorgan Chase, qu'on fréquente presque tous les jours, se trouvent juste au sud de la rue Christophe, où se trouve la pharmacie CVS où l’on achète rasoirs, gels de bain, tubes de dentifrice, etc. Pour les livres, je passe d’abord à la librairie Three Lives (à l'angle de la 10e rue ouest et de la place (sic) Waverly, qui n'est pas une place mais une rue) et s’ils ne l’ont pas, je vais à la Librairie Barnes & Noble dans la place de l’Union, mais dans ce cas-là, il s’agit bien sûr d’une expédition à l’étranger. On prend des repas au Waverly Diner, au restaurant mexicain Agave, au restaurant de tapas espagnoles La Bota, au Café de la rue Jeanne.

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L'extérieur du salon de coiffure avec la balustrade qui longe l'escalier qui mène au salon de massage chinois au sous-sol

Depuis que je porte une coiffure qui serait une variante civile du « haut et serré » militaire, je me fais couper les cheveux chaque semaine pour que mes cheveux, qui poussent vite, restent tout ras comme il faut, surtout sur les côtés. Je passe donc le jeudi ou le vendredi au salon de coiffure pour hommes tenu par un coiffeur d’origine judéo-russe né en Kazakhstan et ex-pilote dans l’armée de l’air israélienne. Ce salon est au rez-de-chaussée d’un immeuble qui occupe l’angle de la rue Charles et de la 7e avenue. Au sous-sol on trouve un salon de massage chinois où l’on pratique le massage shiatsu et la réflexologie. La Russie et la Chine, nos deux grands adversaires dans l’ancienne Guerre froide et peut-être aussi nos deux grands concurrents dans la Guerre des Marchés à venir, leurs pignons en rue bien établis.

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En attendant le coiffeur (en fait, le mien n'était pas là parce qu'il était grippé) dans le salon – l'homme au chapeau à gauche est l'un de deux jeunes hassids qui passent tous les vendredis pour recueillir les aumônes des coiffeurs (et non pas de la clientèle) et qui, après avoir récité une courte prière en hébreu, leur ont offert des petits gâteaux sucrés – quand ils s'en vont, tout le monde se souhaitent « shabbat shalom »

Ce soir, on fera une inspection de la frontière nord de notre zone, aux alentours de la petite 12e rue ouest, où une population résidente, elle-même à peine civilisée, subie l’invasion hebdomadaire de peuplades allègrement barbares venues du Nouveau-Jersey et de nomades déchaînés des pays de Queens et de l’Île Longue aux costumes extravagants qui sont, on me l'a expliqué une fois, un signe d’appartenance à une tribu particulière. On y va pour prendre part dans les dernières heures de service du restaurant branché Pastis, qui fermera ses portes à partir de demain pour une période prévue de 15 mois pendant laquelle le propriétaire de l'immeuble où Pastis se trouve est censé ajouter trois ou quatre étages à l’immeuble actuel, qui à présent n’en a que deux. Pour certains, ce sera la fin d’une ère. Pour nous, ce sera une soirée inhabituelle où l’on pourra mangera un blanc de poulet à la paillarde tout en regardant un spectacle insolite autour de soi.

Cet article dans le Times d’aujourd’hui m'a conduit à me rappeler mes premiers pas dans un New-York « français » où j'ai passé un été très agréable et qui m'a donné l'envie de retourner un jour. Ce qui suit est un court récit de mes débuts new-yorkais.

De retour d’une année universitaire à Paris pendant laquelle je m’étais lié avec une jeune fille qui venait de New-York, nous ne voulions pas nous quitter l’été qui précédait nos retours en automne à nos universités respectives, la mienne en Virginie et la sienne au Massachusetts.

Je ne me rappelle plus comment j’ai réussi à trouver ce poste de vendeur dans la Librairie de France, fondée en 1935 et fermée en 2009, la librairie française la plus importante de New-York, où à l’époque il y en avait plusieurs. L’entrée de la librairie donnait sur la large promenade centrale du Centre Rockefeller qui, encadrée par les deux bâtiments plus ou moins identiques de style Art déco qui font face à la Cinquième avenue, dont la Maison de France, qui se trouve sur le côté sud et la Maison de l’Empire Britannique, qui est sur celui du nord. Cette promenade dirige les yeux du spectateur vers l’impressionnante tour en flèche grandiose du gratte-ciel qu’on appelait le bâtiment RCA jusqu’en 1988, quand la General Electric a pris le contrôle de cette société en difficulté et a rebaptisé le gratte-ciel en bâtiment GE. Aujourd’hui, on y trouve le siège social de la chaîne de télévision NBC, qui à un moment appartenait à la GE, ainsi que plusieurs studios de télévision, dont le JT quotidien qu’on diffuse du Studio 3B.

Mais revenons à nos moutons. J’ai donc eu le job de vendeur de livres dans cette librairie française pour un salaire que, vous n’en serez pas surpris d’apprendre, même les plus pingres traiteraient de « modeste » mais bon, je me trouvais à New-York, auprès de ma belle. C’était même sa famille à elle, et sa mère en particulier, qui m’a trouvé un logement temporaire, chez des amis à elle qui habitaient une maison de cinq étages dans la 73e rue est, entre l’avenue du Parc et l’avenue Lexington. Il y avait dans la chambre où je me couchais, au 4e étage, l’ancienne chambre d’une fille qui l’avait quittée il y longtemps pour devenir actrice, un petit tableau de femme, rose et rondelette, de Renoir accroché en dessus de la cheminée. On m’avait offert la chambre contre mes « services de surveillance », ce qui voulait dire que, même pendant la villégiature estivale de la famille, la maison en ville aurait toujours l’air d’être occupée, ce qui en principe diminuerait les risques de vol (c’était à une époque beaucoup moins sûre qu’actuellement, où les drogués volaient surtout pour se payer leurs fixes).

