Première étape: vos signatures, messieurs

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laplageavant.jpgIl va falloir réparer pas mal de chemins avant l'été


Ça y est – on a signé, le mari et moi, le contrat de location pour la maison aux Pins cet été, qu’on a scanné et renvoyé par mail à l’agent immobilier. J’irai à la banque ce matin pour faire transférer l’argent au compte de l’agent immobilier. Notre location commence le vendredi 1 mai et reste en vigueur jusqu’au 30 septembre.

saloninspecte.jpgUne partie du salon d'une maison qu'on n'a pas finalement choisie


On a fêté notre décision hier soir en dînant avec deux amis artistes au restaurant Almond dans la 22e rue est – on s’est souhaité un été plein de divertissements, de sourires, et de joies. Ces vœux résonnent chez moi plus que jamais, puisque je viens d’apprendre une nouvelle assez décourageante sur la santé d’une de mes sœurs, nouvelle qui a souligné pour moi l’importance de ne pas trop différer, dans ce monde plein de surprises pas toujours espérées, ce qui peut vous rendre heureux. « Ô vraiment marâtre Nature, puisqu’une telle fleur ne dure que du matin jusques au soir ! » Ayant abandonné depuis bien longtemps aucune croyance dans un paradis dans l’au-delà, je trouve que seul un épicurisme discret me semble une philosophie raisonnable devant l’indifférence absolue de la matière qui nous compose et qui nous entoure.

fautedefrancais.jpg Mais il y a des fautes de français partout ici à New-York et ça me rend dingue (oui, j'ai bien l'esprit correcteur et à l'époque où les New-Yorkais privilégiaient les restaurants français, j'ai souvent voulu me proposer en correcteur de cartes théoriquement en français, mais où les accents flottaient çà et là au-dessus des lettres (en non seulement au-dessus de voyelles, je vous assure) comme des cendres noires flottant au-dessus d'un incendie, et où les questions et hésitations de genre, telle «le soupe», «la steak», «la plat de jour», auraient horrifié toute personne transgenre – ah! j'aurais fait fortune je crois si la mode culinaire new-yorkaise n'avait pas tourné au mexicain, au thai, et au locavore. Pour la cuisine française traditionnelle à présent, c'est de plus en plus rare, ici comme à Paris. On la trouve ennuyeuse, vieux jeu.  Tant pis.)


Il est agréable de voir tout ce qui se passe dans l’état d’Indiana à propos de la soi-disant loi pour la sauvegarde de la religion – le gouverneur Pence a sans doute pensé qu’il allait pouvoir faire preuve de son intégrisme imbécile sans pour autant attirer la foudre partisane de partout, comme il l’a fait. Aujourd’hui il bat en retraite, promettant de « réparer » cette loi discriminatoire. On verra bien ça. Ailleurs, dans cette immensité au milieu du continent nord-américain qu’on traite avec dérision de « fly-over country » ou « pays survolé », vaste région du centre aperçue uniquement à travers les hublots d’avions faisant la navette entre les grandes villes des côtes est et ouest, l’état d’Arkansas, qui n’a jamais été un modèle du progrès social, vient de passer une loi similaire à celle qu’a signée le gouverneur indianien. La plus grande société de distribution commerciale dans le monde, Walmart, dont le siège se trouve dans l’état, s’est prononcée contre cette loi. Reste à voir si le gouverneur de cet état obéira à ses alliés républicains ultras dans l’assemblée ou s’il cédera finalement aux pressions politiques et surtout commerciales qui lui demandent d’y opposer son veto. (On se souviendra de ce qui s’est passé en 2014 en Arizona, état aussi peu éclairé que l’Arkansas, quand les représentants républicains ont voté une loi permettant la discrimination contre les homosexuels pour des raisons de « croyances religieuses profondes » et, après la menace expresse de la part de la Ligue nationale de football (américain) de déplacer le Super Bowl de l’Arizona en cas de l’entrée en vigueur de cette loi, la gouverneure Brewer a opposée son veto.)

shequidadanslaplacedutemps.jpg J'ai sauté en voyant cette grande image de Shequida sur ce panneau électonique dans la Place du Temps – malheureusement il ne travaille plus dans cette boîte (on a dîné avec lui il y a quelques semaines) mais on espère le voir souvent sur l'île de Feu cet été, où il fait son show hebdomadaire les lundis au Palais de Glace à La Cerisaie (mais il faut voir si la disco va rouvrir après l'incendie de l'hôtel avoisinant)


On a enfin quelques soupçons de printemps – non, je n’ai toujours pas vu de bourgeons de crocus autour des arbres dans les trottoirs, mais on entend quand même le gazouillis nerveux des moineaux dans les arbrisseaux.

