Des jeux de cartes aux jeux d'enfants

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Comme une bonne partie de nos concitoyens depuis la sortie le 14 février dernier de la 2e tranche de la série politique House of Cards, nous nous sommes consacrés, le mari et moi, au spectacle baroque des luttes acharnées (et même à mort) qui se déroulent fiévreusement dans les coulisses de notre Versailles à nous, la ville de Washington. C’est assez drôle de voir ces hommes et ces femmes politiques qui maintiennent à la télé avec tant d’insistance que de telles machinations ne pourraient jamais avoir lieu dans le Washington qu’ils connaissent et où ils travaillent, tous et toutes, seulement pour le bien-être de nous, les électeurs. Le couple Underwood, au centre du drame, est presque une machine à pouvoir, où l’ambition personnelle prime tout. Dans cette seconde saison, on verra quelques prises de conscience de futures  défaites qu’ils pourront essuyer, comme de certaines faiblesses sentimentales qui pourront les écarter de la bonne voie. Il y a un hacker qui renverse les rapports de force entre lui et des agents du FBI qui, eux, ne s’inquiètent d’aucune loi pour arriver à leurs buts (ce qui renforce l’idée commune qu’Edward Snowden n’aurait aucune chance d’être traité de façon correcte s’il voulait bien rentrer chez lui). Il y a des imprudences sexuelles, d’importances diverses, qui soulignent bien les côtés « menschliches, allzu menschliches » de tous ces personnages aux vies stressées. Oui, oui, ça a aussi un bon côté opéra savon assez trash et les écrivains réussissent à nous faire vouloir voir le prochain épisode avec des fins de chapitre pleines de suspense à la Dickens.

chantierexstvincent.jpgLe chantier de l'ex-hôpital St-Vincent où l'on est en train d'ériger des appartements de luxe

Il a fait très doux hier et tout le monde en a profité pour descendre dans les rues pour prendre l’air. Le mari et moi, on s’est donné pour raison de sortir quatre ou cinq emplettes à faire dans le quartier. On est passé d’abord à la librairie Barnes & Noble dans la place de l’Union, où j’ai acheté une biographie de l’empereur romain Hadrian ainsi que trois paires de lunettes de lecture (oui, je suis un peu presbyte, putain). Ensuite on est passé voir un ami à la librairie pour jeunes Books of Wonder où l’on a entendu une jeune écrivaine australienne se plaindre du froid qu’il faisait à New-York. On est passé à la librairie Idlewild où j’ai acheté deux romans français Le Vin de solitude d’Irène Némirovsky et Une mélancolie arabe d’Abdellah Taïa.

Pour faire plus djeune, on est passé chez H&M dans l’intention d’essayer de nous mettre un brin au courant de ce que les jeunes branchés vont porter cet été (et il faut se rappeler que Prada et D&G ont tendance à suivre la mode, et non pas de la créer). Le mari avait voulu voir le film à succès La Grande aventure Lego et il avait noté une séance à 16h50 dans une salle de cinéma pas loin du magasin H&M. Voulant lui faire plaisir, j’ai accepté de le voir et donc on s’est rendu au cinéma (très moche, en l'occurrence) de la 19e rue est pour le voir.

Je n’ai jamais joué aux Legos, quoique je comprends l’attraction et le plaisir de construire des choses. Le scénario se moque (doucement, quand même) d’un certain manque d’individualité parmi les habitants très américains de la ville de Brickburg, qui ne regardent qu’une seule émission à la télé, une comédie débile qui s’appelle « Où sont mes pantalons ? », ils n’écoutent que de la pop music et chantent tous « Everything is Awesome !!!» Tout cela est drôle mais aussi assez critique. Il y a aussi le grand chef, le président Business ( ! ), qui contrôle tout – et à ce point-ci, je me suis demandé si on avait vraiment fait une comédie Occupez la rue du Mur, tellement ça avait l’air de présenter (tout doucement) un point de vue plutôt marginal. C’est amusant de voir cette assemblée d’héros actuels et du passé (et qui ne s’aiment pas toujours, ce qui est amusant – je me suis aussi demandé combien on a dû payer, et à qui, pour avoir les droits d’auteurs pour utiliser ces personnages-là). J’ai beaucoup aimé Unikitty, une chatte superniaise mi-licorne mi-Hello Kitty qui cherche toujours à voir la vie d’une manière « heureuse » jusqu’au moment où… non, je ne révélerai pas de spoilers. La fin du film diminue en quelque sorte l’air de provocation du début. (De toute façon, le film a déjà gagné 234 360 000 de dollars en seulement trois semaines de sortie aux USA.)

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Trois paires de lunettes de lecture, Edouard? vous avez une pour chaque genre littéraire?... ;-)

Non, c'est parce que je m'assieds dessus trop souvent – heureusement, elles ne sont pas trop chères ;-)

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