Mot d’argot américain du jour : « humblebrag »

Définition du Dictionnaire Urbain : « When you, usually consciously, try to get away with bragging about yourself by couching it in a phony show of humility. » (Ma traduction: l’acte, le plus souvent inconscient, d’essayer de se vanter tout en l’exprimant sous une apparence trompeuse d’humilité).

tournagedefilm4erue.jpgScène d'un tournage de film hier soir dans la 4e rue ouest

La raison pour laquelle je soulève ici ce mot d’argot de bien peu d’importance en lui-même: Mon entraîneur vient de m’appeler au téléphone pour m’expliquer la raison pour laquelle il ne pourra pas se rendre à notre séance d'entraînement prévue pour aujourd'hui à l’heure habituelle parce qu’il vient de se faire mettre un plâtre à sa main droite, à la suite d’un accrochage qu’il avait eu très tard samedi soir (ou dimanche matin, si vous voulez, comme il est arrivé à 4 heures 30) avec, d’après lui, sept voyous qu’il aurait tout seul battus devant son harem de cinq jeunes femmes, toutes des sylphides néo-jersiaises, dans le garage où l’on attendait les voitures. On avait tout de même fait une séance d’entraînement lundi lorsqu'il m’avait raconté en grand détail tout ce qui lui était arrivé le week-end. On avait tous les deux inspecté de près sa main gonflée, où il pouvait quand même remuer tous ses doigts sans aucune douleur particulière, ce qui nous avait laissé supposer qu’il ne s’agissait que d’une main contusionnée. Mais ce matin, au téléphone, il m’a expliqué que le médecin avait trouvé qu’il s’était en fait cassé la main qu'on avait donc mise dans un plâtre. Il a ajouté ensuite, comme en passant : « Le médecin m’a dit qu’apparemment je ne suis pas sensible à la douleur. » Voilà !  Ça, c’est un exemple excellent de l’humblebrag pratiqué dans la vraie vie !



aurestauTortFlats.jpgLe plafond du restaurant est assez décoré, n'est-ce pas ?

On a rejoint hier soir l’ami chanteur et quelques-uns de ses amis pour fêter son anniversaire dans un restaurant mexicain pas cher au nom de Tortilla Flats, presque au bout de la 12e rue ouest, à l’angle de la rue Washington. On y est arrivé vers 20 h 45 et la plupart des autres invités étaient déjà là, assis autour d’une table au bout d’une salle bondée où l’on jouait au bingo, les chiffres et les lettres annoncés à grands cris par une jolie serveuse qui les ponctuait de remarques très marrantes et souvent très scabreuses.

Il y avait de grands pichets de margaritas qu’on versait dans de petits verres couronnés de sel. On a commandé des bols de sauce guacamole et des quesadillas végétariennes (l’une des amies du chanteur était végétarienne – ces jours-ci, il y en a toujours au moins un végétarien dans chaque groupe de gens de moins de 30 ans).

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Les amis sur la banquette

D’autres invités arrivaient un par un – un jeune Latino, à la tenue un poil fantasque et les cheveux noirs relevés à une hauteur tout à fait impressionnante, à qui on a demandé les raisons de son retard, a répondu avec un grand sourire d’ange rebelle : « Mieux arriver en retard qu’arriver laid ». Et, ce qui pire est, il n’a probablement pas tort.

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Les cartes de bingo

Les pichets se sont vidés, les mobiles sont sortis, les flashs ont commencé – les pages Facebook ont été mises à jour et les photos envoyées par Instagram – une belle fille assise devant moi a même gagné un des jeux de bingo, ce qui lui a valu un tee-shirt, une sorte de taste-vin pointu suspendu à un long collier en plastique, et une tournée de coups de tequila pour toute la tablée.

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Elle nous montre l'un des prix qu'elle avait gagnés

La présentation du gâteau d’anniversaire a mérité une autre tournée de tequila – ne vous inquiétez pas, bibi est resté pendant toute la beuverie toujours très, très sage, me gardant de toute imprudence en sirotant dûment le verre de Coca Lite que l’adorable serveuse au prénom de Cherie remplissait avec une diligence hors pair.

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C'est la serveuse qui a offert elle-même la dernière tournée de coups de tequila à toute la table

On s’est quitté vers minuit – moi, j’ai accompagné une jeune femme à la station de métro de la 14e rue avant de rentrer chez nous, le mari s’étant déjà excusé vers 22 h 45 pour aller se coucher. Une partie des jeunes allait au bar Pieces pour faire du karaoké, d’autres rentraient chez eux.

Le jasmin OGM

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Malgré l’intervention aimable du concierge hier après-midi, le radiateur dans le salon ne marche toujours pas, ce qui nous a encouragés un peu d’aller nous réchauffer ailleurs – en l’occurrence dans une salle du cinéma Angelika où l’on a vu le dernier film de Woody Allen Blue Jasmine. On avait depuis pas mal de temps une vague envie de le voir, mais le désir de profiter d’un trop bref répit dans le froid glacial nous a poussés à nous rendre, à travers ce monde un peu à part de l’université de New-York, à l’angle de la rue Houston Ouest et de la rue Mercer, à la frontière sud du Village.

