Répercussions, dont certaines drôles et bienvenues

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La mort récente, à deux pas d’ici, de l’acteur Philip Seymour Hoffman à cause, on dit, d’une overdose d’héroïne, continue à avoir des répercussions quelque peu surprenantes.

On a d’abord appris son vœu « formel », exprimé dans son testament, que son fils (il avait finalement trois enfants au total, mais il n’a pas refait son testament), Cooper, soit élevé dans l’une des ces trois villes : New-York (et plus spécifiquement, dans ou près de l’arrondissement de Manhattan), Chicago, ou San-Francisco, ou, au cas où le tuteur ne pourrait pas habiter dans l’une de ces trois villes, qu’il ferait en sorte que son fils visiterait ces villes au moins deux fois par an pendant toute la tutelle. En plus de la spécificité un peu curieuse de cette stipulation, on a aussi rigolé de l’absence du nouvel arrondissement branché de Brooklyn (oh ! ils ont gueulé !) et celle de Los-Angeles, le centre de l’industrie qui lui aurait fait gagner une fortune qui s’élèverait à environ 35 millions de dollars, dont il aurait léguée la grande partie à sa compagne et mère de ses trois enfants (et qui, quelques mois avant son overdose, l’avait fait quitter, pour des raisons de comportements difficiles dûs à sa toxicomanie, l’appartement familial qui se trouvait à quelques pas seulement de l’appartement qu’il a loué ensuite dans la rue de Béthune et où il est mort).


Aparté presque – mais pas tout à fait quand même – hors de propos :

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Le panneau indicateur dans le métro

Le mari vient de quitter l’appart pour se rendre par train à l’aéroport J F Kennedy où il prendra l’avion de 11 h 29 à destination de « La ville non citée » de l’autre côté du continent. Il y va pour vérifier que tout va bien avec son père, qu’on a dû transférer à la section « Perte de mémoire » de la maison de retraite où il habite depuis environ un an, à la suite d’un incident d’évacuation d’urine en public (bon, il a fait pipi dans le bassin d’une fontaine décorative dans le complexe, comportement, hélas, tout à fait typique en ce qui le concerne, mais la bonne sœur qui l’aurait découvert en train de polluer l’environnement de cette façon s’est trompée en croyant qu’il s’agissait d’un indice de démence certain et non pas, comme il l’était en fait, une vielle habitude issue de toute une vie gâtée, égoïste et suprêmement indifférente à l’opinion des autres).

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Vue du parking enneigé (oui, de nouveau) prise à partir du quai de l'Airtrain à la gare de Jamaïque dans le Queens – le mari a pris le métro de la ligne A pour aller à la gare de Jamaïque, d'où il a fait la correspondance pour l'Airtrain qui l'a emmené à l'aéroport J F Kennedy – ça a pris 1 heure et quart de route

Il y va aussi pour faire preuve d’un certain soutien moral à sa sœur (qui est adorable, mais timide) qui, parce qu’elle est la plus proche des enfants et aussi parce que le père se soumet beaucoup plus facilement à ce que lui proposent des femmes (comme la mère du mari et la belle-mère, toutes les deux mortes) qu’à des hommes, contre qui il s’insurge par pur orgueil mâle, doit s’occuper de lui en tant que tutrice légale. Il a promis de m’envoyer un SMS lors de son atterrissage à LAX.

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Aux portes d'embarquements à Kennedy


La seconde répercussion de la mort de l’acteur serait l’accord annoncé dans le Times ce matin d’une somme de dommages et intérêts accordés à un certain David Bar Katz, écrivain dramatique, scénariste et grand ami du défunt, par le grand journal à scandale le National Enquirer qui aurait publié un article dans lequel on le nommait l’amant gay secret de l’acteur. Or, tout comme M. Hoffman (il faut absolument voir son Truman Capote extraordinaire), M. Katz se foutait de l’allégation fausse d’être homo (« The issue was never me being outraged at being accused of being gay — we’re theater guys, who cares? »), mais il n’était pas du tout content d’être accusé d’avoir trahi la confiance de son ami, et pour cela il a porté plainte contre le journal hebdomadaire qu’on trouve surtout aux caisses des supermarchés et des épiceries.

On n’a pas précisé de chiffre, mais la somme a dû être suffisante (aux environs de 1,5 million, si l’on suppose un rendement plutôt circonspect de 3 %) pour d’abord fonder la Fondation américaine pour la dramaturgie, dont le but sera de décerner un prix annuel à une pièce jamais montée (et donc à son auteur) qui sera sélectionnée par un comité d’auteurs dramatiques, et ensuite pour doter le prix d’un montant de 45 000 dollars, afin de pouvoir « s’acquitter du loyer et se payer un steak de temps en temps ».

Militant bobo que je suis, j’applaudis l’action de M. Bar Katz et j’approuve aussi le choix des villes américaines dignes de résidence par la progéniture de M. Hoffman, auquel j’ajouterais sans hésiter Paris et Londres, et peut-être Berlin. Et non, ça n’a évidemment rien d’original.

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Wouah, pour faire au moins une heure et quart de métro pour aller à l'aéroport, il faut vraiment être pingre quand même :(

Olivier, il faut en général (ça dépend bien sûr de l'heure et du trafic) un miminum de 40 à 60 min de route en taxi (pour un prix fixe de 52,50, les péages et pourboire non compris) pour aller de Manhattan à l'aéroport JFK, donc un trajet en métro qui prend 1 h 15 n'est pas beaucoup plus long (et c'est plus souvent rapide que trajet en taxi quand il y a des embouteillages sur les autoroutes), surtout quand ça ne coûte que 2,50 $ pour le métro et 7,50 $ pour l'airtrain qui va à l'aéroport.

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