La Grande Bellezza

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ruecharlesrestesdeneige.jpgLes restes de neige dans la rue Charles

On a donc écouté hier soir la suggestion de deux amis d’aller voir le film italien La Grande Bellezza qu’ils, l’un italo-argentin et l’autre europhile invétéré, nous avaient recommandé il y a quelques semaines. Comme il faisait plutôt doux, on s’est rendu à pied au cinéma Angelika à l’angle des rues Mercer et Houston-Ouest, une promenade de seulement vingt minutes.

Il y avait pour la séance de 19 h 15 un peu de monde, ce qui n’a rien de très surprenant pour une soirée de vendredi sauf qu’il s’agissait ici d’un film de langue étrangère déjà sorti depuis plusieurs semaines (mais je ne savais pas alors qu’on l’avait nommé candidat pour l’Oscar du film étranger, ce qui explique peut-être le nombre élevé de spectateurs).

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Le cinéma Angelika sous l'échaffaudage

Cela fait des lustres que je n’ai pas vu La Dolce Vita de Federico Fellini et je n’ai donc que quelques souvenirs plutôt vagues d’images de ce film, mais il est vrai que le début de La Grande Bellezza fait penser à certaines scènes extravagantes de ce prédécesseur (et je me suis très vite posé la question de savoir comment notre héros avait réussi à avoir des voisins aussi accommodants du point de vue tapage nocturne).

Composé de scènes où le héros se souvient de moments de son passé (il vient d’avoir 65 ans), le film n’a pas vraiment d’histoire, à part celle narrée par l’accumulation d’incidents, parfois cyniques, parfois pénibles, mais presque toujours beaux à voir.

J'ai surtout aimé le tour de l'ami magicien qui fait disparaître une girafe, après quoi il s'excuse au héros en disant « È solo un truco ! » Cette phrase m'a frappé, et elle est redite à la fin du film.

Il y a ce regard implacable et plutôt pessimiste de la vie qu’on retrouve chez beaucoup d’artistes européens « sérieux » et qui, pour nous, Américains, peut nous combler de joie pour la simple raison de nous fournir un ressenti de soulagement contre l’optimisme synthétique inévitable dont on nous gave. (Mais cette lassitude morale peut aussi devenir un tic artistique, paresseux et facile, qui chercherait à donner un ton plus profond à une œuvre foncièrement médiocre.)

Si La Grande Bellezza ne me semble pas un film parfait, il m’a néanmoins donné de quoi réfléchir, ce qui est déjà pas mal, je trouve.


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Vous réfléchissez beaucoup (i.e. encore plus que d'habitude) en ce moment, ce me semble.
(nb: ce n'est, bien entendu, en rien une critique)

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