Il n’y avait que 8 personnes au total dans la petite salle, longue et étroite, au sous-sol, où l’on entend et ressent le grondement des trains de métro qui passent en dessous.

L’intrigue du film m’a tout de suite suggéré celle de la pièce extravagante de Tennessee Williams, Un Tramway nommé Désir, et le jeu de l’actrice australo-américaine Cate Blanchett, élégante et belle et qui on avait admirée dans Chronique d'un scandale, évoque l’aspect profondément déconnecté du personnage de Blanche du Bois, qui, comme celle-là, cherche toujours à nier dans la réalité autour d’elle tout ce qui ne lui va pas.

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L'actrice Cate Blanchett qu'on a mise sur la liste des candidates cette année pour l'Oscar de la Meilleure Actrice dans un rôle principal pour son travail dans le dernier film de Woody Allen

L’action est divisée entre un présent qui se passe à San-Francisco et ses environs, justement où le mari a été élevé, et un passé qui se déroule à Manhattan, où il habite maintenant, et au bord de la mer dans l’un de ces villages huppés au bout de l’Île Longue qu’on appelle ensemble les Hamptons. Déchue de son privilège économique pour des raisons qui rappellent le cas de mémoire récente et toujours vive de l’escroc financier Bernard Madoff, Jeannette, fille adoptée comme sa sœur Ginger chez qui elle est descendue comme un sans-abri au début du film et qui aurait changé son prénom « banal » en « Jasmine » pour faire plus distinguée, essaie de se rétablir après tout ce qu’elle a subi, y compris le suicide de son mari en prison et la fuite de son fils unique à la disgrâce de son père.

Les rôles principaux sont très bien joués – Mlle Blanchett, par exemple, a été nommée candidate pour l’Oscar pour la Meilleure Actrice en 2014 – et M. Allen a réussi aussi dans ses choix pour les acteurs en seconds rôles, comme le mécano prolétaire Chili joué par le sexy Bobby Cannavale, qu’on a aimé sur Broadway quand il avait joué dans la pièce au titre problématique de « The Motherf**ker with the Hat » (ou, plus ou moins, « L’Enfoiré au chapeau » – ils ont eu des problèmes pour faire de la pub pour cette pièce et l’on a toujours mis les astérisques dans ce mot courant, mais qui peut toujours choquer afin de l’adoucir un peu – en dépit de cela, je crois bien que ce titre vulgaire a de façon significative handicapé la vente de billets pour cette pièce valable), le comique Louis CK, et Andrew Dice Clay, connu surtout pour ses anciens dérapages crûment misogynes et homophobes qui l’ont fait être banni de la plupart des chaînes de télévision dans vers la fin des années 80.

Au fond ce n’est pas très gai, ce film – on pourrait même y voir, comme certains critiques l’ont fait, une sorte de conte moralisateur où on conseille aux femmes de ne pas se définir seulement par rapport aux hommes, époux ou amants. D’un autre côté, on pourrait voir dans Blue Jasmine une étude sans ménagement d’une femme particulière qui, n’ayant pas de « vraie » famille, s’est déterminée à en faire une, à la mesure du vide qu’elle éprouve et de l’ambition qu’elle possède, définie par les seules valeurs qu’elle reconnaît – la richesse et le standing – et où, en réalisant ce rêve, elle ignore volontiers tout ce qui pourrait éventuellement le troubler jusqu’au moment où elle se rend compte qu’ serait en train de se désagréger, ce qui la pousse à réagir violemment d’une façon aussi compréhensible qu’autodestructrice, sa rage insensée la rendant carrément folle. Le film documente en quelque sorte les dégâts de cette chute.

Ce soir, c’est l’anniversaire de l’ami chanteur qu’on va fêter dans un restaurant espagnol à Chelsea. Si l’on n’est pas gelé à mort, dans l’entretemps.

(Je m’excuse pour le manque de photos dans ces derniers billets, mais comme, quand je suis dehors, je porte de gros gants en coton tricoté super pas chic qui rendent aussi inélégant que maladroit et que j’hésite à enlever pour pouvoir pousser le bouton de l’iPhone pour prendre une photo que je crains n’ait aucun intérêt à personne, y compris moi-même. Non, ce n’est pas très exigeant comme éthique de travail, je sais, mais nom d’un nom, il fait frooooid !)

Pour une fois on s’est arrangé de regarder/enregistrer cette année l’émission de la remise des Prix Grammy qui avait lieu dans une énorme arène quelque part à Los-Angeles parce qu’on voulait voir les mariages de couples gays et hétéros, moment particulier du spectacle qu’on avait sans doute divulgué auparavant afin d’influencer l’audimètre, qu’on allait célébrer pendant la chanson Same Love du duo hip-hop Macklemore et Ryan Lewis. Le spectacle a souvent traîné, à mon avis, et il était aussi un peu décevant d’entendre combien de musiciens n’arrivent plus à chanter juste quand ils ou elles se trouvent en dehors du studio d’enregistrement – Taylor Swift et Katie Perry, par exemple, pour ne pas citer Ringo Starr, dont on fêtait avant tout sa pérennité indéniable.