L’ami artiste avec qui on a dîné hier soir est en pleine forme – il a trouvé du travail comme préparateur dans l’usine-atelier de l’artiste Jeff Koons à Chelsea, où il fait partie d’une équipe de jeunes artistes assistants. Il est fou de joie dans son nouveau boulot, ce qui me donne énormément de plaisir. Il veut venir avec nous « ouvrir » la maison aux Pins, ce qu’on fera aussi avec l’ami producteur de télévision, sa présence la première nuit dans toute maison qu’on a louée étant devenue depuis des années une tradition immanquable. (C’est utile, aussi, parce qu’il est beaucoup plus porté sur la propreté que nous, et ça l’amuse de nettoyer le frigo, par exemple, et d’essuyer les glaces et les vitres, etc. Tant mieux, n'est-ce pas ?)

L’autre artiste prépare deux expos au Nouveau-Jersey (on l’a taquiné, bien sûr, pour ça) tout en faisant la navette entre New-York et Key-Ouest, où il s’occupe d’un vieil ami poète. Il déménagera aux Pins vers la mi-mai, avec l’ami poète, qui a une maison où il passe l’été. Il est écossais et a la langue facile qui ironise sur tout.

On est retourné au restaurant Almond parce que le mari avait bavardé avec le maître d’hôtel, un homme noir très distingué, le vendredi dernier à propos de la table qu’on nous a donnée au fond du restaurant (qui est assez grand) – le maître d’hôtel lui avait dit bonjour et le mari lui avait demandé si l’on nous avait au fond parce qu’on avait réservé par le site OpenTable ? « Ah, non, non ! » l’homme lui a répondu. « C’est surtout pour répartir un peu les clients, pour ne pas privilégier ou surcharger un serveur. » Il nous a offert, à la fin du repas, des verres de porto, et en sortant, quand on l’a remercié, il nous a donné son nom : Bismarck. Ah ? Je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander tout bêtement, « Je sais que ça doit vous embêter de répondre tout le temps à cette question, mais vos parents, à quoi pensaient-ils quand ils vous ont donné le nom de Bismarck ? » Il a souri. « J’avais 11 sœurs et frères. Mes parents ont donné à l’un de mes frères le nom de Napoléon. » « Aaaaaah ! » j’ai dit. « Des fanas de l’histoire européenne. Et bien, pourquoi pas ? » Et l’on s’est dit bon soir et à la prochaine. De toute façon, Bismarck nous a accueillis hier soir avec un flair sympathique et le mari l’a taquiné en remarquant qu’on ne nous avait pas assis cette fois au fond du restaurant. Bismarck n’a dit mot, mais il a fait un énorme sourire. Oui, on sait qu'on a bien de la chance de ne pas habiter en Indiana ou en Arkansas.


5 Commentaires

Cinq mois de location ? Ca doit vous coûter bonbon !

Traiter Jeff Koons d'artiste n'engage que vous.
Pour moi c'est juste un décorateur de vitrines de Noël.

ha ! cool, "ça, c'est fait", comme disent les jeunes.
avez-vous bien reçu l'e-mail que je vous ai envoyé à l'adresse e-mail du blog ?

wam, je m'excuse, ça fait plusieurs mois où je n'ai pas ouvert cette boîte à lettres qu'on remplit de spam et d'autres bêtises – j'y vais tout de suite et je vous dirai bien si j'y trouve votre mail.

Je suppose, Edouard, que vous répondrez oui à cette question:
http://www.vice.com/read/can-daniel-nardicio-convince-young-gays-to-party-at-fire-island-789

Il vaut mieux, sinon Wam sera déçu ;-)

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