Un dimanche hors saison

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On n’a pas les mêmes horaires, le mari et moi. Depuis des années déjà, le mari préfère se coucher et se lever tôt tandis que moi, j’aime rester dans le salon, à lire ou à regarder la TV ou les deux jusqu’à bien tard dans la nuit, et ensuite je préfère me lever plutôt tard le matin. Pendant la semaine, ça ne nous pose aucun problème d’horaire, mais les week-ends, il nous arrive de nous retrouver devant des ordres du jour bien différents l’un de l’autre. Le mari, par exemple, pourrait se lever à ses 6 heures habituelles samedi matin et avoir couru au moins 14 km le long du fleuve Hudson avant que je me lève. Ça l’ennuie d’être obligé d’attendre toute l’exécution de mon réveil devenu presque rituel : la prise de suppléments en poudre dissous dans un verre de lait entier (8 grammes de protéine), agrémenté de deux tranches de pain protéiné (28 g) tartinées de beurre de cacahuètes (12 g), lui aussi protéiné, suivi de plusieurs grosses tasses de café (le mari, lui, n’en boit que rarement).

Ce dimanche, j’ai donc laissé le mari dans l’appartement à regarder les animés japonais qu’il adore pendant que je faisais ce qu’il fallait chez Equinox, ma « nouvelle » salle de sport depuis mon « bannissement » du New York Sports Club par la directrice de la succursale de la 10e rue ouest il y a plus d’un an lorsque que je m’étais plaint auprès d’elle du comportement inconvenant de certains « gentils membres » du club, en particulier ce jour-là de celui d’un Indien qui s’était déshabillé, en pleine salle de muscu et avec une souveraine désinvolture, posant ses vêtements ôtés sur les machines d’exercice avoisinantes sans aucun regard pour les autres membres qui auraient envie, peut-être, de se servir de ces machines-là, maintenant encombrées de fringues. La directrice m’a engueulé d’être excessivement plaignard (là elle avait peut-être raison, puisque cette salle de sport m’irritait de plus en plus par son manque d’ordre de plus en plus généralisé) et devant tout le monde elle m’a offert de me laisser quitter l’établissement sans payer les frais habituels d’annulation de contrat – offre que j’ai acceptée, me disant qu’il valait mieux partir maintenant que de continuer à se faire engueuler publiquement par la jeune gérante. (À noter, elle s’est ensuite excusée d’avoir perdu patience et m’a dit que j’avais eu raison de me plaindre, mais j’avais déjà signé un contrat d’adhésion d’un an avec une salle de sport concurrente, Equinox, et quelques mois plus tard j’apprends que la direction l’aurait virée.)

Mais Equinox, dont les frais d’adhésion sont deux fois plus élevés que ceux du NYSC à l’époque, présente lui-même de nouveaux problèmes : d’abord, c’est souvent bourré de monde, surtout les week-ends, et c’est plutôt mal organisé, surtout dans la salle de muscu principale, où les haltères et les machines sont rangés un peu n’importe comment, sans logique aucune. Mais les gens qui y vont sont distinctement plus beaux que la moyenne chez le NYSC – en plus la succursale qui se trouve dans l’avenue Greenwich est censée être la salle de fitness la plus gay de New-York et il est bien vrai qu’on y trouve beaucoup de gens qu’on connaît des Pins.

Dimanche dernier, vers une heure de l’après-midi, je me suis dirigé chez Equinox afin de faire un peu de cardio – il y avait, comme prévu, du monde dans le gymnase, mais la plupart des tapis de course étaient libres et j’ai donc pu en trouver un en face de la salle de muscu d’où j’ai pu perdre un peu de poids tout en admirant la musculature de quelques beaux jeunes athlétiques. C’est vraiment faire d’une pierre deux coups, n’est-ce pas ?

Ensuite, l’ami anglais qui vient d’acheter, avec son mari, un appartement tout près de chez nous, m’a texté pour me demander ce qu’on faisait alors – il voulait se promener et l’on a donc accepté son invitation de l’accompagner. J’ai décidé de poursuivre ma descente vestimentaire dans le style « thug » ou voyou en cherchant une nouvelle casquette de base-ball « ajustée », c’est-à-dire, sans lanière d’ajustement arrière (détail important chez les jeunes, il paraît). J’en ai trouvé une dans le magasin de casquettes New Era dans la 4e rue est, où l’adorable jeune vendeuse noire m’a beaucoup aidé à trouver la taille qui me convenait.

ancienneresidencedumari.jpgC'était donc dans cet appartement au 3e étage, dont on voit la fenêtre la plus à gauche, derrière l'escalier d'urgence, où j'ai reçu la réponse du mari à l'ulitimatum que je lui avais posé la semaine précédente 

Ensuite, on est passé devant l’immeuble où le mari avait accepté, le soir du mardi d’après la fête de Memorial Day, l’ultimatum d’« alliance » que je lui avais posé avant de partir pour Londres avec ma mère il y a presque 25 ans – je me souviens que je regardais les passants dans la Seconde avenue par la fenêtre de sa chambre quand je l’ai entendu dire, tout doucement, « Okay » – et je me souviens aussi que je me suis tout de suite demandé si je l’avais imaginée, cette réponse affirmative et, à vrai dire, plutôt inattendue. « Quoi ? » j’ai donc répondu tout bêtement. « Bon, j’accepte », il m’a dit en souriant.

Comme j’avais faim, on est allé manger des rouleaux californiens et quelques morceaux de poisson cru dans un restau japonais dans la place St-Marc, qui serait aussi la 8e rue est. Restauré, on est rentré au Village-Ouest par la 9e rue, se disant au revoir à l’ami anglais devant l’entrée de son immeuble dans la place Sheridan. Le mari et moi, on a regardé la première émission de la 6e édition de la série Game of Thrones – ou plus correctement, le mari l’a regardée et moi, je l’ai écoutée, n’aimant pas trop et la violence et le carnage qu’on aime à nous faire voir.

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Un ultimatum ? fichtre... ;-)

Bien sûr, Grégory ! On se voyait tout le temps pendant un an sans pourtant jamais faire le grand saut et je ne voulais plus gaspiller mon temps à attendre un résultat qui n'allait peut-être jamais être réalisé – donc, l'ultimatum ! (C'était à vrai dire la recommendation d'un ami à moi, plus jeune et infiniment plus beau, qui avait en plus beaucoup plus d'expérience dans les affaires de cœur. Il a eu raison.)

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