J’étais plutôt content que Daft Punk ait gagné parce que leur chanson Get Lucky, quoique jouée à l’excès depuis le mois de mai dernier (ce qui n’est bien sûr pas leur faute), m’avait plu dès ma première écoute et aussi parce qu’il était amusant qu’un groupe musical français ait pu remporter le plus grand prix conféré par les capitaines de l’industrie du disque américaine, qui en général ne semblent pas grands connaisseurs d’aucune musique créée hors de la sphère anglophone. Mais, comme il s’agissait, dans le cas de Daft Punk, de chanteurs robots dont on avait minimisé la francité avec un nom plus ou moins engliche, des paroles en anglais chantées par un Américain, et le tout mixé par un célèbre producteur américain, ça a pu passer.

On a beaucoup critiqué la chanson Same Love de Macklemore & Lewis pour de diverses raisons : certains n’apprécient pas le fait qu’un chanteur blanc « imite » un style rap qui n’aurait aucune authenticité quand ça sort d’une bouche blanche ; d’autres trouvent les paroles trop sensibles, trop m’as-tu-vu, trop politiquement correctes et donc hors d’atteinte critique. Moi, je ne suis pas fana du rap, tout en me rendant compte que je l’écoute volontiers de plus en plus, pour changer un peu de la musique pop ou de danse électronique. Je me souviens quand j’ai entendu pour la première fois Same Love – j’étais surtout frappé par le franc-parler des paroles, qui à mon étonnement montraient une compréhension de l’homophobie quotidienne que je partageais mais que personne n’en avait osé parler dans le monde « extérieur » et surtout dans ce monde macho, misogyne et homophobe du rap. Bon, si la chanson était sentimentale, elle a tout de même osé défier pas mal de « poncifs » hip-hop, et pour cette raison je l’ai achetée et applaudie.

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Un moment en fin de compte assez émouvant hier soir

La chanteuse et actrice Queen Latifah a d’abord présenté le beau et svelte Macklemore, qui a chanté leur tube, accompagné de Mary Lambert en robe rouge étincelante. Ensuite, Queen Latifa, habilitée à dessein par le comté de Los-Angeles, a prononcé aux 33 couples réunis dans les couloirs de l’arène la première (la question) des deux phrases légalement obligatoires du service de mariage (en Californie, comme au Connecticut) : « Do you each declare that you take each other as spouses ? » Tout le monde a (vraisemblablement) accepté et ensuite Queen Latifah a déclaré (l’autre phrase obligatoire) : « By the power vested in me by the State of California, I now pronounce you a married couple. » C’est à ce moment précis qu’est arrivée sur scène Madonna, le visage figé (trop de botox ?), une canne à la main, habillée tout à fait bizarrement en « vachère » de Las-Vegas, ou peut-être en vierge vestale de Dallas, je ne sais plus, mais elle a chanté quelques vers de Open Your Heart, chanson pop que j’aime beaucoup quand c’est chanté en tempo normal et non pas en ballade traînante, mais bon, on est vite et heureusement retourné à Same Love, et Mlle Lambert pourra dire à la postérité qu’elle avait été accompagnée par la reine (douairière ?) de pop elle-même, Madonna.

Le commentaire sur ce morceau que j’ai le plus aimé, c’était le suivant, laissé chez Joe.My.God : « Holy shit, can you imagine telling people Madonna sang at your wedding ? »

À la fin de l'émission, on a tous apprécié l'élégance des grands gagnants Daft Punk qui ont félicité, à travers Paul Williams, Macklemore et Lewis pour la prise de position pour l'égalité qu'ils avaient exprimée dans leur chanson, ce qui a fait bondir plusieurs spectateurs de leurs sièges, parmi eux, Sir Paul McCartney, qui a même levé le poing droit en soutien vigoureux.

Et, ce qui est plus agréable encore, cela fait oublier un peu les âneries qu'on a connues à Paris samedi

Remis au frigo

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Les températures glaciales d’il y a quelques jours sont retournées – soleil brillant, ciel bleu, air sec, mais on a du mal à arriver à – 6 ° C. Le mari s’est toutefois levé à 6 heures ce matin afin de se rendre à l’heure au Parc Central où, dans la bonne compagnie de 4.999 autres détraqués, il a couru le semi-marathon Fred Lebow organisé par Club de Course à Pied de New-York" avec la participation du club de course à pied gay, les Front Runners New York, auquel il s’est inscrit il y a quelques semaines surtout pour profiter des « petites courses pour rire » de 8 km que le groupe organise les samedis matins, dans le Parc Central ou ailleurs.

Hier soir on est allé voir l’ami ex-bengali et son mari, l’oncologue, chez eux à Brooklyn, où mon mari avait voulu « enseigner » à l’ami ex-bengali comment utiliser le nouveau iPad qu’on lui avait offert en cadeau d’anniversaire – il a fallu d’abord attendre pour télécharger un nombre étonnant de mises à jour pour de divers logiciels utilisés par son ordinateur, et pendant ce délai on est allé manger dans un restaurant de quartier très fréquenté où il est souvent très difficile à avoir une table (surtout parce qu’ils n’acceptent pas de réservations) mais à 18 h 30, par un temps plutôt frais, on a réussi à avoir une table pour quatre à La Gueule du Loup. Notre serveur, grand et à la mine assez curieuse mais aussi fascinante d’un jeune monstre de Frankenstein en hipster. On y a très bien mangé de bons petits plats d’une cuisine italienne dite rustique. Je veux bien.

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Les lampadaires illuminent ce parc enneigé à La Colline de Boerum à Brooklyn hier soir et cette rangée de maisons qui étaient autrefois des étables et des logements pour les domestiques

Le repas terminé, on est rentré chez nos amis, où, les mises à jour installées, le mari a terminé son instruction informatique pendant que l’oncologue et moi, nous avons papoté de tout et de rien dans le salon.

L'art de râler

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Il fait toujours un froid qui n’encourage guère les balades impromptues de quartier. Nous avons donc choisi, le mari et moi, de passer la plupart de la journée d’hier cloîtrés au chaud dans notre petit foyer surchargé de choses (meubles, bouquins, tableaux) d’utilité douteuse ou carrément nulle et où les fenêtres aux vieux châssis en bois, pourris et poreux, ont été recouvertes de longs morceaux de film plastique transparent que font craquer les courants d’air comme des bûches crépitant dans une cheminée hélas tout à fait imaginaire.

rueauPlateauaMontreal.jpgUne rue enneigée dans le quartier du Plateau à Montréal

Les Montréalais, tout comme les Chicagoans, les Minnéapolitains, et les Détroitiens, pour ne pas parler de ces pauvres bougres qui habitent toujours la ville de Buffalo, qui connaissent tous la véritable rigueur implacable de l’hiver, se moquent de nous, New-Yorkais, qui nous plaisons toujours à crier l’Apocalypse dans tous les médias locaux quand il y aurait une tombée de neige de plus de 2 cm (c’est comme la pluie à Los-Angeles, où quelques gouttes d’eau flanquent l’hystérie à toute la population, qui oublie sur-le-champ comment conduire et marcher).

Et ça recommence !

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En quittant l’appart’ à 15 heures pour me rendre à la salle de sport discount dans la 14e rue ouest, j’ai pu contrôler personnellement les prévisions météo qui nous promettaient le passage prochain d’un second vortex polaire (ô comble de bonheur, n’est-ce pas ?) que la chaîne et site météo populaire The Weather Channel a nommé Janus, pour le mois de janvier, je suppose, puisque presque personne aujourd’hui n’a encore la moindre idée de l’existence du dieu romain de qui le roi romain Numa aurait emprunté le nom pour signifier ce mois des commencements et des fins, des clés et des portes.

tempetedeneige1.jpgJuste devant chez nous, le célèbre escalier de chez Carrie Bradshaw, couvert pour l'instant d'une couche de neige


tempetedeneige2.jpgAu milieu du carrefour de la rue Perry et de la 4e rue ouest, vers le sud-est


tempetedeneige3.jpgEt dans l'autre sens, c'est-à-dire, vers le nord-ouest


tempetedeneige4.jpgÇa roule lentement dans la 7e avenue

tempetedeneige5.jpgDe retour chez nous, en traversant la 7e avenue à l'angle de la rue Perry


tempetedeneige6rueperry.jpgUne heure et demie plus tard, encore dans la rue Perry

En fait, il fait toujours plutôt doux – quand ça neige, il ne fait jamais très froid – mais c'est surtout l'arrivée de l'air sec et froid prévue pour demain que je redoute – je n'ai toujours pas de manteau convenable (c'est-à-dire qui n'a pas, comme celui que je porte en ce moment, perdu tous ses boutons) à ces températures déraisonnables.



On est allé donc avec l’amie ex-éditrice voir Philomena, qu’on passait au Cinéma Paris dans la 58e rue ouest, à quelques pas de la 5e avenue.

dansla5eaveverslenord.jpgDans la 5e avenue, en regardant vers le nord, au crépuscule


Comme on fait les travaux de réparation du métro new-yorkais en général le soir ou pendant les week-ends, il nous a fallu descendre à la station de la 53e rue à cause d’un changement de ligne pour le train F, qui passait sur les rails du train E. On a monté la 5e avenue, pleine de monde, en direction du cinéma. 

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Une énorme grue devant l'hôtel St Regis

Là on s’est retrouvé devant une foule de vielles femmes en manteaux de fourrure, vêtement qu’on ne voit qu’assez rarement ici depuis quelque temps d’abord à cause d’anciennes agressions à l’encre ou à la peinture rouge effectuées dans les rues par les militants antifourrure et maintenant parce que la mode a changé, et de vieux messieurs en costume trois-pièces, dont certains portaient même des chapeaux de feutre – c’est-à-dire que ce public n’avait rien à voir avec un public new-yorkais habituel.

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Devant l'entrée du Cinéma Paris, où l'on peut retrouver un New-York qu'on croyait disparu

On a retrouvé notre amie dans la queue pour ceux qui avaient des billets – on l’a donc rejoint et nous sommes entrés trouver nos places. Comme c’était déjà assez complet, j’ai vite choisi trois places au milieu d’un rang vers l’arrière de la salle. Les sièges n’étaient ni modernes ni très confortables – et on s’est remarqué que le cinéma n’avait pas été réaménagé depuis des années. Ensuite on a eu droit au va-et-vient et aux bondissements continus entre sièges vacants devant nous – comme le degré de l’angle du plancher n’était pas très grand, ce qu’on appelle en anglais le « rake » du plancher d’une salle ou d’une scène, à l’opposé de ces nouvelles salles dotées de sièges en gradin – il fallait faire attention à la coiffure de celle assise devant vous, ce qui a provoqué de fréquents changements de place.

Le film, par le metteur en scène britannique Stephen Frears, n’a rien d’exceptionnel – le triste début qui nous fait horreur par son injustice, la révélation surprise annoncée par Philomena, la quête pour l’enfant perdu, la révélation de l’injustice qu’on lui aurait fait souffrir, les mensonges qu’on persiste à lui proférer, et le dénouement dans un cimetière oublié, couvert de neige. Dame Judi Dench, est d’une célébrité proche de celle de la Streep – elle est plutôt intouchable d’un point de vue critique. Mais, comme la Streep dans Un été à Osage County, Dench semble dans ce film rejouer les trucs qui lui auraient servi depuis des décennies – ce qui ne veut pas dire qu’ils sont mauvais, mais qu’ils n’offrent rien de particulièrement intéressant. Pendant la séance, l’amie ex-éditrice a, deux ou trois fois, parlé à haute voix au mari, assis à sa droite, ce qui lui a valu la première fois un regard de désapprobation enflammé de la part de la femme assise devant elle, suivi la deuxième fois d’un « chut » sec dont l’amie ex-éditrice n’a pourtant pas semblé se rendre compte. Moi, assis sur sa gauche, je n’ai pas réagi, préférant faire semblant de ne pas la connaître.

En ce qui concerne le scénario, on y voit, à mon avis, trop de trous, de culs-de-sac narratifs, de moments curieux ou invraisemblables qu’on laisse passer sans explication. Mais bon, c’est sentimental, ça fait monter, de temps à autre, des larmes aux yeux, les personnages sont plutôt sympas. La salle remplie de mémères et de pépères anglophiles du Côté oriental supérieur l’a adorée.


Jeudi soir, donc, on a continué notre petit festival de cinéma en allant voir Un été à Osage County, qu’on avait aimé quand on l’avait vu monté à Broadway il y a quelques années. La pièce de Tracy Letts, tout comme le film qu’on en a fait, n’est pas facile à catégoriser : c’est ou une comédie familiale avec des aspects épouvantables ou un drame domestique avec des moments d’humour outrancier. En ce qui concerne la pièce, qui se déroulait dans un décor unique de plusieurs pièces qui remplissait toute la scène, on avait l’impression de regarder l’ensemble des personnages – il n’y avait bien sûr pas de gros plans de visages tristes, pensifs, sceptiques, etc., qui « commentent » les actions, comme dans le film.

tourduTimes.jpgLa tour du New York Times vue de la 41e rue ouest, un point de vue inhabituel

Comme la plupart des séances dans les salles de cinéma à Manhattan commencent aux environs de 18 à 19 heures, il nous a fallu choisir une salle dans le Côté occidental supérieur, tout près du Centre Lincoln, qu’on atteint de chez nous en prenant le métro No 1 jusqu’à la 66e rue ouest. On savait en quittant chez nous qu’on allait être juste (la séance allait commencer à 19 h 25) mais, comme il arrive quand on est pressé, le conducteur de train a annoncé, à la station de la 23e rue, qu’il y avait des problèmes avec une porte et donc on est resté immobile pendant plusieurs minutes, ce qui a gâché notre horaire. On est donc sorti du métro à la Place du Temps où l’on a pris l’occasion de manger du protéine en forme de sashimi dans un restaurant japonais dans la 9e avenue avant de retourner à la 42e rue ouest pour nous rendre aux Cinémas AMC 25, où il faut monter, monter, monter pour arriver à la salle voulue, plutôt vide, où l’on s’est assis devant l’énorme écran juste au milieu.


Contre toute probabilité

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cinemaloewsvillage.jpgLe cinéma Loews Village VII

On avait rendez-vous à 18 heures 30 devant le cinéma Loews Village, au coin de la 3e avenue et la 11e rue est. Le mari était allé à une réunion avec un ancien collègue de la banque qui travaille maintenant pour une société d’experts-conseillers tout près de l’arène du Jardin de la place Madison où il allait, avec son fils de 20 ans, voir un match de hockey.

cafardnewyorkais.jpg Une de ces bêtes jouait à l'épée de Damoclès dans la salle de bain hier après-midi

Moi, de retour de la salle de sport populaire de la 14e rue, je venais de passer sous la douche quand j’avais remarqué un cafard marron gigantesque d’au moins 5 cm de longueur qui se nettoyait au-dessus de ma tête – cette découverte a nettement abrégé ma douche et n’ayant trouvé aucun produit insecticide, parmi les dizaines de produits de nettoyage que nous avions entassés en bas de l’évier de cuisine, j’ai tout simplement fermé la porte de la salle de bain. Après un coup de déodorant, je me suis rhabillé en jeans et t-shirt afin de marcher, sous une pluie légère, au cinéma.

Le mari, lui, est arrivé en retard, mais on a réussi à trouver des places au fond de la salle de cinéma. On était là pour voir le film qui avait gagné des prix aux Globes d’Or, émission qu’on avait regardée dimanche soir, dont un pour le meilleur acteur en rôle secondaire et un autre pour le meilleur acteur, Dallas Buyers Club. Il y avait du monde dans la salle, l’un des effets heureux d’un bon score aux palmarès.

Ce n’est pas parfait comme film – il y a un côté saccadé, souligné par un compte à rebours, qui fait dérouler l’histoire, déjà un rien confuse, par à-coups. Il est difficile aussi à croire à une « conversion » du héros aussi rapide que celle qu’on nous montre, mais la caractérisation du héros, électricien pour les puits de pétrole et cowboy de rodéo à mi-temps qui habite un mobile-home bordélique, joué par l’acteur Matthew McConaughey, qui aurait perdu 23 kilos pour jouer ce rôle, est superbe. On a beaucoup parlé du rôle du travesti au nom de Rayon joué par Jared Leto et en effet M. Leto, beau gars, crée un personnage physiquement frappant. Par contre, Jennifer Garner est trop belle, à mon avis, pour son rôle de docteur.

jaredleto.jpg

Le beau M. Leto en pose emo

La mise en scène et la photographie sont assez sombres (on n’a pas, il paraît, tourné les scènes avec un éclairage « normal »). La bande sonore est presque inexistante, ce qui fait qu’on a souvent l’impression de regarder un documentaire, et les moments les plus dramatiques sont traités avec une discrétion qui peut presque décevoir – de toute façon, on sait à l’avance qu’il n’y aura aucun « happy ending » dans le sens le plus commun, mais on aurait pu, à mon avis, augmenter la tension dramatique entre les malades du sida qui essayaient de faire n’importe quoi pour prolonger leurs vies et les autorités fédérales qui, à leur tour, faisaient tout pour bloquer toute expérimentation pharmaceutique non approuvée par la très bureaucratique Administration fédérale des denrées alimentaires et des médicaments (le groupe ACT UP a réussi à faire réduire les délais requis par la FDA avant l’approbation de médicaments contre le sida, qu’on signale dans un clip d’infos dans le film.)

Le buzz donne un Oscar à Jared Leto. M. McConaughey en mérite un aussi. Je note en passant que le metteur en scène du film, Jean-Marc Vallée, est Québécois, et qu’on a vu pas mal de noms d’origine française au générique final – signe positif pour l’industrie cinématographique québécoise ?

C’était l’ami serveur au bar Hardware qui nous avait parlé jeudi soir du spectacle de travestis au restaurant Lips le dimanche suivant dans après-midi, qui serait présenté par un ancien serveur du restaurant Le Château de Sable à La Cerisaie. En principe ce serait une sorte de réunion de famille d’amis de La Cerisaie. On a donc réservé deux places chez Lips pour le deuxième service de brunch à 14 h 30.

lequartierdelips.jpgLe quartier un peu informe de Lips, c'est-à-dire autour de la 56e rue entre les 3e et 2e avenues


Il y avait tout de même un petit moment de confusion, quand on ne se rappelait plus s’il s’agissait de Lips ou de Lucky Cheng’s, tous les deux des restaurants où travaillent des travestis. On a finalement opté pour Lips, qui est dans la 56e rue est, et on a vite sauté dans un taxi pour y arriver à temps.

exterieurmoche.jpg

L'entrée sans distinction dans un immeuble plutôt moche

Heureusement on a fait le bon choix. L’immeuble dans lequel se trouve le restaurant n’a aucune distinction, mais l’intérieur du restaurant est décoré dans un style tout à fait délirant et fantaisiste. On y a monté une petite scène peu profonde devant une salle remplie de tables rangées perpendiculairement au plateau. La loge d’artiste se trouvait sur le côté jardin, caché par un petit rideau qui n’empêchait aucunement le bruit, surtout les cris et les gros rires qui en sortaient pendant le spectacle.

Les températures remontent, enfin ! Il fait même 2,4° à présent, ce qui est tout de même supportable.

Le mari est tout content, car il vient de recevoir par livraison FedEx le cadeau de Noël que je lui ai offert – il s’agit d’une PS4 – qu’il est en train de déballer et de brancher, tout en écoutant les nouvelles venant de la BBC sur les affaires de cœur du président français (avec Julie Gayet, qui est, il faut le dire, très belle). Je présume qu’il passera la soirée à « tester » son nouveau jouet.

Et cela me convient parfaitement, puisqu’on s’est couché bien tard hier soir – un ami nous avait convoqués à nous rejoindre dans un restaurant français du quartier à 18 heures pour manger quelque chose avant le lever du rideau d’une comédie qu’on allait voir dans un petit théâtre dans la rue Christophe. On est donc allé à notre rendez-vous au restau AOC où on a dîné avec une amie que je n’ai pas vue depuis des années, notre ami amateur de bateaux et son ex, le coiffeur argentin, qui est lui aussi un ami de longue date. La serveuse française a très poliment supporté le français plutôt pénible avec lequel l’ami amateur de bateaux afflige fièrement toute personne censée parler la langue de Molière. J’ai pris une salade niçoise et le mari la bouillabaisse. C’était correct.

On est passé ensuite au théâtre Lucille Lortel, anciennement théâtre de Lys (en français), où l’on a assisté à la première avant-première de la comédie très british Loot (butin ou pognon) de Joe Orton, montée pour la première fois à Cambridge en 1965 et à Londres en 1966. C’est une pièce très ironique, méchante, et très critique de la bienséance béate de cette fameuse classe moyenne anglaise de l’après-guerre, un peu Oscar Wilde transformé en dandy effréné de la rue Carnaby des années 60.

Dans cette représentation, il y avait quelques petites bévues, des mots oubliés ou répétés, mais en général les acteurs ont joué avec éclat, humour et style.

On s’est dit bonsoir près de la station de métro de la rue Christophe et ensuite le mari et moi, nous sommes allés, après une courte escale chez nous, au bar Hardware où Shequida nous avait invités à voir son nouveau show, prévu pour 23 heures mais qui a finalement commencé vers 23 h 45.

shequidaenbonne.jpg

Shequida fait son entrée habillée en bonne du Sud

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Un beau couple qui est venu s'asseoir devant nous – après nous avoir demandé la permission ! 


artisteassociee.jpgElle avait invité une autre artiste à prendre part au spectacle

L’un des serveurs, un type qu’on connaît de La Cerisaie, a refusé de nous laisser lui payer nos boissons (des bières pour le mari et des verres d’eau gazeuse avec un doigt de jus de canneberge, donc ce n’était pas du Dom Pérignon, mais quand même, c’était gentil de sa part). Le spectacle a terminé vers 1 heure – on a dit bonjour à la vedette et en quittant le bar, le mari m’a proposé d’aller faire un tour au bar L’Aigle, proposition que j’ai acceptée parce que j’étais allé chez le coiffeur plus tôt et parce que je portais un t-shirt un peu serré qui me plaisait. On a eu de la chance pour trouver un taxi qui nous a emmenés vite au bar.

On a déposé les manteaux et les sweatshirts à capuche au vestiaire au rez-de-chaussée avant de monter au 1er étage, où se déroulait la soirée Code – c’est-à-dire (et surtout en principe, puisqu’on n’était pas, heureusement, très rigoureux) où l’on portait des habits en cuir de toutes sortes. Le mari, qui est sans gêne pour ce genre de chose, a tout de suite enlevé son t-shirt, mais moi, pudeur oblige, j’ai gardé le mien sur mon torse. Il faisait très, très sombre, et donc difficile à voir les visages. La musique était bonne, mais la clientèle ne m’intéressait pas trop – n’étant ni défoncé ni saoul, je n’étais pas, je le reconnais, dans l’état d’esprit qui convient à cette sorte de divertissement. Mais en vérité ce n’était pas trop mauvais, si sans grand intérêt. On y est resté 20 minutes max avant de redescendre, reprendre nos affaires et remonter dans un taxi (il y avait une file de taxis devant l’entrée) pour rentrer chez nous au Village.

Le délicieux scandale autour du gouverneur du Nouveau-Jersey continue à monter, à mon énorme plaisir. C'est un voyou, une brute épaisse, un caïd satisfait, et tout ce qui l'emmerde me réjouit. Et je ne suis pas le seul.

Malgré le temps de chien (husky, en l’occurrence) et de canard (eider ?) qu’il fait ici depuis quelques jours, on a passé cette semaine, comme la précédente, à faire des visites à des ami(e)s ici et ailleurs.

halldegaregc.jpgDans le hall de la Grande Gare Centrale très tôt un samedi matin


ausoussoldegare.jpgDans le café du sous-sol, où j'ai pris un café au lait et un croissant


wagonCT.jpgDans l'une des voitures du train de banlieue payé par l'état du Connecticut – oui, c'est un peu démodé

Le week-end de l’Après-Noël, on est allé renouer nos liens avec des amis dans le village de Pierreville, où on nous avait invités samedi soir à un cocktail offert par le fils et la belle-fille de l’amie écrivain. Là on a dit bonjour à un tas d’amis et de connaissances qu’on n’avait pas vus depuis longtemps. 

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Qu'ils sont grands, ces supermarchés de campagne !


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Dans le bateau sur le fleuve Paucatuque par un temps couvert


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La maison de droite est la troisième maison que ma mère avait louée pendant deux mois d'été à La Vigie – grande, un peu délabrée (à l'époque), et envahie de moustiques !

Le lendemain, par un temps de pluie fine et froide, on est monté dans un bateau avec une petite foule de touristes comme nous pour faire un tour dans l’estuaire du fleuve Paucatuque, qui divise le Connecticut de l’Île de Rhode, où on nous a montrés des phoques venus passer l’hiver dans les eaux plus accueillantes que celles de leur habitat habituel aux environs maritimes de Terre-Neuve. L’un des guides de cette visite était un Italien élégant, ancien banquier maintenant retraité, qui est venu s’installer dans le coin avec sa femme et qui travaille comme bénévole pour la société historique locale.

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Le jeune capitaine barbu

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Une vue du cimetière où mes parents (et le chien de ma mère) sont enterrés

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Le bateau du groupe écolo Save the Bay qu'on allait transférer le lendemain à Newport pour l'hiver

Dimanche soir on a eu un dîner chez notre amie auquel elle avait invité d’autres amis, qui nous ont chacun priés de retourner à Pierreville, une demande flatteuse mais difficile à concevoir dans un proche avenir, pour de diverses raisons.


Ça commence bien !

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tempetedeneige.jpg
La 7e avenue à l'angle de la 10e rue ouest, du 1er étage du gymnase NYSC ce matin

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Commentaires récents

  • Grégory : "Des trous au ciel"...Il est fort heureusement plus petit que lire la suite
  • Jérôme : Je suppose, Edouard, que vous répondrez oui à cette question: lire la suite
  • Nanarf : Ce sera une bonne raison pour refaire la salle de lire la suite
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